‹ Histoire de la réformation de la Suisse (volume 2)Chapitre 10 sur 32 · CINQUIÈME JOURNÉE · texte numérisé non relu

CINQUIÈME JOURNÉE

ACTION Dit VEM)IlliDI G OCTOBRE. '

IjC vendredi 6 octobre, au matin, on [uiblia encore par trois fois, si quelqu'un voulait attaquer la troisième tbcse; mais il ne se présenta personne. Après donc qu'on cul attendu assez long-temps, les prcsidens ordonneront qu'on fil la conclusion sur cette thèse, ce que Viret exécuta.

Son discours étant lini, IÏlanchehosk opposa contre ce qut avait été dit des sacriliccs, cl objecta ces mots de l'Ecriture; Saceidos qfferat sacrfficium Beo pro populo. Il faut donc que le peuple chrétien ait des sacrîlices. '

ViHET lui répondit, qu'on avait déjà sufKsamment répondu a cet argument, et à d'autres semblables, tiré^ des passages qui regardent les sacrifices lévîtiques, figures de celui de Jésus-Christ, el qu'il était ennuyeux de revenir toujours à la même chose; qu'il vaudrait mieux apporter des argumens nouveaux, etc. Que cepen-

> Ibiil. p. IC8. b. 169.

> lbi>).160. b. 170. tri.

S90 TROISIÈME TnÂSB.

danl, pour le salisrairc, il voulait ttii montrer que les chrclicrtd ne sont pas sans sacrifices. 1". Que Jcbus- Cbrisl nous a fait rois el b ac ri fica leurs à Dieu son Père, ' «fin que nous offrions à Dieu, (non pas de l'or et de fargenl, comme aux idoles, car il n'a pas besoin de cela, Acl. XVII, clant maître de tout); mais nous * ofl'rions nous-mêmes lui consacrant nos corps el nos âmes, à l'exemple de Jésus. Ce sont là les victimes spirituelles , qu'il faut, selon St. Pierre I , Epître U , que nous oITrions, nous tous qui sommes chrétiens, et non les prêtres; sacrtiice que St. Paul demandait aux Romains, Chap. XII, verset I ; 2° le sacrifice de nos corps par le martyre, comme St. Paul se réjouissait d'clrc immolé sur le sacrifice de la J'ai des Philippiens , I Cbap. II; 5° le sacrilice de louange el dactions de grâces, que uous présentons à Dieu , quand nous faisons la Cène, en mémoire de la monde Jésus, ce qui l'a fait appeler Eucharistie , rjyctptçt'a , ce qui signifie action de grâces; A" le sacrifice de lénèficence, on aumônes et hospitalité , que St. Paul recommande aux Hébreux, Chap. XIII, verset 1,3, ajoutant que ce tant là les sacrifices auxquels Dieu prend plaisir , I -verset 16. Il ne parle point de donner aux prélres pour I des messes , ni pour les âmes du purgatoire , etc. *

BLAivcnKROSE objects encore quelques petits argu-

«nens, I. Matlb. V. Si tu qffres ton qffiande devant

tautel, et que là ilte souvienne, etc., laisse là ton

offrande, etc; il prétendait que ces paroles désignent

^des olTrandcs du Nouveau Testament, el non de celles

r de l'Ancien. II. Que les prêtres sont agréables à Dieu,

ret établis de sa part, citant comme de l'Ecctésiasle, ces

' lUa, 17t. b. 172, 173

mois , poilà le grand prêtre , qui a plu à Dieu ; ce qui dil-il, s'eotend de St. Pierre, et des papes ses successeurs, qui crceot les autres prêtres, etc. III. La sacri- Ëcature de Zacbarîe qui ofTrit de L'encens à Dieu, Luc II.

VinET, I. Jésus-Christ parle là selon l'usage de la sacrificature et de la Loi de Dloisc, qui subsistait encore alors et qui ne fut abolie qu'après sa mort, quand il cria, tout est accompli; ce passage prouve aussi ce que le Seigneur dit ailleurs, Je veux miséricorde et non sacrifice; il failvoir qu'il ne fait aucun cas des sacrilices, comme de la charité. 11. Ce que le médecin citait comme de l'Ecclésiasle, était tiré do V Ecclésiastique , Livre Apocryphe , et ce qu'il en citait , ne faisait rien contre la tbése , commeon le pouvait voir en le lisaat depuis le Chap. XLIV jusqu'au L, etc. Que ce grand préire qui a plu à Dieu, ne peut être que Jésus-Chrîst , et non St.ï*rerre, qui n'est point successeur de Jcsus-Chrîst dans la sacrificature, ni le pape, qui n'est point successeur de St. Pierre , mais de ces frêlrcs contempteurs de Dieu, dcsigués par Malacbie, Chap, I, III. Que l'ofTrande d'encens faite par Zachane, était faite selon la Loi de Moïse, etc. Prétendre servir Dieu par là , c'est nnailre bien mal la nature de Dieu qui est esprit,

Quatrième thèse.

' Comme personne ne répliqua , les seigneurs ordonnèrent qu'on passât a la quatrième thèse. Alors Christophe LiBERTET la lut, et lit un discours, pour en prouver la vcrilé , qui revient à ceci : n Que comme il

Ibid. t7l. b. t79. I

csl nécessaire de connAÎtre la vraie Eglise, puisque le Seigneur vctil qu'on l'ccoutc, Itlalth. XVIII, il nous a donne âcs signes suftisans , pour la distinguer de la fausse Eglise. Ces signes sonl ; 1" les fruits des faux docteurs, Itlalth. VII ; 2" les ccrcmonies el ordonnances, qui étant observées purement, forment la marque d'une vraie Eglise, en particulier les Sacrcmens du Bapicnte el de la Cène, qui comprenncnl la pure prédication de ' l'Evangile, etc. » Ce qu'il appliqua à l'Eglise réformée, ' Apres l'invitation h disputer, Blanchkrosk voulut prouver qu'on doit obéir au pape et aux ecclésiastiques, quoique méchans, par 91atlh. XXIII. Ils sonl assis en la chaire de .Woïse , etc.

ViHET. Ces paroles regardent uniquement les pharisiens, que le Seigneur peint des plus noires couleurs ; encore valaient-ils mieus que le pajie et son clergé ; car 1" ils étaient savans en la Loi de Dieu, qu'ils avaient toujours en la bouche, et l'enseignaient au peuple; 3" ils ne vivaient pas dans l'adultère; mais dans le mariage et ils avaient leurs femmes. Il est dit, qu'ils étaient assis en la chaire de Moïse, parte qu'ils expli- ' quateni la Loi , etc. ; et qu'on doit garder ce qu'ils en- [ seigneront, supposé qu'ils la prêchent purement. Aussi t le Soigneur ordoone-t-il ailleurs de se garder de leur lenaitty Itlatth. XVI, c'est-à-dire, de leur fausse doctrine el de leur hypocrisie. Ce le.vie s'entend donc do ceux dont la doctrine est pure , mais la vie mauvaise. Ainsi ni le pape ni le clergé romain n'ayant ni la vie, nî I la doctrine, qui appartient aux ministres de l'Evangile, [ il ne faut point les écouler. '

■ lliid. 178. b.l79. 183.

At'TORlTÉ DU PAPE 993

IlLAKCttERU&E Boulînl quo le pape cl sod clergé sont élablis de Dieu, en leur appliquant oe que le Seigneur dit à Si. Pierre, pais mes brebis, Jeao Wl; Je te donnerai les clés du royaume des deux , etc. , cl aux Apôtres, eous serez assis sur douze trônes . Jugeant les douze tribus d'Israël, Itlaiifa. XIX, verset 28,

ViRET. I. Kicn n'est plus propre que ce passage de St. Jean, pour ruioer la prélentioD du pape et de sou clergé. Le Seigneur commande à St. Pierre, de paître ses brebis, et non d'érigei- une monarchie. Paître sigm'lie simplement le soin tendre et empressé, que les pasteurs doivent prendre des brebis du Seigneur. Il lui dit cela, après lui avoir dit, /n'«(mes-/M.'* pour nous apprendre , qu'on n'est pas digne d'un lel emploi , fiil'on n'aime Jésus plus que toutes choses. Pour ce qui est du pape et de son clergé', ils sont successeurs de Simon le magicien cl de Ghiezi , vendanl tous Ifs Sacremens, etc. ; tout est vénal dans leur Eglise; E/échiel les a bien dépeints, Chap. XXXIV, et le dit-on vulgaire , Curia Romana non qitœrit ovent sine lana. II. Si Jésus-Christ a donné à St. Pierre les clés du royaume des cicux, le pape est fort éloigné de les avoir. Le royaume des cieux est justice , joie et paix par le Saint Esprit, Rom. XIV. Ainsi pour y entrer, il faut être juste ; car rien de souille n'y peut entrer ,- 1 Cor. XV, Apoc. XXI. Nous y entrons donc quand nous sommes justifiés par la foi en Jésus-Chrisl, car nul ne vient au Père, sinon, par lui, Jean XIV. On ne peut avoir la foi en lui sans le connaître; et cela ne se peut faire que par sa Parole, Uom. X, d'où il suit, que la Parole do Dieu et son Evangile sont les clés que Jésus-Christ promet à St. Pierre; et les donna à lui et aux autres Apôtres, quand il les envoya prêcher. Ccti clés sont

entre les mains de ceux qui prêchent purement la

Parole de Dieu. C'est ainsi qu'ils lient et délient. Ils ne

* ^nl pas la grâce , mais ils annoncent qu elle est faite

} par Jésus-Christ Ceux qui croient sont déliés, et

I ont pardon. Ceux qui sont incrédules , sont liés, et demeurent en l'ire et indignation de Dieu.

Pour avoir doDC celte clê , il faut conaaitre Jésus-

Cbrist , et être rempli de son Esprit , avant que de l'an-

I soncer aux autres. Ainsi celui , qui n'a ni lajoi^ ni la

\ grâce d'annoncer celte Parole, qui est ignorant et

I aveugle, ne peut avoir celle clé, et n'a puissance de

I Eer ni de délier, comme cela parait par ce chapitre

[ même. Quand Si. Pierre parle comme connaissant Jésus

I il est appelé bienheureux, etc.; mais dès qu'il veut

parler de Jésus, selon son scds charnel , et le détourner

de la mort, il est traite de Satan, niatih. XVI, 23,

i (ç'csl-à-dire adversaire), et d'homme qui n'entend

I rien aux choses qui sont de Dieu. Puis donc que le

eigoeur a traité si rudement St. Pierre, parce qu'il lui

I était en scandale, comment voulez-vous que nous sui-

I fiions et reconnaissions le pape et les pre'tres, pour

I fiïcaires de Jésus-Christ, quand ils ne tiennent rien

L de lui, ni de Saint Pierre, et n'ont point la clé de

T tcience , mais sont cause en partie , pour leur grande

ignorance et en partie pour leur mauvaise doctrine

et inventions , que tout le monde est scandalisé , et

retiré de Dieu? .^Ilo donc de nous engager à suivre

le pape, il faut prouver qu'il a cette clé de science, et

qu'il suit exactement ei annonce fidèlement la Parole

de Dieu. Au lieu de la clé, que Jésus donna à Saint

Pierre, ils en ont contrefait d'autres, lesquelles fer'

ment la porte au lieu de l'outrir. Et ne peuvent ouvrir

que les lourses. Car quiconque donne à entendre.

gu on puisse avoir salut par autre que par Jésus , et qui apprend de le chercher , ou par cérémonies, oupar argent , iljerme la porte , et est maudit , et lui et ceux qui le suivent, Act. VIII,

III. Quant au passage lire de St. Matlh. XIX. Fiotre Seigneur ne parle point là des jugemens de ce monde, mais de la gloire qu'il donnera , au dernier Jour , uses disciples. Et cela ne convient point aux papes , mats à tous les vrais disciples de notre Seigneur , etc. '

Blahchcrose. /'vus concluez donc pour moi, que si le pape faisait comme Si. Pierre , il aurait la puissance de Dieu, et par ainsi la puissance demeure. Il ne Jatit pas donc abolir le St. Siège Apostolique , ni ûter ta puissance au pape et aux cçêques et aux prêtres , à cause de leurs fautes. S Us f aillent et vivent mal... nous n'avons que faire de cela, ils en rendront compte pour eux. Croyons simplement, etfaisons ce qu'ils nous disent.

ViRET. f-'ous avez oui' ce que nous vous concédons ^ et par quelles conditions ; et vu que de tout cela le pape n'a rien, ni les siens, vous ne pouvez non plus conclure pour lui, que pour Judas.... Judas a bien été élu. Il était en la présence, quand les clés ont été promises, aussi bien qu'un des autres , et est nommé Apôtre, Mallh. X. Vtfaw à cause qu'il a prévariqué, et fait contre son <\ffice , // en est déchu , et a été donné à un autre, Ad. I. Telle est la condition du pape et encore pire. Car il ne saurait montrer l'élection, ni de soi ni de fous les siens, en la Sainte Ecriture, comme celle de Judas y est montrée. Le pape ne peut avoir f autorité , ni la puissance de St. Pierre , qu'il ne fasse

• ibid. i6'i. 188.

Tqffice qu'il a fait, et qu'il n'ait celle même clé. Puisqu'il ne l'a point, comme Je fai prouvé, il n'est point en l'office; et par conséquent ne peut avoir tautorité ni la puissance. Pour faire comme St. Pierre, ilfauàrait qu'il se connût membre et non pas chçf de l'Eglise — Illui serait aussi nécessaire de courirdeçà et delà, pour le salut des âmes , pour prêcher l'Evangile, comme Jésus et ses apOtres ont fait. En ce faisant il ne détruirait point le Siège jipostolique ; car ils ne furent jamais guère assis, et n'avaient point de Siège, quand ils vagaient et couraient, sans cesser, d'un coté et d'autre , sans avoir place certaine, ni lieu où planter leur Siège, 1 Cor. XIV, sinon quand on les mettait en prison. Alors ils avaient un Siège, et au lieu d'une chaîne d'or , et de trois couronnes, ils étaient enferrés, ayant tes chaines aux pieds et aux mains; Acl. XII, IG. Si le pape veut imiter à c«t égard les Apôtres, et quitter sa pompe, personne ne lui contredira... Ne faudra plus qu'il veuille se'igneurier, ne juger les autres , et être par-dessus tous , mais , comme St. Pierre, q^il souffre d'être reprins et admonesté , Gai, II. Si. Pierre oe dit pas à St. Paul : Il ne l'appartient pas de me reprendre , ni corriger. Je suis le c/iqf de l'Eglise, vous êtes sujets à moi, non pas moi à vous. Je ne puis errer, la puissance m'est donnée, nonpas à loi, etc. Après avoir été censuré par Si. Paul, il le loue , 2 Pierre III. Après avoir prècbé l'Evangile à Corneille ei à d'autres payons, par ordre de l'Esprit de Dieu, il ne lit point difl'iculté de rendre raison de sa conduite aux fidèles Juifs , pour les satisfaire , et cnlrelenir l'union fralernclle. Nous ne trouvons point en toute l'Ecriture que St. Pierre aitjamis usé de prééminence i ni aucun des Apôtres par-dessus tes autres;

aussi St. Pierre défend aux pasteurs toute domination sur le peuple, I Epître V. *

BLAHcnEROSE voulut prouvcr , que le pape est chef de l'Eglise, parce que le Seigneur dil à Si, Pierre, Tu seras appelé Cépkas, en grec, c est-à-dire chqf et tête.

ViRET lui remontra doucement son ignorance, en lui apprenant, que Cêphas cal fort diiTcrent du mot grec xfcpoiAv), (qui signilie une tête, ou un chef) ; mais que c'est un mot syriaque, qui signifie pierre , comme il est explique en St. Jean , Chap. 1 , 43. tl ajoiila qu'il n'était pas surpris, qu'un médecin le pensât ainsi, vu jue le pape en ses décrets , endure bien que Cephas soit expliqué par tête ou chef , afin qu'il soit chef de l'Egtise. Virct Ht remarquer à celte occasiou la hardiesse de l'Eglise romaine, à falsifier l'Ecriture. * '

fiLAKcnsBOSE objecta , qu'il faut que l'Eglise ait un dief sur la terre, afin qu'elle ne soit pas un corps sans

lef, puisque le corps de Jésus est au ciel, comment

tut-il être le chef de son Eglise?

Virex. Il n'est pas nécessaire que le corps de Jésus soit en terre , pour être le chef de l'Eglise , car on n'enlend pas par là, qu'il soit joint à même corps. Le mari est le chef de la femme, et ils ne font ensemble qu'un corps, mais il n'est pas nécessaire qu'ils soient un, comma un corps , sinon en similitude. Ainsi Jésus est le chef, c'esl-à-dire, le prince , le conducteur , le Sauveur, qui n'est sujet à personne, et tout est sujet à lui, Hébreux II , par conséquent nul ne peut être chef que lui. Et cela , qu'il a retiré son corps de ça-bas , et est monté par-dessus tous tes deux . nous déclare et confirme ,

QUATHIKHS THËSS.

qu'il eêt le chef, qui a pleine puissance partout ,

qui

donne salut à tout te corps , et par son Esprit nous gouverne, conduit et eivifte , comme le chefdoitjaire à ses

I membres, cl c'osl ce que ci le pajic, ni les aagrca ne

[ peuvent faire.... Comment peut le pape être chçfdes

I hommes, vu qu'il n'est pas homme. Car il est écrit xClémentÎDes.... Que le pape n'est ni Dieu ni homme.

\ RJaut donc qtiH soit ou un diable ou une hête. '

Ularchkrose. Le Seigneur a donné aux apôtres, et

Vpor conséquent aux prêtres , le pouvoir de pardonner

I les péchés et de les retenir , Jeaa X\.

ViBET. // n'eslpoint là dit, qu'il nous J'aille aller

\ wiifesser nos péchés aux prêtres, pour avoir leur eisolution; mais quand les Apôtres prêchent et annoncent la rémission des péchés , ainsi qu'ils disentque les péchés sont pardonnes aux croyons, et retenus aux ùlfidèles , aussi sonl-ils. Non pas, qu'ils pardoDoent eux-mêmes, maïs en tant qu'ils parlent par l'Esprit de Dieu. Aussi le Seigneur , avant que de leur dire cela, souilla sur eux, leur disant. Recevez le Saint Esprit. Pardonner et retenir les péchés , n'est autre chose que prêcher l'Evangile, auquel qui croira, ses péchés lui seront pardonnes , etc. ( Conférez cela avec Itlatihieu XXVIII et Marc XVI), ou bien /jrccAer /a repentance et la rémission au nom de Jésus , Luc XXIV.

Blancueuosk demanda^ si l'on a donc le pardon en demandant grâce ii Dieu , sans faire satisfaction au prochain ? A'c ybu/-// sinon ouïr çolre sermon, et puis dire, je crois? Mes péchés me seront-Us pardonnes sans faire pénitence , ni sans me amender? etc. ViBET. l'ous ouyez bien , que je dis que Jésus a

' Ibid. 190. ti- l<JI.

Jésus a ciua^J

mandé de prêcher pénitence et la rémission des péchés.,,. Par PÉNITENCE nous entendoTis changement, amendement, renouvellement de vie, etc. Les Evaugélislca l'appelleDt en grec. jWTÔvota (c'esl-à-dire chan' gement de sentiment), el les laiioE, resipiscentiam , et pœnilentiam, non pas si proprerneDl. ï'ous semble-t-il yue telle pénitence soit sans satisfaction? II faut voir quelle cul la pénitence que Jean Baptiste a prêchée, Luc lïl. Celui qui dit qu'il croit, et retient toujours Vaulrui,il ment. Car s'il croyait y il changerait sa vie, etc. Si nous prêchons qu'il faut faire du bien à nos ennomis, beaucoup plue faui-il saiisfaire , tant qu'il sera possible, à ceux à qui noua avons fait lort. Mais quant à Dieu, ni nous, ni autre pour nous ne peut satisjaire , Jors que Jésus. '

Ensuite Ferrand Loys se prcsenla, priant qu'on lui permît d'argumenter encore contre la troisième thèse, disant qu'il était venu trop tard, etc. Vibet pria les seigneurs de le lui permettre, non-seulement sur cette troisième thèse, mais aussi sur toutes les autres, s'il avait quelque argument nouveau , qui n'eût pas encore clé proposé. Les seigneurs l'ayant permis,

Feriund objecta contre ce qui est dit dans la thèse, que Jésus s'était retiré quant à la présence corporelle , Cl que le corps de Jésus-Christ ne peut pas être sans son Esprit: qu'ainsi si l'Esprit de Jésus est en terre, son corps y est aussi; ou si le corps n'y est point , l'Es- |)fit n'y est point non plus.

ViBET. Quand nous disons , l'Esprit de Jésus-Christ , nous n'cnlcndons pas son ame, en tant qu'il est un vrat homme, mais nous appelons l Esprit Ae Jcsus-Cbrist ,

* Ibid 101. b 192.

l'Esprit de Diea , qui remplit lout. « Et ainsi le déclare Jésua-Chn'st , Jean XVI. // est expédient que je m'en aille ; car si je ne m'en vais, le consolateur ne tiendra point à vous. Ouyez comme il dil aulrement que vous, que s'il ne s'en va , s'il ne relire son corpsi de ce monde. le Saint Esprit ne viendra point. Mais s'il s'en va, et monte au ciel , il envoyer» le Saint Esprit. Et Jean XIV, qu'il priera le Père, etc. Par cet Esprit il nous console et nous fortifie mieux, que s'il était présent avec nous en son corps, comme il a paru par l'exemple des Apôtres, qui dès qu'ils eurent reçu le Saint Esprit, Turent tout autres qu'ils n'avaient été tandis que Jésus avait 6\é avec eux. Ainsi TertuUicn dil , que Jésus étant monté aux cieux, Misit vicariam vimSpiritus Sancti. ' » Blancherose objecta contre le petit nombre des Sacremens, et voulut prouver que le Mariage est un Sacrement, parce que nous voulons qu'on l'honore, et que 6l. Paul a dit, Eph, V. Sacramentum hoc magnum est. VinET. « !Vou3 appelons Sacrcmens les cérémonies instituées deJcjua-Cbrîst, et données aux fidèles, pour nous représenter, par sa parole et signes visibles, la grâce, miséricorde et salut, que nous avons par lut, etc. Le i Mariage, quoiqu'il représente l'étroite union de Jésust__'Cbrisi et de son Eglise, néanmoins n'a pas été insliluo L de Dieu, seulement pour cela, et à cette lin, comme il a fait du Baptême, etc. Car il n'j a créature quelconque, I qui no représente Dieu, sa grâce et sa Parole, par la- [ quelle elles sont faites et créées. Si vous voulez ainsi prendre les Sacremens, nous en trouverons bien plus de sept. Le soleil sera un Sacrement, à cause qu'il signilie et représente la grande lumière de Dieu ^

' Ht'ui. 192. b. 193.

DK5 SACRBHBHJ. .lOI

Le mariage a Clé ctablL de Dieu, princîpalcmcnl pour avoir saÎDle lignée , et à cause que l'homme ne peul èlrc seul, mais a besoin d'un aide, Gen. Il, et ausai pour éviter la foroicalioD , 1 Cor. Vil, et l'ApôLre dans ces paroles, Sacramenlum hoc magnum est, oe parle pas du mariage de l'homme Cl de la femme , mais de l'union de Jésus-Christ avec l'Eglise , et avec lame lidcle, comme il s'en explique lui-même; ce qui est effectivement un grand mystère, et non pas Sacrement, car c'est. le mol grec mysterion.hcs inridèles ne peuvent pas avoir les Sacremens , cependant ijs ont le mariage. ' BLANcnEROSE objecta aussi, en faveur de t Extrême Onction , le passage de St. Jaques V. n Quelqu'un est-il malade entre vous, qu'il appelle les anciens, (les prêtres ) de l'Eglise, et qu'ils pricnl sur lui, l'oignant plliuilc au nom du Seigneur, et la prière de la foi sauvra to malade, et s'il a commis 4cs péchés j ils lui ieroDt pardonnes. » D'où il concluait X" qu'on doit ippeler les prêtres, pour donner la saioïc huile aux Mladcs ; 2° que ce n'est pas un Sacrement à mépriser , DÎsquc St. Jacques dit, qu'il sauvera le malade, et Boe s'il a des péchés, ils lui seront pardonnes, etc.

ViRET, " Saint Jacques ne parle point là de Sacrement, mais enseigne comme les malades se doivent noduire, et comme on leur doit aider. Si vous voulez faire des Sacremens de tout ce que Jésus-Cbrist a fait aux malades, tout en sera plein. La boue , qu'il mit sur les yeux de l'aveugle, Jean IX, et l'eau, de laquelle il commanda qu'il fut lavé , seront Sacremens. » 1° Le texte réfute l'objection. St. Jaques veut qu'on porte celte huile aux malades , pour les guérir^ au lieu que les

Ibid. r93 11. 191.

I (2UATItIEMB THBSB. ^^H

' prêtres ne portent leur sainte huile aux malades , que qoand ils sont ca danger de mort; car tandis qu'il y a espérance qu'un malade se guérira, on ne la lui porte point. 2<> Ainsi ce que le:; prclres font est une pure singerie; tout comme quand ils mettent leur cracbat , sur les enfaos qu'ils baptisent, contrefaisant Jésus, qui en mit sur les yeux de l'aveugle , etc. . mais ils ne uuraient rendre la vue à un aveugle, avec leurs cra- I chats, non plus que guérir un malade avec leur huile. ' 8* Les Apôtres avaient le don miraculeux des guéri- L sons, et quelquefois ils y employaient l'huile, Illarc VI. [ lies premiers pasteurs des Eglises avaient aussi ce dao , I etc. Si les prèlrcs l'avaient aujourd'hui , il feraient fort I Ken de s'en servir; mais néanmoins ce ne serait point I encore un Sacrement, puisque Jésus ne l'a point insrtTlué, mais un acte de miséricorde et de charité. 4° Comme quand oa^st en prospérité, il faut en bénir Dieu, aussi quand on est en maladie, ou autre afllictioii, il ne faut pas recourir aux cncbantcurs, (comme le roi Achasias, qui, au lieu d'envoyer appeler le prophète Elie, recourut à Béelzéhub , Dieu d'Accaron ; aussi lui fut-il répondu, qu'il n'en relèverait point, 2 Rois I), mais Si. Jaques montre aux chrétiens ce qu'ils doivent faire : appeler les pasteurs, qui viendront pour exhorter et consoler le malade, par la Parole de Dieu, et pour prier pour lui. ail no parle point ici, qu'on les appelle, pour coitfesser , ni pour apporter notre Seigneur aux malades ; car nous serions trop malheureux, si nous avions un Dieu, qui ne peut être avec nous si les prêtres ne l'apportent. » 5' Il ne dit pas, Vhuile sauvera le patient,- mais l'oraison de lajoi le guérira. 6" Et St. Jaques uu parle pas ici du salut de lame seulement, mais de la gucrison du corps. 7" El

DES SACHEMEIVS, 300

les dons de gucrîson ne subsistent plus, enpartiepar faute de J'ai, qui est en nous , en partie à cause qu'il n'est plus besoin , comme il était au commencement de la prédication, de l'Evangile. 8' D'ailleurs , de quel usage peut être l'huile, qui est inalériclle, à l'ame qui est spirituelle:' 9" Enfin on peut foire ces œuvres de miséricorde envers un infidèle, demeurant tel, el par toutes ces raisons T Extrême Onction n'est que moquerie et ouvrage de singe, etc. '

Blakciierose. Si eerlum accesserit ad elementum , Jit Sacramentum. L'huitc sans la parole ne sérail d'aucun usage; comme l'eau du Baptême, sans la parole ne ferait pas un Sacrement -, mais étant jointes avec les paroles sacramenlnlcs ei l'oraison, le Sacrement est entier. L'ituile signifie la miséricorde de Dieu , etc.

ViBET. Dans le sujet dont il s'agit, l'huile n'est pas établie pour représenter la grâce de Dieu ou son Esprit, (quoique quelquefois nous entendions le Saint Esprit par rOnclion ) , mais pour guérir le corps ; c'est ce qu'il faut bien considérer. Jcsus-Chrîst ne l'a pas ordonné, comme il a ordonné la Cène el le Baptême; là où l'eau, le pain et le vin, ne sont pas donnes proprement pour le corps, comme l'huile est ici, mais pour l'amc. II. Que si même les prèlres le font à celle inlenlion , qu'il soit utile à l'ame, leur intention ne fait pas un Sacrement. Ils n'en ont pas le pouvoir. Il faut qu'ils nous prouvent par l'Ecriture, que Jésus-Clirist a établi ce îacremcnt de l'huile, en mémoire de lui, pour signi-

r ses grâces, etc. * I On publia ensuite par trois fois, si quelqu'un voulait

disputer contre la quairicme thôse, et après qu'on eut

, -attendu assez long-temps , sans que personne se pré-

«enlât, ViBET lit la conclusion de cette matière.

Cinquième thèse.

th^P

Cela étant fait, il lut à haute voix la cinquième tbS

et lit un discours pour en prouver la vcrilc. Il montra :

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