‹ Histoire de la Réformation à Bordeaux et dans le ressort du parlement de GuyenneChapitre 274 sur 310 · CHAPITRE XXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXII

mieux armées qui encores se fussent levées en Guyenne» ('). La cavalerie se composait d'une compagnie de chevau-légers de nouvelle formation.

Ces troupes n'attendaient que le moment de se mettre en route pour Orléans, lorsque Peyrot reçut de Monluc l'ordre de marcher sur Mussidan et de s'en emparer coûte que coûte (2).

Il prit donc ses dispositions en conséquence. Piles, averti de son côté qu'il allait avoir affaire à forte partie, s'enferma dans la place, bien avitaillée par lui de vivres et de munitions.

Mais au moment où le capitaine Peyrot se disposait à mettre en mouvement ses trois colonnes d'attaque, il reçut au camp, près d'Agen, la visite du capitaine Fleur-de-Lys, chargé par Charles IX de porter à Bordeaux la copie du traité d'Amhoise (3), signé le 19 mars entre Condé et le connétable de Montmorency. Grâce à l'accord des deux prisonniers, la guerre était terminée.

En quelques mots, voici ce qui s'était passé depuis la bataille de Dreux.

Guise, devenu tout-puissant par la mort du maréchal Saint-André et la prise du connétable, avait commencé le siège d'Orléans, où ce dernier se trouvait captif.

Condé, soigneusement gardé par Damville, fils du connétable, fut traîné par la reine-mère de Dreux à Chartres, de Chartres à Blois, et de cette ville au vieux château d'Onzain, près d'Amhoise.

François de Guise poussait avec vigueur le siège d'Orléans ; déjà les dehors de la place étaient enlevés, et les troupes catholiques s'attendaient chaque jour à recevoir l'ordre de l'assaut, quand le vainqueur de Calais reçut trois balles dans la poitrine et mourut six jours après (4).

(') Commentaires, liv. V, p. 279; Histoire ecclésiastique des Églises réformées, t. II, p. 808.

(2) Théodore de Béze, Histoire ecclésiuslique des Églises réformées, p. 808.

Commentaires, p. 279.

(4) Voir p. 543, note 5.

Catherine de Médicis, heureuse de s'être débarrassée de celui dont elle redoutait l'ambition, feignit de le pleurer. Elle donna l'ordre de presser le siège d'Orléans, mais l'armée catholique restait sans chef, et l'attaque s'en ressentit.

Gondé, toujours prisonnier, fut dirigé sur Blois le 4 mars sous la garde des Suisses, puis amené le 6 au camp de Saint-Mesmin; le lendemain, Damville le conduisit aux bords de la Loire, tandis que le connétable arrivait par l'autre rive, sous la garde d'Andelot.

Des conférences eurent lieu dans l'Ile-aux-Bœufs, un peu au-dessous d'Orléans.

Le prince, qui ne pouvait rien terminer sans l'assentiment des Églises réformées, fut autorisé, sur sa parole de gentilhomme, à se rendre dans cette ville

Soixante-douze ministres, au nombre desquels était Théodore de Bèze, réclamèrent, comme base du traité de paix, les libertés concédées aux protestants par ÏÉdit de Janvier, c'est à dire la facilité de s'assembler et de célébrer leur culte hors des villes, sans être inquiétés par les uns ou par les autres.

Mais Condé, poussé par les conseils de son entourage, eut la faiblesse ou la légèreté de passer outre, sans attendre l'arrivée de Coligny qui, de la Normandie conquise par lui, s'avançait à petites journées, à la tête de la cavalerie des huguenots.

L'accord fut conclu, le 12, entre le connétable et son neveu. Le 19 mars, il fut régularisé par la paix d'Amboise.

Charles IX accordait le libre exercice de la nouvelle religion aux villes qui le possédaient avant le 7 mars 1562; et seulement dans les faubourgs d'une ville par sénéchaussée, de telle sorte que la sénéchaussée de Bordeaux se trouvant

très étendue, le culte, pour les Bordelais, se célébrait —

qui voudra le croire? — à Saint -Macaire, à cinquante et un kilomètres de Bordeaux !

(') Histoire des princes de la maison de Condé, par M. le duc d'Aumale, t. I«r, p. 224.

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