I.ES PONTIFES
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de Tolède, surpassent les royalistes en faveur du roi. Les saints se multiplient presque en môme temps sur tous les points, et nous voyons Isidore à Séville, llellade à Tolède, Fructueux en Bretagne, Claude à Besançon, Déodat à Nevers et Théodore en Angleterre, où la liberté de l'heptarchie se développe jusqu'à supprimer le Bretvalda, son chef. Marculfe publie ses formules, et les monastères se propagent partout en Belgique. Mais dirons-nous que cette effervescence romaine profite à l’antique empereur siégeant à Byzance? affirmerons-nous que les lois de Rome, obscurément rappelées par la religion contre les institutions barbares, opèrent un retour en faveur de l'empire? Loin de là, on n'apprend qu'à mieux lui substituer le saintsiège dont le chef s’appelle souverain pontife en 042 et donne au monde la première salutation apostolique en 072.
Après avoir été suppliant, serviteur et missionnaire de l’empire à partir de 712, le pontife, s'en déclarant le soutien, prétend que les Lombards le respectent, que les peuples insurgés dans l'Exarchat le vénèrent, que les Franks leurs alliés le défendent; et qu'arrive-t-il en moins de cent ans? Qu'on voit le chef de l'Église, en Italie à la tète de la révolution populaire contre Byzance, en France, maître des rois par le sacre que saint Boniface substitue à la proclamation militaire, et qu'eu s'appropriant les victoires de Charles Martel, de Pépin et de Charlemagne contre les ennemis de la foi, il régénère effectivement l'empire; mais en le transportant en Occident, en couronnant Charlemagne, en consommant la plus subtile rébellion qu’on eût pu concevoir et en créant efifin un empire, non plus maître de tout cl vassal immédiat du dieu métaphysique,
c'est-à-dire du néant, mais soumis au pape son maître souverain, son Dieu vivant, vicaire de Jésus-Christ venu au monde pour couper court à l’aride et inique domination de Jéhovah. C'est ainsi que la fédération européenne qu’on appela depuis chrétienté et qui eut pour base primitive le pacte de Charlemagne avec l'Église, supplanta complètement l’unité byzantine, grâce à la révolution du pontife ' devenu souverain dans le centre de l'Italie, et partout chef d’une foule d’évèques jouissant de la dime, de la double exemption civile et criminelle, et de vastes territoires, nouvellement accrus par une foule de donations, qui reproduisaient et surpassaient celle faite au saint-siège.
Transportons-nous bien loin dans le Midi, sur la terre brûlante de l'Arabie, où une liberté presque nomade, comme aux temps d'Abraham, semble sans rapport avec Rome. Nous voyons encore les quatre époques des pontifes suppliants, serviteurs, propagateurs et restaurateurs de l'empire. La première se dessine en 529, sous les Abyssins, qui s’emparent de la Péninsule, où ils régnent quarante deux ans, semblables aux Goths de Ravcnnc. Autant les catholiques italiens frémissaient sous le joug de l'arianisme gothique, autant les Arabes, voués à une autre religion, gémissent sous le poids du catholicisme abyssin.
bientôt quand les Italiens triomphent des Goths et que les pontifes se déclarent, en 571, serviteurs de Byzance contre la nouvelle barbarie des Lombards, les corcïschites de la Mecque exterminent soixante-dix mille Abyssins, et le temple qu’ils entourent de leurs maisons brille soudain d’une lumière inattendue. La piété de saint Grégoire s'y reproduit par quatre sages attristés de voir que l'idolâtrie voile de ses images le Dieu d’Abraham; en 595, leur pieuse