‹ Histoire de la râevolution franðcaise (volume 2)Chapitre 71 sur 146 · LAVOISIER · texte numérisé non relu

LAVOISIER

phique et particulière ni de contester que tel philosophe peut être vertueux, quelles que soient ses opinions, et même en dépit d'elles, par la force d'un naturel heureux ou d'une raison supérieure. Il s'agit de considérer seulement l'athéisme comme national et lié à un système de conspiration contre la République Eh ! que vous importent à vous, législateurs, les hypothèses diverses par lesquelles certains philosophes expli quèrent les phénomènes de la nature? Vous pouvez abandonner ces objets à leurs disputes éternelles : ce n'est ni comme métaphysiciens ni comme théologiens que vous devez les envisager. Aux yeux du législateur, tout ce qui est utile au monde et bon dans sa pratique est la vérité L'idée de l'Être

suprême et de l'immortalité de l'âme est un appel continuel à la justice; elle est donc sociale et républicaine. »

C'était bien là, on le voit, le point de vue de Jean-Jacques. Aussi en quels termes pleins de respect et de tendresse le disciple rendit hommage à son maître! Après avoir parlé avec une amertume à peine contenue de ceux des philosophes du dix huitième siècle « qui déclamaient quelquefois contre le despotisme et étaient pensionnés par les despotes, qui faisaient tantôt des livres contre la Cour et tantôt des dédicaces aux rois, qui composaient des discours pour les courtisans et des madrigaux pour les courtisanes, qui étaient fiers dan.; leurs écri '^: et rampants dans les antichambres, » Robespierre

FETE DE L'ÊTRE SUPRÊME

ajoutait : « Un homme, par l'élévation de son âme et par la grandeur de son caractère, se montra digne du ministère de

précepteur du genre humain.... Ah! s'il avait été témoin de cette révolution dont il fut le précurseur et qui l'a porté au

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