‹ Histoire de la RédemptionChapitre 27 sur 30 · TROISIEME APPENDICE · texte numérisé non relu

TROISIEME APPENDICE

BETHLEEM.

Nous avons cité quelques pages de Chateaubriand sur la ville célèbre qui vit naître le Sauveur; mais nous avons pensé qu'on serait bien aise de comparer le récit du poète voyageur avec une narration beaucoup plus récente que nous devons à M. d'Ault-Dumesnil :

« Pour suivre l'ordre dans lequel se sont accomplis les faits miraculeux dont le souvenir demeure attaché au sanctuaire que nous aidons ici le lecteur à se représenter fidèlement, nous le conduirons d'abord à Bethléem. Du sépulcre au berceau du Sauveur il n'y a que deux petites heures de marche à cheval. Chemin faisant on passe devant un grand couvent de Caloyers, entouré d'oliviers, appelé le couvent de Saint-Élie. On aperçoit ensuite, à droite, le dôme du tombeau d'un santon, élevé par les

Turcs, et qui porto improprement le nom de tombeau de Rachel , sans doute parcequ'il occupe , sur le territoire de l'ancienne Rama, la place du monument dressé par Jacob sur le sépulcre de la mère de Joseph et de Benjamin. L'aspect de la ville où naquit le divin Fils de Marie contraste avec celui que présentent les lieux témoins des douleurs de la Passion : une végétation dont la verdure réjouit l'œil remplace autour de Bethléem la stérilité qui environne Jérusalem. Aussi la patrie de David s'appela-t-elle d'abord Ephrata,— fertilité,— avant de se nommer Bethléem. Cette petite ville, construite sur un monticule qui domine une vallée , n'est aujourd'hui qu'un amas de masures arabes. Le couvent des religieux de l'ordre de Saint-François, qui veillent à la garde du saint berceau, offre une masse imposante de bâtiments, dont l'apparence extérieure a quelque chose de celle d'une forteresse ; il tient par une cour fermée de hautes murailles à l'église, qui, en dépit des destructions et des réparations qu'elle a subies depuis son érection primitive par sainte Hélène, conserve des marques architectoniqnes de son origine constantinienne. Les deux rangs de colonnes corinthiennes qui ornent la belle et spacieuse nef remontent évidemment à cette date. La remarquable charpente de l'église, avec sa couverture de plomb, provient d'une restauration exécutée au quinzième siècle ;

commencée en 1^78 par un religieux d'une illustre famille napolitaine, elle a été achevée aux frais du duc Philippe de Bourgogne, dont le cœur a été déposé près de la dépouille mortelle de Godefroy de Bouillon, dans l'église du Saint-Sépulcre, à Jérusalem. Cette nef est séparée des trois autres branches de la croix latine, que forme l'église de Bethléem, par un mur élevé en face du chœur. C'est la barbarie schismatique, usurpatrice des monuments témoignages de la foi catholique de Constantin, qui a détruit ainsi l'unité de cette œuvre de la piété de sa mère. Les murs offrent des restes des mosaïques, accompagnées de passages de l'Évangile tracés en caractères grecs et latins, qui les ornaient autrefois. Sous le chœur est placée la chapelle souterraine, taillée irrégulièrement dans le roc pour renfermer l'étable et la crèche sanctifiées par la naissance de notre Rédempteur.

« La place où le Verbe s'est fait chair, pour habiter parmi nous, était marquée, quand nous avons eu l'ineffable bonheur de nous y humilier dans la prière, par une étoile d'argent, qui rappelait celle des rois mages, et sir laquelle on lisait :

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