‹ Histoire de la Réformation à Bordeaux et dans le ressort du parlement de GuyenneChapitre 192 sur 310 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

les baylifs et seneschaux de son ressort ou à leurs lieutenants d'informer et faire informer, chacun en son district et jurisdiction, des assemblées qui ont esté faictes et se font chaque jour en armes, enseignes déployées, tabourin sonnant ou autrement, sans expresse permission du Roy ou de son lieutenant » .

11 leur ordonne de prendre les noms « des chefs, capitaines et conducteurs de ces assemblées, de surveiller leurs actes et de s'informer des contributions levées par eux sur les sujets du Roy pour la solde de leurs fantassins ou cavaliers »

A la même date, 8 mai, nouvel arrêt rendu sur la demande du procureur général A. de Lescure, qui, pour la seconde fois dans la huitaine, défend « à toutes manières de gens sous peijne de la vie, de lascher et de tirer de jour ou de nuict ès maisons et dans les rues aucuns coups d'arquebouse, pistolles ou pistolletz avec boulet ». Au cas où ils voudraient décharger leurs armes, ils devront le faire ailleurs que sur la voie publique ou dans leur domicile.

Cependant les calvinistes de Bordeaux continuaient à se réunir secrètement, malgré les ordonnances récemment proclamées. Le Parlement résolut, pour l'exemple, d'en arrêter quelques-uns.

L'un des premiers réformés contre lesquels il crut devoir sévir, fut un conseiller au présidial de Guyenne, maître Simon de Maisonneuve. ■

Arrêté sur la dénonciation du procureur général, il subit à son domicile un premier interrogatoire. Aucune preuve matérielle n'existant à sa charge, il lui aurait été facile de nier sa participation aux réunions clandestines présidées par les pasteurs, mais il crut de son devoir de proclamer hautement la vérité.

Il fut suspendu pour un mois de ses fonctions.

Défense lui fut faite « d'assister aux prêches des ministres

(*) Arch. départementales de la Gironde, série B, Parlement : Arrêts, reg. 159. Arrêt du 8 mai.

de la nouvelle religion et de participer à aucun exercice d'icelle. »

La Cour a soin de spécfier que, par cet arrêt, « elle n'entend j>as que le dit de Maisonneuve soit aucunement noté d'infamie » (').

Ce reste d'indulgence, dont tout l'honneur revient au premier président de Lagehàton, ne devait pas être de longue durée.

(') Arcii. départementales de la Gironde, série B, Parlement : Arrêts, reg. 159. Peut-être était-il parent d'Etienne de Maisonneuve (stephanus thmonovanus), bordelais comme lui et poète ou prosateur à ses heures? (Voyez Histoire du Collège de Guyenne, p. "133.)

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