‹ Histoire de la réformation de la Suisse (volume 2)Chapitre 9 sur 32 · II. De ce que qous ne connaissons maintenant qu'en · texte numérisé non relu

II. De ce que qous ne connaissons maintenant qu'en

, partie, il ne s'ensuit pas qu'on ne doive point s'enquérir, etc. De ce que nous ne connaissons pas, par cxempic comment les damnés sont traités en Enfer, el les enfans do Dieu en Paradis, il ne s'ensuit pas qu'on ne doive jamais parler, ni de la Sainte Ecriture, ni de la vie éternelle; ni de la gébcnne du feu. Alais si tous disiez :

iniTincAtiOH PAK LA lot. U8

Nous ne pouçona pas connaitre plus outre , que la Samie Ecriture ne nauë a révélé ,- il n'est pas donc loisible de disputer des choses qui ne sont point contenues en la Sainte Ecriture , mais nous devons nous contenter de ce qu'elle nous manifeste, et de cela nous depons parler et enquérir; eotre conséquence serait bien meilieure. '

HIiCHOD. En quelle manière peut-on donner ceci à entendre au simple peuple , vu qu'il est tant difficiie et tant obscur , que les plus savans même ont bien affaire de t entendre f et de le déclarer? Car on ne leur peut pas persuader ceci, per fidem topicam , par raisons ne par argwnens.

Cakoli loi proDva qae la chose n'est point si difficile. IJa Foi , dit-il , est le fondement , gui soutient les choses que nous espérons. Elle lejait, parce qu'elle se soutient, et se fie au vrai fondement et à la ferme pierre, qui est Jésus, 1 Cor. III, 1 Pier. IM, pour t amour duquel elle espère la eie éternelle. — Ainsi ce qùef espère par Foi, je lattends, etmefiede lerecepoir, non pas que je Taie gagné ne desservi, mais à cause de ta promesse de Dieu, laquelle m'a été faite en Jésus-Christ, et Dieu qui m'a fait cette promesse ne peut mentir ne faillir i — ce croire est pîa affeclio, qui est honorer Dieu, et f estimer véritable, et se coj\fier en lui. En quoi vous pouvez entendre ce qu'on dît communémont; argumentum topicum cum qffectione generatfidem et assensumfidei. Il y a des argumens lires de la nature des choses ; il y en a qu'on tire de \'.autoritè; et puisque l'autorilé de Dieu est sur tout , la Parole de Dieu est à croire sur tout, etc.

* Ibid. 9&. 9S. OC. 07.

CàMtttA ajouU qu'il ; ■*■!! pin de dooze ftog qu'il «vail enseigné celte doctrîoe !i Pam, mais que les docleara de Sorboone l'avatenl persécoté et chassé. '

Après Rlichod on appela don Pierre Jehan , antrenenl Galanda, de Roveray, paroisse dTvonan, qui a'é* tail oOert de disputer, mais il ne parât point.

On publia encore par trois fois , qae , quiconqoe voudrait disputer contre la première thèse, ponvait s'avancer. Mais comme il ne se présenta ptos personne, apris qu'on eut allendu tong-temps, Farel lut encore cette thèse à haulc voix et lîjut celte discussion par ua petit ' discours, où il Gt remarquer qoe l'Ecriture Sainte n'enseigoaut point d'autre voie pour obtenir le pardon dea péchés , que la Foi en Jcsufr-Christ , etc. ; elle condaiAne par là toutes les doctrines et traditions humaines, qui font dépendre ce pardon de quelque autre chose, comme, pèlerinages, indulgences, messes, etc., purgatoire, etc., et par conséquent tout ce qui est bâti là-dessus , comme . Jondations, suffrages, qfficespour les morts, etc. '

Seconde thèse.

I. On vint ensuite à la deuxième thèse, que Tiret lut à haute voix; après quoi il en fit voir la vérité. Il dit: 1". Qu'il n'y a nul autre moyen de justification , que la Foi en Jésus-Christ; que comme il ne peut j avoir d'autre Sauveur que lui, aussi l'Ecriture ne reconnaît aucun autre chef et médiateur de son Eglise, que lui ; c'est pourquoi elle est appelée son corps. Si l'Eglise reconnaissait deux chcfe, elle ne serait plus le %orps de Jés^s-Christ, mais de l'Ante-Cbrist. Jêsus-

* Ibid. 98.

^ Ibii]. 99.

ifSDS'CHRIST SKUL CUEt , POMTIFB , BTC, SU

CbrisI quoique monte au ciel, est cependaot loiijours «vec nous, Malih. XVIII et XXVIII, nous conduisant et vivirianl par son esprit, Jean XIV, 16, etc. '

n. Que Jcsu5-Christ est le seul souverain sacrilîcaleur , saint et sans péché , qui s elant olTert volonlairemenl k Dieu pour nous, Hébr. V et Vil, a trouoé une rédemption éternelie. Ainsi ceux qui reconoaissenl d'autre sacrifice que le sien, ou d'autres sacrillcatcura que lui, le renoncent plcinemenl et le llasphèment , autant que les Juifs, qui Cont renié et crucifié; car I c'est dire que son sacritice n'a pas eu assez d'enicace.

m. Qu'il est aussi le seul môdiateuret intercesseur de son Eglise . car pour être médiateur entre deux parties , il faut avoir de la ^onté pour celle qui a offensé et être aimé de la partie offensée; or nul n'a eu plus de boDic pour les hommes que Jésus-Christ et nul n'est agrt^able à Dieu que lui, qui est son fds bien aimé, Matthieu III el XVII, Confér. 1 Tiinoth. II, 5, et 1 Jcûo II, I, 2; Jean XIV, 6; Ephcs. II, 18. C'est pourquoi il appelle à lui tous ceux qui sont travaillés et chargés, Hlalih. XI, 28, etc. Il est vrai que la prière du juste fuite avec zèle est de grande efficace; et que nous sommes obliges de prier ici bas les uns pour les Autres, mais nous ne sommes exauces qu'en priant au de Jésus. Ainsi recourir à l'inlerccEsion des Saints,

lî sont morts , c'est vraie superstition et idolâtrie ; ainsi comme leur faire des images et les honorer, ou les os, et telles choses, qu'on appelle reliques; etc. Dans toute l'Ecriture Sainte il n'est point dit , qu'il faille

' EiAcl. p 99. h. 100.

> Ibid. p. 101. 109.

116 raoïniMt THÈ».

invoquer qadqne autre qae Diea par Jéstu-Chrùt ni qD'aucnn des Sainte ait prié le* roorts, ni qu'il ait prié pour eux, etc., Act.m, 12,X,26> 26,Xir, 12—15; Apoc.XK, We»XX,8,9. *

Après ce discours on fit par trois fois la (Hytclamatioa ordinaire pour inviter à la dispute ; maïs il ne te présenta personne. Après donc qa'oa eol loag^letnps attendu , Farel lut la thèse une seconde fois è hante voix , et fit un petit discours pour montrer les erreurs et les «bus de l'Ef^lise romaine , qui éliient oondamnées dans celte thèse. *

Troisième tAise.

Il proposa ensuite la troisième Ihèse, qui eal enlr'aatres contre la présence réelle, etc. '

ViRET, pour en prouver la vérilé, fit d'abord remarquer que le mol A' Eglise, (hoLktrivx) signifie une assemblée; et que comme il y a une assemblée de méchans, qui sont appelés la Synagogue de Satan, Apec. III ; il y a aussi une assemUée de geos de bien, appelés eitfans de Dieu, qui est l'Eglise chrétienne, appelée Epouse de Jésus-Christ , Jean Ifl; Ephea. IV, et le corps de Jésus-Christ, \ Cor. XII. Tous ceux-là donc sont l'Eglise , qui croient en Jésus. Leur Foi est fondée sur la Parole de Dieu; ils sont la vraie brebis, qui ne connaît d'autre voix que celle de son pasteur, Jean X. *

II. Quoique Jcsus-Christ ait relire de nous sa présence corporelle , elle ne se défie nullement de lui pour cela , sachant que son royaume n'est point de ce monde,

* Ibiil. p. 103 104. 109.

» Kl Arl. p. 106.

' iliid. 106. h.

* [bid. 107.

PttïSBHCE BilLLE. UT

Cl qu'etosi sa prcsencc corporelle n'esl point nécessaire pour l'administrer ; mais qu'il Boutienl et gouverne tout par son esprit , Jean XVI. Ayant dit lui-même à ses disciples : liions est expédient queje m'en aille, et les ajanl avertis, qu'il y aurait des faux prophètes, qui diraient que le Christ est ici où là , Luc XVII. Il a dit : Je laisse le monde, etc. Ceux-là donc Eonlà reprendre, qui soutiennent qu'il est réellement et corporellement en une pièce de pain, ou dessous une blancheur et rondeur sans substance ui fondement, mais sous accidens Çui ne sont en aucune substance, en une bôile, ou en la main d'un pauvre pécheur , voulant qu o/i croie qu'il est en toute, sa grandeur et essence corporelle, tout tel qu'il est ressuscité , tant que les espèces demeurent; et sitôt qu'elles sont corrompues , plus n'y est le corps ni le sang ; qui est une théologie fort nouvelle, et une philosophie plus que pythagorique , qui faisait tout des nombres. Et sont contraints , pour excuser les absurdités, qui suivent cette opinion, d'inventer mille rêveries , et de recourir aux miracles et à la puissance de Dieu, ne considérant point que la puissance de Dieu n'est point sans grande sagesse ; et qu'elle ne détruit pas ce quelle a fait. Là où s'ils voulaient suivre l'analogie de la foi, la chose serait aisée. Car ainsi que, parce que l'Ecriture nous témoigne, que Jésus est assis à la dextre du Père , nous ne devons imaginer quelque chose charnelle, vu que Dieu est Esprit, ^.1 Jean iV; mais qu'il règne en la puissance, gloire màt majesté du P'ere , aussi nous devons prendre garde ^âe ne pas dépouiller Jésus ^ du corps qu'il a pris pour nous, et que nous ne lui ôtions la nature humaine, cl la vérité du corps, corfondanl ensemble ce qui ett de t homme, et ce qui est de Dieu. Alléguer

|W ilMV»> S^

'm^ mmié peui , e'esi

bien les

, qui

mon--

fuele

eisang

«lire; car

•Ueotîon

;, laquelle

coqM «o ciel,

à la tois, c'esi dire

covpft^ «t ^'3 csl semblable à

, il n'est à ces akurdltés ; car quoi-

il nous est m « « €ti ab*€r tes Juifs y M m jUk fu*it se soii retiré vi?^ ifin iwf 'wus "^r âr c^nmaissioms pbts selon i CiM^ V . -mast mtèm tMIsfrii, par lequel il À t"^. M ;;f «itf miiiàf pemr mnpKr toutes ^>4m»«c^- . lit ^ «mw Ai Ap^ ma imiHÊms^ Eph. IV, par Mit l^r«^ ; ^viaunr il a bi» para an Apftires , qui 'tvmi ^W «.^aifih A <k <t«nwb • laadb qu'il fut arec eux, ^^i^v«>t ^^^ <<iirMa r«\^ rSspcil ém Se^neur, firent i:^iàittrtÉfeMa ^ iima^ b ltrT«>« par Irar sagesse, leur ta^MiN ^ iMr iaar^tysiiiér «« k«r aèle. D est donc vrai ^it ^Uuii^ Wi^ aaairt» par ms Esprit, coonme aussi un JMT tt >i%iit&NNi Mi^ oMf« par siMi Eiprit, qui habite dans

Jk.>

' lui r- 1«^ M«t iM

fnisdica kéelli.

Comme cette thèse attaquait le centre el le cœurjde l'Eglise el de la religion romaioe, aussi fut-cllc vivement débattue el occupa le lapis depuis le mercredi soir jusqu'au vendredi; ce qui fait que celte dispute remplit 68 feuillets dans lea Actes, c'esl-à-dire , 136 pag. in-folio.

ife vais en rendre compte exactement.

Après donc que Virel eut fmi son discours , on fît la proclamation ordinaire pour inviter à la dispute.

Première oljection.

Jeas Berbilly, prêtre, vicaire do Prévïcin, com-

rnença et objecta ; 1" ce que dit JésuB-Chrisl, Jean VI, 53, 54. f,c pain que je donnerai , c'est ma chair, que je donnerai pour la vie du monde; car ma chair est vraiment viande, etc.

VtREr. Ou n'a qu'à lire avec atlcnlion tout ce Cbap. VI , pour se convaincre , que manger la chair et boire le sang de Jésus-Ohrist, ne signifie autre chose sinon croire en Jésus , qu'il a donné son corps en la croix , à la mort, poumous; ce qu'on peut faire sans manger le pain, ni boire le vin de la Cène ; car dans ce Chapitre Jésus-Christ ne parle point de la Cène, mais de la Foi , et comment on doit croire en lui.

Berrilly pressant le sens litlcral de ces paroles, ViRET lui représenta, que, pour avoir l'intelligence de l'Ecriture, il ne faut pas la prendre par pièces dclachées; mais qu'il faut conférer endemble les divers endroits qui traiteut d'un sujet; el venant à l'occasion du sermon du Seigneur , contenu au Cbap. VI de St. Jean, il lit voir que Jésus ayant censuré les Juifs, (de ce qu'ils le suivaient, seulement pour avoir du pain), leur dit i 7'raiaillez , non point pour la fiande qui périt, mais pour celle qui est permanente en de éternelle.

ImqmMe le Fils de T homme pous donnera; que les Juifs lui aTanl réponda» quefatii-U que nous f asnons , pour Jmirt tes mwrres de DieuPVL leur répondit : Cest ici fetUÈTre de Dieu, que pous croyiez en celui quil a emyoyt. Aiasi Jésus fail ▼oir, que croire en lui, c'est letMtrre de Di^i qu^l demande de nous , et que celle «eurre de Dieu, c'est dierclier el oMuiger cette çiande inconruptUe^ pour laquelle S les a exhortés de tratraiUer. Quand ensoile ils lui demandèrent ce pain , qui donne la rie au monde, il leur répondit. Je suis le pain de m; qui çieni à moi wt mura point dejaim , etc, El comment yienf-on à lui, que par la FoiP Pour cela j o/iMiti^-il pour mieus le déclarer; qui croit en moi, na:tra jamais soif. Pouè^uU^ parler plus clairement? Kl sa'jLrait^n trou»rer espression plus breçe et plus JaciU: puisque celui qui vient à Jésus , c'est^-dire , qui crxHt tn lui. n a plus fàjaim ni soif : '^ s* ensuit qu'il est rxissasitr. Et comment peufil être rassasié sans èoire ni mander? Il faut donc qu'il ait bu et mangé. Et qudnJ a-f-il bu et mangé, sinon quand il croit en Jésus « et que par la Foi Jésus-^Christ habite en son c<r«r?Eph.m. •

BcRRiLLY. Jêsus-C)irist met trois choses différentes , croii^e » boire , manger. Il n*a pas aiosi parlé sans cause.

ViRfiT. Cest l*usage ordinairede Jésus-Christ, d'exprimer une même chose en plusieurs manières, pour nous la faire tant Ibieux entendre , à cause de notre grossièreté. Jésus-Christ veut nous conduire au vrai poinly |>our avoir le salut et la vie, qui est de croire en lui; toute TEcrilure ne nous inculque autre chose; ni Jésus-Christ en tout l'Evangile selon St. Jean; parce

' Ibiil p 110. 111 IIS

que la Foi en Jésus est de grande verlu et efficace, que par elle nous recelons et oltenons, ce que par toutes nos a-ui-res , et par toutes les créatures du monde, nous ne pourrions obtenir. Et rien n'est si nécessaire, que de connaître comme par la Foi en Jèsus'Christ nous avons la rémission de nos péchés. Qui connaît et entend cela, il est bienheureux. Il ne faul donc pas s'étonoer, si le Seigneur inculque cela avec lani de soîn, car c'est pour cela qu'il est veuu ; et «ans cela sa vcduc ne nous servirait de rien, non pas

(même quand nous ne mangerions autre chose que sa thaîr, et que nous serions vêtus de ses habits , mouillés de son propre sang; non plus qu'à Judas, qui fa toisé , ei ses bourreaux qui ont bien pu recevoir de son 'ang sur leurs corps, l'ouï gist en cette Foi. '

Behrilly pressant toujours le sens de la lellre, Viret lui représenta, qu'il faut née essai rem eut entendre ces mots manger cl boire, dans un sens de figure ; comme quand il dit, Qui vient à moi n'aura point de faim; *-'enir à Jésus est une expression lîgurée qui siguifie croire en lui ; comme aussi Jésus l'explique , en ajoulanl, Qui croit en moi, n'aura jamais soif; car aller corpoielleraent à Jésus n'a riea servi aux Juifs incrédules , et Jésus éiant au cîel, nous ne pouvons point aller à lui corporellemeut. Nous y allons donc en croyant en lui. Il en est de même de ces mots, manger sa chair, et boire son sang ; il faut les enlcndrc d'une H^nanicre figurée. Le Seigneur dit : Qui croit en moi, ^ÈÊBura pas soif . Croire donc, c'est boire, puisqu'il oie ^Vsoîf. 11 dit encore. C'est ici la volonté du P'ere , que quiconque voit le Fils, c'csl-à-dirc , qui croit eo lui,

l.p. Ili. Il 113.

^ Im eie éienuOe. Là, raô-le Fik, el croire en lui, ■ont sse Mole et néve chtMe, M voir doit ■'enlendre Ggorneal ; p«n|iie ploànm f oat tu Baoa <lre unTéi , ci planran laml saavâ gsos jaiBÙ l'avoir vu. Comme dooc sons B'avoBS pas besoin d'yeux pour voir Jésus, aoa b'stom pas besoin bob plus de gorgo ni d'eslomac, poor ma^jer sa chair , et boire son sang. Aussi manger M cbaîr et boire mm sang, ne serait d'aucun usage ptwr le salut , coniBe il le dit inHi Ini-mAae : £a chair tu profiu de rien; c'est fJS^pnt gn çwifie; Us paror les qtu je çotu dû, toti^E^rU ft M, c'esl-à-dire , ces paroles vivîEeot nos âmes, «a les entendant spirituellement. *

Seconde ohjeeSon.

Bebrillt. Avec l'Esprit de Jésus, il faut avoir aussi sa chair et son sang , car il faut l'aroir tout enUer el sans partage.

, ViRET. La chair de Jésus a été très-utile , lorsqu'il l'a offerte à son Père par l'Esprit ciernel , Héb. 8,9, 10 ; mais manger la chair et boire te sang du Seigneur, comme les prélres l'enleodent , ne sert de rien ; et est mAme une erreur pernicieuse. Ceux qui partagent Jésus, ce sont les prêtres, qui veulent avoir sa cbair, el qui n'ool ni sa cbair ni son Esprit. Jésus-Cbrist s'eiplique aasez clairement, puisque , comme il a dit, gui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie étemelle ; il dit aussi, gui croit en moi, a la vie éternelle. S'il se sert de ces mots, boire et manger, (métaphore qui paraît dure), c'est pour mieux montrer la vertu de la (m, savoir que, comme co que uous mangeons cl bu-

* lbid.113. b. II&.

PBfSinCB BSELIK. SUS

vons, devient tellement nôtre, qu'il n'y a rien quÏBoil plus h QoUB, étant converti en notre propre substance, et noii^ fait vivre : ainsi Jésus est toIalcmc^Dl à nous, avec tout ce qu'il a; il demeure en nous, et nous en lui; et nous fait vivre, et nous rend immortels. S'il fallait pour être sauvé, manger proprement la chair de Jésus , les patriarches et les iidèles de l'Ancien Teslaœcnl, seraient tous péris, puisqu'ils n'ont pas pu le manger; toutes fois il ont eu une même foi, et ont été sauvés par Jésus, Jean 8, et 1 Cor. X, 2 Cor. IV, Uébr. XI. Ils n'ont eu donc d'autre chemin que leur foi. Jésus-Christ s'est servi de cette métaphore, parce queles.Iuifs lui en donnaient l'occasion; en parlant de la manne comme du pain du ciel, et par la signification du pain matériel et visible il leur a voulu Jaire lener le cœur au pain divin, céleste et invisible, qui se mange spirituellement. C'est ainsi que, parlant à la Samaritaine , à l'occasion de l'eau qu'il lui avait demandée , il appelle le Saint Esprit l'eau vive , Jean IV. Cependant le Saint Esprit n'est point de l'eau , ni l'eau convertie on Esprit. Il emploie la même figure en Jean VII dans une occasion semblable. Ainsi, quoique iua-Christ dise ici , que sa chair est le pain , cepeninl il n'est ni pain ni fin, ni en iceur, et ainsi «ncore Jean IV, 32 , à l'occasion de la viande, que ses disciples lui présentaient, il appelle viande, la volonté de son Père. Il appelle calice sa mort et sa passion , et diverses ligures sont aisées à entendre. '

Troisième objection.

I' BERltii.i.Y. Jésus-Cbrist ayant dit, le pain que je

Jeai

■ Utfd. p. IIS. IIC.SST.

donnera c'est machaïr, accompUl sa promasGe, ea doDDant son corps dans le Sacrement. H a dit, ceci est mon corps, mangez, eU:.,JaUeM ceci en mémoire de moi.

ViasT. Dans le Chapitre 6 de St. Jean , Jésas-Chrùt ne parle pas de la Cène , car yu avait donné sa chair en la Cène , pour la fie da monde , il ft'étâii plut besoin quil mourût. Ce n'est paa en la Gène , que aon corps a été livré pour la vie du monde i mais sur la croix, quand il s'est oQîert à Dieu son Père', comme on l'a di^ï dit. Parce que ta Cène a été iulîloée, pour être une commémoralion de sa mort ; on il a donné son corps et son sang , et que le pain et le vin nous les représentent , c'est pour cette raison qu'il appelle le pain son corps, el le vin son sang. *

BERRiiiiiY insista, appuyant sur le mol est, cen est mon corps ; il ne dit pas, ceci signilie mon corps.

ViRET. Si l'on veut s'attacher à la lettre , il faut aussi croire, que Jésus-Christ est un sep, une porte, une pierre , car tout cela est dit de lui ; Jésus-Christ est autant véritable dans ces dernières propositions, que quand il dit, ceci est mon corps, ce calice est mon sang; cependant on les entend toutes ea figure, parce qu'il y aurait de l'absurdité à les entendre autrement. Ainsi en est-il ici. Les Hébreux élaiont fort accoutumés Ji exprimer la chose signifiée par le nom du signe ; et Jésus-Christ parle selon leur usage. Nous disons aussi , en parlant du portrait du roi , voilà le roi. Ainsi , quand les catholiques voient l'image d'un crucitix, d'un Saint, de la Vierge, ils disent ordinairement; eoilà un crucifix , ooilà un tel ou tel Saint , voilà la Sainte Vierge ;

' Ibid. I17.b 118.

puisBNCi rAblus. SS(5

cependanl quand on les accuso d'idolâlrie ,,à l'égard dos iaiages, ils savent bien dire, qu'ils ne sont pas assez sols, pour ne pas comprendre, que ce sont des peinn tures, el que les Saints sont en Paradis. Si donc les catholiques attribuent à leurs images, les noms de leurs Saints, ils ne doivent pas trouver étrange, que Jésus- Christ ail donné le nom de son corps aux symboles qui le représentent. Et même le«'Canon de la messe conduit là, quand on y dit, sursum corda, {éleçez vos cœurs en haut); et qu'on répond, habemus ad Domi" num, {nous opons nos cœurs élevés au Seigneur) \ ce qui signifie , qu'il ne faut pas chercher le Seigneur çà* bas dans les hosties, mais au ciel. Vouloir donc chercher le Seigneur dans l'hostie , c'est faire le contraire de ce que leurs canons ordonnent. *

Quatrième objection .

Berrilly. Nous faisons ce que Jésus-Christ a com" mandé, disant, Jattes ceci en mémoire de moi. Il a commandé de consacrer son corps et son sang y comme nous faisons. Et si son corps et son sang n'y étaient point, il nouèJ/SÊurait bienfait en vain ce commandement, etc. ./^'

ViRET. JTous apportez votre solution- de vous-même. Puisque cela se fait en mémoire de Jésus , et de son sacrifice, il suit de là , que ce n'est pas le vrai corps, et le vrai sang du Seigneur, et que ce Sacrement n'est pas un sacrifice , autrement il ne serait plus une commémoration ; car la chose qui est présente na besoin de mémoire , mais la chose absente. La chose, qui est

* Ibid. 118. b. 119. ISO.

TftounaE nm.

ordonnée pour représenter, n'est pas la cAow r^résentie. Jésus-Christ 'mangeant t Agneau pascal apte ses disciples , jui était Jigure du crai Agneau Jésus , et mémoire du passage JaU par l'Ange en Egy^, quand U a eoula établir la Saiole Cène, eo mémoire de non sacrifice, ïl a suivi le style de Hoise , qui a dit de l'Agneau , hoc est Phase Domini; c'est-lt-dire , c'M ici U passage ou laPâque du Seigneur, Exod. 12. Aiosile Seigneur , parlaot du pain et du vin , figure de son corps et de son sang, il les a appela son corps et son sang. Aussi ses disciples n'en furent point scandalisés, (cooinie ils le furent quand il leur paila de monter sa chair, Jean IV, 60), étant accoutumés à ces fai^ns déparier. Jésus-Christ n'a pas dit : €t0-ez Upatny dUes ces paroles sur te pain et le calice, etfy serai en chair et en os. Levezrle ,Jaites-le adorer, mettez-le en ta boite. Hais, mangez , huvez en tous ; Luc 22. El St. Paul montre bien commeut il faut faire la commémoralion de Jésus- Christ; quand vous mangerez de ce pain , etc., vous annoncerez la mort du Seigneur jusqu'à ce qu'il vienne, 1 Cor. XI ; c'est donc à dire , qu'il a'y est pas corporellement. Si l'on veut presser ta lettre, il faudra aussircroiro, ^«e fe »in n'est pas le sang , mais le calice. CaBn'a pas dît , ce vin est mon sang, mais ce catice Imonon sang, Haith. 26. D'autre cdié, St. Luc el St. Paul disent, ce catice est le Nouveau Testament en mon sang , et non pas, mon sang. Ainsi le calice serait >( à suirre la lettre), un nouveau Testament. Cela paraît encore par ce que Jéaus-Cbrist dit, Jean 6. Qui mangera ma chair et boira mon sang, aura la vie éternelle. Si cela s'entend à la lettre, il n'y a ni juif, ni turc, ni scélérat, qui ne soit sauvé , s'il communie à la messe ; tous les prêtres sont sauvés, car ils mangent le corps de Jésus-

piiisENCB iiÊetts.

tS7

Christ. Or si cela n'esl pas; il g'cD^uîl que ces parolve doivent cire prises fî^uréinent. *

Berrilly. La vie ctcrnelte n'esl promise, qu'à ceux qui maDgcnt dignement, comme dit rA[)Ûtrc, I Cor. XI.

Ins lance.

ViRET. Si, Paul ne dît pas, qui mangera le corps de ■Jésus-C/trUt oa sa chair, etc., indignement, il est coupable. Car puisque Jèsus-Chrisl est le pain de vie, fl qu'il est notre fie et salut, personne ne reçoit Jésus- C/irist, sa chair, ni son sang, qui n'ait la i-ie; et on ne pourrait manger la vraie chair de Jésus indignement , parce que c'est une viande , qui n'est que pour les eufans de Dieu. Jésus, quî est la vie, comment donneraît-il la mort à celui qui te rcçoil? Tous ceux qui l'ont reçu, sont enTans de Dieu. IVul ne le reçoit, que la croyons; et fous ceux qui le reçoivent, quand ils ne seraient pas dignes, il les Jerait digne.-!; tous ceux t/ui le mangent, sont tous en lui, et lui en eux; Jean VI. Quant au pain et au vin, c'est autre cliosc, sumunl boni , sumunt mali , sorte tamen inœquali, < :!œ tel interltâs- C'est pourquoi St. Paul veut que ' liacun s'éprouve soi-même , avant que d'y aller; il ne du pas qu'il s'aille confesser à un autre, etc. '

Cinquième objection.

BcRniLLY. Quelle venu a le pain de la Ccne, plus qu'an aolre, s'il n'est pas le corps do Jésus-Christ? "Vihet. La difl'crcuce est, qu'il signifie et représente

9S8 ntOtSiSHB TBB5I.

une chose, que l'antre ne représenle pas; car comme la vertu des mois de la parole est dans leur signification bonne ou mauvaise, selon l'usage qu'on en fait, ainsi en esl-il du pain et du vin dnn^ la Cène. Celui qui . le prenrl , croyant en Jésus, lequel il représente , et ' entend les mysth-es pourquoi il lui eit donné , il reçoit le pain en sa bouche, et le met en l'estomac, etc., et tomme le corps en est nourri, aussi lame par Us I ifeuT et la bouche de tajoi, noit, reçoit et est nourrie de Jésus, et non pas seulement quand elle reçoit le pain, et le vin, mais toujours quand elle oit la Parole. de Dieu , sahs laquelle les sacremens ne seraient rien .

Instance.

Berrilly. rious pouvons donc faire la Cène tous les jours cbex nous, a tous nos repas, en prenant du pain el du vin, en mémoire de la mort de Jiî.*)is-Chrisl.

ViRET. fous prenez mal mes paroles. Nos repas ordinaires sont bien difTérens de la sainte table du Seigneur; car nous n'y allons pas pour faire commémoration de la mort du Seigneur, mais pour subvenir à la j nécessité de nos corps. Il faut donc re^trder à l'inslitur tion du Seigneur; car loul ce que noift pouvons faire, nous souvenant du Seigneur, comme manger, travailler , etc., n'est pas pour cela un Sacrement. Mais îa Cène est un Sacrement, ayant été établie, non pas pour nourrir le corps , mais l'ame ; c'est pour cela que Saint Paul reproche aux Corinthiens , 1 Epître Chap. XI , que ce n'était pas faire la Cène du Seigneur, que la manière dont ils s'y prenaient; puisque les uns se soûlaient, tandis que les autres avaient faim. Et distinguant la Cène , d'avec les repas ordinaires, il leur dit. N'avezvoua pas des maisons pour manger? Itiépriset^ous

£EgUêe de />ieu? D'ailleurs U Cène est établie pour nous assembler tous. Il faut donc que tous ensemble nous coofessiona Jésus publiquement, et fassions voû'B ainsi l'union spirituelle, que oous avons avec Die avec Jésus, et enlre nous, par son Esprit, et par ses doDS, £ph. i, Act. 4. Celui qui fait sa Cène à part, daDS sa maison, ne fait pas la Cène; car il fait voir qu'il est particulier ; et puisqu'il se soush-ail des aw très, il n'est pas d'un même corps. C'est ce qu'on peat'l dire des prêtres , vu la manière dont ils font la Messe , ne voulant pas que personne touche l'autel . ou le pain , ou le calice qu'eux , coiiuue li'ils ciaienl plus exccllens que les autres , et mieux lavés par le sang de Jésus ; au lieu qu'il a dit, prenez, mangez, liuçez-en tous, sans faire aucune distinction de prêtres et de laïques. ' Berrilly ne répliquât rien.

Sixième objection.

BlanciierOse prit la parole, et voulut prouver que le pain /leu/ être Iranssubslantié au corps de Jésus-Christ. H se servit de l'exemple d'un œuf, qui est converti en poussin, et le poussin mangé par un homme, est converti en la substance de cet homme; ainsi Dieu peut convertir le pain , etc.

Virex. Aposse ad esse non valet conseguentia. Nous reconnaissons la toute-puissance do Dieu, mais nous disons , qu'il ne fait pas (eut ce qu'il peut ; que sa puissance est dirigée par sa sagesse. Pour faire sentir la faiblesse de ce raisonnement, tire de la puissance de Dieu ; on pourrait par le même endroit prouver que les

i ibU. lU IS5 IS6. tS7.

TROISIEME THISI.

ânes parlent , car Dieu le poul faire , el efTeclivcmetit en a fail parler ud , savoir l'ânesse de Balaam, Nombre 23. Atin donc de prouver la IraosubstaDliation du pain au corps do Seigacur, il faut monlrcr que c'est la volonlc de Dieu, que cela se fasse. De vouloir prouver cela par les poules el les œufs, HJaudraît donc , pourjiaire contenir ta similitude, que les praires coûtassent, comme les poules Jbnt leurs œufs, pour les convertir m poussins. Par celle duclrinc on renverse l'ordre des crûatures^ el l'on ôlc au corps de Jésus les qualités propres aux corps, qui csl d'être visible, pable, occupant une place, clc.

Septième objection.

BLANCBEnosE. Il y a de la diftérence entre un corps mortel et un corps glorifié. Car ce dernier n'occupe point de place, et peut élrc en plusieurs lieux ; tel csl le corps de JésuR-ClirisI, Il peut être au ciel et en l'hostie , par la vertu des paroles sacra mentales ; comme l'œil qui est si petit comprend des choses si fçrandes , qui n'occupent point de lieu en l'œil, et est capable de I toutes.

ViBET, Il y a sans doulo une grande difTérencc entre

un corps mortel et uu corps glorifié, mais Dous nions

qu'un corps glorifié n'occupe point de lieu, el qu'il

puisse être partout, ou en plusieurs lieux à la fois. Un

corps glorifie ne perd pas les propriétés essentielles des

i corps ; autrement il no serait plus corps. Les corps, après

I la réâurrcclioD, ne seront plus sujets àaucun mal, non

[ plus que les anges, cependant ils ne seront pas des

j esprits purs. Regardez donc que des corps nous n'en

\ fassiez des anges , ou des esprits seulement, quieaut

pniiEMca RJEtts. Ml

autant comme nier la résurrection. Ainsi JcsuBj ayant eu un vrai corps, n'a rien perdu de ses proprièlèa par la rciitirreclion; il a bu et mange; et leur a montre son corps , lo leur a fait loucher et Rentir, etc., pour les convaincre de sa rcsiirreclion , et leur fait en même temps remarquer la différence qu'il y a entre un corps et un esprit, liuc XXIV. S'il n'occupe point do lieu, comment ses apotrcs l'onl-ils pu voir et loucher? On ne lit en aucun endroit , qu'il ait ctc vu en plusieurs lieux à la fois. La comparaison prise de l'œil, est contre celle doctrine ; car si l'œil, qui est si petit , comprend chos'es si grandes, et cependant pour cet usage il n'est pas nécessaire que tout ce qu'il voit soit en l'œil, et n'y peut être, aussi n'csl-il pas ncccssaira que Jésus soit dans le pain pour nourrir notre ame, mais ainsi que rceil voit ce qui est loin, comme s'il était deiant soi, attssi notre cœur et notre ame , par les yeux de la foi, ifoit Jésus, et le possède, quoiqu'il soit au ciel, car les yeux de la foi comprennent beaucoup plus, et voient de plus loin que ceux du corps. '

Huitième objection.

BiiAHCHEBOSE voulut prouvcr la présence réelle par les figures àe l'Ancien Testament, disant, que le pain et l'eau, que l'Ange apporta à Elic, étaient la ligure du corps de Jésus-Christ, que nous mangeons au S.tint Sacrement de l'autel.

ViKET le lui nia , et lui lit voir 1" que l'on ne doit j rien prouver par des types ou symboles, sans l'aulorilé ^BéB l'Ecriture ; qu'à suivre son explication , il aurnit fallu

lillilÉiriiiih

quo noire Seigneur eût fait et institue la Cène avec du jiaia cl de l'eau , el non pas avec du vin ; puisque ce fut de l'eau , quo raufic apporta à Elie avec le pain. Enfin il lui demanda, si Elie tnangeanL ce pain Qvail mange le corps de Jcsug-CbriEl?

fiLASCiiEiiose dit que non , parce qu'il n'était pas encore incarne. £t si Elie eût mangé le corps, le pain n'aurait pas clé la figure; mais nous le mangeons nu Sacrement , par ce que les Sacremens de la Loi nouvelle sont de plus grande efticace que ceux de l'ancienne.

ViRET. Le pain d'Elie n'ayant pas olc, selon vous, avec le corps de Jésus-Christ, et ayant eu ta vertu de fortifier Elie , en telle sorte qu'il marcha quarante jours et quarante nuits ; il a donc plus de vertu que celui des prêtres qui ne nourrit point. Si donc le pain d'Elie, plus eflicace que celui-ci , n'a pas éic le corps de Jésus , celui-ci ne l'est pas non plus. Sî vous répliquez que- le pain des prêtres nourrit l'arae , el non le corps , je réponds, qu'il n'y a personne , qui aient mieux l'orne morte, et qui fassent plus de maux, et soient plus ignorons des choses de Dieu et de l'Evangile de Jésus- Christ , que ceux qui mangent tous tes Jours ces oublies, comme l'expérience le montre , qu'entre tous tant qu'ils sont, à grand peine s'en peut-il trouver la T moitié d'un, pour maintenir leur doctrine. Il o'y a qu'un endroit , par où l'on peut dire , que ce pain des prêtres nourrit mieux, cl plus long-temps que celui d'El.ie; c'est parce qu'à l'ombre de cette hostie , ils ont amassé tous les liens du monde , et se sont nourris, gros et gras , et mal appris , et eux et tout leur ménage , etc.

Neuvième otjection.

Bebbilly reprit ici le parole, el objecta

verseï 1 , qu'il Iraduisait en ces termes : Tout èoêque, prias des hommes est constitué — afm qu'il offre des dons et des sacrifices pour les péchés. Puisque Si. i'iiul a écrit cela , après la morl du Seigneur, il faut qu'il y ail encore den sacrifices dans l'Eglise,

ViHET, pour faire 'bien comprendre aux auditeurs la pensée do l'Apôlro, lit lire à haute voix ce Chapitre jusqu'aii verset 18, inclusivement; après quoi reprenant la parole, il fil voir que dans ce Irxle l'Apôlre ne parle point des prplres Cl des êvcques des chrélicns, mais des sacrilicnlcurs de l'Ancien Testament, qui élaionl pécheurs, et qui avaient besoin de prier et de sacrifier pour eux-iDÔmes, inut comme pour le peuple : Cl avaient même besoin d'un Bacrificaleur, qui priiît el offrît pour eux. Or si Aaroa et ses fils, quoiqu'appclés et établis de Dieu; si les patriarches, ni les prophètes n'ont pu faire des sacrifices capables d'expier les pérhcs , comment le pourraient le pape et les pré- Ires, eux qui sont bien éloignés de la sainteté de ces grands hommes, et qui ne sauraient montrer en toute la Sainte Ecriture un seul témoignage de leur cototion , ni un seul mot , par lequel leur soit commandé de aacri/ier , ni le corps de Jésus-Chrimt , ni quelconque offrande, pour la rémission des péchés? L'Apôlro montre là, que les sacrifices d'Aarou , el de ses succes- (etirs ayant été imparfailit, Jcsos-Christ nous a été donné pour offrir un sacrilîte parfait; qu'il a clé établi de Dieu son Père , qu'il a eu tout ce qui était nécessaire pour apaiser le Père, ayant été sans péché, pris d'entre les hommes ; et ayaut eu de quoi offrir , non pas des bétes, mais son propre corps et son sang, lesquels il a offerts avec prières et larmes ; et que ce que tous les «ilrâS a'oat pu faire par Uni da eacrilices, Jésus l'a

^ mjêml été euucé. Cda de sacrifices pour le affirir à Dieu des les prêtres fool en la >> el le crecifieDl de mesi foimi le smcrifice de tm renoncement de les eodilears^ Virel de loales les céreioole Se^oear a souffert «I tift Mr h cnaix« capeUede faire senlir la prodiprjiar JMFiiTf çâ'S j aealiecesdciix choses. '

tefcTTiai ietsà&u sssr ce q«e le Icxie parle au temps irrK^aa . tfai^ rteMï : et a« firtar, ^fin fs îl qffre; d'où if c^icùaM f ^'U ae » J^ pas de choses passsées.

^ SUT ja àâ war fae c*est use diose ordinaire aux «i:n«4i:tf . «« i^ar%oaâ aai Behiem, de meilre an temps I^Hsr ^a axire. Aimn le Sci^acei, fimani la Cène, dit, «es €si ir«%T rw-pf « f« êfi Bnrpour i^oïc^^ Luc XXI!» 15. ci 54. Ptal dît, 1 Cor. 3Qy fw e^t rompu pottr cous. Or «e c^rps de J«ss4» ae fîia fiTiê ni rompu , que le lendeiaaia . et il Ciat eacocv reaiarfuer qu'il ae dit pas, çui gmts est ibrrê . mais qui esi tûré pour vouSy voulant dire qa'il sera dooaê pour eux^ comme ce pain est rompu.

Cknou , preoaal ici la parole » ajouta aux réponscfs de Viret, qu'oa pouvait eiicore dire, que la raison pourqaoi Si. Aiul parlait aiasi dans le temps présent, c'était parce que les Jui& , ( lorsque TApôtre écrivait ), faisaient eacore le serrice dans leur temple de Jérusalem , et offraient tous les jours des sacrifices, et ceux auxquels

* Ikia. p. 130. b. 131. 13%.

il écrirait ceci, l'entendaient lien, et les exemples tFjiaron et ses fils vous déclarent bien de qui il parle. ViRET, pour mieux inslruiic son op[iosant, lui dît, qu'il c'avait qu'à comparer ce co m m eu cernent du Chapitre V, avec louic la suite de l'Epitrc, jusqu'au milieu du Chapitre X , qu'il y verrait qu'il s'y agît unîquemeat dos sacrilicateurs de l'Ancien Testament, auxquels l'Ap6trc oppose la sacrilicalure et le sacrifice de Jésus- Christ , cl en quelques endroits it a parlé de ces sacritîcalcurs au temps présent , comme ou Chapitre IX, Si le sang des taureaux et des loues — sanctifie , ceux qui sont souillés; il dit sanctifie, el non pas sanctifiait; el UD peu après , il dît encore : Jésus n'est pas entré dans les lieux saints faits de main, etc., ni pour s'offrir soi-même souvent ainsi que le souverain sacrificateur entre dans le sanctuaire chaque année anec le sang, tic. Il dit, que le souverain sacrificateur entre dans le sanctuaire, et non pas entrait. '

^K Instance.

^HBbrrilly objecta ce que St. Paul ordonne à Tiiel; iXap. I, d êtallir des prêtres par toutes les çttles ; d'oîÊ it concluait, qu'il faut qu'il y ait des prêtres dans l'E glise , et par conséquent des sacrilîccs.

ViRET lui montra qu'il se trompait lourdement dan*^ cette citation; que l'Apôtre ordonnait à son disciple, d'établir non pas des sacrificateurs, uptu; appelés c hébreu , Cohanim , {Sacerdotes), dont l'oriicc est de s» vrifier, mais dos anciens, TrptgÇjTî'pouÇj mol dont on i formé par corruption celui de preslyter en lalin , et d*

* tbid. p. 133. 136.

S6B LES FBBTKE9 DOITSKt lOaiCKinB ADX T

prêtre en Tranvois, mais qui sîgcilîc proprement, senior ou senator, c'esl-à-dirc, ancien, ou sénateur ; ^ar dire, conseiller, ou conducteur de la république chrétienne, qui est l'Eglise; gens dont l'oriicc est, non pas de sacrifier , mais de veiller sur le peuple , de prècber , et d'annoncer l'Evangile comme St. Paul l'enseigne, Tit.l, 1 Titn. 111, Acl. XX, et Aussi parliculiéreincQt , Pierre, 1 Epitre, Chap. V, verect î, 2, 3, où il ne I fait aucune mention, ni de la messe, ni de tout sou I; ■Uirail ; mais de paître le troupeau, de fuir tyrannie, domination et avarice, et servir au peuple chrétien, qui est le droit kcrilage de Dieu, que vous appelez clprum. '

QUATIUÈIHE JOURNÉE.

ftCTIDK DU JEUDI 5 OCTOBRE.

Le jeudi 5 octobre au matin , les seigneurs députes ordonnèrent, que pour abréger et éviter de la dépense aux assistant, tous les gens d'Eglise, appelés à la dispute, auraient à se déclarer, s'ils voulaient attaquer les

^thèses en tout ou en partie? ou si, ne le pouvant pas S'eux-mémes, ils voulaient tous ensemble , ou chacun

L & part, (comme ÎU le trouveraient à propos), établir à leur place des gens savans.qui les attaqueraient pour euxfou si, après avoir ouï ce qui a dcjÀ été dit , dans les disputes, ils reconnaissaient la vcrilc des thèses, qu'ils devaient y souscrire.

On appela donc premicremenl les chanoines ; et l'ancien avoyer, Jean Jaques de Wallewille, leur Ut \

' Ibid. 137.

proposition de l'alternative dont je viens de parler, ou de disputer , ou de faire disputer pour eux , ou de souscrire. Les cliaiioiDCS, partant par la bouche de Perriuî, demandèrent ridiculement copie de la proposition qu'on leur faisait , comme s'il se fût agi d'un procès ; l'avoyer leur répondit : Que ce qu'on leur proposait , n'était pas si diJficLle , qu ils ne pussent répondre sur le champ, sans demander copie et terme pour répondre; que LL. EE. n'avaient pas la coutume de donner copie de '.e yu ils proposent ; et qu'Us n'en auraient point , mais qu'ils répondissent.

Apres cela , on appela tous les aLbés, prieurs, relig-ieLi\ , curés et vicaires , du pays nouvellement acquis. On appela aussi tous les ministres. On leur fit à tous la m^me proposition; et tous ceux qui, convaincus de la vérilc des tbêscs, déclarèrent qu'ils y souscriraient. on les tit passer à part dans le chœur, où Caspar Gross- IDBD, ou nicgandcr, ministre de Berne , les exhorta à ne prêcher que la pure Parole de Dieu ; et leur dil de la part des seigneurs , que ceux qui voudraient se retirer chez eux pouvaient le faire; permis aussi d'attendre la fin de la dispute, à ceux qui le souhaiteraient. Quanta ceux qui refusèrent de souscrire aux thèses, il leur fut ordonné de rester, et d'écouter la dispute jusqu'à la lin. Toute la matinée fui employée à ces procédures. ' L'après-midi les chant>ines parurent , et Perrini , portant la parole, lut un petit écrit, qui contenait en Eubstauce un refus de faire ce qu'on leur proposait ; ne voulant ni souscriro, ni disputer. L'Avoyer de Wattewille leur dit, que les seigneurs n'admettaient point

' Ibid. p 138, 139.

qsili h gqctriCTit eommiejriçole cf

AfoK oeil • U pcocltMitioM «janl éîè faite pour iim- À U dtfpule. le dodev BLASonmosB vonlul de ptoqiw U posnbililé de la IraniwihfttanUatîoD , i exMBple 4a iwltil, ^ est partout . de r«i|f de la et dbe diieiie> balles expériences de transmola-

rtfaii saB» pcbie cas vains raisoBneineiiSy-cl a disaat » quH s'agit de pteaier par l'Ecriture, i^ae ce ckaagcaMat soit possible, auis ^e Diéo le 1

Alk>r» I» PsssacsLs dirent a Bhndierose, qu'il djtfçttfeer for 1 Ecntore. ^

B£JL3K:a.im'XS enireprit donc de prooTer ce changeneal » I ' fiir U création qne Dieu a (aile par sa Parole , «i jsKr I^rs dÎTers mvacles <pi^ a opérés. 2^ Parce que St. PiiL ocviocae de s'exmfÊmer avaat que d'en manger, ajculaat i^ue '{xi €» aMOi^e indignement^ prend sa e^i^yunKyàt\^n , ne diseermani point le omps du Seigmewr. I Gsr. \L

Fakbl. L Les» oetiTres de la création et les miracles ont été des cboses réelles » TÎsîbles et sensibles, il n'en est pa» de même de l'hostie de la messe, où l'on ne voit ab^>!ument aucun changement, après la consécration. Quand Jésus a dit , ceci e^ mon corps, il n'a non plus prétendu faire son corps de ce pain, qu'il ne s'est chan^ en pierre « quand il parla de la pierre, que les mmiù^s UiUsseurs ont rejeiée, Matth. XXII. H. L'Apdlre exhorte à s'examiner, pour savoir si l'on est vrai chrétien , |«rce qu'il faut discerner le corps du 5e/-

* IbiU. p. tM> m.

l'ikÉsKnCE iiÎEiLG. 369

gneiir (ijui sonl les fidèles; 1 Cor. Xil), d'avec Bclial; le temple de Dieu que nous sommes', d'avec les temples des idoles. L'Apôtre appelle les symboles, pain et vin , qu'il mange de ce pain , etc., dit-il , il faut le prendre dignement, ù cause de ce qu'il s'ignille, aulrcmeol on offense grandement le Seigneur. Il en est de cela comme de l'eau du baplcme. Un homme qui se ferait baptiser, et qui vivrait dans l'idolànîe ou dans le lice, oITcnserail grandement le Seigneur, ii cause de l'usage de celle eau, elc. ^

BLAXCHEnosE. Il ejt ccril : Tu lui as soumis toutes choses, l's. Vllt. Nous lisous de Si. Cypiicn, et de {ilusicuTË aulrcs. qu'iU oui couliaiot los anges et les diables . de les servir. Pourquoi un prêtre ton et saint, lien vivant, tenant çie angèUque, (je ne parle point des mal-vioan» , comme il y en a trop), droitement ordonné, sans symonie, qu'il ait tout son cas comme it doit avoir, pourquoi cestui saint homme , chantant messe, disant les paroles satramenlales sur due matière, comme il apparlicnl, ne coasacrera le corps prcricus de Jésus.''

Farei. lui reprocha qu'il ne pouvait s'arrclcr à l'Ecriture , mais qu'il fallait toujours qu'il allât chercher quelque vieux coule. Il ajouta que, quant à lui, si le Seigneur voulait l'assister de quelque bon ange, il en serait bien aîsc; riiais que pour le service du diable, il n'en voiilnit rien : et ne crois, dit-il , que pertonne des aervUeurs de Dieu s'en soit servi. Et quand est que demandez une sigrose sainteté pour chanter la messe , il n'est Jà hesoin; car aussi propre y est un méchant, tluSf que ie meilleur qu'on .murait trouver. — Un

JbJd. lU.b. Khi. tu.

€i tcM koÊÊumes , diswd ims mMÊmm^ poii «wst éir€ TahomÙMUitàon de

/mre ei servir o Dieu,

9 efc. Mais puisque

^sfPÊÊÊer OB de reiran-

€htr i. M. PionfXf . Dnt. lY. et qme Jisms n'a jamais

£c usesse ; fs sêrm themtmem de Dieu qui

r mnfëL/fme » qui Taae dire? ei quand serait

if fias iamme de Uen , »mrr m emge, qui Va dit,

il ser*izt musudH de Dieu . eÉt.

BLA3CziSff>àE opçosa de aoQTViio ces mois du Seiftieur . Ful£ss ceci en w^usoire de moi, H a donc ordiToné de crjnjiiicrer S0n corps; ce qui est fait en la messe .

Fa3Jel. Jô<u5-Chrîsl «Tant faîl la Cène, en disant à SCS diàciplos . prenez, mtamgez, lui^z en tous^el leur dùanl encKx^ . faites ceci en mémoire de moij loul ce qu'il exige quon fasse, c'esl de manger ce paîn, el boire ce vin, en mémoire de lui. Si par là le Seigneur arait donne à ses disciples l'emploi d'cvcques el de prélres , il faudrait que tous hommes etfemmesjussent prêtres et éiéques ; tant qui riennent au pain de la

Cène.

Apres jccla Farel fil un long discours, ou il élala d'une manière forl palhélique les maux el les abus que la roessq avait introduits dans le monde ; et le finit en protestant^ que ce qu'il en disait, n'était point par baine pour les prêtres, mais uniquement pour la gloire de Dieu; exhortant les prêtres fort cordialement, à bien étudier l'Ecriture , et a imiter St. Paul , qui , après

faÉssncK BÉEI.I.I. 171

avoir persécuté l'Eglise , quand il clait dans l'ignorance, fiit ensuite un rclô défenseur, et ardent prédicateur de la Foi dès qu'il l'eut connue. '

Bla»ciif.rose insista encore, disant que les prêtres ont la puissance de consacre/' le corps de Jésus , par la eertu des paroles que Jésus a dites sur le pain ; comme Jésus a eu la certa de consacrer le pain qu'il donnait, en son corps, et de le changer. — Car les paroles dites avec înteiilion ont cette vertu, à cause de Jésus, qui les a élabtics.

Farel lui nia sa proposition , et te défia de la prouver par l'Ecriture. Jésus a bien dît, ceci est mon corps; mais qu'il ait ordonné aux prctrea de prononcer ces paroles, c'est ce qui ne parait nulle part. Jésus-Christ n'a pas parlé au pain , ni au calice ; mais à ses disciples, afin qu'ils l'entendissent; il n'a point changé le pain en son corps, et n'a jamais donné tel pouvoir aux prêtres, n ajouta, que ce qu'il disait, {que le prêtre devait être dûment ordiné , et aeoir t intention, prqférant dûment les paroles, et ayant matière due et requise qu'il consacre), montrait l'e.ttrème incertitude d« la doctrine papale. Car, selon le pape , s'il n'est prêtre , Une consacre point ; et le monde adorant le pain et le vin , tommet idolâtrie. I! en est de même, s'il ne prononce JMM les paroles , s'il n'a pas l'intention de consacrer; ou li le pain n'est pas de pur froment, ct,ce qui est au calice, du vrai vin , non corrompu. Qui peut assurer un homme, que tout ceci qui, selon le pape , est dit être

requis, y soit? etc. '

b'BiiAKcBERDSE ne répliquant plus rien, Jean Miqiabd

»'iivan<:a, cl lut un grand écrit, qu'il avait composé ,

|VMir lo Siiulicn de la luesse, et oà il fait voir la plus

fc^r\ cnlo dévotion h son égard. Il y disait en substance :

l '^ i}ur crst une matière qui surmonte la capacité de

fwu.<r hommes f si relevée et si profonde^ qu'il n'y a

^iK'^.^rc' créaUirc au monde, qui puisse en parler, et en

/..?';;.-« .y.rlçur dèmonstrance visible ^hinou par le Sainl

Kx^- I , t qu'il faut, selon Si. Paul, ne pas être sage

pt o.v^ .it iv qu il faut; 3^ que, scion' David, les

f^- -..^\> ^\ Xr^\cnriir sont chastes \ en quoi il censurait

^ i\N. ;r« Fjir<4 « qui parlaient mal de la messe, et appe*

iAvNtv !>. WQ>i>es des oublies \4l^ St. Paul a dit aussi,

«.> . .Ji y%t-lfr f.\rTment.T\ demaudaîl jaux mlnis-

-^ ^ N .1 \\^c^ji:enl être plus savans, el mieux éclai-

V l^>^ . •! . ^ue lc> sainls docteurs. St. Augustin,

V ^.^'.•»:;o Si. \aibroi>e, St. Gréi^oire, qui tous ont

, . .1 . . v-^^o.v iwlle . et qu*iU devaient bien s'appliquer

,>..\ ...v :.•> 'a il.*lon>e qui est f.âir, d'ajouter ou de

v\ * jntxv à *«a Parole de Dieu ; r. qi-^sr c'est pour leur

t« » t Ao." . ^- î^ 2* veulent point rec^"***>xr Taulorité des

^».. .X ^-xs.-»;-^, jvirve q:ri!5 îejr sont contraires, el

-*• X i.>^ •>.^.•:^; cvvv.iv.o :^n^>raas, etc.; qu'enfin,

,xt . >.k -; ^. -^ 3* veulent jx>;Qt de ces traditions

^x ,xv*>- . . .^rî-^ h^:v-i:3e?. ils o\Mitredisent leur hui-

. V. *c >.^.', .'-î :> ;',"%? csi t . que tous les bommcs doi-

*vv>u .V. .- j* ".*-'!> s rji civil, en tant qu'ils ne cora-

MKt K^^v.. ,vi hV:?!'..'-*? Pio'j : ^ ■ q:ie si ces saints docteurs

,^•4».* o'i J,^ >.,\" "k-s. U*> r-îaislrcs en étaient aussi ; que

% s ,■ >j ,'.»; . ^.. ; - >.v:! <f^r-i^^'Is • il est écrit ; qu'il ne

Uv^; jM> c.vi:c i i.*,:; l^> "rit. mais éprouver, s'ils sont

Jo IVsV X; .,•.,,< ..;•<:!:..< Ju;f tes que nous; montrez

K ..• • i.-*:":, .* * .*:- .». . »\'.> c*?:'*- sans pvché , et mieux ins'

.-. .* ^ . '. . .>. .* ; ^.'z-'u^us: 7* il soutint que les pro-

^K rtlESENCB HÉSLLE. S7S

^Hpbs suivaient l'Evangile et les Gomma ademcns de Dieu, ^^hossi bien qu'eux ; 8" que le sacrement de la messe, est bien contenu dan» lesqufllrc Evangiles, Itlatlh. XXVI, Marc XIV, Luc XXII , Jean VI , et I Cor. XI. // est bien tauvage , ce me semble, rfe dire que le corps de notre Seigneur Jésus-Christ soit Esprit seulement, comme noua le donnez à entendre es simples gens ; cela contrevient à nature philosophique; 9" qu'il pourrait citer contr'eux Ër^mc, dont ils avaient souvent fait leur bouclier contre les j^eus d'église, ei Hlartin Luther; 10" qu'ils devaient renvoyer leur dispute de la messe au prochain concile, qui devait s'assemblera [tlanlouc, au mois de mai suivant; que quant à lui il adhérait à la protestation faite par les chanoines , qui avaient fait Ircâ-sagcmcnt; 11" qu'en matière de foi on ne peut pas s'y prendre par syllogisme dèmonstralif et évident, puisque cela serait contre la filtre de la J'ai, qui est assensus, ccrwf , Jirmus et inet^idens; que s'il pouvait Toir et sentir la chose, il n'aurait plus de foi, et en per- BÉrait le mérite , 12° Nous ne prenons pas le corps de ^BU^us-Christ , par manière de réfection corporelle de ^ pain consacré; aussi ne f entendaient pas ainsi les Saints Evangétistes ; mais que le Saint Esprit de Dieu, yiii est conjoint avec le corps de Jésus-Christ ,^asse la réfection de notre ame , laquelle est adjointe à notre corps; ce qui satisfait au texte de St. Jean, Chap. VI. La chair ne profite de rien , c'est l'esprit qui fiçlfie; 13° enfin, s'adressant à CaroH , il lui dit : Vous n'ignorez yias que te corps glorifié n'occupe pas lieu, tellement t/u'il ne fait point adistare latera ab invicem, quoaîani ibi non biibet partcm extra pariem. Nam contînclur punctualitcr. » Le corps de Dieu est contenu là-dedans^ t accident de pain et de vin supernaturellement, ^~" 18

C'est un mystère el .secret divin , inconnu aux yeux des hARimes , mais connu par la foi, pour les affaires secrètes de Dieu; il faut que nature cède à cela r/ui est aupernaturel. Cela suffit au bon chrétien, et eaus doit contenter , au nom de Dieu. '

Après que ftlimard eut achevé de lire son papier, Farel voulut repoudre; mais Caroiî le pria de le laï&scr parler le premier, parce que c'était à lui qu'il s'était adressé. Il entra donc en dialogue avec lUimard, qui voulant prouver la présence réelle, pmploja les rocmes argumcns qu'on avait déjà réfutés; que Jésus-Christ a dit , en faisant la Cène, ceci est mon corps; prenez, mangez, etc., Jean VI. Ma chair eèt vraiment t'iande : Que St. Paul a ordonné de s'examiner, etc. Que qui mange indignement , ne discerne point te corps du Seigneur, etc. Caroli répondit Ji tout celn de la manière qu'on avait déjà fait;Tjuc tout cela doit s'entendre d'une manière spiriluello; et qu'un homme qui communie indignement , ne discerne point le corps du Seti gneur , qu'il ne discerne le pain de la Cène, du pain ' commun de quoi l'on use communément pour nourrir [ le corps ; ne regardant point « ce qu'il signifie et reprél tenie,par traie foi. '

Ce dialogue étant fini , PARUf. prit la parole , el réfuta Vécrit de Rlimard, fort au long, article par article, el avec assez de hauteur. Tous ceux, dit-il, qui ventent grandement magnifier ce qui n'est rien , et qui ne vient à rien , ils parlent hautement, comme tous songeurs et \ rêveurs, et disant la chose rtre haute et incompré/ien- I sible.-" Je crois bien que vous, ne personne, n'entend

ce que l'ouiez qu'on entende et croie , assai'oir que le prêtre consacre l hostie — et que par sa consécration le corps de Jésus glorifié est là, k sub âccidentibus non habcns parlcm extra paircm, scd contînelur puDctuatitcr » : Pour frai, je ne suis ébahi , si la chose vous est Jort prqfonde, car c'est chose trop insensée et déraisonnable, qu'un corps soit et ne soit point corps. — Et vous demanderez beaucoup après le Saint Esprit, ai'ant que i-ous entendiez que soit ainsi que pensez. Par /"esprit de HlarcioD, qui attribuait à Jésus un corps fantastique , vous pourrez être entretenu en telle folie , mais non par l'Esprit de Dieu. Il j a vcritablement de grands mystères dans l'Ecriture, mais qu'ils y sonl contenus si clairement, qoe les plus simples pciivcnl les CDiendrc. et les méditer avec plaisir. Mais pour ce qui est de la présence réelle du corps du Seigneur sous l'espccc du pain dans l'hostie, qu'il faut croire, à peine du Jeu; plus on la médite, et plus on se convainc de sa fausseté,

4 l'nrticte second l'Apôtre défend l'arrogance et te méprif) dos petits; voulant que chacun s'accommode en bien à son prochain, sans le mépriser, comme s'il n'était digne qu'on tint conte de lui ; c'est à torique Mimard accusait les minislrcs d'arrogance, puisqu'ils n'ont méprisé personne, mais parlé à tous, aux petits comme aux grands, parce que te Seigneur les a aussi rachetés: que c'éiait à tort qu'il les accusait de vouloir s'élever, et plus savoir que les anciens ; qu'il devait faire ce reproche aux docteurs de son Eglise, qui avaient enseigné tant de doctrines , et introduit tant de pratiques, sans l'Ecriture, parlant des relations in divinis; présumant de décrire tout ce qui est au ciel et en terre, -iavcniant un purgatoire , déHniasant le temps de l«

t?6 ritoisiÈni Tniss,

pcnilence, pour chaque pcchc, etc., faisant d'un mîsé^ rable pécheur, le chef de l Eglise , et Dieu en terre , ayant toute puissance, etc. Au lieu que les ministres I ne raèrîtent nullement co reproche, eux qui ne veulent I rieo savoir, ni enseigner, ni pratiquer que ce qu'ils trouvent dans l'Ecrilurc. '

A l'article troisième. Les paroles de Dieu sont chaa^ [ tes , pourtant ne sentent à maintenir la paillardise \ Hdalatrie, mais la délestent. Il Saut crier contre les Winiques , et les prendre par le glaiee de l Esprit, par l.*o Parole, et ne cesser jusqu'à ce que, ce que Dieu a I ordonné, soit gardé. Il lui dit, que c'était à lui, et aux autres prêtres, (qui ouvraicnl leur bouche contre Celui gui règne aux deux , qui le faisaient servir à leur imagination, prétendant le tenir enferme dans des bottes et des armoires, et qu'il descend à la voix d'un homme, cl que l'iiomme puisse faire la rédemption, comme si la mort de Jésus n'était de nulle eflicace); que c'était à eux, dis-je, a refréner leur langue et à régler leur parole par l'Ecriture. Qu'ils avaient, (les ministres) grande raison de donner aux hosties le nom à'oullies, puisqu'elles font ouhlier la vraie institution de la Cène i Aa Seigneur, et la véritable manière de faire la comme- I rooration de sa mort.

Au quHirîèroo article, il le releva sur ce qu'il avait allégué un mot comme de St. Paul, sans citer l'endroit d'où il l'avait tire .De ce l'on vous avertit , afin que vous avisiez à votre parler ; et apprenez vos écoliers aussi , qu'ils n'allèguent autrement qu'il n'appartient. Qu'il faisait bien paraître son ignorance, en ce que prclendanl, que St. Augustin et les autres saints docteurs

* Ibid.p, IS1MS3. m.

1 PRÉStNCB BËELLE. ST7

K^u'il avait noromcs, avaient cru la prcseocc rcellc, il

a'en avait allégué aucun passage pour le prouver, et

qu'il manijuaiL à cet égard, aussi biea qu'en ce que,

contre VEdil des seigneurs de Berne , il disputait autre-

ment que par la Parole de Dieu, voulaut, sons l'ombre

de CCS grands noms, rendre les ministres odieux, et la

vérité suspecte au peuple. A tous ces grands noms il

opposa les prophètes, les évangélistes, et les Apôtres,

qui n'avaient rîen enseigné de ce qu'on dit de la messe ;

que ce sont ceux qui enseignent quelque cbose au-delà

de l'Ëcriture, qu'on doit accuser de prcsomptioo. Il lut

cita même les décrets, qui étaient contre lui, où dans

l'article De Consecratione , Dist. 2, il est écrit : Vt quid

laras dentem el ventrtm , crede et manducasti , paroles

K-qoi fiODt tirées de St. Augustin, comme il y est remarqué,

1 qui contiennent précisément la doctrine des minig-

lires, que croire en Jésus-Christ , et le manger, est la

bmémc chose. £l en celle distinction, de hac guident,

l«de cette hoslie,qui est faile merveilleusement, co

I viémotre de Christ , il est loisible d'en mangar ; mais de

I celle que Jésus a olTcrl en l'aulet de la croix , selon elle ,

il n'est loisible à personne, v Et c'est St. Jérôme. Et C.

prima haeresis. Non hoc corpus quod videlis , mandu-

caturi estis , et hihUuri illum saiiguinem , quem effusuri

sunt, qui me crucjftgenl. Item. Donec sœculumjiniatyr

sursum Dominus est, scd hic noiiscum est eeritas

Domini. Corpus enim in quo vesurrexit in uno loco esse

t«portet. f'eritas auiem ej'us uhique diffusa est. I Puisque St. Jérôme , et St. Augustin disent ce que tious disons, et le pape Ta en ses décrets, comment Oiez-eous ainsi sans honte nous imposer, que seulsj^aisons et sentons contre tous ? Apprenez, détre plus sage, et de parler autrement, car vous y allez trop magisr.

178 ' TMMIlilll TIIBM.

frôlement sans Ecriture ni raison. U ne «affit-pas dose de dire , regardez c^ qae Si. Paol et Si. Pierre ont écvH ; Regardez ce que Si. Aagoslin el autrea oui écril ; a'ila élaient en vie , ib voos répondraient bien , saut dire où c'est qu'il faut regarder ; c'est parler en Tair et decoavrir son ignorance » éi croU qu'on açons plus pu çue

vous. *

A l'article cinquième, il loi montra «'qu'il iaiaail tort aux ministres, de les accuser de mépriser las aneieDS docteurs. J7 n'y a personne d^Ur^ iMiia,<dil-il) gui ne Us estime oïdcml fu^ils -demmditnt être OMltmis — et même comme le décret au poge con^enlt e^est autant qu'ils prouvent ce qu'ils dismtpar lu ASamfe Mkfriture, comme il est contenu, Distinct. 9 |C!qMif; IfoUnegare. JE^o salis , etc. Qu'il se rendait ridicule en les accusant de se contredire , sous prétexte , qu'en rejetant les coDStitutions humaines, ils veulent qu'on obéisse au magistrat, comme s'il y avait en cela de l'absurdité. Il lui cita l'exemple de Jésus et de ses Apôtres, qui ont rejeté les traditions des pharisiens , et obéi au magistrat, payant le tribut à César.

Au sixième, que c'était à tort, qu'il voulait les rendre suspects, comme s'ils se croyaient plus que des hommes ; qu'ib n'ont jamais parlé ni fait commandement de ' leur tête^ qu'ils disaient toujours, si nous ne prouvons notre doctrine par V Ecriture, ne nous croyez pas; que c'est pour ce dessein qu'on commençait toujours les assemblées par la prière, pour demander à Dieu le secours de son Esprit, pour faire connaître la vérité, et confondre les séducteurs. Si les docteurs ont bien regardé r Ecriture , {de quoi ne pourrie:^ rendre témoin

^ Ibid. IK&. b. ISK. iSG.

^, l'HÉSEMCe RÉELIE. 279

HhRagË), que ne regardez-vous aussi l'Ecriture, et ^^Khs employez comme eux à maintenir la vérité — ^comme noua tâchons dejaire, selon la grâce que Dieu nous donne, tdckans de vivre selon sa Parole; que toute l'idolâtrie soil chassée, et blasphèmes et Juremens , débats etfrappemens , adultères , paiUardises , et tous bordeaux , tout soit chassé , et qu'on travaille à gagner sa vie sans vivre inulilement. Jtîais vous n'y 'oulez regarder; les chanoines et le train de celte ville ruas est plus agréable. Vous demandez qui nous sominesPJc réponds, que nous totamet, pauvres pécheurs ; qui croyons par Jésus avoir rémission et salut, désirant par sa grâce vivre en sa Parole, et à ce incitons et admonestons tous pre'ls de rendre raison de notre Joi et doctrine, à tout homme, grand etpetit, quicon~ que soit, en l'honneur de Dieu; et pour l'Evangile exposons notre vie. Mais je vous demande, qui êtes \'ousP Un adorant autre que Dieu, pauvre idolâtre, tous inclinant devant les images moj-les , t/ui n'ont ni vie ni sentiment, contenez la loi et ordonnance de la rïbaude de Rome, du pape qui a séduit la terre, et «««Te tous les princes du tin de sa paillardise , etc. — ( ce que vous dites , que nous vous lapidions , il le Hit dire aux prêtres et leurs adhérons; ils ont assez 1 courage, non-seulement de lapider , ( comme sonl nous ontjhit. Dieu leur fasse merci et leur par- R>nne , car de bon cœur leur pardonnons ) ; mais où b peuvent, ih font beau feu, et tourmentent horriblewtt ceux qui ne vont comme il leur plaît, etc. — /Vous ferons votre salut, et de tous, et que chacun conclusse Jésus, seftant en lui, le servant et adorant, '\on en /"oublik, ni avec la sainte rate, qui l'a mangée, tquelle est céans gardée et honorée pour reliquaire .

en quoi la Jureur n'a été si grande , comme contre & pauvre singe, qui naguères a été brillé, comme -hérètique par arrêt tlu parlement, pour ai^oir mangé ce bon Dieu. Mais qu'on adore Jésus en Esprit et vérité , là où il est, en gloire, à tu destre du Père. '

Au se[)lièiiie article, il dit qu'il ï'Ouhailcrail qaelllimard parlât , non-seulement comme chrétien . mais comme un Plularque, ou autre enseignant la jeunesse. Je crois que Quinliliea ne t-ous recevrait en telles mœurs. If fil uoc vive cnumératioD des abus de l'Eglise romaÎDC, pour le coavaincre qu'elle est biou cloigace de suivre l'Evangile, puis qu'on n'y voit point ces observaiioDS de jours , de lieux , de temples , de viandes, de baptêmes de cloches , consécration de temples, de cimelières, d'eaux béuites, ctc Un jour ici vous ave^ pleine rémission de tous cas et énormités; et tautre non. — Ici en ce temple l'on a la ptainière rémission , et non en un autre temple.^ — ^olre oublie, pour laquelle tant criez, si elle n'est consacrée d'un prêtre, en un lieu dédié, en un autel sacré, avec béguin et cheniîso sur la robe , et une robe à deux becs, trouée et accoustrée , avec gobelet sacré , corporaux et les autres choses requises , tout est perdu et gâté. En quel Evangile avec-vous troui'é ceci?

An huitième, il répondit on peu do mois; que lea ministres ne souhaitent autre chose, sinon qu'on Tasse la Ccne du Seigneur de la manière qu'elle csl décrite dans les quatre Evangiles, qu'il n'y a qu'à les lire, cl les eomparor avec la pratique des ministres et celle des prêtres, pour voir laquelle des deux- leur est plus con- Iprme. Et sur ce que Mimard accusait les mînialrCB dfl

' Ibid. 166. b. IST;

fc

FntsEKCB aiBLLE. 281

dire, que le corps de Jésus n'est qu'un Esprit, il releva vertement celle effronterie ;7> vous prie tous, cUl-il, de remarquer comment sansjront ni honte Fon ose renverser ce que n^us disons ; El parce que devant fous , là où nous sommes présent , pour répondre , estjiiit et dit, connaissez comment enj^ont en notre absence, devant le pauvre peuple, etc. Ce sonl les prclrcs , qii'oa peul charger d'une telle doctrine, eus qui enseignenl

\e la corps du Seigneur n'occupe poiat de lieu. etc. *

Au neuvième. Quand nous avez-vous vu lalaillerpar Erasme, tel loucher ne portons contre tels adversaires ; ilnousjaut un plus certain et plus constant, et qui parle plus franc fiemenl sans varier. Avons-nous amené Luther pour notre défense-? Jésus est celui qui est notre défense, etc. La Parole de 2>ieu c'est laquelle nous tenons. — Aeez-vous vu De Missa privaia abrogaoda, et comment il traite le canon , et ce qu'il a écrit depuis, montrant comment tous les prêtres font idolâtrer le peuple , faisant adorer le pain pour Dieu et pour le corps de Jésus? Nous avons la Sainte Ecriture, qui puissamment rejette cette Messe.

Au disicine, il dit : Que si les ministres prêchaient la Parole de Dieu, «'exposant tous les jours à divers mauvais iraitemcns, et à la mon mome, c'était parce qu'ils étaient fortement persuades de la vcriic de ce qu'ils croyaient; que comme AlJmard le renvoyait au concile de Dlantouc , lui de son côté lui conseillait aveo Esaïe d'aller à la Loi et au témoignage , Esaïe VTII. Car si Von ne parle selon icelui, vous n'aurez point do lumière, vu que la Loi est lumière : et David dit, quo

Parole de Dieu est une lampe à nos pieds, etc. ; et

* Ibid, IB7. b. 198.

Jésus renvoie les Juifs non à Hlantoue , mais à l'Ucriture, etc., Jean V. Car elle est utile pour instruire, reprendre , corriger, elc S'il fallait toujours ellcDdre un coacîlc, que eeraieol devenus ceus qui odI élc si long-lempB saos concile? Qu'il avait tort de louer et flatter Ice chanoines dans leur appel bu concile, puisqu'ils contrevenaient a ce qu'ordonne St. Pierre, tfélre toujours prêt de rendre raison de sa Joi; que leur nppol est ridicule d'ailleurs, et qu'ils auraient mieux fait d'obéir aux seigneurs de Berue, qu! avaient 'isscmblé le clergé pour éclaircir les doctrines coniestëcs; qu'ils auraient mieux fait de quitter leur vieille manière de vivre , délaissons concubinages , {afin que je ne dise autre chose) pour prendre le saint étal du marioge, ( ceux d'eotr'eux au moins qui ne se pouvaient contenir); el qu'ils cuisent coutribué, par leur application à l'étude de l'Ecriture, et par une dispute chrclicune, à cdaircir la vérité; que si le roi Achab a pu assembler tous les faux prophètes de son royaume, avec un seul vrai prophète de Dieu, il avait bien été permis aua seigneurs de Berne, d'assembler aus&i les prêtres avec le» ministres, elc. '

A l'article onzième , il lui lit voir que sa délînition de la foi, et ce qu'il en disait, qu'en voyant il la perdait, était directement opposé à l'Ecriture, qui eu donne uoe autre dclinilîon . Uéb. XI et IX. Si l'on perdait ta foi en voyant: Jésus-Christ aurait eu tort de montrer ses plaies à Thomas, pour le persuader de sa résurrection , ie lui dire, ne soisplus incrédule, mais crois ; que l'io Seigneur avait envoyé ses anges aux bergers de Belhléhcm , pour les avertir de U naissance du Iticssi

^ Ibid 13H. I. 159. tOO

PKJSEnCK DÉBILE 983

cl leur avait donne les enseignes, afia qu'ils le |>us5cnt reconnaître, et que le voyant ils crussent, etc.

Au douzièmef il fit voir le ridicule de U pcnsce de niimard, qui prétendait, que le St. Esprit joint au corp« du Seigneur dans l'boslie, vivifie l'amc; puisque Dieu n'habite point dans les choses faites de main d'homme, cl dans les choses mortes et sans sentiment; que d'ailleurs il supposait ce qui e^l en qucsliou , savoir : que le corps du Seigneur est dans l'hostie, ou sous les accidens. Au treîzîi:me , revcDani a parler du prétendu inystcrc de la transsuhstantiation , il dit, qu'il faut bien , quand Dieu veut faire des miracles, que la nature cède ii la puissance de Dieu ; mais aussi quand Dieu a fait des mi- I ncles,îl ont été visibles et sensibles. Si les aveuj^lcs □t demeures aveugles, et les lépreux demeurés F'dam leur léprc, etc., on n'aurait point reconnu de miracle ; ainsi faut-il juger de VoiibUe, en laquelle on ne voit changement quelconque, et nous ne la prendrons jamais pour /e corps de Dieu , comme parlait Mimard, expression fort impropre, et qui sonne mal, etc. '

BLANCnEROSE vint au secours de Mimard, et opposa

le Psaume C\XXIX, où David dit à Dieu ; Si je monte

au Ciel , lu y es; si je descends aux ahimes , t'y voilà .

etc.; d'où il concluait, que puisque Dieu est partout,

^^Jé6U3, qui est Dieu, peut bien aussi être dans l'bostic

^Kpnlre les mains des prêtres.

^|ft Parel lui répondit, que Jésus-Christ, en tant que

^'^eu est présent en tout lieu , la divinité remplît tout :

' mais qu'il ne s'agit pas ici de sa divinité, mais de son

corps, qu'il no faut pas conlondre avec la divinité, et

ne peut être qu'en un lieu :i la fois.

i lUd 160. b. éCl (09

S8b TBorsiKMB TnèsE. ^"

Jeas Calvin avait garde 1c silence jusqucs ici, àbs le coramCDcemenL de la dîspule ; maïs il le rompit enfia , pour rcfuier deux endroits de 1 ecrii de Mîmard. Il lui dil donc : I. Qu'il avait lorl d'accuser les ministres de incpriser les anciens cl gaints docteurs, puisqu'ils les lisaicDl et les étudiaient, el se servaient de leur doctrine, quand l'occasion s'en présentait, cl que ceux qui font semblant de les respecter, souvent, dil-il, ne les ont pas en ^i grand honneur yuc nous, et ne daignent employer te temps à lire leurs écrits , que nous y employons volontiers.

II. Que si les ministres ne leur soumcllaicnt pas pourtant leur foi, mais les lisaient avec un esprit d'examen , c'était parce que Dieu dans sa Parole nous défsnd d'avoir d'autre règle de notre foi, que cette Parole; disant par Esaïe, Cbap. YIII, ù la loi et au témoignage, et par St. Pierre, que ceux qui parlent en l'Eglise, doivent proposer les paroles de Diou; el non pas leur propre doctrine.

III. Et cous est advenu d'une même ignorance, de nous oljecfer , que par un mt'me moyen il faudrait vter toute puissance des lois humaines, car nous ne tommes pas ici en matière de police temporelle , pour cette vie présente, mais il est f/ueslion du royaume spirituel de Dieu, pour la aie éternelle, auquel il veut être reconnu seul toi et législateur; Esaïe XÏXIII, Que le pape, s'atliibuant celte autorité, accomplit en lui ce qui est dît de l'A nie-Christ; mais, (dit-il, parlant des anciens docteurs ), nous ne voulons pas mettre ces saints personnages au rang de V Ante-Christ , les

faisant adversaires et ennemis de Jésus, duquel ils pnt été lions serviteurs. Blciiic St. Cypricn , en sa

Jir Epitre du IP Livre , ne i>eul pas que i

s ayons

tÉSENCH fl£BI.LE.

aucun égard à ■ce que auront dit ou J'ait ceux gui auront été auparavant nous , mais que seulement nous considérions ce que a dit Christ noire maître , lequel est défont tous.

IV. Qu'il lui serait aisé de faire voir , que les anciens et saints docteurs étaient d'accord avec les ministres, sur lea doctrines controversées , mais que , pour ne pas s'clendre trop, il se borneraîl au sujet de la prébcnte dispute, qui était la présence réelle. Il cita donc :

I" Tertullien, qui réfutant IHarcion, qui dc donuail qu'un corps imaginaire à Jcsus-CLrist, raisonne ainsi contre lui; j'ff est ainsi, dii-il , qu'il n'y puisse avoir image, ni représentation , sinon des choses vèritahles , il s' ensuit que Christ a pris un urai corps, quand il est descendu à nous , vu qu'en la Cène il noua a laissé la FiGDBE de ce corps.

2" Il 'auteur du commentaire imparfait, sur St. Matthieu, attribué à St. Chrysostome , et qu'on imprime avec ses Œuvres , dans sa Xr Homélie, vers le milieu ; voulant montrer qu'il y a plus de pcclié à nous souiller nous-mêmes, que de souiller les vaisseaux où l'on administre le Sacrement de la Cène , en dit la raison ; c'est parce que nous sommes les vrais vaisseaux, où Dieu habite; ceux-là, (ces vjiisscaux dont il a parlé), ne con- Uennentpas le vrai corps de JésuS'Christ-, mais seulement le mystère de son corps.

3* St. Augustin en son Epître XXIII, près de la fin :

•epain et le vin , qui sont Sacremens du corps et du

f de Christ, nous les appelons à quelque égard It

fOrps et le sang. Au Livre contre Aàimantus Mani-

, vers le milieu, réfutant la preuve que cet héré-

pique tirait du passage de la Genèse, Chap. IX, où il

A dit, que/e sang delà bête est son ame, il dit qu'on

{leiil bien expliquer ces mots dans ce sens ; que ie sang est, non pas la sulstunce r mais le signe, comme le Seigneur n'a pasjait difficulté de dire , ceci est mon corps, quand il donnait le signe de son corps. Sur le Psaume XCVIII , cxpliquaut ces mois : Adorez le marche-pied de ses pieds , parce qu'il est saint : il (ivouo que les Juifs ont mangé le corps de Jésus-Christ, tout comme nous le mangeons. Ainsi au Livre , Dejide ad Petrum Diaconum , ( quoiqu'on doute s'il est de lui, ou de quciqu'flutre ancien), il dit au Chap. XIX. Que sous le f'ieux Testament , les patriarches et tes prophètes ont offert à notre Seigneur Jèaua-Christ des {•êtes hrules , et que maintenant l'Eglise universelle lui offre assidûment le sacrifice de pain et vin , en charité et foi. Et comme dans ces sacrifices charnels, il y avait une figure du corps de Jésus-Christ , lequel il devait offrir, aussi en ce sacrifice du Noueeau Testament est faite action de grâce , et commémoration de la chair de Christ, laquelle il a offert, et du sang , qu'il a répandu pour la rémission de nos péchés. II cita encore une de ses Homélies sur St. Jean , et son Ëpître à Dardanus. '

Après cela, Calvin revenant à la matière principale, qui était celle de la présence réelle, acheva de convaincre leci conlrcdisans par les ratsonnemens suirans ; 1 " St. Paul dit aux Philippiens II. Nous attendons du Ciel Jésus-Christ , qui tronçonnera notre corps vit , pour le rendre conforme à son corps glorieux. Le corps de Jésus-Christ est donc do même nature que le seront ceux des fidèles glorifies. Or peut-oo croire que nos corps ressuscites en gloire seront en tous lieux, sant^g

' Ibid. p. (65 h. m. 165. 1G6.

lieux, saoft^H

PRÈSEKCE nÉILtG S87

occuper aucun FS|iacc, comme los ceprits? elc; 2" il faul avouer que nous mangeons en la Cène, le mémi; corps que les Apôlrcs oui mangé. Or les Apôtres mnngeaienl le corps mortel el passible de Jésus, ou son corps glorifié. Si l'on dil le corps mortel, il s'ensuivra cette absurdité, que le corps de Jésus esl encore tous les jours mortel el pat^sible , ce qui est contre l'Ecriture. S'il estglorilié, il s'ensuivra celle aulre absurdité, que le corps de Jésus dans sa. première Cène étail mortel ei passible en un lieu, savoir en la personne de Jésus, (qui, assis à table, le dbtribuail); et en mémo temps îtQmorlol et impassible en un autre lieu , lequel il distribuait de SCS mains k ses disciples; 3° si l'on veut presser la lettre des mots de la Cène, on peut en inférer, que le corps do Jésus est sans le sang; car il donna le pain à part, disant .- ceci est mon corps; el le vin à part, disant aussi : ce calice est mon sang. Il ne sert de rien d'alléguer la concomitance , par laquelle on lifélend se tirer d'affaire ; car si le corps éiait dans le calice, le Seigneur n'aurait pas parlé avec vérité de dire; ceci esl mon sang, surtout après avoir montre son corps séparément. Il faut donc avouer, qu'il se tenir à la lettre, le corps est sous le pain, et te san^ sous le vin : en quoi Je vous laisse à considérer; dit-il , combien il y aurait d'absurdité. C'est pour ces raisons , que nous disons, que ce n'est pas le vrai corps naturel de notre Seigneur, etc. , qui nous est donné en la Cène : ii mais que c'est une communication spirituelle, par laquelle, en vertu el en elHcace, il nous fait parlicipans do lout ce que nous pouvons recevoir de grâce en son corps et son sang, le tout spirituellement par le lien de son Esprit ; el preuve que notre explication esl conforme à l'Ecnture , nu lieu que St. Itlatlliieu et St. !*larc font

SBB CONVEKSIOK DS TASDI. ^^

dire ou Seigneur ; ce calice esl mon sang , etc. St. Luc et St. Paul iui font dire, ce calice est le Nouveau Testament en mon sang, c'esl-à-dire , /a nouvelle alliance, yue le Père a Jaite avec nous, effaçant nos iniquités par sa miséricorde, etc. écrivant sa loi en nos cœurs . par son Esprit; laquelle alliance a été confirmée et ■- ratifiée par te sang de Jésus. Si donc ce que Jésus [disait, selon St. DIallhïeu et St. Itlarc; ce calice est . mon sang, ne siguifie autre chose, selon Si. Luc et I St. Paul , sinon que c'est le Nouveau Testament en son L tang; pareillement ce qu'il dit du pain, que c'est son l-«orps , signifie , que c'est le Nouveau Testament en son l corps, vu que ne faites aucune difficulté, que ce qui vst dit tant du pain que du vin, ne soit prins en une même signification. '

Blakchebose et HIhiiard, terrasses par la force de tes preuves, demeurèrent sans réplique.

Alors F. Jean Tandi, cordelier, qui avait écoulé les I ^disputes dès le commencent, voyant la bouche fermée l aux opposans, et comme ravi en lui-même, se 'leva, et 1 'déclara devant toute rassemblée ; qu'il se sentait I ëclairé, et convaincu de la vérité de la doctrine qu'on 1 Tenait d'enseigner aprfcs l'Evangile; qu'ainsi il l'cm- I brassait pour ne pas commettre le péché contre le Saint rEsprit. Il demanda pardon à Dieu, des péchés qu'il sil commis dans son ignorance, en agissant et pré- Ichant contre l'Evangile. Il demanda aussi pardon au L peuple, qu'il avait séduit, par lea mêmes endroits. I] I déclara qu'il allait renoncer à la règle, à l'habit et à k l'ordre de cordelier, pour vivre en chrétien, et n'avoir d'autre règle que celle de Jésus ; et pria Dieu de fiBitT^/'|

< Ibid.p. 166 b. 167. 1C8.

1 uieu ue ifttr^^i

aux aulrcs la même grùcc, alÎD qu'il n'y ail plus qu'uue seule règle parmi les cbrctiens, savoir l'Evangile.

Farel béuil Dieu de la conversioa de ce cordclier; exhorta rassemblée à l'eu béuir auEiii, et à ne point lui reprocher son ancien état , mais ii le regarder comme s'il était nouvellement né, et a prier Dieu pour lui , el pour le reste du genre humain.

Aprèa cela l'assemblée se leva. '

Page 1