‹ Histoire de la Réformation à Bordeaux et dans le ressort du parlement de GuyenneChapitre 112 sur 310 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

pour une juste querelle, que de monter sur un échafaut tendre le col ;\ un bourreau sans l'avoir mérité. »

Gondé, craignant sans doute d'être soupçonné de couardise et trop généreux pour croire que le roi lui tendait un piège indigne d'un homme d'honneur, continua sa route.

A peine eut-il franchi les portes d'Orléans qu'il comprit qu'il était perdu. Obligé de rendre son épée sous les yeux mêmes de François II, il fut arrêté par son ordre et incarcéré.

Son procès, préparé d'avance, ne fut pas long. Il y fit preuve d'une inébranlable fermeté. Condamné à mort il resta calme, attendant sans pusillanimité l'heure fatale.

L'exécution devait avoir lieu le 10 décembre, jour de l'ouverture des États généraux, sous les fenêtres mêmes du roi. Elle devait être le signal de répressions sanglantes dirigées contre les calvinistes dans toutes les provinces du royaume. Déjà l'échafaud se dressait ; Condé, pour abréger les quelques heures qui lui restaient à vivre, jouait aux cartes avec les officiers chargés de sa garde, quand un serviteur fidèle, se baissant pour ramasser une carte que le prince venait de laisser tomber, lui glissa quelques mots à l'oreille. C'était la nouvelle de la mort de François II. L'heure de la délivrance précédait de bien peu celle du supplice.

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