‹ Histoire de la Réformation à Bordeaux et dans le ressort du parlement de GuyenneChapitre 25 sur 310 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

attends pour l'œuvre de Dieu des fruits excellents; je les confie et les recommande au Christ lui-même. Notre cher Zébédée n'est pas encore rétabli, il est toujours malade et dans l'impossibilité de se lever. Etendu dans son lit, il est en proie à une lièvre violente ; tous ceux qui le voient ne peuvent s'empêcher de le plaindre. Il me charge de te saluer, ainsi que Mathurin Cordier, Saunier et tous nos autres frères... »

Antoine Saunier, dont il est ici de nouveau question, était le principal du collège de Rive fondé par Calvin à Genève, institution où Mathurin Cordier avait été appelé de Bordeaux par le grand réformateur. Après son rétablissement, Zébédée y fut aussi employé pendant quelque temps comme professeur, ainsi que Jean Collassus.

Tous deux furent plus tard consacrés et pourvus des fonctions pastorales : Collassus dans le bailliage de Ternier près de Genève, et Zébédée d'abord à Orbe, puis à Nyon, charmante petite ville des bords du lac Léman (1).

Le 5 février 1539, Farel écrivait à Calvin : « Zébédée enseigne à Orbe avec beaucoup de fruit : d'une part sa piété, de l'autre son érudition, le rendent également redoutable aux athées et aux catholiques romains

Mais André Zébédée ayant adopté, relativement à la Cène, la doctrine de Zwingle, de graves dissentiments surgirent plus tard entre lui et Calvin. Leur vieille amitié en fut altérée.

(*) Correspondance des Réformateurs, t. V, p. 99.

(2) « Zebedeus maijno fructu Orbœ docet : tum pietas tum eruditio reddunt cum etiam impiis et pontificiis commendabilem » (Idem, ibid., p. '235).

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