‹ Histoire de la Réformation à Bordeaux et dans le ressort du parlement de GuyenneChapitre 276 sur 310 · CHAPITRE XXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXII

Cette lettre, que nous regrettons de ne pouvoir citer in extenso, n'a d'autre but que de faire l'apologie du vainqueur de Targon et d'affirmer que la paix est assurée « en tout ce pais, pourveu que M. de Monluc y demeure » (').

Monluc affirme dans ses Commentaires qu'elle ne fut pas troublée. C'est ce que nous examinerons dans un prochain volume.

«Je licenciai, dit-il, toutes les troupes levées à l'occasion » de la guerre, m'assurant de garder la province sans gar- » nisons, ce que je fis, car par l'espace de cinq ans homme » de pied ni de cheval ne mangea dans toute la Guyenne » une poule tenant les champs. J'avois trois canons à Agen, » et avec braveries et menaces je tenois tout le monde en » crainte (2). »

Et maintenant, que faut-il penser de cette paix si critiquée par les uns et par les autres? Fut-elle heureuse pour les réformés? Il n'en faut pas douter. D'abord, parce qu'elle reconnut, en quelque sorte, leur existence légale contestée jusqu'alors. Si parcimonieux que fût ÏÉdit d'Amboise, nous pensons qu'il fut un pas vers la liberté de conscience. D'ailleurs, en Guyenne, il arrêta momentanément l'effusion du sang versé par voie de condamnations judiciaires, et tout particulièrement dans les villes de Bordeaux, de Bazas et d'Agen. Il y eut pendant quelques années une sorte de trêve entre les bourreaux et leurs victimes ; l'effrayante série des exécutions capitales se trouva close pour un peu de temps.

(*) Arch. historiques de la Gironde, t. X, p. 254. (s) Monluc, Commentaires, liv. V, p. 279.

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