‹ Histoire de la Réformation à Bordeaux et dans le ressort du parlement de GuyenneChapitre 131 sur 310 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

les persécutions et les supplices expliquent assez, entonnèrent les louanges du Seigneur.

Le chanoine Mongelos, dont il est facile de s'imaginer le trouble et la colère, courut au palais de l'Ombrière pour informer le Parlement de ce qui se passait, dans le but de faire constater son impuissance à réprimer ces désordres

Ce n'était cependant pas le dernier de ses ennuis. L'époque dos vacances étant arrivée, Mongelos crut pouvoir en profiter pour se débarrasser du professeur de dialectique Jacques Martin, ardent controversiste, qui dut faire ses adieux au Collège de Guyenne à la grande satisfaction des Cordeliers. Son départ fut la cause d'une véritable révolte; la Cour se vit encore dans l'obligation d'intervenir.

Vexés de l'arrêt qui les condamnait, les élèves, pour faire pièce à leur principal, se plaignirent de ce qu'on eût laissé perdre le capital légué par le conseiller Briand de Vallée à l'école bordelaise. Le Parlement, faisant droit à cette juste réclamation, condamna les héritiers « à payer au dict colliege la somme de douze escuz par an, pour une lecture chaque premier dimanche du mois, des epistres de Sainct- Paul et arrérages echeuz depuis le décès » du conseiller. Il enjoignit à l'infortuné Mongelos, chanoine de Saint-André, « de faire continuer la dicte lecture suyvant la volonté du testateur (2). »

C1) Bibliothèque municipale de Bordeaux : Extrait des registres secrets, ms. 369, f° 487 r° : «Le 14 avril 1561, plainte du Principal du Collège de Guyenne de ce que les escolliers et martinets (externes) accompagnés de 400 à 500 personnes chantoient les psaumes dans la cour du dit collège, à quoy il ne pouvoit pourvoir. »

(s) Arch. départementales de la Gironde, série B, Parlement: Minutes des arrêts, portef. 156.

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