‹ Histoire de la race française aux États-Unis [microforme]Chapitre 21 sur 73 · LA RIVIÈRE · texte numérisé non relu

LA RIVIÈRE

des Mohawks était répandue jusque-là. Aussi, firent-ils la plus cordiale réception aux Francais qui passèrent six jours au milieu de ces braves Indiens. Ceux-ci ne les laissèrent partir qu après avoir fumé avec eux le calnmet de Ja paix. Cette pipe armée de magnifiques plumages fut ensuite suspendue au cou du P. Marquette et devint le talisman des voyageurs au miieu des autres tribus de la vallée du Mississipi.

Le P. Marquette et ses compagnons se remirent en route et continuèrent à voguer sur les eaux du grand fleuve qui semblaient couler indéfiniment vers ie Sud. Ils ne tardèrent pas à voir les flots fangeux du Missouri se méler aux ondes transparentes du Mississipi. L'Ohio vint ensuite apportant au fleuve géant le tribut de ses nombreux aflluents.

Ils descendirent ainsi jusqu’au trente-troisième degré de latitude, allant de surprise en surprise, ne pouvant rassasier leurs veux des merveilles qui se déroulaient sans cesse devant eux. Toutefois, la chaleur devenant intense (on était alors au mois de juillet) et les moustiques intolérables, il fallut songer à s'arrêter.

À cet endroit, 1.100 milles de l'embouchure du Missouri. se trouvait le village des Michigamies. Armés de lances. de haches, d'ares et de flèches, les naturels de ce pays. montés dans leurs canots de guerre, s'avancèrent, en poussant (les cris terribles, au-devant des voyageurs sans défense. Le P. Marquette exhiba le calumet dont l'avaient gratifié les Indiens visités antérieurement, et les hostilités cessèrent comme par enchantement.

Ayant passé quelques jours à se reposer au milieu des Michigamies, les explorateurs se mirent en route pour retourner au Canada: mais ce ne fut pas sans diflicultés et sans fatigues qu'ils purent remonter le fort courant du Mississipi. [IS n'arrivèrent qu'après plusieurs semaines d’une navigatiou excessivement pénible à l'embouchure du Missouri. Au lieu de remonter le cours du Mississipi jusqu'à la rivière Wisconsin et, de là, jusqu'au partage de la rivière aux Renards. suivant ainsi la route par laquelle ils étaient venus, ils s'engaserent dans un des aflluents du grand fleuve, la rivière Illinois, dont ils rebroussèrent le courant jusqu'au Despleins. De là, après un court portage, ils se trouvèrent dans la rivière Chicagou et bientôt dans le lac Michigan.

00h per terenton mme agent pme

Joliette et le P. Marquette se sépurtrent à l'endroit où se trouve maintenant la Métropole de l'Ouest, Chicago, l'un allant porter à Québec la nouvelle de l'importante découverte du Mississipi. l'autre retournant à sen humble mission de Micbillimakinac pour revenir ensuite, au milieu des Miamis. annoncer Jésus-Christ.

S'apercevant en ce lieu que sa maladie (sa santé avait été fortement altérée par les fatigues de son long voyage) devenait de jour en jour plus dangereuse, il reprit le chemin de sa mission de Michillimakinac. Pendant le voyage, qui se faisait en canot. sur le lac Michigan, ss forces diminucrent si rapidement que ses deux canoteurs comprirent qu'ils ne pourraient arriver au terme de la navigation. Lui-même en était si convaincu, qu'il leur donna des instructions sur la manière de l'ensevelir. « Lorsqu'il sentit approcher sa fin, il se fit débarquer près de l'embouchure d'une rivière qui porta longtemps son nom et désigna un coteau voisin pour le lieu de sa sépulture. Ses compagnons dressèrent une misérable cabane d'écorce, sous laquelle ils le ‘déposèrent. Après les avoir remerciés de leurs soins, le malade, en présence de son crucifix. répéla à haute voix sa profession de foi. et rendit grâce à Dieu de la faveur qu'Il lui accordait de mourir comme un véritable missionnaire, dans une chétive cabane. au milieu

des forêts et éloigné de tout secours humains. Après sa mort, ses deux compagnons «déposèrent respectueusement en terre ses restes vénérés. et dressèrent une grande croix près du tombeau. »

«€ Deux ans après, les Kiskakons. sauvages chrétiens qui avaient été instruits par le P. Marquette, relevèrent ses ossements, les dlispostrent soigneusement dans une boite d'écorce de bouleau. et les transportèrent avec de grandes démonstrations de respect à Saint-Ignace-de-Michillimakinac (1). »

(1) FERLAND : /listoire du Canada, vol. IH, P: 92.

dite DONS né it) L'été, os

dt dé pnbet SAS dde | ulté at td es

Page 1