I. Que l'Eglise étant fondce sur la Parole de Dieu, qui
est la nourriture propre de l'aine, 1 Pierre II, le Sei-
[' gncur pour ce dessein l'a pourvue de pasteurs, ayant
j .établi le ministère cvangéliquc, pour §on cdificatioa,
I 4 Cor. XII, Rom, XII. Il a donné les uns pour être
I Apôtres, etc., les autres pour être pasteurs et doc
teurs ; non ceux qui ont pris les degrés , et qui portent
chaperons fourrés , mais ceux qui enseignent; comme
St. Paul s'appelle le docteur des Gentils, 1 Timoth. Il,
et comme il est commande îi tous les prclres et les cvê-
ques, Act. XX ^ 1 Pierre V. Car l'eWyue, en la Sainte
Ecriture , ne signifie pas un homme ayant une mitre en
. la tête, des gants, des anneaux, et une crosse aux
, mains, etc. ; mais celui qui a l'œil sur le troupeau de
Jésus-Christ pour le visiter et veiller sur lui, Act. XX.
l'OÙ St. Paul avertit les prêtres d'Ëphèse, qu'il appelle
l|BUssî èvéques, de prendre garde à eux et au troupeau ,
file, et ailleurs, 1 Tira. HI, el Tile I, il dit, qu'il
l^aul que Vèvéque soit irrépréhensible, etc., et marque
loul au long les qualités qu'il doit avoir, etc. II. Que
s évcques sont aussi appelés ^re/re^, d'un mot grec,
r qui signifie anciens; non qu'il soit nccessairc qu'ils
I «oient anciens d'âge, pouvu qu'ils le soient du côté de
la doctrine cl des mœurs; que l'Ecriture ne reconnaît
[ point la dilTérencc que l'Eglise romaine met entre les
évèques et les prêtres, etc. III. Que bien que nous
SUR LK3 ViaiTMUBS V
soyons Ions obliges de publier les louanges de Dieu, et d'avoir soio de notre [vrocliain; cependant Dieu, qui est un Dieu d'ordre, a établi les Apôtres, et leurs buccessears les autres prédicaieurs de l'Evengile , pour prêcher, DOD leurs songes cl les traditions des honimGH, mais ce [(u'il leur avait commande, Watlh. XXV H! . sans y riea changer ; ce sont Ik les docteurs que l'Eglise écoule, eloon les faux prophètes, docteursde mensonge, prêtres , moines , évcqucs et autres semblables , etc. '
Après ce discours, on invita les assislaos à disputer, selon la coutume ; mais personne ne s'ctant présenté, cl comme il était tard , l'assemblée se leva.
L'ajircs dînce, après la prière et la proclamatioa ordinaire ;
ItLANCHEROSE dît : « Messicurs, je vous prie qu'il TOUS plaise me pardonner, ce que je vous aï Tâché par les misons que j'ai amenées^ car je ne sais qui puisse oppugner les conclusions de Messieurs les rcpondans. Ils sont trop forts, et comme l'on dit : Ne Hercules quidem conlia duos; même Hercule n'en pourrait battre deux. Les prêtres, au lieu do m'aidcr, m'ont prie que je me déportasse, et qu'ils sont Lien six-vingts, qu'il faudra, (si la disputaiion dure plus longuement), qu'ils vendent robes et chaperons , pour payer leur hôte, w
Farel répondit, que la vérité des thèses était telle, qu'il n'y avait homme au monde, qui pût les convaincre de faux, parce qu'elles étaient fondées sur la Parole de I Dieu; que quand on a la vérité, lo plus petit peut I résister au plus grand. J'offre ma vie , dit-il, si on ne I trouée ù Genève des pauvres bâtards des prêtres , et ^Bb/ôju délaissés, que lu ville nourrit, ijui sont sujfi-
■ Ibid. lOS. b.ï03.
CIMQUUUB THBGE.
[ tons, eoire un d'eux , pour cortfondre tou» les prêtres , tn ce qu'ils font et enseignent. Qu'il ciait ridicule aux prètrCB, de dire, que les ministres claieot trop savam pour eux , puisqu'il y avait tel prêtre qui avait cbaatc ipesse trente et quarante ans durant; et en quarante ans n'ont pu apprendre de maintenir leur cas. comme s, en neuf ou dix ans; que s'ila avaient regret à la > dépense qu'il fallait qu'ils fisgent, qu'ils devaient bien , |>)ua avoir regret à l'argent qu'ils avaient tire du peuple par leurs impostures , en so faisant payer de toutes leurs messes, et généralement de tout ce qu'ils faisaient ' en matière de religion. Qu'il consentait qu'on eût pitié d'eux , s'ils veulent cire tels qu'ils doivent, mais a qu'il faut plus avoir pitié du pauvre peuple, qui a lanl endure de mal, et a clé si mal enseigné, comme j'en puis bîea lesliiier. J'ai élé eu plusieurs lieux de vos terres. Messieurs, pour enseigner au pauvre peuple, commeDl il doit croire en Dieu, lui dcclairant la confession de foi , contenue au Credo , et monlranl comment il faut prier, en déclairant VOraison que Jésus a enseigne, et aussi les dia Cammandemens que Dieu commande à tous. De l'ignorance du peuple, il n'en faut parler, elle est r Irop grande, et celle des prêtres intolérable. Car de r tant de prêtres que j'ai pu trouver, el à qui j'ai parlé, {jamais n'en ai pu trouver un seul, qui m'ait su dire r les Commandemens de Dieu. En quoi pouvez connaître, Uoasieurs, comment ils enseignent le peuple de servir Dieu, puisqu'ils ne savent pas les commandemens, etc. ,. et quand on montre VOraison et créance, en lan- ' gage qu'on entend, ils crient et détestent, comme chose abominable, ne pouvant porter que le peuple entende ce qu'il prie et croît. »
Après ce discours, on publia de nouveau, par trois
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fois, pour inviter à disputer contre celle cinquième thèse; mais a[)rës avoir asticzlong-lcmps utlendu, «ans que personne se présentai, Farci relut encore la thèse à haute voix , et on lit la conclusion. '
Sixième thèse.
Cela étant fait, Pierre Viret lut la sixième thèse, et fit un discours pour en prouver la vérité- Il dit : I. Que bien que le fidèle soit justilié par la Toi , cependant , nous sommes toujours environnés d'inCrmilés , durant celte vie, et nous hronchons tous en plusieurs ckoses , Jaques 111.; que pour cette raison nous devons tous les jours rccourii' à la miséricorde de Dieu , pour oltlenir te pardon de nos péchés; mais qu'il n'cït point nécessaire de confesser ses péchés ii l'oreille d'un prclre; ce qui est une infenlion humaine, méchante et dangereuse, que les Saints n'ont jamais ni enseignée ni pratiquée; reconnaissant que c'est Dieu seul qui est législateur souverain, qui peut faire grâce, Esaïe XLIIIj verset ^7; ajoutez Jéréinie XII, Ëzccbiel XVIIl. Quand les Juifs touchés, par la prédication de St. Pierre, lui dirent, que ferons nous? il ne leur ordonna pas de venir lui confesser leurs péchés à l'oreille; mais il leur dît : Amendez-vous, et que chacun de fous soit baptisé au nom de Jésus, etc. Sauvezf vous de cette génération tortue, etc. Il les renvoie, pour avoir l'absolution, à Jésus-Cttrist en qui ils ont cru. II. Dieu ne l'a jamais commandée. St. Paul montrant corn mon l il faut se préparer pour la communion.
n aille à conl'ct
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chat
B dit point , ^eaamine soi-même , etc., t Cor. XI. III. L'homme nu
iadigae de
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Dieo leol,
i.; Mi'.-^ ninùav. çuiiajiknBi kaiiililefBent U >-- ï.-,i-iM or Ihfs.., » Hi -naMura^ JmMtifié dam ta
inu os hMu, »e favoment nul- . Mr. I. ]Mik à low les ciiréUeiu, » fnar la aaircs; et s'ils m: pwnw. nffnmliB^ w }■■! flu^ti el le demaoder la^ont -K^trnpuiMinia, ^ La rtmitiàtm , qm était en kî^açT CbB- 'an::iBiti!' Içt»*. ^r fa»ait publiquement A ii.-.mi, u«E tt nuatw. «wc Art. XK, Au resle, ^.•-> ni (H.T& i»> pt m Vimint . çjâ m ^^elqac scruluiL' m .-.'Uï-^'^imrf vr laiiaii «AdresL^cr i quelque kwiaimt à; ntfri jtrtuT (fc* iBsannl M console par la jw-mr itt Du*!, n :oir uê ftiMii^w oassôl , etc.
^jr-» n ât!onir> . m is T3X>'iu(xn ordîoaire à disiMurr . -BiKe- -i 9t 9^ jcfjjg^ {«TMsae. Après donc tu At ne ^««s wiraili . Fktl m la coadasM» de celle viuxur* '
Siaeùnot thrff.
KjKsa^ VjuT jid « b»«f <«x la svptiène thèse et la fcvu^jL r rrjn^imu I. <^ la ainie Eglise s'alla- «Wm T«^>œ««w«i î h PaniAe de Diea, ne peut recc- «gâc awk-ase tRKtiàca hsmaÎBe, Bt antre manière de wrtv Dira . ^ae ceUe qu'il a prescrite en sa Parole ,
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< Btt BSPRIT RT HH VERITB.
(Hiisqu'il rejelle loul ce qui n'est que doctrine ou commatiriement itkomme, Esaïe XXIX. Mattli. XV. 2" Que le service de Dieu ac dépend point de la funlaîsie de t'homme, mais de la volonté de Dieu, autrement Dous n'aurions plus bcsoJu de ses lois , cLc. 3" Dieu défend de rien cliangor à sa Parole, d'y ajouter, ou d'en rclrancher, Deulcr- VI. -i' Tons ccuv qui od[ entrepris quelque ciioso, outre ou contre le commande— ment de Dieu, BOUS de spécieux prétextes, ont élccondamnés dans l'Ecrilure; comme Saiil, 1 Sam.XJII el. XV., le prophète envoyé deDieaà Bét/iel, I, Rois XIII. 5" Que la maxime vulgaire est fausse qui porLe que laut ce qui sciait à bonne intention, et pour la gloire de Dieu est bienfait. Si cela était; l'' Dieu aurait donné SCS commandemeos en vain ; 2" les prophètes auraient QU tort de condamner ceux qui sacrifiaient sur les hauts lieux, et faisaient passer leurs cnfaus par le feu ; 3" ceux qui ont persécuté Jésus-Christ et ses disciples, auraient bien fait, car ils ont cru rendre service à Dieu, Jean. XVI. ; 4" Jésus-Christ curait eu tort de traiter St. Pierre de Satan quand il le détournait de la pensée do la mort; car son iutention était Lien bonne. Une œuvre donc n'est bonne qu'autant qu'elle est réglée par la loi de Dieu; tar tout ce qui eslfitil sans J'ai est péché, Rom. XIV. et la foi vient par t ouïe delà Parole de Dieu, Rom. X. 6° Que de tout cela il s'ensuit que nous devons consulter uniquement l'Ecriture pour régler notre cultcd'uue manière qui soit agréable a Dieu. '
Aptes ces rcHcxions préliminaïreG et générales, desladaot dans le détail, il (il une description magniliqu^
). b. ÏIO
de la gmdeor el de llBiiMBsilé de Dîeo qui a créé les ciem et la terre, el dt laal gai UMm laa natioiu ne sonl qoe comme «ae goutte qoidiflilled'miSGeao» etc. EsaSe. XL. et LXn. h. XVU. Cm. d'oo il conclut; 1^ que Dieu étant oa Esprit, il faut le servir en JSsprit ei en périiê, comme aussi il le demande, Jean IV. 2^ qult ne faut pas s'imaginer juil soit comme un prince charnel qui ait besoin de nous et de nos dons, nullement; H ne çeui pas fue nous lui donnions, mais fue nous demanéions et prions de lui; 3* que quoique les anciens fidèles . aient observe beaucoup de ceréomnies, et présent é a Dieu des offrandes et des sacrifices, ils savaient bien que le vrai service de Dieu est spiritaei ; et que Dieu ne prend pas plaisir aux cérémonies pisibles et saeri'^ fices charnels^ sinon d autant quils contenaient le peuple en la crainte et obéissance de DieUj et figuraient les choses qu'ils attendaient et qui devaient avoir leur ac- Gomplisseroent en Jésus-Christ.
4!^. Que Dieu a dit, Esaïe LXVI. Le ciel est mon trône^ etc. ; quelle maison me bâtirez-vous ? pour apprendre aut hommes qu'il n'habilc pas dans des maisons faites de mains d'hommes, et qu'il n'est point serri par les mains des hommes, comme le disait St. Etienne, Act. VII, et Si. Paul Acl. XVII. Il n'y a point d aulie temple où Dieu habile, que JcsusChrisl en qui la diri- ^^^ habite corporellemeni, c esl-à-dîre pleinement eten vente ^ Col. II. Et nous qui sommes membres de Jésus, et pierres vives édifiées sur lui qui est le fondement, I. Pier. II, nous sommes le temple de Dieu, I. Cor. III. Nous n'avons plus besoin d'aller à Jérusalem pour y prier, Jean IV, encore moins à Rome, ou à St. Jaques, et a tels autres lieux pleins de superstition et idolâtrie, car en quelques lieux que nous soyons, nous sommes
toujours au temple rie Dieu, puisque nous -marnes sommes sa maison fit qu'il demeure en nous, H. Cor. VI. 5" Nous avniifi par la foi Jêsus-Chrisl qui est l'accomplisscmcnt de la loi parijui noussommea jostiJïcs et sancttlip:^. 6" Les propbèles o'onL cesse do cCDsiirer les hypocrites de l'ancien peuple qui faisaient consi§tcr]o vrai service de Dieu dans tes cérémonies; ainsi Esaïe. Chap. I et LVIIl, reprend leurs sacriHces, leurs fêtes el leurs jeunes, Amos de même Chap. V el VIII. Et en Jérémie VII Dieu dii, quand j'ai tiré eos pères hors d'Egypte,je ne leur ni point parlé de sacrifices, mais je leur ai dit seulement : gardez mes commandemens. Conférez auïfii Miellée IV. Avec quoime présenterai-je? etc. O homme, t Eternel ta déclaré ce qui est bon, etc. Detncmc ait Ps. LI. Si tu eusses voulu un sacrifice, j'eneusse offert, eld. *
Que ceux qui justifient le culte des imagées, etc. en disant i]u'oD ne 1rs adore pas, ne sont pas mieux fondés que les anciens idolâtres qui savaicnl bien dire que leurs idoles étaient de matière aussi bien comme nous; « el DC les adoraient non plus que nous avons fait, sinon en l'bonncur de ceux qu'elleâ représentaient. Nous ne pouvons nier que le pauvre peuple n'y soit grandement «buse, et qu'il no leur fasse bonneur et inclination, allumant cbaudelles el encens, et leur baille autres tels honneurs contre le commandement de Dieu. Exod. XX, cuidanl que Dieu soit plus bonorc en un lieu el devant une image qu'autre part, etc. 2" Que si pour éviter l'idulâtric, le roi EzécUias lîl briser le serpent d'airain qui avait été fait par ordre de Dieu, el qui était un type de Îius-Christ, Jean Ut, pourquoi ne s«raït-il pas perraig
I^Jbitl. 2U. 12.