‹ Histoire de la race française aux États-Unis [microforme]Chapitre 26 sur 73 · DORE ET ONCE ETES · texte numérisé non relu

DORE ET ONCE ETES

Michillimakinae et à Saint-Louis de l'Illinois, entretenaient avec eux les relations les plus cordiales.

Le P. Angelran, missionnaire à Michillimakinac, et le sieur de Courtemanche, l'émissaire de M. de Callières, avaient éprouvé d'assez grandes diflicultés à contraindre leurs belliqueux alliés à enterrer la hache de guerre et à les conduire à Montréal. Toutefois, grâce à !a grande influence du missionnaire et à l'habileté de M. de Courtemanche, les difficultés s'étaient aplanies et, pendant que le P. Bryas réussissait à convaincre de son côté les nations iroquoises sur la nécessité de la paix, la délégation de l'Ouest s'était hise en route pour Montréal. Ces assises solennelles où Kondiaronk, le grand chef huron de Michillimakinac, fit entendre le chant du cygne, car il mourut après un long et éloquent discours, aboutirent à un traité de paix solide et durable entre tous les peuples que nous venons de menlionner,

« Cette grande alliance de toutes les nations devait ètre confirmée par un signe spécial : un calumet, offert par les Miamis, fut apporté: on le présenta à MM. de Callières, de Champigny et de Vaudreuil qui, après en avoir tiré quelques bouffées de fumée, le firent passer aux Iroquois, puis aux députés des alliés, qui firent de même. On chanta ensuite le Te Deum, et le conseil fut terminé par un festin que le gouverneur avait fait préparer pour les sauvages (1).

Sous le règne de la paix et de l'harmonie entre les différentes peuplades sauvages, nous allons voir la domination française s'étendre rapidement à l’ouest, dans la vallée du Mississipi et de ses affluents.

« Les différents comptoirs établis par La Salle et les missions situées au sud et au sud-ouest du lac Michigan devinrent des points de ralliement autour desquels les émigrants et les aventuriers du Canada affluèrent annuellement, à tel point que chacun de ces postes devint bientôt une petite colonie lrançaise. Par ses nombreux voyages aux Miamis et aux Hlinois, de La Salle avait préparé le terrain pour un commerce plus étendu et des rapports plus amicaux avec les sauvages. Grâce aux riantes descriptions de ces pays faites par lui ou

G) FenrLanp, vol. I, p. 335.

épaannnrinnssts eines she ce vrai

ses prédécesseurs, l'imagination des coureurs des bois s'était cnflammée à tel point que les régions du Mississipi et de l'Hlinois étaient désormais désignées scus le nom de Paradis terrestre (1) ».

« D'ailleurs », disait-on, « le climat était si doux et les forèts si remplies des meilleurs fruits qu'il était facile d'y vivre presque sans travailler. Les colons de Montréal et de Québec, ayant abandonné les vieux établissements, continuèrent d'émigrer vers les contrées plus fertiles et plus tempérées de l'Ouest. La route qu'ils suivaient d'ordinaire était celle tracée par le P, Marquette en 1673 et La Salle en 1679. par les lacs et le détroit de Mackinaw. jusqu'à l'embouchure de la riviere Saint-Joseph, dans le Michigan, ou de celle de Chicago, dans l'Iilinois. En remontant l'une ou l’autre de ces rivières, ils pouvaient facilement atteindre, par un court poriage, les deux affluents de la rivière Hlinois, la rivière Teakiki (Kankakee) à l'est et le Des Pleins à l'ouest. Ceci était d'autant plus facile qu'il y avait encore à cette époque des compagnons de La Salle et du chevalier de Tonti. qui avaient suivi ces derniers dans leurs voyages sur le Mississipi. »

La plupart de ces voyageurs s'établirent ainsi au milieu des Illinois en qualité de traiteurs, ou de simples coureurs des bois. Les routes devinrent familières et l'on ne tarda pas à voir, dès la fin du xvire sièuie, des établissements francais remplacer les forts Crèvecœur et Saint-Louis abandonnés depuis quelques années. « Avant la tin du vvue siècle, le vieux Kaskaskia fut fondé dans le Paradis terrestre, et plusieurs désiraient laisser le Canada pour aller vivre dans ce délicieux séjour (2). »

Ce fort, qui ne tarda pas à prendre du développement, était situé à l'embouchure de la rivière du me ne nom sur le Mis sissipi. Vers le mème temps, les missions avinrent de véritables paroisses. Celle de Péoria, entre autres, sous la direction du R. P. Gravier et Marest, compta bientôt toute une colonie d'Indiens convertis et plusieurs Français. A l'ouest du Mississipi, les PP. Montigny et Davion avaient établi près du

G) Moxkite : History of the Vailey of Mississipi. (2) In. : Ibid.

Page 1