LES ÉPOQUES DE. L’HISTOIRE
nouveau bouleversement où l’économie politique mesure retendue de chaque État et lixe l’emplacement de sa capitale se montre pendant le grand schisme et finit à peine en 1500, où commence le monde moderne qui nous conduit à la paix de Wcstphalie en 1G47, et aux encyclopédistes victorieux en 1775. hcs ténèbres qui enveloppent le travail social avant l’an 1000 défendent d’en déterminer nettement les périodes; cependant, môme au milieu de l’obscurité, tous les cent vingt-cinq ans nous trouvons un grand événement, tel que les invasions en 500, la constitution de l’Église d’Occident vers G25; la translation de l’empire en Occident vers 750; la dissolution complète du nouvel empire desFranks, en 875, et la reconstitution assurée de l’Europe en l’an 1000.
Il serait trop long de remonter plus loin par le même procédé ; mais, quand nous comptons les plus grandes secousses qui aient bouleversé le genre humain à travers l’engrenage des nations, un nouveau spectacle se révèle à nos yeux. Tous les cinq cents ans un mouvement extraordinaire annonce que chaque période de cent vingt-cinq ans ne forme, à son tour, que l’acte d’un drame encore plus grand et mieux proportionné à la vie des nations. Ainsi, en 1500, l’Europe renouvelle sa religion, l’Amérique tombe sous le joug de l’Espagne, la Itussic étend scs conquêtes et les Tartarcs reçoivent l’impulsion qui les rend bientôtjnaîtres de la Chine. Aucun événement postérieur, pas môme la révolution française, n’a produit un changement plus profond. Cinq cents ans auparavant la grande révolution de l’an 1000 jette les bases de l’Europe actuelle; nos temples, nos églises, nos circonscriptions territoriales, nos nationalités modernes, tout remonte
à cette époque qui voyait l’origine de la France, celle de l’Allemagne, la conversion des Slaves, des Scandinaves et la réorganisation des Anglais. On rencontre plus tard de plus grands combats, comme l’éblouissante expédition des croisades ou les effroyables luttes du grand interrègne; mais ces tourmentes passaient, les croisés s’évanouissaient comme les sectaires du grand interrègne, tandis que les traités de Westphalie et de Vienne sanctionnent encore la géographie politique de l’an 1000. Antérieurement à cette époque, le couronnement de Charlemagne, l’élévation des papes et les innombrables batailles des Lombards, des Franks et des barbares ne sont, à leur tour, qu’une conséquence de l’invasion des barbares qui s’accomplissait en 500 en agitant
tous les peuples, depuis la muraille de la Chine jusqu’aux
côtes de l’Atlantique. C’était la destruction de l’empire romain, et aussi, pour découvrir une autre date qui l’égale par l’importance, nous devons nous transporter aux premières années de notre ère, à la fondation môme de cet empire dont le chef fermait enfin le temple de Janus et entendait les premiers murmures de la bonne nouvelle du Rédempteur. Tontes les grandeurs antérieures portent, à leur tour, la date solennelle de 500 avant l’ôre, la date de la chute de Babylone, de l’invasion de Xerxès, des victoires de Platée, de Marathon, deSalamine, de l’expulsion des Tarquins, de l’apparition de la philosophie spéculative et surtout de la morale politique qui montrait ^es premiers modèles sur le Tibre. Vers l’an 1(100 avant 1ère se dessine le mouvement de la Grèce contre les rois de la civilisation asiatique; vers 1500 paraissent Sésostris, Moïse, les grands législateurs, et en remontant plus loin on rencontre, à des intervalles analogues, les premières dates