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AUX ÉTATS-UNIS 25 domination francaise. Pendant cette période de guerres et de
combats, les ouvrie:3 évangélique: s’effacent en quelque sorte el rentrent dans l'ombre.
Les premiers missionnaires qui ont foulé le sol américain furent deux jésuites français : les PP. Pierre Biard et Edmond Masse. Ces deux religieux étaient arrivés à Port-Royal, en Acadie, le 12 juin 1611. A celte époque, l'Amérique du Nord, depuis les possessions espagnoles, était encore sans prêtre. Dans toute celte immense région, deux fois grande comme l'Europe, il n'y avait pas un temple, pas un autel où Ic Dieu de l'Eucharistie püt s'immoler pour les peuplades indigènes plongées dans toutes les horreurs de la barbarie.
C'est la gloire de la France chrétienne d'y avoir envoyé les premiers missionnaires, comme elle y avait, la première, arboré l'étendard de la Croix. Ce ne fut pas, du reste, sans difficultés, que les membres de la Compagnie de Jésus, contre laquelle existaient de nombreuses préventions, purent s'implanter en Amérique. Un prêtre, du nom de Laflèche, les avait précédés en Acadie. Amené par M. de Poutrincourt, qui voulait ainsi empècher l’arrivée des jésuites, ce missionnaire, qui avait son programme lout tracé, entreprit sans délai l'œuvre de conversion des Indiens. 11 y mit plus de zèle que de clairvoyance et sembla se préoccuper beaucoup plus du nombre que de la qualité des nouveaux convertis. Toutefois, comme nous ne voyons pas que ce prètre ait jamais mis le pied sur le territoire américain, nous persistons à saluer dans les deux enfants de saint Ignace les pionniers de la foi aux États-Unis.
Deux autres membres de la Compagnie de Jésus, le P. Quentin ct le K. Gilbert du Thet, vinrent rejoindre Îles précédents, en 1613, et firent partie de la petite troupe de Mr de Guercheville qui tenta un établissement sur les côtes du Maine, aux monts Déserts, à l'embouchure de la rivière Penobscot, Cet établissement recut le nom de Saint-Sauveur.
Au moment où les ouvriers de la foi allaient recueillir quelques fruits de leur apostolat dans ces régions sauvages,
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un Capilaine anglais, Samuel Argoll, commandant d'un navire illicite (Parkman), fondit sur la colonie naissante et la dispersa.
Durant l'attaque, le F. du Thet futtué. Le P. Masse avec quinze compagnons et de Saussaye, leur commandant, furent mis, par les Anglais, dans une barque ouverte et abandonnés au hasard de la mer. « Presqu'aucun d'eux n'était marin ; ils rencontrèrent heureusement le pilote avec l'équipage, et la bande des fugitifs réunie se mit en mesure de gagner les côtes de l'est, S'arrêtant pour entendre la messe, faire une pieuse procession et pècher le poisson qui les faisait vivre; les Indiens se montrèrent aussi leurs constants amis. Enfin, après avoir doublé le cap Sable, suivi la côte de la Nouvelle-Écosse, ils tirent l'heureusce rencontre de deux navires de commerce français, avec lesquels ils gagnèrent sans nouvel encombre le port de Saint-Malo (1). » Les P. Biard et Quentin, conduits -avec quelques compa- &nons à Jamestown, où le Souverneur de la Virginie, sir Thomas Dale, fut sur le point de les faire pendre, revinrent
en Acadic quelques mois plus tard. Ils assistèrent
à la destruction de P
ort-Royal et de la colonie naissante de l'ile Sainte-Croix, froidement ordonnée par Argoll.
Ici, le P. Biard est accusé de trahison par Parkman, qui reproduit la narration de Poutrincourt et de Biencourt, Le jésuite, par animosité contre ce dernier, aurait encouragé les Anglais à allaquer Port-Royal et Sainte-Croix et même aurait dirigé l'attaque. On va jusqu'à lui reprocher d'avoir engagé les hommes de Bicncourt à se mettre au service d'Argoll.
Charlevoix ne fait aucune allusion à cette prétendue trahison du P. Biard, et nous sommes porté à croire que l'animosité des chefs de l'Acadie française contre les Jésuites, en général, et tout Particulièrement contre le P. Biard, leur tit prendre pour une défection ou une trahison, les démarches, peut-être imprudentes, du bon Père, qui ne cessa d'intercéder pour ses malheureux compatriotes et aurait voulu détourner de leurs tètes les malheurs dont il les voyait menacés par des ennemis mieux armés ct bien supérieurs en nombre.
() PANKMAN : Pionniers français.
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