‹ Histoire de la râevolution franðcaise (volume 4)Chapitre 34 sur 100 · BATAILLE DE VALMY · texte numérisé non relu

BATAILLE DE VALMY

thousiasme , s'écrie : Vive la patrie! allons vaincre pour elle ! Ce cri, qui remporta depuis tant de victoires, retentit aussitôt sur toute la ligne d'une manière formidable. Les colonnes ennemies, qui s'avançaient en bon ordre, s'étonnent et commencent à flotter. Brunswick, son télescope à la main, examinait attentivement, du haut de sa position, la contenance des Français; découragé, il laisse tomber ces mots : Nous ne nous battrons point ici. Deux fois, le roi de Prusse, qui frémissait de colère, voulut pousser ses soldats à l'atta- ([ue; deux fois ils durent se repher Vers sept heures, la canonnade cessa. La perte, de chaque côté, s'était élevée à environ neuf cents hommes tués ou blessés.

L'affaire de Valmy, sans être précisément une victoire, eut toute l'importance d'une grande bataille gagnée. Là venaient

d'apparaître , la face éclairée par la lueur des canons , ces hommes au cœur indomptable, aux muscles d'airain, qu'on allait voir parcourir l'Europe au pas de charge, et chasser devant eux, comme autant de faibles troupeaux, les plus puissantes armées. Là, enfin, Gœthe put dire le soir, à ceux qui l'interrogeaient sur les résultats de la journée : « De ce lieu et de ce jour date une nouvelle ère dans l'histoire du monde, et vous pourrez dire : J'y étais. »

Dans la nuit même, Kellermann, craignant d'être tourné par sa droite, repassa la rivière d'Aire, de façon à couvrir le front de son armée, dont la droite, par cette conversion, se trouva appuyée au camp de Dumouriez ; et, deux jours après, les Prussiens prirent position sur l'Hyron , Glairfayt s'établissant, de son côté, sur les hauteurs de V>"lmy, et le prince

de Hohenlohc, avec lavant-garde, sur celles de Gizaucourt et de la Lune

L'ennemi gardait ainsi la route de Ghâlons, et Frédéric- Guillaume insistait pour qu'on marchât sur cette ville sans plus de délai.

Mais le combat de Valmy n'avait fait que confirmer le duc de Brunswick dans ses dispositions pacifiques : il représenta vivement au roi de Prusse combien il serait dangereux de s'enfoncer davantage en France, lorsqu'on laissait derrière soi une nombreuse et vaillante armée. La voie des négociations était, selon lui, la meilleure à suivre, et c'est celle qu'il parvint à faire prévaloir.

Danton, instruit de ce qui se passait dans le camp prussien, ne demandait pas mieux, à son tour, que de traiter sur la base d'une prompte évacuation du territoire. Il avait déjà placé, auprès de Dumouriez, Westermann , un des héros du 10 août : apprenant qu'entre Dumouriez et Kellermann il existait une mésintelligence née de la jalousie du commandement, il envoya aux deux généraux, sous prétexte de les réconcilier, son confident Fabre d'Eglantine En réalité, Fabre avait mission de régler la marche à suivre pour amener, sans

coup féi-ir, la retraite de l'ennemi II y eut donc entre les deux camps des pourparlers, qu'on eut soin de voiler par certains arrangements convenus d'avance, tant on savait l'esprit de la Révolution soupçonneux!

Le -23 septembre, Manstein , envoyé par le roi de Prusse comme pour traiter d'un simple cartel d'échange, venait s'asseoir à la table de Dumouriez. Il était chargé de déclarer que le roi de Prusse et ses alliés désiraient un représentant de la nation française dans la personne de son roi, pour traiter avec lui; qu'il s'agissait, non de remettre les choses sur l'ancien pied, mais de donner à la France un gouvernement propre au bien du royaume, qu'il fallait, en outre, que toute propagande cessât, et que Louis XVI fût rendu à la liberté. Moyennant ces conditions, le monar([ue prussien offrait d'évacuer immédiatement le territoire.

Voilà en quels termes était conçue la note que Manstein remit à Dumouriez. Mais, en cet instant même, celui-ci recevait un bulletin qu'il tendit à Manstein, pou!»toute réponse. Le négociateur prussien y jeta les yeux et lut • Décret de la Convention nationale qui abolit la royauté et proclame la Répubhque !

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GÏÏÂPITUE IV

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