CHAPITRE XXII
â'après l'Histoire ecclésiastique des Églises réformées, eut lieu le 6 février, à son de trompe (,).
On comprend avec quelle joie la nouvelle de cette marque de tolérance fut accueillie par les calvinistes dans toute la Guyenne. Un service d'actions de grâce fut organisé dans les Églises.
A Bordeaux, la veille de la publication de YÉdit, les pasteurs La Fromentée et Neuchâtel convoquèrent publiquement les fidèles, qui pour la plupart se rendirent à leur appel. Le culte et la prédication eurent lieu dans la campagne, hors de la porte Sainte-Croix; la chaire avait été dressée dans une vaste grange ouverte, où se pressaient quelques centaines d'auditeurs, des femmes pour la plupart. Quand celles-ci, sur l'invitation du ministre, entonnèrent le cantique de délivrance, des milliers de voix émues venues du dehors se joignirent à elles pour remercier Dieu.
Ces malheureux, si longtemps persécutés, se prenaient à espérer des temps meilleurs, alors qu'au contraire allait s'ouvrir la période affreuse des guerres civiles, alors que leurs jeunes et. courageux pasteurs, voués au plus affreux martyre, n'avaient plus que quelques mois à vivre.
A cette époque, les députés des Églises réformées étaient encore à Saint- Germain, où se tenait la Cour. Ils écrivirent aux consistoires pour leur exprimer le très vif mécontentement de la reine -mère et de son entourage, à la nouvelle des excès commis en Agenais et en Quercy par les iconoclastes.
Sur quoi les calvinistes de Bordeaux déclarèrent qu'ils n'auraient plus « aucune communication avec telles gens et l'envoyèrent notifier aux Eglises du Haut-païs » (-).
(J) Histoire ecclésiastique des Eglises réformées, t. Ier, p. 789. (2> Idem, ibidem.