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€ Outre-Mer, voi. E, p. 241.
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£ ne soient qu'une infime minorité aux États-Unis (1 sur 6) et qu'ils se recrutent exclusivement chez les émigrants venus des contrées catholiques, à l'exception des vieilles possessions françaises ou espagnoles annexées ou conquises, ces enfants ; de l'Irlande, puisqu'il faut les appeler par leur nom, s’inti- | tulent pompeusement | Église américaine.
Comme nous l'avons vu par l'interview de M£ Ireland, la
direction de cette Église et les sièges épiscopaux leur revien- | nent de droit. Autrement, «c'en serait fait de l'unité de notre
Église ». à
Ce n'est pas tout : afin de hâter cette unitication des races p'acées sous leur haut patronage, ils ont eu l'idée d'imposer aux catholiques américains, aux Français surtout, leur langue dans les écoles paroissiales. Tous les prélats irlandais des États-Unis n'ont pas, comme le bouillant évêque de London (Canada), dénoncé avec violence le système de l'enseignement bilingue : mais plusieurs ont travaillé sournoisement à exclure peu à peu les langues « nationales » des institutions scolaires libres qui, aux États-Unis, sont les annexes de l'église. Nous connaissons plus d'une paroisse franco-américaine où le français est prohibé en dépit des réclamations des pères de famille, Le choix des religieuses enseignantes devient de plus en plus du ressort des évèques qui, parfois,refusent énergiquement ou cherchent à éloigner celles de langue française pour n'admettre, dans les “-oles paroissiales, que des
sœurs (liocésaines dressées à 1 :: ‘milatrice. La paroisse française, avons: ..us haut, est le boulevard de la nationalité des Ç Aussi, bien qu'elle ; ait été subie, à cause des bn immédiats dont parle
Ms' Glennens, dans plus d'un endroit où nos compatriotes
sont en nombre, elle n'a jamais été vue d'un bon œil par les
assimilateurs. [1 est assez difficile d'en obtenir l'érection, et
l'on sent, chaque fois qu'il faut enfin l’accorder, qu'elle gène
considérablement les détenteurs du pouvoir, qu'elle dérange des plans et qu'on la voit naître à contre-cœur (1).
Souvent, il suffit d'une poignée d'Irlando-Américains, dans
(1) Quelques évêques américains ont décrété la non-existenve des paroisses nationales dans leurs diocèses, laissant ainsi peser sur leurs ouailles de langues et de nationalités étrangères un ostracisme dont la formule revient à ceci : Hors de l'anglais point de salut.
une localité composée en immense majorité de Canadiens pour que la paroisse devienne mixte. Dans ce cas, le curé est généralement de iangue anglaise et très souvent ne parle que l'anglais à ses ouailles. Il va sans dire que l'école paroissiale, s'il en existe une, est aussi anglaise que possible.
Le prètre canadien, qui donne à la paroisse son véritable caractère national, toléré jusqu'ici par nécessité, suivant l'expression de M£' Ireland, offre un obstacle au système d'anglicisation. Il lui est bien difficile de toujours refouler dans son cœur l'amour de sa race qui se trouve dans le cœur de tous les humains. S'il sait comprimer ce sentiment et rester le témoin impassible de la transformation ethnique qu'on cherche à faire subir aux siens, passe encore: mais si, obéissant à cet instinct de conservation qui se trouve en tout ètre vivant, mème dans les collectivités, il veut réagir, crier gare, et mettre ses compatriotes en garde contre le péril qui menace leurs institutions nationales, il devient suspect et peut s'attendre d'un moment à l’autre à être congédié sans pitié.
Le mot d'ordre dans un certain nombre de diocèses, — il y a d'honorables exceptions — est de remplacer peu à peu, dans nos paroisses franco-améi nes. le prètre de langue franvaise par celui de langue à glaise. Oh ! pour arriver à ce résultat, il y a plus d’un moyen dont l'habileté dépend de la diplomatie d’un chacun. T'antôt, ce sont les séminaristes de nos collèges du Canada que l'on fait échouer dans un examen d'admission (1), quels que soient, du reste, leurs certificats d’études ou les succès qu'ils ont antérieurement obtenus : lantôt, il devient impossible pour les prètres canadiens qui voudraient se dévouer au salut de leurs compatriotes des États-Unis d’être admis dans un diocèse américain mème comme simples vicaires: tantôt, enfin, la condition de ceux qui y sont en office devient tellement précaire que. pris de découragement, ils retournent au Canada.
Ajoutons à cela le décret de la Propagande du r1 avril 1887,
(1) On les refuse même systématiquement. Nous connaissons un diocèse de l'Ouest où les vocations sacerdotales ne peuvent éclore que dans le séminaire diocésain, lequel est, bien entendu, de langue anglaise et, chose plus étrange, tenu presque exclusivement par des religieuses.
obtenu sur la demande des évèques américains, et destiné à faire passer peu à peu des paroisses ne‘ionales à celles de langue anglaise tous ceux qui, pouvant s'exprimer tant bien que mal en cet idiome, en manifestent le désir, C'est ce qu'on appelle le droit d'option. Le contraire ne peut ètre fait. C'est un peu comme l'enfer du Dante : On y enire, 1£ is, hélas ! on n'en sort plus.
Voilà le programme et les moyens d'action de l'assimilation telle que mise en pratique par nos coreligionnaires irlandoaméricains.
Nous n'avons que faire de scruter le= raisons qui semblent favoriser ce système ni d'apprécier les motifs sur lesquels il s'appuie, Comme nous sommes en présence d'une école qui a de nombreux partisans au sein de la hiérarchie et du cler- #é américain, nous présumons que ces raisons el ces motifs sont d'un ordre élevé, encore que nous n'ayons pu jusqu'ici les comprendre.
Mais il nous reste à savoir, là est le point capital, quels peuvent être les effets de la transformation ethnique proposée sur nos compatriotes américains, Comme il s’agit d'une question dont la solution repose sur des faits: nous n'hésitons pas, malgré notre respect pour les tenants de l'anglicisation, à émettre une opinion diamétralement opposée à la leur.
Au lieu d'un progrès Je l'Église américaine dans l'assimilation, nous entrevoyons un désastre, et rie” u'est plus facile à prouver,
L'histoire mênie du peuple irlandais | Amérique sera notre premier el plus fort argument. Il est bien juste qu'avant d'avaler la pilule assimilatrice, nous sachions quel effet elle a produit sur ceux qui s'efforcent c'e nous l’administrer, Les émigrants irlandais ont subi de bonne heure et presque sans résistance l'assimilation américaine. Sans renier précisément leur origine, ils se sont trouvés incorporés au peuple des États-Unis, dont ils parlaient la iangue, au point de s'identilier avec lui, de partager ses goûts, ses amusemenis et bien souvent ses idées.
Qu'en est-il résulté > Matériellement, civilement, « américainement», lout fut pour le mieux. Leurs hommes de quelque valeur ont pu se fautiler, dans l’écheile sociale, aux positions les plus élevées. On peut à peine les discerner des vérilables Yankees. La masse mème de la nation irlandaise
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