PREMIER MINISTÈRE DE NEUKER
Telle était donc la situation; et, en d'autres temps, un ministre aurait eu trois moyens de la surmonter : l'impôt, l'économie, l'emprunt.
Mais ici Necker n'avait point à choisir. Engagé dans une guerre devenue inévitable, depuis que les premiers coups de canon étaient partis d'un vaisseau anglais . Necker ne pouvait songer à la soutenir ni par l'économie ni par l'impôt.
E'impôt? Il n'y aurait point suffi. Et d'ailleurs, quel mi-
nistre sans entrailles aurait osé demander au peuple sa dernière obole, quand de toutes paris B'élevaïènt des cris de détresse; quand, d'un bout de la France à l'autre, retentissait le gémissement des corvéables ramenés à coups de bâton sur les chemins; quand la culture en maint endroit était abandonnée et que dans l'âme de tant de malheureux le désespoir débordait? Necker savait cela, il savait les iniquités criantes de l'impôt, les vices de son assiette, sa répartition