‹ Histoire de la Réformation à Bordeaux et dans le ressort du parlement de GuyenneChapitre 264 sur 310 · CHAPITRE XXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI

mettre fin aux discordes dont les représentants de l'autorité royale donnaient, à Bordeaux, le triste spectacle. Il n'en fut rien.

Nous n'avons point à raconter ici cette rude bataille (*) d'abord gagnée par les protestants, puis compromise par la couardise et la mollesse des auxiliaires allemands, et définitivement perdue par Condé dont l'éclatante valeur fut réduite à néant par les brillantes qualités militaires du duc François de Guise, qui, dans cette occasion, se montra, comme toujours, habile tacticien.

La nouvelle de cet éclatant succès et celle de la capture du prince, qui, renversé de cheval, avait dû rendre son épée au fils de son adversaire, parvint à Bordeaux le 28 décembre. Dès le lendemain, la Cour décida que des actions de grâces seraient rendues à Dieu dans la cathédrale Saint-André. De concert avec l'archevêque Prévost de Sansac, elle régla le cérémonial d'une procession générale, à laquelle assisteraient le Parlement, le clergé, tous les corps constitués et toutes les corporations laïques. Elle eut lieu le vendredi suivant.

L'année 1562 se terminait donc, en apparence, de la manière la plus heureuse pour les intérêts catholiques : c'était d'un bon augure pour la période suivante.

(*) Elle dura cinq heures. Le maréchal de Saint-André y perdit la vie. Montmorency, grièvement blessé d'un coup de pistolet, y resta prisonnier des huguenots, et le prince de Condé fut pris par les catholiques.

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