‹ Histoire de la Réformation à Bordeaux et dans le ressort du parlement de GuyenneChapitre 211 sur 310 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

bâton, de Roflignac el d'Alesme, condamne un gentilhomme, François Monméja, à être traîné sur une claie, puis décapité devant l'Ombrière. Son corps sera mis en quartiers par le bourreau.

Comme pour tous les précédents condamnés, l'exécution suivit le jugement à quelques heures d'intervalle; une note du greffier ne laisse aucun doute à cet égard (1).

Un arrêt de la Cour ordonne d'ailleurs au trésorier receveur des amendes « de payer à un menuisier la somme de 30 livres 16 sols (environ 468 lianes) pour fourniture de « deux échafauds, trois poteaux et potences, deux roues à briser les membres, deux trahies, quatre tableaux, trois écJielles, tables, chevrons, clous et autres choses nécessaires pour l'exécution des arrêts rendus par elle et de sentences de mort du 1" juillet au 22 août! » (2).

Un pareil document n'a pas besoin de commentaires.

Un peu plus tard, un autre arrêt donne l'ordre au payeur de la Cour de payer à l'exécuteur des hautes-œuvres « six vingt livres » (environ 1,500 francs de notre monnaie) « pour Y exécution de neuf condamnés à mort (3), pour avoir flagellé trois condamnés au fouet » (4), enfin « pour avoir exécuté en effigie les seigneurs de Duras, de Langoiran, de Ruât, de Citran, de Cercins et autres, au nombre de vingt-deux » calvinistes, condamnés à être décapités par un arrêt du ±2 juillet (5).

Pendant qu'on lui tranchait la tête en effigie sur la place de l'Ombrière, au milieu de la population bordelaise accourue pour voir cet étrange spectacle, et que le bourreau brisait ignominieusement ses armoiries, Symphorien de

(x) Arch. départementales de la Gironde, série B, Parlement : Minutes des arrêts, portef. 164.

(2) Idem, ibidem.

(3) Jehan Duranson, pasteur, Martin Montignar, Gratien Ratyé, Mathieu Jardomier, Savinien de La Roche, François Eyrault, Jehan Anydré, Germain Jay et François Monméja.

(4) Bernard de Mussote, gaharrier; Joachim de Gours, ouvrier maçon, et un troisième dont j'ignore le nom.

(5) Arch. départementales de la Gironde, série B, Parlement: Minutes des arrêts, portef. 165,

Durfort réorganisait à Tonneins sa petite armée. Mauvoisin- Moncrabeau, gentilhomme protestant qui abjura peu de temps après, lui ayant amené comme renfort deux enseignes d'infanterie, levées dans le pays d'Albret, Duras se rendit à Caumont pour se concerter avec la reine de Navarre.

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