‹ Histoire de la râevolution franðcaise (volume 4)Chapitre 6 sur 100 · LE SERRURIER GAMAIN · texte numérisé non relu

LE SERRURIER GAMAIN

Report. ... 75 livres par jour.

Baissant pas entre eux, chargés de recruter chacun vingt -cinq hommes et de les conduire tous les jours à l'Assemblée, dix livres chacun. . . 100

« Pour deux cent cinquajite hommes payés chacun à cinquante sols par jour, total 625

800 livres. »

C'était donc une somme de huit cents livres par jour que Bertrand de Molleville voulait qu'on dépensât , de son propre aveu, pour acheter, selon le besoin du jour, des applaudissements ou des huées !

Le roi avait d'abord répugné à cette mesure, non pas à cause de ce qu'elle avait d'immoral, mais simplement parce qu'il « lui en avait coûté , disait-il , près de trois millions pour avoir les tribunes pendant la première Assemblée, et qu'elles avaient été constamment contre lui. » Cependant , pressé par Bertrand de Molleville, il permit un essai, dont le succès fut si étrange et si scandaleux , ({u'il éveilla des soupçons. Averti un jour que les tribunes venaient de manifester bruyamment des opinions qu'on savait antipopulaires, Pétion envoya dans les faubourgs des émissaii'es qui se mirent à questionner les ouvriers et la Cour craignit que la mèche ne fût bien vite éventée. De là ce que Bertrand de Molleville ajoute :

« Le lendemain, lorsque je parus au lever, Leurs Majestés et Madame Elisabeth m'adressèrent le regard le plus gracieux et le plus satisfait. Au retour de la messe , le roi rentrant dans sa chambre, et passant auprès de moi, me dit, sans se retourner, et assez bas pour n'être entendu c|ue de moi : « Fort bien; mais trop vite.... Je vous écrirai. » En effet, dans la lettre que le roi me renvoya le même jour avec sa réponse, il me marqua que l'épreuve avait réussi 'a^i delà de ses espérances, mais qu'il y aurait du danger, surtout pour moi, à la prolonger; qu'il fallait réserver ce moyen pour le besoin, et qu'il m'avertirait quand il en serait temps. »

Lorsqu'on gouverne de la sorte , la nécessité d'armoires de fer qui gardent bien ce qu'on Leur confie s'explique de reste !

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