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CHAPITRE PREMIER

Revirement complet; le despotisme espagnol fait célébrer la liberté républicaine. — Apologistes de la république de Venise : Contarini, Garimberto, Memmo, — Gianotti dernier défenseur de la liberté florentine, — ses admirables illusions mêlées de colères rétrospectives. — Foglietta, représentant »le la démocratie génoise. — Salomonio, tribun du bon sens contre les papes. — Vida oppose l’élat de nature aux tyrannies de son temps.

Sous Charles-Quint, l’Italie changea de face : de libre qu’elle était et fédérale, elle tomba sous le joug d’une monarchie étouffante et presque universelle; son pape, son empereur, ses sectaires, ses seigneurs, tous ses chefs obéi-

rent aux ordres de Madrid, et leur asservissement fut d’autant plus complet, qu’il était plus nécessaire pour protéger toutes leurs traditions en présence de l’insurrection protestante. A partir de cette époque, le despotisme disparait de tous les livres distingués, personne ne rappelle cette servitude enthousiaste qui avait constamment été la forme de toutes les grandes pensées de la nation ; et c’est, au contraire, la liberté que l’on rêve et qui répand les attraits du fruit défendu sur les travaux les plus importants de la politique italienne.

ÉCOLE REPUBLICAINE DE VENISE. i07

Les premiers appartiennent à ce que j’appellerai l'opposition vénitienne, parce qu’ils se rallient à la république des lagunes, célèbrent ses franchises et voudraient transporter le sénat, le grand conseil des avogadors et les corregidors dans toutes les villes italiennes. A la vérité, d’autres républiques auraient pu prêter leur drapeau aux écrivains mécontents ; mais Gênes devait sa prospérité à l'Espagne, Lucques son existence à l’empereur, Sienne agonisait et disparaissait très-vite, Bologne se croyait heureuse d’échapper aux catastrophes du siècle par la protection du pape : c’était donc à Venise, toujours hostile aux pouvoirs italiens, toujours ennemie du pape, de l’empereur, des Guelfes et des Gibelins, .que revenait l’honneur de servir de modèle aux ennemis du nouveau despotisme de Madrid.

Au commencement du seizième siècle, la domination espagnole n’est pas encore connue, et c’est à peine si Venise trouve des apologistes dans ses lagunes; ce sont Trifone et Sabellico, des écrivains naïfs, inconscients de leur rôle à venir. Dépourvus de toute importance politique, leurs écrits expriment plutôt l’amour de la patrie et une affection quasi servile pour leur gouvernement que l’amour d’une idée et une inspiration capable d’agiter la Péninsule.

' Mais chez Durantino, Venise est déjà une théorie, et son livre, imprimé en 1522 la propose if l’imitation de toutes les villes. Bientôt Contarini le surpasse. « Tout le monde, « dit-il, vient admirer notre ville à cause de ses richesses, « de ses arts, de ses lagunes, de son commerce; mais il en « faut admirer l’indépendance absolue, la forme républi-

« caineà l’abri de toutes les vicissitudes, et, si les Spartia-

« tes, les Athéniens, les Romains comptaient parmi eux des

(k hommes héroïques, chez nous, tous les citoyens sont « unanimes dans l’amour de la patrie. Au lieu de tracer le « plan de républiques imaginaires, nous exposerons celui « de Venise, si supérieur à ce qu’ont rêvé les philosophes.» D’après cet exorde, Contarini décrit pièce à pièce le sénat, le conseil, les quaranties, les usages, les traditions; tout lui paraît parfait : les élections aux houles d'or, les conclaves sous clef, le doge pour tempérer la liberté, le conseil des Dix pour étouffer les factions, les mercenaires

pour éviter la tyrannie des troupes nationales. Mais pas un

mot de cet éloge qui ne porte silencieusement contre ritalic espagnole, représentée par des satrapes corrompus, des gouvernements sans sénats, des Etats sans discussion et des franchises anarchiques qui sanctionnent la servitude en la rendant inévitable. Garimberto célèbre de nouveau l’idéal vivant de Venise dans ses dialogues entre des évêques, des prélats, des lettrés, qui laissent entrevoir sur leurs physionomies les traits poétiques de Socrate, de Glaucon et des autres personnages de la république de Platon. La liberté le séduit tellement, qu’il ne pardonne pas même à l’ancienne Rome d’avoir succombé à scs propres

discordes. ,

Vers 1550, ces mêmes idées se reproduisent dans d’autres dialogues du magnifique chevalier Jean -Marie Memmo, qui met aux prises le§ deux formes de la république et de la seigneurie, en imaginant une conversation du prieur de Rome et du commandeur de Chypre, avec des évêques, des prélats et des ambassadeurs. Rien ne trouble la sérénité de notre magnifique chevalier, rien ne le presse d’arriver â une conclusion; il expose longuement l’éloge du prince, il lui oppose tranquillement celui du citoyen ; il dénombre

avec une patience exemplaire les vertus des sénateurs, des capitaines, des magistrats; chaque rôle politique reçoit ses litanies officielles et son discours édifiant. La religion, la natation, les exercices, les bibliothèques, tous les sujets,

jadis si agréablement traités par les écrivains des villes

libres, se représentent chez lui dans un style d’une nonchalance incomparable, et il se répète, discute et disserte de manière à désespérer tous les partis, toutes les sectes et les commandeurs de tous les ordres. Mais enfin la nature l’emporte sur les mortelles lenteurs de l’écrivain, et l’on tombe comme par une sorte de gravitation irrésistible de la monarchie dans la république sous un doge vénitien, entouré de sénateurs dignes des lagunes et d’institutions qui constituent l’harmonieux péle-mèle, tant admiré par Sabellico, Trifone, Contarini et Garimberto. Erizzo, qui conclut en péripatéticien original à l’éloge de Venise, Grimalio qui s’obstine à étaler les qualités du vrai sénateur, Cavalcanti qui supprimait les vieilles divisions guelfes et gibelines de la seigneurie de Ferrare, môme Strozzi et Acciajuoli qui, en disciples d’Aristote, s’écartent du pape, de l’empereur et de l’Espagne, méritent à leur tour de figurer sur la liste des républicains forcés de s’attacher comme des naufragés à la république de Saint-Marc.

Un homme surpasse cependant leurs fioritures un peu molles et surannées, et leur apporte le sens avoué de l'insurrection contre l’Espagne. (Test Donato Gianotti, qui arrive de Florence, on dirait sans chapeau, poursuivi par les sbires, furieux, bouillant de colère contre la famille des Médicis et désolé de la catastrophe républicaine, quoique certain de la réparer bientôt. Quelle agitation dans son cœur! quelle tourmente de récriminations assiège son

esprit! Ah! si Nicolas Capponi l’avait écouté; si on avait étendu le grand conseil; si Philippe Strozzi ne s’était pas obstiné contre l’empereur ; si on avait imité Gênes, si on n’avait pas suivi les Français, certes Florence serait libre, et en multipliant les hypothèses de son infatigable casuistique, l’illustre exilé espère qu’un coup de poignard florentin, une impatience française, une hésitation romaine, l’un des mille accidents de la politique courante, jetteront la nation dans de nouveaux tournoiements, dont l’issue sera la constitution d’une république avec un doge, un sénat et des quaranties dans la ville des Médicis. C’est avec ces idées qu’il écrit des dialogues, des critiques, des descriptions du gouvernement vénitien, comme pour se le fixer dans l’esprit; des plans de république à inaugurer le jour du réveil, et son modèle chéri se reproduit sans cesse sous sa plume embelli par un amour impuissant. 11 y voit le mélange des trois formes qui contentent à la fois la monarchie par le doge, l’aristocratie par le sénat et la démocratie par le conseil ; il y trouve la classe moyenne, ce tempérament que le maître d’Alexandre souhaitait à la Grèce pour apaiser ses discordes; il y découvre môme une règle sure pour refaire l’histoire, mieux qu’on 11 e la voit dans la vilaine réalité des faits historiques. En effet, n’est-ce pas fâcheux qu'en 1180, au commencement de la lutte entre les nobles et le peuple, personne n’ait songé à établir une classe moyenne qui séparât les combattants ! Quelle calamité d’ailleurs que d’avoir créé depuis un gonfaloniej' avec des pouvoirs si exorbitants! Que ne supprimait-on dans la suite les édits de la guerre civile, au lieu de les multiplier sans cesse ! Comment approuver tant de proscriptions dévastatrices, tant de ravages

domestiques? Et cette magistrature du parti guelfe, ce gouvernement dans le gouvernement, cette institution de la haine et de la colère, ce boulet rivé à la république, cette obligation fantasque qui lui imposait l’éternelle alliance de la France, habituée à traiter de la même manière ses amis et ses ennemis, n’ètait-elle pas un tléau permanent, une source intarissable de discordes, une cause perpétuelle, tantôt de bouleversements intérieurs, tantôt de désastres extérieurs? C’est ainsi que l’exilé s’emporte contre les hommes et les choses, sans que rien le décourage, ni la fédération italienne qui entraîne sa patrie, ni la papauté et l’empire, qui l’associent aux révolutions du monde, ni les Guelfes et les Gibelins, qui jaillissent du pacte pontifical et impérial, ni leurs rapides ondulations qui lui rendent en variété, en nuances, en tons diaprés, en scènes fantastiques tout ce qu’elle perd en force, en solidité, en régularité, et surtout en tranquillité, ce but toujours manqué par tous les damnés de la politique italienne. Bref, il ne soupçonne }>as que ces discordes florentines, ces expulsions furieuses, ces proscriptions continuellement alternées, cette magistrature guelfe, ces Médicis gibelins, cette alliance nécessaire de la France opposante ou de l’Allemagne régnante, toute cette brillante anarchie se traînant depuis Pierre de Feu jusqu’au bûcher de Savonarole, tiennent à un système aussi vaste que l’Europe, et qui se joue de sa ville natale comme le fleuve d’une barque qu’il roule à la mer. Il croit tellement, l’infortuné, à la toute-puissance de l’individu que, suivant lui, si, en 1200, un homme se' fût avisé d’aller à Venise et de transcrire sur son carnet l’organisation du sénat, de retour sur l’Arno, il eût créé un parti intermé-

Tri HISTOIRE DE LA RAISON D’ÉTAT.

riiaire et aussitôt le pape, l’empereur, les Guelfes, les Gibelins, la France, l’Allemagne, l'anarchie et les Médicis eussent disparu comme par enchantement.

11 faudrait des volumes pour expliquer les attaques, les boutades, les intentions et môme les conversations de Gianotli, car tout son entourage a disparu avec le désarroi de la bataille, et avec les événements qui lui faisaient perdre à chaque instant le pied et la visée. Mais on ne saurait trop pardonner à l’homme enveloppé dans une déroute; à peine lui reste-t-il assez de raison pour reconnaître les faits et pour en mesurer l’étendue matérielle ; quant à l’étendue morale, il ne doit ni la dire, ni s’en douter; son devoir est de se tromper, de continuer la lutte, de ne se point décourager, quelque nombreux que soient les obstacles. Il ne s’agit pas de raisonner juste, mais de viser droit, de donner de vigoureux démentis aux gouvernements, de les montrer faibles, nuis, sur le point de tomber; de s’emparer de tout intervalle entre un fait et sa plus légitime conséquence pour y faire germer un monde d’illusions, et c’est là le grand mérite de Gianotti, Tunique cause qui nous le fait lire encore trois siècles après sa mort, et célébrer en dépit de ses continuelles puérilités. Sa Venise est bien la protestation la plus énergique contre la domination espagnole; les modifications par lesquelles il la démocratise frappent en plein le despotisme des seigneurs. Peu importe qu’elles détruisent ce sénat si admiré, ces familles si libres; que celte république, ainsi transformée, ne soit plus qu’un projet en l’air, sans antécédents pour Florence, où les deux républiques proclamées en 1494 et en 1527 étaient follement incendiaires et les libertés plus anciennes complètement oubliées ; ce projet, celle chimère, tenaient

en échec les gouverneurs espagnols ; les princes tremblaient ; l’erreur du moment contenait en puissance une vérité aussi forte que Charlcs-Quint : la possibilité d’un avenir en sens inverse du présent.

Si nous ignorions pourquoi Gianotto prenait la route de Venise et non pas celle de Gènes, Foglietta nous l’apprendrait dans son dialogue sur sa ville natale. Ici les interlocuteurs ne sont plus ni commandeurs, ni évêques, ni prélats : simples citoyens, au lieu d’être épris de la splendeur de leur patrie, ils la déclarent malheureuse, déchue, sans es : poir de recouvrer son ancienne gloire; au lieu de la proposer pour modèle, ils conseillent d’en fuir les exemples. N’ obéit-elle pas à des patriciens? et quels sont leurs titres à la reconnaissance générale? Dès 1203, ils ont été à la tête de toutes les émeutes; ils ont porté l’anarchie à un tel degré, que la république a dû invoquer la protection de Xaples, de Milan, de l’Allemagne. Plus tard, iis n’ont cessé de déchirer encore la patrie par les Adorno et les Fregoso, tandis que les Spinoli campés à Iluzallo, les Fieschi à Varisio, les Grimaldi à Monaco, les Doria à Oneglia, inquiétaient les citoyens. « Qu’ils renoncent donc à « leurs distinctions, fdles de la guerre civile ! s’écrie « Foglietta; la plèbe demande la paix, et personne ne « doit plus marcher dans la voie des Baglioni, des Ben- « tivoglio, des Visconti, des Médicis, des Pétrucci, des « Carrare, des Scala, des Adorai et des Fregoso. » Mais la démocratie du politique Génois se réduit à une attaque; sa haine contre le sénat demeure municipale; aucune théorie générale, aucune idée qui s’élève jusqu’à un principe, et il ne nous reste qu’à signaler cette symétrie des haines italiennes qui faisaient détester à Gênes l’aristocratie adorée

à Venise, tandis que Venise méprisait profondément la plèbe que sa rivale voulait rendre triomphante.

C'est une autre nuance à Rome, où Salomonio fonde son dialogue de Principatu sur l’unique principe que la loi doit régner sur le prince. Suivant lui, les axiomes romains qui rendent le roi absolu le rendent un tyran.

11 en résulte une vigoureuse attaque contre le despotisme pontifical flétri dans ses richesses mal acquises, dans la corruption de son clergé, dans l’imposture qui lui octroie la fausse donation de Constantin, et dans ses mœurs tellement dissolues, que, d'après le politique romain, « la « pudeur s’appelle désormais fatuité, la modestie rusticité,

« et la fugalité hypocrisie. On accusa Apulée, ajoute-t-il,

« d’avoir manqué à la philosophie,, parce qu’il possédait « un miroir; notre clergé licencieux, délicat, lascif, en- . « touré de glaces et de concubines, se montre tellement « peigné, parfumé, attifé, le nez au vent, le poignard au « côté, qu’il excite un mélange de peur et de nausée. »Cette insurrection faillit atteindre Dieu, considéré comme l’éternel despote de l’univers, et, lorsque l’un des personnages du dialogue veut célébrer la religion, son interlocuteur l’arrête, se déclarant incompétent avec une brusquerie qui anticipe sur le célèbre Gelane me regarde pas de Descartes. Et qu’on ne lui parle ni de soldats, ni d’argent, ni de ressources matérielles, avec lesquelles on pourrait parer aux calamités de l'Italie si violemment dévastée ; tout dépend des' mœurs; sans la vertu, les capitaines trahissent, les armées se débandent, les richesses corrompent, et Venise elle-même aurait été perdue, si elle n’avait honteusement apaisé la colère de Jules II.

Au-dessus de Giannotto, Foglietta et Salomonio, Vida ~

semble demander la république dans les hautes régions de la morale et des idées. Sa placide latinité s’étend avec une sorte de béatitude sur une foule de sujets, que l’avare politique torture par ses lois de répression. Rien n’est plus imprévu que d’entendre tout à coup une apologie de l’état de nature à la manière de J. J. Rousseau à travers des périodes imitées de Cicéron, dans la bouche d’un Père du concile de Trente, dans un dialogue dont les interlocuteurs sont des membres môme de ce concile accidentellement réunis dans une villa. Après les compliments d usage où l’on plonge dans les élégances ecclésiastiques du seizième siècle, le cardinal Flaminio expose les délices de la vie pastorale et des âges primitifs. « Là, dit-il, l’égalité régnait, « chaque famille formait une république, et les mœurs « étaient rudes, sincères et innocentes. » Aucun royaume, aucune tyrannie, aucune ambition n’opprimait les multitudes; nulle guerre, nulle sédition ne propageait la discorde; on ne connaissait ni lois ni chicanes, et le souvenir de cette époque, constamment regrettée, nous fait comprendre tout ce qu’il y a d’amer dans nos sociétés de fer et d’airain. Chacune de nos lois, poursuit le prince de l’Église, nous impose une servitude; au lieu de nous améliorer, elles nous rendent plus rusés; la corruption s’étend avec les raffinements, et, pour se faire encore une idée de la vertu, il faut tourner le dos aux villes et regarder la campagne, les paysans, les hommes de la nature. Où sont les parfaites républiques? Dans la cervelle des savants ou dans des îles imaginaires. Pourraient-elles subsister au milieu du genre humain? Le mouvement universel emporte tout, et Dracon et Solon. Les assemblées sont-elles meilleures que les chefs? Les sages eux-mêmes, enchaînés à la société par

m HISTOIRE DE LA RAISON D'ÉTAT.

le corps, n’en sont-ils pas en dehors par l’esprit? Enfin, d’où viennent les Étals, si ce n’est de la lie de Romulus? En quoi consistent les finances, sinon dans un brigandage organisé? Que reste-t-il de l’histoire, si on lui ôte les guerres, les conquêtes, les catastrophes, les tragédies et les massacres où l’homme est l’être le plus funeste à l’homme? « O bienheureux âge d’or ! s’écrie le cardinal, « dût-on me crucifier, je déclare qu’il faut fuir cette bête « sombre et féroce qu’on appelle l’État, et qu’il faut se « réfugier dans la solitude des champs où l’on peut goûter « le bonheur en vivant conformément à la nature. »

Tout le dialogue n’est qu’une amicale réfutation de cette apologie qu’il écarte avec une politesse ravissante. Mais le coup est porté, l’attaque domine la défense, et la nouvelle apologie des lois, de l'industrie, des arts, des sciences et de la religion, ne rétablissant pas l’antique société, nous fait vivre dans une sorte de milieu platonique où la civilisa lion, quelque nécessaire qu’elle soit, paraît désormais dure, artificielle, forcée, et très-inférieure à cet état de nature qu’on chérit comme les premiers murmures des bergers que l’Opéra faisait admirer dans les drames de Pastor fido ou de YAminta.

ÉCOLE DES SOLITAIRES

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