H ÉVOLUTIONS DANS LES REPUBLIQUES. ‘J
Rome, partout où I on 11e tour» ’ pas assez promptement le dos à Paris? C’est pounpini l'Autrichien PclzhofTer, énumérant systématiquement, il y a un siècle et demi, les artifices delà France contre l'empire, déclarait qu'ils consistent dans la médisance l < lenigraliuK dans l’affectation de protéger la liberté germanique, dans celle de secourir les princes italiens, tandis qu’en effet elle soutient des tyrans sur le Rhin, des llorgia en Italie, des séditions partout'. Qui a raison? la France ou l'Ruropc? Dans une région supérieure, la philosophie ne voit que la nécessité suprême où se trouve notre continent de se développer à travers les explosions incendiaires de Paris et les réactions formidables de l'Europe. On ne donne guère de conseil au destin ; on n’évite pas la guerre imposée par la nécessité, et s< s deux mouvements opposés doivent être également énergiques. Alallfeur aux peuples trop heureux !
1 \erbis circunivcnirc Au*triaco*\ — Oecasionilms in<*i<liari. — Huila promillcre. — Ka la nliiiii quœ grain <*11111 cl conuuotlt scrvnrc. — Ju> omne iu armis pouere.
CHXPITRE X\
I BS RÉACTIONS DANS LES ItÉRCBIIQIES ET DANS I.ES FÉDÉRATIONS
Despotismes étouffants de# républiques. — Leurs catastrophes inévitables — Unités suffoquai. les improvisées ou milieu îles fédérations par des pouvons, rétrogrades. — Leur ruine dés que les peuples se réveillent.
De même que les révolutions et les réactions des royaumes se révèlent par l'anarchie d’un désordre républicain, dans les fédérations, les réactions se montrent, aussi bien que les révolutions, sous la forme opposée d'une anomalie unitaire et royale. Le jour où Sparte abat l’orgueil d’Athènes sous les trente tyrans, c’est un jour de malheur, de deuil et de monarchie pour la (irècc tout entière, l’as un homme n’ose bouger, tous les États, toutes les villes étouffent sous la pression de leurs lois, de leurs institutions, de leur aristocratie, rétablies par l'hypocrite domination des Spartiates, et Socrate gémit, il frémit; tout en méprisant les multitudes et les tribuns, il en partage les colères; sa patrie * n'est plus qu'une représentation théâtrale de vieilles for- . mes dépourvues de vie et de réalité. Dans l’Italie du moyeu âge, où le rôle conservateur appartient au pape et à l'empereur, les réactions se dessinent également d’une manière isochrone et monarchique. En cllet, comment faire reculer d’une époque tanj de villes si diverses, sans placer un quartier général à Pavic, à Lucques, ou à Home, sans ramasser, d’une manière royale, toutes les forces ré-
RÉACTIONS DANS I.KS IIÉPIIII.IQUES.
trogrades, sans partir d'un seul point avec une seule direction pour écraser l'insurrection sur tous les points? Voilà donc Henri IV de Gibelin, maître de .Milan jusqu’à Home pour combattre la révolution des évêques; voilà Frédéric lîarberousse devenu dévastateur pour renverser les consuls, Frédéric 11 pour détruire les podestats, Henri Vil de Luxembourg pour supprimer le progrès des tyrans, et Louis de Bavière pour anéantir celui des seigneurs: tandis que, dans le camp opposé de l'Eglise, la réaction engendre les unités opposées de Grégoire Vil, d’Alexandre III, d’innocent IV, de Bonilaee VIII et de Bertrand de l’oïet, tyran délégué par la cour d’Avignon. En Allemagne, Cbarles-Quin! réprime le mouvement de la réformation d’une manière unitaire, ordonnant aux princes, aux ducs, aux villes de rentrer dans la vieille loi, d’obéir à l’antique Eglise, de proscrire les nouveaux prophètes, de considérer comme non avenu tout le monde moderne qui repousse les indulgences pontificales : Wnllenslcin écrase à son tour sa patrie, d’après le plan de Charlcs-Quint; que de fois celte maison d’Habsbourg, si fidèle au passé, na-l-ellc pas soulevé l’indignation des hommes les plus avancés de l’Allemagne!
Entre l’unité des révolutions et celle des réactions il n’y a que cette différence que la première frappe, dévaste, bouleverse tous les Etats et s’étend au milieu des ovations démocratiques, affichant le mépris de la loi, tandis que l’unité des réactions affecte, au contraire, de respecter toutes les frontières, de perpétuer toutes les traditions, d’adorer toutes les divisions, de se complaire à la pittoresque variété des Etats les plus divers. Ainsi Frédéric Barberousse voulait que Ixwli demeurât indépendante, que
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Coino fût rebitlie, que Crémone, l’avie, Novarc, tonies les villes menacées, fussent rassurées contre la révolution unitaire et conquérante des Milanais. De même, les Kspagnols, si savants dans leurs réactions, laissaient au bout de deux cents ans l’Italie comme ils l'avaient trouvée, au lieu que .Napoléon la bouleversa de fond en comble à chaque année de sa domination incendiaire. Il va sans dire que le despotisme devient aussi la forme des réactions dans les États constitutionnels ou républicains: les Stuarls en Angleterre, et le dernier Néron que le Danemark imposait à Stockholm révèlent assez comment on conteste aux peuples libres leurs progrès les plus nécessaires.
Mais ces tyrannies sont passagères, provoquent l'élan fédéral, et bientôt la liberté reprend sa forme roide et militante. Les Anglais chassent les incorrigibles catholiques qui jouaient dans une intention rétrograde le rôle des Tudor et de Cromwell ; la Suède se dégage à son tour de l’odieuse étreinte du Danemark, et, en dépit des fausses unités du pape et de l’empereur, l'Italie force ses deux chefs qui la combattaient à accepter sa fédération réformée, où les consuls détrônent les évêques, les podestats se substituent aux consuls, les sectaires aux podestats, les tyrans aux sectaires et les seigneurs à tout le monde.