CHAPITRE XI
La paix de Ryswick. — Le traité de Montréal entre les tribus indiennes. — Kondiaronk. — Le pays des Illinois, et le Haut-Mississipi. —- Kaskaskia. — Nouveaux postes français. — Établissement d'une colonie française en Louisiane par d'Iberville. — Progrès de cette colonie, — Quelques prêtres du séminaire de Québec arrivent en Louisiane, -- M. de Montigny, vicaire général. — Rôle sublime de la France. — Fondations diverses. — Détroit fondé par la Motte- Cadillac. — Roman vécu du jeune Saint-Denis. — Construction du fort Rosalie chez les Natchez. — Détroit assiégé par 2 000 Outagamis. — Dévouement des sauvages alliés à la France. — Le traité d'Utrecht et la perte de l'Acadie, — Les Abénakis restent fidèles à la France. — Les Iroquois revendiquent leurs droits, et leur conftdération compte une nation de plus.
À la mont de M. de Frontenac, en 1698, les Anglais et les Français de l'Amérique se trouvèrent momentanément réconciliés par le traité de Ryswiek. La Nouvelle-France, qui avait soutenu la lutte avec avantage contre les colcnies anglaises, recueillit le fruit de ses victoires en maintenant ses limites territoriales et surtout en gagnant du prestige vis-à-vis des différentes peuplades sauvages.
Aussi, en 1701, sous M. de Callières, on vit se réunir à Montréal une nombreuse délégation indienne, la plus considérable tenue jusque-là, pour la conclusion d'une paix durable entre différentes tribus, y compris les cinq nations iroquoises, sous l'égide et la protection du grand Ononthio des Français.
Deux cents Iroquois arrivèrent tout d'abord avec leurs ambassadeurs, puis, un peu plus tard, 700 ou 80) sauvages des pays éloignés de l'Ouest et du Nord, parini iesquels, des Pouteouatamis, des Outagamis, des Hurons, des Mobhingans, des Miamis:, des Illinois, des Kaskaskias, des Puants et des Kikap” . Tous ces peuples, à l'exception des Iroquois, étaient depuis longtemps les alliés des Français qui, au fort