CHAPITRE V
DIEU DETRONE
I.c diable se charge de diriger les Élats. — Machiavel le représente.. — son prince, — son despotisme national, — sa politique décidée, — ses vues variées, — ses défauts, — ennemi de la fédération italienne, — vandalique devant les gloires italiennes. — mais utile par la secousse qu’il imprime à la nation.
Immédiatement après Savonarole, Machiavel écarte d’un geste la morale et ses insuccès, et, presque joyeux de voir l'impiété victorieuse, il lui demande hardiment le salut de la nation. A qui l’aurait-il désormais demandé? A la religion? elle livrait à l’ennemi ses prophètes désarmés ; à Dieu? il n’était plus qu’une illusion des croyants ; à la justice? elle n’était qu’un vain mot, et le secrétaire de Florence profitait de toutes les révolutions, de toutes les déceptions passées, pour proclamer le règne de la raison toute seule, puisant sa force dans sa solitude absolue, et son despotisme dans la conviction que la distinction du bien et du mal est complètement arbitraire, étrangère à la politique, étrangère à l’univers. La guerre sacrifie tout à ses contrastes; le même homme, la même action, trouvent des applaudissements ou des imprécations, suivant qu’ils sont ici utiles, là funestes ; la gloire d’un peuple devient infamie chez d’autres peuples: pourquoi donc se laisser prendre aux pièges delà renommée, aux caprices de la religion, aux hasards des lois?
pourquoi le libérateur d’un peuple ne dédaignerait-il pas toutes les clameurs de la morale? pourquoi ne pourrait-il pas ainsi reproduire les prodiges de Romulus ou de Lycurgue, au milieu de l’anarchie italienne? Sans doute la nation est faible, divisée, impuissante; ses institutions, semblables à des voiles déchirées, rendent impossible toute
manœuvre; son pape s’allie invariablement avec l’étranger; son empereur représente une conquête éternisée; ses princes, ni conquérants, ni fédérés, ni indépendants, ni soumis aux deux chefs du monde, se combattent les uns les autres; enfin, ses armées, ni étrangères ni nationales, mais mercenaires, perfides, nomades, glissantes, sont milles devant l’ennemi et redoutables aux seigneurs qui les soudoient. 3!ais, en évoquant encore une fois le despotisme des révolutions italiennes, Machiavel veut un Borgia, un monstre, un tyran, qui ensevelisse le pape, l’empereur, les Guelfes et les Gibelins, et jusqu’au nom du Christ et de César, sous l’avalanche d’un royaume renouvelé des Lombards.
Son roi n’est donc plus ni le juge adroitement débonnaire de f Oculus pastoralis , ni la furie guelfe de saint Thomas, ni le démon gibelin de Dante, ni le chef benoîtement sanctifié par toutes les vertus théologales deColonna,
ni l’incompréhensible héros de Pétrarque. Nouveau Titan, Machiavel propose de détrôner Dieu et de le remplacer par Satan dans le gouvernement des multitudes. Son projet de faire de l’Italie un seul royaume n’est pas non plus une utopie qui dégénère en manie, ni la fiction d’un patriotisme assommant qui défigure tous les faits pour marcher à son but, ni une lâche courtisancrie qui conspire sourdement au profit d’un prince, d’un seigneur, d’une ville ou d’un chef. Jamais il ne songe à le réaliser, ne
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fut-ce qu’en idée, cest à peine s’il en parle dans la première page de son livre de la Guerre et dans la dernière de son Prince. Même lorsqu’il le rencontre dans l’histoire momentanément ébauchée par Charles d’Anjou ou par les Visconti, il ne s’oublie pas un instant à le considérer ou à se roidir contre les obstacles qui le faisaient échouer. Mais, en vrai novateur, il lui emprunte l’attitude de l’homme qui crée une nation en la tirant du chaos du genre humain; il peint cette nation imaginaire sous des couleurs si vives, il détermine les conditions de sa force d’une manière si précise, (pie pour la première fois il donne aux modernes l’idée d’un État véritablement Spartiate ou romain.
Suivant lui, l’État doit être un, fermé, inaccessible à l’étranger, irrésistible par un gouvernement supérieur à tout, hormis aux tribuns qui l’attaquent légalement pour le perfectionner, et d’une stabilité séculaire dans chacune de ses œuvres. Ses citoyens visent-ils à le renverser? ses magistrats reçoivent-ils les mots d’ordre d'une secte? ses chefs subissent-ils l’influence de l’étranger? ses parlements, son roi, ses prêtres tiennent-ils à de mystérieuses puissances- placées au delà de ses frontières? il n’est plus un État; ses citoyens, ses tribuns, ses prêtres, ses magistrats, trahissent leurs devoirs; ce sont des membres d’une fausse république comme celles d’Italie. Ün ne fonde l’État qu’en s’arrachant aux situations équivoques, aux doubles menées, aux artifices ténébreux, aux perfidies méthodiques d’où viennent l’incertitude, l’irrésolution, la faiblesse qui laissent l’ennemi d’abord maitre de nos décisions et ensuite de notre sort. Donc, ou la monarchie ou lu république; on est libre de choisir. Mais une lois le choix fait, plus de merci pour la forme écartée.
2r>8 HISTOIRE DE LA RAISON D’ÉTAT.
Voujez-vous la république? Obéissez à la loi, soyez probes, fidèles, héroïques; sacrifiez les hommes trop riches, fussent-ils innocents, chassez les Tarquins, immolez leurs fils; ne tolérez pas les hommes corrompus, fastueux, vivant de distinctions et de vanité. Que si vous préférez la monarchie, alors c’est, au contraire, la corruption, l’inégalité qu’il faut favoriser; c’est Brutus qu’il est urgent de livrer aux licteurs, c’est l’unité du chef, c’est la liberté absolue de son pouvoir qu’on cherchera avant tout, et ici César Borgia méritera d'être pris pour modèle autant que Romulus. Point de fausse honte, jamais d’inepte tergiversation. 11 faut se ranger pour ou contre l’ennemi, il n’y a point de milieu. Caressez vos adversaires ou tuez-les; gagnez-lesou exterminez-les sans hésiter. Si vous tenez à faire des conquêtes, achevez-les, colonisez la terre, subjuguez, changezen les habitants, déportez -y une autre population, confisquez, abattez, rasez : que si vous voulez ménager les provinces, alors attachez-vous-les par des bienfaits,, com blez-les de faveurs, faites qu’elles soient si heureuses sous votre sceptre, qu’elles abhorrent leur ancienne indépendance. On conçoit aussi qu’on s'abstienne des conquêtes, des guerres compromettantes, des trophées trop dangereux; mais alors il faut y renoncer entièrement* se couronner de roses, ne pas laisser l’ombre d’un soupçon sur ses intentions, ne donner aucune alarme. Jamais de vaines irruptions ou de conquêtes en l'air ni bienfaisantes, ni terribles, ni redoutées, ni aimées; ce sont des explosions florentines, vénitiennes, françaises, et en laissant l’ennemi debout, armé, irrité, prêt à la revanche, elles se traduisent bientôt
en désastres.
Tout le monde sait par cœur les préceptes de Machiavel,
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ils forment, pour ainsi dire, un genre à part; on n’entre pas dans la sphère de ses considérations, sans révéler surle-champ sa manière. Sa parole calme et lucide parcourt tous les cas de la guerre civile, sans scolastique, sans que jamais il n’hésite à montrer du doigt l'ennemi à combattre. A chaque page, ce sont des perspectives toujours neuves et imprévues; en le relisant, on croit entendre un écrivain toujours nouveau, et il est impossible de T abréger ou de le resserrer sans le détruire. Personne ne le remplace. Nous remarquerons seulement qu’il force les phrases de Pétrarque à rendre gorge, qu’il met au grand jour toutes ses contradictions dissimulées, qu’il réduit au néant ce parti qui embrassait la république et la monarchie dans une même accolade. En traçant les rôles les plus opposés du tribun, du tyran, du pontife, du condottiere, du prophète, en évoquant avec une égale précision les exploits les plus contraires de l’antiquité grécolatine, mêlés aux coups d’Ètat les plus célèbres de son temps, il met pour la première fois en regard les contrastes politiques, les force à se tenir, à se répondre à travers la guerre civile, et il faillit se soustraire à l’erreur de l’État isolé, aux monomanies de la foi politique, aux vaincs parades de la morale, en un mot, au vulgaire somnambulisme des lettrés, des docteurs et des théologiens. Bien plus, avant lui on considérait les révolutions comme des désastres, des confusfons, des accidents qu’on classait et que, d’après Aristote, on subordonnait à sept causes générales en dénombrant autant de remèdes pour les réprimer ou les empêcher d’éclater. Machiavel enseigne enfin à les faire, a se moquer des remèdes, à écraser les pouvoirs légitimes, à créer, à détruire les gouvernements, à dédaigner les pou-
voirs héréditaires, la république traditionnelle, la béatitude, du calme et de la paix qui deviennent pour lui des situations méprisables. Dès qu’un peuple s’agite, de gré ou de force, il obéit aux lois tracées parle secrétaire de Florence: dès qu’un homme s’élève par la force de son génie, héroïque ou criminel, il reproduit dans sa personne l’un des types signalés par Machiavel; aucun chef n’arivera jamais à la gloire qu’à la condition de suivre ses préceptes et de se placer dans l’une des positions tracées dans le livre du Prince ou dans les Discouvs sur les décades de Tite- Live.
Mais le don du génie n’était accordé à Machiavel qu’à la condition de lutter, d’être l’un des soldats de *on temps, de surpasser tous ses devanciers dans la haine contre la vieille Italie, et, en dépit de ses tendances, la nécessité du combat le faisait retomber dans l’erreur de l’État isolé, d’une thèse absolue, d’un gouvernement, abstraction faite de ses véritables adversaires. Au lieu de considérer les termes opposés de la monarchie et de la république dans l’organisation primitive des États, dans la juxtaposition nécessaire des unités et des fédérations, dans la fatalité qui condamne toute nation à prendre le voisin au rebours, dans la force des choses qui oblige toute république à se transformer à travers des révolutions et des réactions monarchiques, et toute monarchie à travers des révolutions et des réactions républicaines; au lieu, dis-je, d’étudier cet engrenage exact où tous les angles saillants et rentrants de la politique se répondent avec une précision mathématique, il ne voit que des formes détachées, des jets de dés, des contrastes en l’air, à la merci du caprice, de la volonté, ou de la fortune de quelque chef. Chez lui, la liberté du
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politique, la possibilité de tout faire ne rencontre d’autres,
limites que je ne sais quel mouvement des sphères, tantôt favorable aux peuples, tantôt propice aux tyrans; à l’entendre, tout homme demeure toujours maître d’une moitié de ses actions, ou peut toujours fonder des Athènes, des home à l’infini, des Êlats, qui, semblables à Sparte ou à Venise, dérobent huit cents ans d’existence à la rotation du monde. 11 ne laisse aux puissances de l’anarchie et du chaos qu’une partie des événements, une moitié de l’histoire.
Ses conseils, ainsi adressés à des individus, substituent à la raison des États, un art arbitraire distribuant le succès en dehors de toute idée, de toute stratégie, de toute réalité géographique ou historique; scs arrêts, qui auraient été justes comme lois de la destinée, deviennent des préceptes impossibles comme ceux de la nécromancie, qui promet à l’homme la force d’un Dieu. La franchise meme avec laquelle il expose tous les types, pour enseigner à faire le pape ou l’antipape, le roi ou le régicide, se transforme en une duplicité systématique mille fois pire que la rhétorique de Pétrarque, la contradiction de Patrizzi, la naïveté de Savonarola ou la corruption même des seigneurs, dont la tergiversation avait enfin pour limites les lois suprêmes de la nation. A quoi lui servait-il de prêcher la décision, de recommander la résolution la plus prompte et la plus constante, quand il plaçait son initié entre le oui et le non, entre les voies les plus opposées, en déclarant que la gloire vaut autant que l’infamie, et que tout motif de préférence est puéril ou imaginaire ? C’est ainsi qu’on parle aux philosophes, aux solitaires, aux martyrs de la pensée, que l’isolement transporte hors de la société, dans un ciel intellectuel, et où l’on prend en pitié les prophètes des re-
ligions, les pasteurs des peuples, les chefs des multitudes; mais comment fonder une nation par la négation de toute foi, de toute action, de toute erreur, et en compromettant toute imposture venant en aide aux croyances et au secours des idées?
Enfin, ennemi implacable de la faiblesse des seigneurs exaspérés par tous les liens qui les garrottent au profit du pape, de l'empereur, des Guelfes, des Gibelins et de mille puissances parasites et funestes, il devient d’une inintelligence vandalique, en présence de la tradition italienne. Il ne voit, il ne conçoit que son État romain, son despotisme unitaire, sa nationalité royale, sa Rome conquérante et détruisant Alba et Tarquinic, le Samnium et l’Etrurie. S’agit-il de l’Église? il ne se doute pas qu’elle est la plus grande des républiques. Songe-t-il au pape? il ne comprend pas l’admirable révolution qui sépare les deux pouvoirs. Est-il question de Grégoire VII, des Guelfes, des Gibelins? il ne voit pas que le feu de leurs guerres purifie l'Europe. Les seigneurs arrivent-ils sur la scène? il déteste cette ère où l’intelligence des chefs trompe la fureur des factions. Xaît-il à l’époque des inventeurs? il voudrait des armées féodales, des soldats barbares à la place de ces mercenaires, chefs des plébéiens et terribles aux despotes. Épris des Scipion, il demeure aveugle devant les mille hommes merveilleux qui surgissent du fond de ces villes féeriques de Rome, Xaples, Vérone ou Florence; rien n’é-
gale son dédain pour sa splendide patrie, qu’il croit lâche, pauvre, ambitieuse, tombée au fond de l’abîme d’une corruption qui lui donne le dernier rang parmi les peuples. Et Léon X qui fait l’admiration de l’Europe ; cet empereur qui tourne encore de loin dans l’orbite que lui ont
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tracée les révolutions italiennes, tant de poètes, d’historiens, de philosophes, de peintres, d’architectes, d’incomparables artistes parlant à l’àme une langue dont personne n’oublie plus les images, tout ce spectacle ne lui arrache pas un mot d’éloge, pas un geste d’étonneinent. Il s’obstine à peindre à faux les villes modernes, à les meltre dans une infériorité fictive devant les anciennes, à exagérer leur faiblesse, leurs revers, leur délire, à célébrer les Romains qui les ont détruites ou dévastées ; il s’évertue à faire parader de vides fantômes, en réalité plus gothiques, franks, ou lombards que romains, et toujours pour fouler aux pieds de son État imaginaire cette liberté brodée à jour sur le granit élégant de l’édifice italien, mi-partie de république ef de monarchie, d’unité et de fédération, pleine d’harmonies littéraires, de discordes calculées, œuvre unique qui réunit la plus grande stabilité dans scs principes, représentés par ses deux chefs, à la plus grande rapidité dans les révolutions confiées à la mobilité de chaque individu. Certes, il était facile, utile, nécessaire de l’attaquer; certes, aucun Italien ne maudira jamais sa patrie sans trouver sur ses lèvres les paroles mêmes du secrétaire de Florence; nous voyons devant nous aujourd’hui les vices qu’il a flétris, les infamies qu’il a signalées, l’inconsistance, les vaines irruptions, les royaumes improvisés et détruits en quelques jours, la versatilité honteuse des chefs, les victoires miraculeuses, les défaites non moins prodigieuses, les villes aux deux drapeaux, les conspirateurs aux deux sectes, les Étais aux deux gouvernements, les conquêtes faites avec des armées étrangères ou de plates menteries, et l’esclavage paraît au milieu du faste, du luxe, de la vanterie érigés en système. Si le politique florentin s’était borné à
opposer son État unitaire à cette Italie pontificale et impériale, où rien n’existe par soi, où chaque ville est la fraction de quelque chose, où chaque individu jouit de sa liberté sous la condition de ne pas être indépendant, il serait resté fidèle à la théorie des contrastes et il aurait mis en regard deux grands spectacles, dans lesquels l’esprit humain eut été surpris de reconnaître dans l’ancienne et dans la nouvelle Italie la même nation une fois maîtresse du monde par les armes et une seconde fois par la ruse. S’il s’était contenté de dénombrer les tléaux inséparables du système pontifical et impérial, ses inévitables guet-apens, scs oubliettes innombrables, ses délours insidieux, ses mille contradictions qui confondent sans cesse amis et ennemis, et qui font mentir la moitié de toute proposition unitaire et générale, encore une fois, son enseignement eût été à la fois juste comme la science, vrai comme ies triomphes de deux ennemis qui restent aux prises pendant des siècles. S’il s’était même limité a montrer aux Médicis, aux Sforza, aux Roverc, aux Aragonais qu’ils espéraient inutilement prolonger leurs dominations versatiles et brillantes, en présence des armées modernes de l’Espagne et de la France, il aurait annoncé une incontestable vérité. Mais, quand il soulève une question de force, de succès, et qu’il prétend écraser sous sa chimérique unité la fédération qui a dévoré les Gotlis, les Lombards, les plus grands rois, les nations les mieux aguerries, les armées françaises que personne n’arrète ; quand il dit à cette liberté spirituelle, adorée à genoux de toute la terre, qu’elle n’a jamais existé, qu’elle n’a jamais compté, qu’elle est la honte du genre humain, alors sa théorie, sa moralité, son immoralité elle-même se perdent dans la folie. A force d’être Romain Machiavel
f»I EL DKTKONK.
2Gr»
passe des papes aux Tarquins, du Christ à Jupiter, de la rédemption aux mœurs antiques, aux grandes injustices, aux prophètes armés, aux imposteurs terribles. Il se plaint môme que le Christ ait humanisé les États, prêché l'humilité, montré le ciel, détourné les regards de la terre, rendu impossibles les sacrifices sanglants, les gladiateurs du cirque, les massacres héroïques, la décimation des armées.
Tel est le sort du génie, toujours octroyé à la condition d’une folie, toujours enchaîné à la tradition qu’il combat, à la patrie qu’il méprise, à ses ennemis qui triomphent, toujours dans la nécessité d’affirmer tout ce qu’ils nient, de nier tout ce qu’ils pensent, au risque de s’engouffrer
dans des erreurs infinies. Aucune académie ne couronne
ses paradoxes, mais ils agitent les nations, ils font h* tour du monde, et, encore plus utile que la vérité, la secousse transmise par l’unité italienne mit en doute Léon X, tint tôle à Charles-Quint, entr ouvrit les portes de l’avenir, repoussa tous les dieux qui avaient régné sur la terre, en fit entrevoir de nouveaux par milliers impatients de descendre des régions de l’absurde, et expliqua la cruauté de la nature avec une telle force, que nous nous sentons
encore maîtrisés par l’homme extraordinaire qui nous a
montré tous les siècles plongés dans une nuit éternelle, et tous nos soleils réduits à des lumières artificielles.
SECTION 11