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LES PONTIFES

douleur suscite une sourde effervescence et les premiers convertis jurent dans un banquet d’accorder leur protection à tous les opprimés. Enfin, en till, quand la parole de saint Grégoire fait enfin disparaître l'arianisme de l’Espagne et Rrunehaut de la France, l’Arabie entend pour la première fois la voix de Mahomet.

Dans la troisième époque, où les pontifes propagent la foi, la propagande musulmane éclate avec la fureur des conquêtes. Jérusalem, Alexandrie, la l’erse, Carthage, l’Égypte, l’Espagne, l’Inde, tombent sous l’épée du Prophète; pour chaque monastère fondé en Europe, c’est un royaume élevé en Asie, à chaque saint de l’Occident répond un capitaine musulman, autant le pape entame l'autorité morale du César byzantin, autant les chefs de l'Arabie supplantent son autorité politique.

lîien n’est donc plus naturel que la quatrième époque des pontifes restaurateurs, où les catastrophes des Grecs en Italie, des Eongohards à l’avie, des rois chevelus en France et des Saxons en Allemagne, se répètent dans l'épouvantable chute des Ommiades fustigésà mort et foulés aux pieds par les Abassides, qui étendent des tapis sur leurs corps, et fêtent ainsi dans un banquet leur propre avénemcntel 1ère nouvelle de l’islamisme. En Occident, line démocratie religieuse surpassait partout les demi-conversions de 1ère antérieure. Chez les Arabes, la démocratie abnssidc détrône l’aristocratie coreïschite, et les grands règnes d’Aroun al-Raseliil et de Mainoun contemporains de Charlemagne, la protection accordée aux hôpitaux, aux collèges, aux universités, aux savants, la fondation du divan, l’institution du vizirat, le nouveau partage des provinces, tout atteste l’intime corrélation entre les kalifes

de 800 et les papes élevés par la donation de Charlemagne. On ne remarque entre eux que les contrastes nécessaires de l'insurrection idolâtre à Home, abstraite eu Orient, là spirituelle, ici temporelle, là centralisée dans la ville qui commence à mériter son titre d’éternelle, ici tellement fédérale, que le kalife, borné aux fonctions de capitaine, se déplace à chaque époque, en se transportant de la Mecque à Médine, de Médine à Damas et de Damas à Bagdad.

On ne s’expliquerait jamais celte étonnante corrélation entre les papes et les kalifes, si on oubliait que les révolutions de la Mecque et de Rome & développent également contre Ilyzance qui sert de roue à leur engrenage. Les quatre phases des deux religions insurgées se répètent donc dans la capitale des Césars forcée de les imiter pour défendre, non-seulement sa prospérité, mais son existence. Quand les pontifes suppliants font entendre leur voix, ne lui enlèvent-ils pas déjà l’égide de l’hérésie? ne l’cngagenl-ils pas dans le catholicisme trompeur de Justin, dans la décrépite renaissance de Justinien, dans la fausse gloire de Bélisaire et dans les stériles conquêtes de Narsès? Elle refuse donc celte grandeur éphémère qui la soumet à Rome, et, après s’êlre insurgée une fois avec la fureur des Verts et une seconde fois aux derniers jours de Justinien, elle ne s'apaise qu’en voyant l'hétérodoxie réintégrée dans la chaire des patriarches, bientôt occupée par le célèbre Jean le Jeûneur.

Plus tard, lorsque saint Grégoire se déclare serviteur de César, l’orthodoxie s’abat encore sur l'empire connue une contagion mortelle, et il faut que Pliocas tue Maurice cl qu’IIéraclius sacrifie Pliocas pour fonder la dynastie, dont

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