BILLAUD-VARENNE
aux massacreurs, les presser même en leur portant le verre à la bouche. Ah! si ces deux étrangers abhorraient la France, ils ne pouvaient lui donner une plus funeste preuve de leur haine, ni fournir un meilleur appendice au livre de Burke
contre la révolution française
L'iiorloge de l'Abbaye ne marquait pas encore dix heures.
lorsque les commissaires envoyés par l'Assemblée arrivèrent. Après une courte harangue, qu'interrompirent de tumultueuses clameurs, Dussaulx se hâta de dire à ses collèsues : « Retirons-nous! » Et ils se retirèrent! Et Isnard, qui était là, garda le silence; Isnard C{ui, plus cjue tout autre, était teni^ de mourir, s'il le fallait, en protestant, Isnard qui, du
lUSTOIUE DE LA RÉVOLUTION FRANÇAISE
haut de la tribune, avait lancé, le 31 octobre 1791, ces paroles imprudentes et fatales : « La colère du peuple, comme celle de Dieu, n'est trop souvent que le supplément terrible du silence des lois; » Isnard qui, le 6 novembre de la même année, s'était écrié en parlant des prêtres : Il ne faut pas