LE LAC SUPÉRIEUR
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LE SEL EECEREERRERES
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rendit à Québec, où il arriva au mois d'août de l’année suivante.
Il n'y resta que deux jours et en repartit avec le P. Louis Nicolas, un Frère et quatre ouvriers, afin de se joindre de nouveau aux Outaouais qui allaient reprendre la route de leur pays. Mais, les sauvages n'ayant pas voulu consentir à recevoir dans leurs canots les ouvriers et le Frère, il partit seul avec le P. Nicolas.
Vers la mème époque, c'est-à-dire en 1668, les PP. Dablon et Marquette, arrivés de France depuis peu, allèrent prendre leur posie au Sault-Sainte-Marie, auquel on donna alors ce nom, au milieu d'une peuplade que le P. Charlevoix désigne sous le nom de Saulteurs, et qui, au dire de l'historien de la Nouvelle-France, avait déjà recu la visite des missionnaires trente ans auparavant.
Cependant, le P. Allouez et son compagnon, le P. Nicolas, étaient parvenus à Chagouamigon. N'ayant pas de quoi suffisamment s'occuper, les deux missionnaires se séparèrent, et le P. Allouez, laissant le nord du Wisconsin, s'en alla s'établir dans la baie des Puants (aujourd'hui Green Bay), où étaient les Pollawatomies, les Monomonies, les Renards et les Sakis. « Il y travailla beaucoup: mais, les premières années, il recueillit assez peu de fruit de ses fatigues {1 »
Trois ans plus tard, en 1671, Nicolas Perrot futenvo,e ar M. de Talon vers les différentes peuplades de langue algt 4quine qui, redevables de leur repos aux Français, s'étaient altachées à eux, pour établir les droits de la couronne sur les contrées les plus reculées de l'Ouest. « Ce député visita toutes les nations du Nord et les invita à se trouver, le printemps suivant, au Sault-Sainte-Marie, où le grand Ononthio des Français, c’est-à-dire le roi de France, leur enverrait un de ses capilaines qui leur déclarerait ses volontés. » Tous lui ayant promis d'y envoyer des députés, il passa aux quartiers de l'Ouest, puis au Sud, et alla jusqu'à Chicagou, dans le fond du lac Michigan, alors le pays des Miamis. On lui donna, entre autres divertissements, celui du jeu de la crosse.
Le chef des Miamis délégua aux députés d'une autre peuplade, les Pouteouatamis, qui avaient une de leurs bour-
gades tout près des Miamis, un plein pouvoir pour agir en son nom.
Au mois de mai, les députés de toutes les nations invitées se trouvaient réunis au Sault-Sainte-Marie, quand le représentant de la Nouvelle-France, le sicur de Saint-Lusson, arriva chargé d'une commission spéciale pour prendre possession de leurs pays respectifs et les mettre sous la protection du roi. « La cérémonie commença par un discours que le P. Allouez fit en algonquin, et dans lequel, après avoir donné à tous ces sauvages une gran''e idée de la puissance du roi, il tâcha de leur persuader qu'il ne leur pouvait rien arriver de plus avantageux que de mériter la protection d'on tel monarque, ce qu'ils obtiendraient, ajouta-t-il, en le reconnaissant pour leur grand chef. »
À la demande de M. de Lusson, si tout le monde consentait à ce qui venait de leur être proposé, tous ces Indiens, revètus de leurs plus beaux costumes de guerre, s'agitèrent, offrirent des présents et crièrent : Vive le Roi !
« Alors le commissaire fit creuser par Perrot deux trous en terre el planter dans l’un un grand poteau de cèdre et dans l'autre une croix de mème matière pendant que l'on chantait le Vexilla. Ensuite, on attacha au poteau et à la croix les armes de France: puis on entonna l'Exaudiat. Cela fait, M. de Lusson déclara, par la bouche du P. Allouez, qu'il mellait tout le pays en la main du roi et tous les habitants sous la protection de Sa Majesté. »
Cette prise de possession, inouïe dans 1 1. stoire de l'Amérique, qui mettait sous la domination de la France, alors la tille ainée de l'Église, un territoire d'une immense étendue. était l'œuvre de quelques Jésuites. Les disciples de Voltaire avaient mauvaise grâce, un siècle plus tard, de les dénoncer comme les ennemis du royaume. Certes, si le pays de saint Louis avait compté un plus grand nombre d'ennemis de ce genre, l'Amérique du Nord serait maintenant française et Ja race gauloise occuperait dans le monde la place de l'Angleterre. Le patriarche de Ferney, qui a si largement contribué à l'abaissement de son pays, en eût sans doute séché de dépit dans sa tombe abhorrée,
Vers la mème époque, le pays des Abénakis, c'est-à-dire une grande partie du Maine, était reconnu comme posses-
sion francaise, à tel point que les négociants anglais qui s'y étaient fixés, ayant été notifiés, par le même M. de Saint- Lusson, qu'ils étaient sur le terrain du roi de France, furent rappelés par le gouvernement de la Nouvelle-Angleterre.
Le P. A ‘ouez, en compagnie du P. Dablon, parcourut, mais non sans de grandes fatigues, tous les pays qui sont au sud de la Green Bay. Après avoir remonté la rivière aux Renards, qui se décharge à Fond du Lac, il desvendit vers le sud et entra dans la contrée des Mascoutins, « où les bois sont rares », dit Charlevoix.
Il y rencontra Tetinchana, le chef des Miamis, et trois mille guerriers, que la crainte des Iroquois tenait unis avec leurs voisins.
Les inissionnaires furent parfaitement accueillis par ces peuplades et préchèrent l'Évangile avec fruit dans cetie partie du Wisconsin, qui s'étend entre la rivière Wisconsin et la rivière Illinois, deux affluents du Mississipi.
Le P. Dablon, ayant été rappelé à Québec, le P. Allouez, toujours infatigable, se rendit chez les Outagamis, malgré les représentations des Miamis et des Mascoutins, qui mirent tout en œuvre pour le dissuader de se livrer seul à la fureur d'ui peuple irrité contre les Francais et qui n'avaient jamais paru disposés à entendre parler du christianisme. Mais rien ne put ébranler son courage : et il se rendit chez les Outagamis, autrement dit les Renards, qui habitaient le centre du Wisconsin, dans cette partie qui avoisine le haut de la rivière au Renard. Ces sauvages, qui avaient été maltraités à Montréal et qui avaient juré de s'en venger, admirèrent sa résolution el sa patience, et peu à peu s'humanisèrent à son ég”:d. « leur précha Jésus-Christ, baptisa des moribonds et surtout des enfants. » Plusieurs des Outagamis 'e prièrent à son départ de les revenir voir, et l’assurèrent que, quand il voudrait s'établir chez eux, il trouverait une cabane et une chapelle toutes dressées.
Dieu récompensa ainsi le zèle et l'intrépidité de son serviteur.