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chic, ils ne doivent pas lions arrêter, et Hellenden, le seul qui, en I G 1 (», rappelle le faire italien dans son livre île Statu , loin de mériter les éloges de Huilant, qui le compare à Yico, n’est pas digne de figurer à côté de llottero. Comme historien, il marche au hasard ; comme politique, il se borne à encadrer des maximes banales dans des formules empruntées à Cicéron ; connue penseur, il ne présente aucune idée, ni dans son Prince, ni dans son Sénateur. Enfin, nous voudrions citer avec déférence Cordon, qui clôt, en 1728, la série des commentateurs de Tacite; mais comment louer cette perpétuelle bévue d'un homme qui débile force moralités et maints sermons, sans se douter que cet historien qui l'inspire, cette moralité qui le passionne, puisent toute leur force dans un fond d’amère misanthropie qui permet â l'expérience de développer à son aise les plus cruelles vérités? Tacite connaît l'art de réussir par l'injustice, et il y fait penser; il sait que c'est avec les lois de lèse-majesté, les apothéoses menteuses, les adulations effrénées, les délateurs innombrables, les sicaires patentés, les massacres continuels, que les Césars se sont élevés, succédé, étendus au détriment de toutes les libertés, à la honte du genre humain. Et, comme il méprise le succès dans la région sublunaire où se traînent, les misérables intérêts des mortels, au milieu de péripéties guerrières, il lui est permis d’exposer avec justesse une politique protégée par des dieux favorables à l'iniquité des cours. Mais le soporifique Gordon déverse le blême et la réprobation sur les crimes des empereurs, sans aucun discernement : emporté par sa fanatique naïveté, il prétend que, dans son propre intérêt, César aurait dû maintenir la république, Auguste rester citoyen, Néron régner mo-
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destcmcnt, et chacun de ses successeurs pratiquer des vertus arcadiques; car, à l'entendre, jamais un peuplcmonarchique n’a su défendre son prince, jamais un peuple superstitieux ne saurait être heureux, l ien de plus faible que les conquérants, rien de plus dangereux que les armées permanentes. C'est un Anglais qui parle, et tellement infatué de sa liberté britannique, qu’il ne sait comprendre ces chefs, qui, romains ou français, ont tant de fois envahi sa patrie.
L’Angleterre ne se venge de son infériorité politique, à l’égard de l’Italie, que lorsqu’elle prend ses idées sur son propre fonds et qu’elle marche avec la plèbe de Jean Cade et le despotisme de Stuart contre les libertés de ses lords. Alors elle trouve une inimitable inspiration; elle imagine des monarchies incendiaires, qui surpassent par leur amère profondeur toutes les autres conceptions de ce genre, et elle laisse des souvenirs ineffaçables, où la tyrannie et la philosophie étonnent et se confondent. C’est ainsi qu’Harrington arrive à la postérité, parce qu’après avoir été à la suite de Charles I", il devint niveleur comme personne ne l'avait été avant lui, quoiqu’il admirât Venise comme un modèle destiné à dura 1 autant que le monde. Par un mouvement dialectique inopiné, chez Hobbes, les phénomènes juridiques se développent au point de vue de la guerre qui unit les combattants, des conquêtes qui fondent les empires, du despotisme qui étouffe l’erreur des religions et de ce lévialhan monstrueux des multitudes, où le droit du plus fort défend contre les grands les droits des plus faibles. 11 semble ici que le génie du mal usurpe la place de la Raison, et que la force exclue la notion même du droit. Mais quelles sont les victimes du système de
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Hobbes? ce sont les nobles, les grands, les amis de la loi, les hommes des droits absurdes, de la conquête normande, et sur le sol anglais on ne se soustrait au despotisme hobbesien qu’en défendant les amis du pape, les ennemis de la nation. L’absolutisme est encore le principe que Filmer déduit de la tradition des patriarches et de la raison de l'homme. Il considère les républiques comme des gou vernemenls rebelles, criminels, causés par la chute de l'homme, par l’orgueil de Lucifer, et condamnés à présenter des scènes continuellement odieuses et sanglantes. Ce n'est pas eprtes l'avis de Sidney et des défenseurs de la liberté britannique; mais, né aux jours d’une réaction, Sidney ne puise scs forces que dans la lutte, ne s’élève qu'en combattant le roi, n’arrive à la postérité qu’en payant sa gloire de sa tète. Soumis à la loi qui n'accorde le génie qu’aux in urgés de toutes les nations, ce n'est pas la véritable liberté de. de l’Olme et des lords qui l’inspire; c’est la liberté de la guerre. Rien n’égale son mépris pour les monarchies, calmes et tranquilles comme celles de Byzance ou de l’Espagne ; rien n'égale son admiration pour la Grèce agitée, qui faisait trembler Suze et Babylone, et pour l'Italie sanglante qui faisait admirer son pape et ses tyrans.
Hors de l’Espagne, de la France et de l’Allemagne, l'influence de la politique italienne s’éteint en même temps que toute lumière littéraire; mais Im-liof ne saurait parler de politique aux Polonais sans citer les compatriotes de Machiavel, que Stespens fait connaître aux Danois. Spinosa admire Venise, et la Suède elle-même, forcée de faire l’apologie du despotisme parce qu’elle est libre, imprime dans cette période l’anonyme qui avait abrégé Colonna vers l’an 1400.
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Quand la raison d’État disparait en Italie, elle s'évanouit en même temps en France, en Allemagne, en Espagne: on ne traite plus que des questions de droit, de législation, d’économie politique; la presse unanime vante la loutepnissance de la publicité, le force irrésistible de la justice. Personne ne parle des avantages du silence, du succès de l’iniquité ou du jeu des passions individuelles dans les affaires publiques. La raison d’État serait-elle morte réellement comme l’un de ces monstres nourris par le chaos primitif du globe enflammé, et depuis tué par l’épuration de l’atmosphère et l’embellissement du monde? La guerre aurait-elle cessé, les surprises nocturnes des gouvernements seraient-elles reléguées a jamais dans les chroniques de Viterbe on de Pérouse.? La vertu la plus pure serait-elle couronnée par les pouvoirs de notre temps? ou vice versa le vice ne la mettrait-il plus à son service? 11 n'y a donc plus d’injustices nécessaires imposées ici par le climat, là par le sol, ailleurs par les urgences de la lutte, ailleurs encore par celles de la paix. Loin de là, l’examen des sociétés augmente chaqud joui- le nombre des conditions qui pèsent sur notre liberté. Yico nous asservit aux lois de l'histoire, où l'individu se perd dans la masse et la masse çlaiis des révolutions séculaires; Montesquieu montre que les lois et les idées varient avecla température et les climats; Hégel. que chaque époque naît de l’erreur de l'époque antérieure. En explorant mieux les diverses races, la science a expliqué la domination des Européens sur les autres régions de la terre ; Hobbes avait suggéré l'apologie du vice à Mandeville, et cette apologie, pénétrant dans l’économie politique, par la théorie de la libre concurrence et par la déification de l'intérêt individuel, porte