FERLAND
première lueur du jour, après avoir jelé ses vivres à l'eau (1). »
Cette victoire, l’un des plus glorieux épisodes de notre épopée nalionale, fut malheureusement, pour la puissance francaise en Amérique, l'un des derniers reflets d'un astre sur son déclin. Quelques jours plus tard, 26 juillet, Louisbourg capitulait: le fort Frontenac, dégarni de troupes, se rendait à son tour, le 25 août, au colonel Bradstreet, et le fort Duquesne, après une dernière victoire remportée sur les Anglais, par M. de Ligneris, était abandonné et brûlé.
Le général Forbes, qui en prit possession peu de temps après, donna à cet amas de cendres le nom de Pittsburg, qui est devenu depuis celui d'une ville riche et florissante.
Ces revers, dus à l'impéritie du gouvernement francais, n'eurent pas même pour effet de faire ouvrir les yeux à ses ministres, C'est en vain que M. de Bougainville et Dorcil représentèrent à la cour le triste état de la colonie et la nécessité de faire un grand effort pour épargner au pays le sort qui le menacait. C'est en vain aussi que « le gouverneur général et mème l'intendant avertirent, dès le mois d'octobre 17N, les ministres de France, que le projet des Anglais était d'assiéger Québec, l'année suivante, avec une armée formidable, etque si le Canada ne recevait point de secours, attaqué de loules parts, il suceomb . . ia famine et par la uerre (2) ». A loutes les ‘ons, devant toutes les remontrances, ces traitres s, ear il faut les appeler par leur nom, répondaient À subterfuges où mème par des grossièrelés (3).
« La France ne pouvait rien pour le Canada, tel était le refrain depuis cinq ans. Et pourtant, en 1758, ses flottes S'élaient emparées de Gondelour, où dix frégates anglaises avaient été coulées : elles avaient pris le fort Saint-David ct la ville de Devi-Cotah, sur la côte de Coromandel: elles avaient fait Ja conquête de la Nabadie d'Arcate, ete. preuve évidente qu'il y avait encore dans le royaume de Louis XI\
(Gi) GARNEAU.
G) Le ministre de la Marine, l'inepte Berryer, reçut fort mal M. de Bou gainville, et lui dit : « Eh ! Monsieur, quar.d le feu est à la maison, on s'occupe pas des écuries. » — « On ne dira pas, du moins, Monsieur, ajrs vous parlez comme un cheval », répliqua Bougainville, — DusskU\.