‹ Histoire de la râevolution franðcaise (volume 4)Chapitre 41 sur 100 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

LA RÉPUBLIQUE VICTORIEUSE

0 merveille ! ô preuve immortelle de la vérité des principes pour lesquels nos pères combattirent ! ces emportements sauvages, cette assemblée en délire, cette blême figure de

Marat..., les peuples qui nous entouraient virent passer tout cela sous leurs yeux, et rien ne les put soustraire au charme fascinateur de la Révolution française ! Ils savaiônt sans doute qu'il est des choses d'une beauté fatale; que .Sémélé fut réduite en cendres pour avoir voulu contempler de près le Dieu du tonnerre dans tout le formidable éclat de sa puissance.... N'importe! de chaque point de la Savoie mon- , tait vers nous le vœu brûlant qui déjà nous avait donné Avignon ; c'était avec larmes que les habitants de Chambéry appelaient notre drapeau tricolore, et ceux de Nice n'avaient qu'une pensée, celle que, plus tard, ils exprimèrent en ces termes, dans une touchante adresse à la Convention : « Que notre prière d'être Français soit accueillie!... Vous qui voulez le bonheur des peuples et la liberté du monde, nous vous déclarons en présence de l'Éternel, que nous partagerons

toutes vos peines Si notre prière devait être rejetée...,

nous embraserions plutôt nos possessions dans cette terre de proscription, pour aller vivre dans la terre de liberté que vous habitez. »

Aussi, lorsque, vers la fin de septembre 1792, les Français se présentèrent, « toute la Savoie les reçut et les embrassa avec transport. » Ce fut le 24 septembre que le général Montesquieu fit son entrée à Chambéry; et, la veille même, Montesquiou , suspect de fayettisme, avait été destitué en pleine séance de la Conveirtion, sur la dénonciation de Tallien, affirmant que ce général a n'entrerait point en Savoie! » Eh! comment cela eût-il été possible, lorsque, d'un élan passionné, et les bras ouverts pour nous serrer contre leur poitrine, les Savoisiens nous ajjpelaient de toutes parts? Ce fut une invasion vraiment sainte.

De leur côté, les habitants de Nice couraient comme au-devant du général Anselme ; la forteresse de INIontalban se hâtait de capituler, et, sur une simple sommation, celle de Villefranche ouvrait ses portes.

Grande et noble fut la séance où, au bruit d'applaudissements unanimes, au milieu d'un attendrissement général, et sous l'impression d'un des plus beaux rapports qu'ait jamais faits l'abbé Grégoire, la Convention prononça ces paroles solennelles : « Au nom du peuple, la Convention nationale déclare la réunion de la ci- devant Savoie à la République française »

Mais les Savoisiens n'avaient pas attendu jusque-là pour prêter le serment de mourir en défendant la liberté, l'égalité, la France. Et ils le tinrent, ce serment; ils « partagèrent nos peines; » ils combattirent nos combats. Oh! qui de nous pourrait jamais oublier que ce furent les montagnes du département du Mont-Blanc qui fournirent aux batailles de la Révolution ces dragons allobroges, au nom et à la valeur desquels s'attachait une idée de fantastique épouvante, ces guerriers dont l'ennemi disait ; « Leurs chevaux mordent I »

Et en Suisse aussi, à l'approche des troupes de la République, bien des cœurs battirent d'espoir et d'amour. Le pays de Vaud se sentait si vivement attiré vers la France, que le gouvernement bernois, pris d'inquiétude, envoya plusieurs bataillons surveiller la frontière française. A Genève, tandis que Montesquiou s'y réfugiait, accompagné d'un seul aide de camp, et caché sous un habit bourgeois, on affecta une attitude menaçante, tant qu'y séjournèrent des confédérés suisses accourus de Nyon; mais, après leur départ, l'entraînement révolutionnaire, qu'ils comprimaient, éclata ; et Mallet du Pan raconte avec toute l'amertume de ses haines royalistes, que ce fut alors qu'il quitta la ville, ne doutant pas qu'elle ne « vînt tomber dans les bras sympathiques de la République française. » ,

LA RÉPUBLIQUE VICTORIEUSE

Pendant ce temps, vers Chàlons, Dumouriez continuait de négocier la retraite des Prussiens, et ne négligeait rien pour l'obtenir, impatient qu'il était d'aller envahir les Pays-Bas, son plan favori. Isoler l'Autriche de manière à pouvoir l'accabler, telle était alors la politique de cet homme extraordinaire , en qui la subtilité du diplomate s'unissait à l'audace du soldat. Apprenant que le roi de Prusse manquait de café et de sucre, il lui en envoya quelques livres, avec des fruits et du pain blanc. Le présent fut reçu, mais le monarque prussien fit dire à son courtois adversaire de s'en tenir là. Une grande cordialité s'était établie entre les avant-postes des deux armées, et les Français partageaient généreusement leur pain avec l'ennemi, dont la détresse allait jusqu'à écorcher les chevaux et les manger

D'un camp à l'autre , les officiers se visitaient , sous prétexte de missions militaires. C'est ainsi que le 23 septembre le major Massenbach allait s'asseoir à la table de Kellermann, entouré en ce moment des fils de Philippe Egalité, et des généraux Dillon, Schauenbourg, Labarolière.

Or, il arriva qu'après le dîner, Dillon, s'entretenant avec Massenbach, insista sur la nécessité, pour la Prusse, de faire la paix et de reconnaître la République. Il ajouta, mais à voix basse, que la paix pousserait la Révolution à s'engloutir dans l'anarchie; que si, au contraire, on s'obstinait à la guerre, il ne voyait de salut ni pour la monarchie, ni pour la noblesse, ni.,., pour lui-même. — Il apercevait dans le lointain, l'infortuné, l'échafaud sur leipel il devait périr! — Jetant ensuite autour de lui un coup d'oeil inquiet, et s' assurant qu'il n'était pas observé, il ouvre la fenêtre, et se penchant au dehors • « Voyez , dit-il à Massenbach , la belle contrée ! » Le major comprend, se penche de même , et Dillon laisse tomber rapidement ces mots : « Avertissez le roi de Prusse qu'on travaille à Paris à un projet d'invasion en Allemagne, parce qu'on sait qu'il n'y a pas de troupes allemandes sur le Rhin »

Le fait était vrai, l'avis important; mais le roi de Prusse n'accueillit le rapport qu'avec humeur et défiance. Que ne fit pas Dumouriez, pour détacher ce prince de l'alliance de l'Autriche ! Il alla jusqu'à lui adresser un mémoire où il appelait sa fidélité à tenir ses engagements politiques, l'illusion du point d'honneur. Tout fut inutile. Le récent avènement de la République en France n'avait fait qu'enflammer chez Frédéric-Guillaume le désir de relever ou de venger en la personne de Louis XVI la cause des rois.

Et puis, les émigrés l'entouraient, le pressant, le suppliant d'en finir avec la Révolution par quelque grand coup d'épée Ils avaient cru n'avoir qu'à tendre la main pour ressaisir cette France qu'ils disaient leur appartenir, et l'idée qu'elle allait leur échapper les rendait furieux.

Le sort des prisonniers du Temple, les dangers de Louis XVI, si on précipitait la Convention dans les colères du désespoir, ah! c'était bien de cela (ju'il s'agissait, vraiment! Un de ces preux écrivait de Coblentz : « Le roi de France a appris , dit-on, avec sa ladrerie ordinaire, qu'il n'était plus roi. » Dans une lettre du comte de Lanibertye à sa sœur, il est dit : « On ne conçoit rien aux conférences du roi de Prusse avec Dumouriez. On parle d'un accommodement ; cela ne me paraît guère possible, à moins que l'on ne regarde le royaume pour rien du tout, et quon n'ait le projet de conserver les jours du roi de France, et de nous sacrifier Alors, adieu la noblesse, et le clergé et les propriétés ! »

Ce langage , d'un égoïsme si naïvement cruel, n'était pas , dans l'émigration, celui de quelques individus seulement, la responsabilité du sentiment qu'il e.xpiime, le prince de

Hardenberg l'étend à l'état-major des émigrés, au parti des princes.

Aussi, le roi de Prusse ayant convoqué, le 26 septembre, un grand conseil de guerre, les maréchaux de Broglie et de Gastries furent les plus ardents à soutenir, de concert avec le général autrichien Glairfayt, tju'il fallait sans retard livrer bataille. C'est ce que voulait dans son cœur le roi de Prusse Vainement le duc de Brunswick, le général Kalkreuth et les autres généraux prussiens objectèrent -ils le mauvais état de l'armée, son affaiblissement par les maladies, la saison pluvieuse, l'immensité du désastre en cas de défaite, dans un pays ennemi : le combat fut fixé pour le 29, et la nouvelle s'en répandit aussitôt dans le camp des princes français , qu'elle fit tressaillir de joie.

La veille, le duc de Brunswick avait eu avec le colonel Thouvenot une entrevue dans laquelle ce dernier lui avait dit : « Des hommes libres sont des lions chez eux.... Si, par une suite des hasards de la guerre, vous avanciez sur Paris, alors Paris cesserait d'être Paris ; au moment de votre arrivée, Paris serait à deux cents lieues de Paris. »

D'autre part, l'idée avait été émise, dans celte conférence, d'une convention militaire secrète sur la base de l'évacuation immédiate du territoire, « Dumouriez s'engageant, dans ce cas, à ne point inquiéter la retraite des Prussiens jusqu'à la Meuse. » Cela convenait fort au duc de Brunswick ; mais on vient de voir comment ce plan se trouvait écarté par la décision adoptée dans le conseil de guerre du 26 septembre D'ailleurs, Dumouriez n'avait osé prendre , bien qu'il eu eût le désir, l'engagement formel de ménager les Prussiens en retraite, avant d'en avoir reçu de Paris l'autorisation , soit publique, soit secrète.

Pour le décider à prendre sans plus de retard cet engagement qui, en assurant la retraite paisible des Prussiens, pouvait faire revenir le roi de Prusse sur le projet de livrer bataille , le duc de Brunswick eut recours à un expédient singulier. Il onnaissait l'extrême désir qu'avait Dumouriez de se porter à la conquête des Pays-Bas ; il espéra l'amener à brusquer l'arrangement , en l'effrayant sur la durée des hostilités reprises avec vigueur par l'armée prussienne, et, le 28 septembre, il lui fit parvenir un manifeste où étaient rappelées, dans un 'style dur, impératif, menaçant, ces précédentes déclarations des 25 et 27 juillet qui avaient si fort irrité les révolutionnaires

Dumouriez, qui ne pénétra pas d'abord les intentions du duc, lut deux fois cette pièce, tant il la trouva étrange, déplacée; et se tournant vers l'aide de camp qui venait de la lui remettre • « M. le duc de Brunswick, dit-il, me prend sans doute pour un bourgmestre d'Amsterdam. Dites-lui que, dès ce moment, la trêve cesse. « Et il donna ses ordres en conséquence, devant le messager du prince

Mais une lettre de Heymanu ne tarda pas à l'instruire du fond des choses ; et, d'un autre côté, il reçut des ministres, sur ces entrefaites mêmes , l'autorisation secrète , si les Prussiens se décidaient à la retraite, de ne point inquiéter leur marche.

Chose curieuse! l'homme qui avait fait envoyer à Dumouriez cette autorisation si peu conforme au génie audacieux de la Révolution, c'était Danton ; soit que, pénétré des vues de Dumouriez, il voulût le laisser libre d'envahir les Pays-Bas , soit qu'il crût d'une sage politi([ue de chercher à éloigner l'armée prussienne sans s'obstiner à la vouloir détruire. Toutefois, comme une pareille politique aurait pu paraître suspecte, et c£u'il savait la Révolution soupçonneuse, Danton so garda bien de compromettre sa popularité dans des dépêches

officielles. L'arrêté du Conseil, tel qu'il le fit adopter par ses collègues, portait, dans un langage tout romain :«.... Ze Consil arrête quil sera répondu que la République française ne peut enlen Ire à aucune proposition avant que les troupes prussiennes aient entièrement évacué le territoire. » Mais , en même temps, Danton faisait savoir à Dumouriez , par une lettre particulière, qu'avant tout, la République avait besoin de mettre hors de son territoire les armées étrangères; qu'il ne s'agissait pas de viser à la destruction de l'armée prussienne, d'autant que la Prusse n'était pas l'ennemie naturelle de la France; que, sur trois commissaires de la Convention qui allaient se mettre en route pour le quartier général des deux armées ennemies , il en était deux , Sillery et Carra , plus particulièrement munis d'instructions relatives à l'exécution de la convention militaire qu'il jugerait à propos de conclure.

Il faut en convenir, il y a quelque chose de louche dans cet épisode de la vie de Danton. Des trois commissaires dont il est question dans sa lettre à Dumouriez, le seul qui fût d'un patriotisme ardent et dune inflexibilité républicaine reconnue, c'était Prieur de la Marne. Sillery n'avait jamais figuré que comme l'homme du duc d'Orléans , et Carra était précisément le journaliste qui avait posé la candidature du duc de Brunswick au trône de France : quoi de plus singulier que de cacher au premier ce que l'on confiait aux deux autres ! Et quelles étaient donc ces instructions plus particulières données à des agents tels que Sillery et Carra? C'est ce que ne disent ni les Mémoires du prince de Hardenberg, très-obscurs en ce qui regarde ces négociations, et évidemment pleins de réticences, ni les Mémoires, beaucoup moins expUcites encore, de Dumouriez.

Il y a mieux : cet engagement de ne pas inquiéter l'armée prussienne, dont le prince de Hardenberg parle, en tout cas, d'une manière si positive, et dont les faits vont confirmer la réalité, non-seulement Dumouriez le passe sous silence, mais il ne veut pas qu'on attribue « le bonheur de la retraite des Prussiens à une connivence entre lui et le roi de Prusse. »

Voyons , cependant , comment s'exprime à cet égard un homme d'État fort bien informé, et dont certes le témoignage ici ne saurait être suspect.

Au moment de mentionner la lettre de Danton à Dumouriez, le prince de Hardenberg dit en termes exprès : « Dumouriez fit dire au duc de Brunswick qu'il regrettait d'autant plus d'avoir reçu son manifeste, qu'il venait d'être suffisarnment autorisé a ne pas inquiéter la retraite de l'armée prussienne, aux termes de la convention dont les bases avaient été provisoirement consenties avec le colonel Thouvenot »

Et, du récit du même prince de Hardenberg, il résulte que cette assurance, vivement présentée par le duc de Brunswick, fut un des principaux motifs qui déterminèrent enfin le roi de Prusse à revenir sur la décision de son conseil de guerre, et à donner l'ordre de la retraite.

L'armée prussienne était dans un état déplorable. Horriblement ravagée par la dyssentene , elle ne laissait derrière 'îlle , pour marquer la place qu'elle avait occupée , que de mstes mares de sang; et, presque aussi malheureuse qu'autrefois l'armée de Pharaon, ce qu'elle avait à traverser, selon le mot énergique de Gœlhe, c'était une Mer Rouge de boue.

Dumouriez, dans ses Mémoires, assure que « la retraite des Prussiens se fit avec le plus grand ordre ; « on va juger de la vérité de cette assertion par le tableau suivant qu'a tracé du d''ô.>'re un homme qui s'y trouva enveloppé, lillustre Gœlhc :

« Lorsque, au point du jour, nous sortîmes de Verdun, le tumulte et la confusion furent sans mesure. Sur la grande esplanade qui s'étend devant la porte, se croisaient toutes sortes de voitures, peu de cavaliers, et des fantassins innombrables. Tournant à droite, vers Etain, nous nous engageâmes dans une étroite route bordée de fossés. Si monstrueux était l'entassement, si ardente la précipitation, que le sentiment de la conservation personnelle faisait taire toute autre considération, étouffait toute pitié. Un cheval de fourgon étant tombé, non loin de moi, on coupa les courroies, pour le laisser mourir là sur le chemin; et, comme ses trois compagnons devenaient incapables de traîner leur fardeau, on les détacha aussi, et l'on renversa le lourd fourgon dans le fossé Il fallait avancer, et sans retard ; nous eûmes à passer droit sur le corps du pauvre animal , t[ui allait précisément se relever, et je ne vis que trop bien ses jambes frémir et craquer sous les roues. Hommes et bêtes , étouffés dans l'étroite route, cherchaient à s'échapper dans les terres environnantes Mais la pluie les avait affreusement détrempées; elles apparaissaient couvertes de fossés pleins d'eau, et les sentiers y étaient partout coupés. Quatre soldats français bien vêtus, de bonne mine et d'une tournure distinguée , marchèrent quelque temps à côté de ma voiture; ils choisissaient leurs pas avec tant d'art, que c'était au-dessous de la cheville seulement que leur chaussure témoignait du fangeux pèlerinage où ces braves gens étaient aventurés. Qu'en de semblables circonstances on aperçût gisant de toutes parts, dans les prairies, dans les fossés, dans les champs, des tas de chevaux morts, rien de plus naturel; mais nous ne tardâmes pas à en rencontrer qu'on avait écorchés , et auxquels manquaient les parties charnues triste symptôme de l'universelle détresse »

Gœthe, lorsqu'il écrivait ces lignes, ne se doutait certainement pas qu'elles serviraient un jour à excuser les défiances de Marat s'écriant avec sa violence accoutumée : «■ Dans le misérable état où sont réduits ces brigands mercenaires, il est impossible qu'ils échappent à nos troupes, si nos généraux ne sont pas des traîtres. »

Et pendant ce temps, que faisait Dumouriez? Il nous dit bien, dans ses Mémoires, qu'il entassa ordres sur ordres . ordre au lieutenant général d'Harville de s'avancer trèspromptement de Pont-Favergues à Attigny; ordre au général Miaczinski de se porter du côté de Tannay ; ordre au général Chazot d'aller prendre le commandement de Sedan, en passant par Rethel ; ordre au général Dillon de pousser par Clermont jusqu'aux Iskttes, etc . , etc .. Mais ce que le général diplomate n'explique pas, c'est l'inconcevable fatalité qui paralysa l'effet de ces instructions, si multipliées et si savantes ! Il se plaint beaucoup de l'indiscipline et de la mollesse de Kellermann; il accuse tantôt le trop de lenteur de Stengel, tantôt le trop de précipitation de îliaczinski, tantôt les hésitations de Valence , mais ce qui, bien mieux que tout cela, explique « le bonheur » de la reti-aite des Prussiens, c'est l'engagement secret que Dumouriez, d'accord en ceci avec Danton, avait pris de ne les pas inquiéter, engagement dont il n'a eu garde de se couvrir, mais à l'égard duquel les Mémoires du prince de Hardenberg lèvent tous les doutes.

Et une autre chose lève tous les doutes • l'étrange départ de Dumouriez pour Paris, au milieu même du mois d'octobre, c'est-à-dire au moment où les Prussiens sortaient en désordre de Verdun ! Si sa présence au milieu de ses troupes fut jamais nécessaire, n'était-ce pas précisément lorsqu'ayant les ennemis à poursuivre, il croyait ne pouvoir pas se reposer sur une stricte exécution de ses ordres?

Cependant la guerre continuait d'embraser le njrd de la

LA REPUBLIQUE VICTORIEUSE

France, et tandis que, laissant échapper Brunswick, Dumou- | fêtes et les spectacles, Lille s'immortalisait par une défense riez allait à Paris, où nous le retrouverons bientôt, courir les j héroïque.

Page 1