LES FILS ET LES FILLES DE F. CLÉOPAS
Les fils de Cléopas se nommaient Jacques, appelé le Mineur, Siméon ou Simon, Jude et José ou Joseph. L'Évangile les appelle Frères du Seigneur (1). Quelques interprètes protestants, par antipathie pour la virginité de Marie, ont voulu prendre à la lettre cette expression (2) ; mais il
(1) Voyez S. Matthieu, hi* 46 et xm, 55. — « Ils avaient pour sœurs, selon S. Épiphanc, Salomé et Marie. S. Jacques, frère du Seigneur, était, comme nous venons de le dire, frère de José et fils de Marie. Cela porte assez naturellement à croire que cette Marie élait encore mère des autres qui sont appelés frères de Jésus-Christ, comme Jude et Simon. Au moins c'est ce qu'a cru S. Épiphane , et nous ne voyons rien qu'on puisse opposer à cela ; car si Marie n'est appelée mère que de Jacques et de José, cela n'empôche pas qu'elle n'eût encore d'autres enfants; et elle est quelquefois appelée simplement Marie de José, et quelquefois Marie de Jacques. Nous voyons en effet que S. Jude s'appelle frère de S. Jacques, et que S. Luc l'appelle Judam Jacobi. Nicéphore, dans sa Chronologie, appelle aussi S. Siméon de Jérusalem frère de S. Jacques. » (Tillemont, Mémoires.)
(2) Comme Néander, Vie de Jésus, les frères et les sœurs de Jésus; — Athanase Coquerel, Biographie sacrée, article
suffit d'étudier avec soiu l'Écriture pour se convaincre que le mot frère avait chez les Hébreux une multitude de significations (1), comme le doc-
Marie de Clèopkas. — Ce dernier exégète déclare le problème insoluble, et ne veut rien décider. C'est là une étrange illusion ; car il n'y a là aucune difficulté vraiment sérieuse. La tradition, qui s'accorde très bien avec le texte sacré, prononce unanimement en faveur de notre explication.
(1) Fratcr signifie : 4° frère de père et de mère, frère de père seulement, frère de mère ou utérin ; 2° proche parent. Genèse, xxxi, 23. a Qui assumptis fratribus suis, persecutus est eum : » Laban, ayant pris avec lui ses frères, poursuivit Jacob durant sept jours; v. 25, 37. Levit., x, U. Judic, 9, I, c. xvi, 31. I Reg. 20, 29, etc.; — Soit neveu, Genèse, xm, 8. o Fratres sumus : » nous sommes frères, dit Abraham à Loth, c. xiv, 14, xxrx, 12, 15, à. lier;, x, 13. a Fratres Ochozia; sumus : » nous sommes les frères d'Ochosias, disent à Jéhu les flls des frères d'Ochosias ; comme il se voit, 2 Par., xxn, 8; — Soit cousin germain ; comme les cousins du Sauveur sont appelés ses frères. Matthieu, m, xlvi, xm, lv. « Fratres ejus Jacobus, et Joseph, et Simon et Judas? » ses frères ne s'appellent-ils pas Jacques, Joseph, Simon et Jude ? C'étaient les fils de Marie, appelée sœur de la mère du Seigneur. Jean, xix, 25. Marc, m, 31, etc. Ainsi Josué, xv, 17. a Cepit eam Othonîel, filius Cenez, frater Caleb junior : » Othoniel, cousin germain de Caleb, et plus jeune que lui, prit Cariat-Sépher ; — 3° Ceux qui sont de même race; comme les Israélites, qui sont descendants de Jacob. Exod., n, 11. « Moyses egressus est ad fratres suos : « Moïse sortit pour aller voir ses frères et l'affliction où ils étaient sous Pharaon ; iv, 18. Levit., x, 6, etc.; — Les Israélites et les Iduméens, tous descendants d'Isaac, les premiers par Jacob et les autres par IsinaCI, Num., xx, J/j.
teur Alzog le fait remarquer avec beaucoup de raison (1), et que dans cette occasion il sert à désigner le fils de Marie et de Cléophas.
Marie et Cléophas eurent aussi une fille appelée Salomé , qu'on appelle , mais à tort , Marie Salomé (2), et qu'il ne faut pas confondre avec Sa-
Dcat., ii, U, 8; xxm, 7. jer., xn, 6. Amos, i, 11. Abdias, x, 12; — Les Juifs et les Lacédémoniens par Abraham, i. Mach., xii, 6, 7, 21. « Inventum est in scriptura de Spartiatis et Juda:is, quoniam sunt fratres, et quod sunt de génère Abraham : » Il a été trouvé ici, dans un écrit touchant les Lacédémoniens et les Juifs, qu'ils sont frères et qu'ils sont tous de la race d'Abraham. C'est ce que mande Arius, roi des Lacédémoniens, au grand-prêtre Onias, etc.; — Ceux qui sont d'une même tribu. Jos., xvn, à. « Dominus praecepit per manum Moysi ut daretur nobis possessio in medio fratrum nostrorum : » Le Seigneur a ordonné par Moïse qu'on nous donnât des terres en partage au milieu de nos frères, disent les fdles de Salphaad, qui était mort sans fds. 2, Reg.,xix, 12, à. Reg., xxm, 9, etc., etc. » (Huré, Dictionnaire de philologie sacrée, article Frater.) — ■ S. Augustin affirme qu'au ve siècle les Romains appelaient encore frères leurs cousins germains.
(1) Voyez Alzog, Histoire universelle de l'Eglise, traduction Goschler et Audley, i, Vie et travaux de Jésus-Christ, § 34, 118, note 8; — Kuwv, les frères de Jésus, dans V Annuaire de théologie et de philosophie chrétienne, m, 5-119 ; — Schleyer, Nouvelles recherches sur l'Epîlrc de S. Jacques, et surtout sur les frères de Jésus, dans le Journal de Théologie, iv, 1-116, Frib.
(2) Salomé signifie Pacifique. — Voyez sur ce personnage Calmet, Dictionnaire de la Bible, article Marie Salomé; — Tillemokt, Mémoires, S. Jacques le Mineur, article 1.
lomé, mère de S. Jacques le Majeur et de S. Jean l'Évangéliste. S. Épiphane affirme que sa sœur se nommait Marie (1). L'Évangile dit en effet que le Sauveur avait plusieurs sœurs ou cousines germaines. (2)