ET
md'^f^ aUirés par udg louable curiosilé. Ces geas-là ea s'en ^■relournaDt chez eux, porlèreal en divers eadroiu du ^pays, la lumière de la doctrine évangélique doDt ils iA*vi'ie»t été éclairés. Tels furent eatr'aiilres tes deux ^ députés que la paroisse de Villelle avait envoies à celte dispute , Jaques Clavel , et Aimé Sordet. Us en revinrent 61 persuadés de la vérité de la religion réformée, qu'ils anipoèrcnt Virel avec eux à Cully pour y prêcher. Jaques Clavel qui était nouvellement marié, fut des premiers à envoyer au colley de Lausanae son lîls unique Jean- Baptiste , dès qu'il fut en fige , et l'an 1 S52 , il l'y mil en pension chez le célèbre Itlalhurin Cordier. ' Tel fut aussi J. Drogy, vicaire de Dlorges, et l'un des acteurs de la dispute qui, s'clanl réformé, fut dans la euile ministre de Bcvay dans le comté de Neuchàlel. 11 Tivait encore l'an 1555. Voyei une leKre de Farel à 'Calvin, imprimée parmi les lettres de Calvin, en date du 7 septembre 1555. Celle lumière dut aussi servir i{ affermir el à encourager ceux qui avaient déjà eu le bonheur de conuaitre la vérilc.
Après la dispute, les seigneurs de Berne jugeant que les controverses de religion avaient été suflisamment éclaircies par ce moyen-là, et que leurs peuples, au moins U plus saine partie d'cnlr'eux, devaient cire «lésormais instruits et convaincus de la fausseté de la messe, el des autres pratiques de l'Eglise romaine, ils cnjrcnl pouvoir frapper le grand coup, et réformer la religion de leurs nouveaux sujets, en la ramenants la porelc de l'Evangile, comme ils l'avaient reformée cbex enx et parmi leurs anciens sujets. C'est à quoi ils don-
^m ' Ucmoirei particuliers communiques par M. AnnAntn-l'HiL ^UKAT Cl.AV(L. coiiacJfineur di Roprax et irUstirea.
56S eBDKI Dl BBULIB LU TDOL».
nèrcnt leurs soins , le reslede l'anaée 1536 et les suivanies.
Cependant comme tons les changcraens considérables et importans, leU que sont parliculicrcmenl ceux qu'on fait dans la religion , doiveut être conduits avec prudence et avec racnagemcnl , pour ne pas efTaroucber les esprits, les Bcigneurs de Berne ne tirent pas celte rcformalîon tout d'un coup, mais peu à peu et par d^ grés. Ils commencèrenl par l'endroit qui leur parut le I plus aisé; ce fol de purger les temples d'idoles. Ainsi > i Ters la fin d'octobre, ils envoyèrent ordre à leurs bailUfs, de démolir les autels et briser ou brûler les images , dam tous tes temples de leur dépendances; ' ce qui fut exécuté pendant le reste de celle année, et au comracocément de la suivante.
Dans le même temps, comme les nouveaux sujets de Berne s'attendaient bien, que leurs seigneurs publieraient, tôt ou lard, quelques cdîts, pour réformer la religion, cela mit leurs esprits dans une grande agitation. Ceux des paroisses de Villelte et de 5. Saphorïa projetèrent de faire une espèce de ligue avec ceux de Iiutry pour s'y opposer. Des députes de Villette parurent devant le conseil deLutry le dimanche ]5 octobre, pour f leur donner avis qu'ils avaient résolu d'assembler leor L conseil général , le mercredi suivant, pour savoir ceux t qui voudraient vivre a l'ancienne loi ou à l'Evangilef y. (c'est ainsi qu'ils s'exprimaient) et d'y proposer de s'opposer de toutes leurs forces aux innovations que leurs Seigneurs voudraient faire dans les Eglises. Ceux de Lulry résolurent d'assembler aussi leur conseil gcncral , le même jour et sur le même sujet ; et qu'après cela le*
' Min. de t.utfy , fol. 67. b.
IMAGES DiTBUITBS. 36
àcax paroisses se cnmniuniqucraieiil leurs rcsolulions. Apparcmmeot le baittiT de Lausanne eut avis de ce dessein. Pour en empêcher l'cxcculion, il alla le mardi J suivant à Lutry. On proposa au major le dessein dont! on vient de parler ; mais il ne l'approuva pas , craignant ^ que les seigneurs ne le trouvassent mauvais. Ainsi la J frayeur ayant saisi ces bonnes gens de Lutry, ils cob« J tremandèrent l'assemblée. ' Ceux de Villetle en iirenl j de même; ainsi l'alTaire en resta là.
Le vendredi 27 du même mois les chanoines de Lau-J sanne firent prier le conseil de Lutry, de se joindre l J rux, pour députer à Berne, afin de supplier LL. EE. . de laisser subsister la messe. On leur accorda deux dé* putes. Mais la dépulation fut inutile. ^
Le baiilif de Lausnnne, selon les instructions qu'il oui, fut occupé pendant la fin du mois d'octobre, et pendant celui de novembre , h aller de lieu en lieu, avec une bonne escorte, pour dcUulre et bn'iler les images el pour reuvcrser les autels dans les églises de son bailliage. Le 3t octobre, leconscil de Lulry, apprenant que ce baiilif clait à Lucens où il brûlait les images, résolut de faire abattre le crucifix, et de le cacher afin de le conserver. *
Le 2 novembre ce baiilif fut à Lutry avec son escorte' J pour abattre les autels el brûler les images. Le conseil !e | pria de n'en rien faire. Itlais il le refusa , disant qu'il ca j avait reçu l'ordre des seigneurs de Berne, el il le leotj montra. ^ Ils le prièrent au moins de ne pas le faire lut* l même, lui promctlant qu'ils le feraient eux-mêmes dana-i
' Ibul. iol. 57 !..
^■lUde
570 ijmr.ES déthii
le temps qu'il reviendrait de sa tournée. Il cul la bonlr de le leur accorder. ' Il alla de là dans les paroisses de Vîllelte et de 5. Saphorin pour le même dessein.
Les gens *le S. Saphorin prirent les armes, el s'oppoeèrenl de viic force au bsillif , et à l'esécution des ordres du souverain. lUaîs quand leur zèle catholique fut un peu ralenti , ils senlrrent la sottise qu'ils avaieat faite, ei craignirent le juste ressentiment de leurs seigoeurs. Dans reltc agitation , le dimanche suivant , S novembre, ils envovcrent demander conseil à ceux de Lulry, sur ce qu'ifs devaient faire. Ceux-ci leur conseillèrent d'envoyer à Berne, implorer la clémeDcc du souverain, comme le seul moyen d'éviter son indignation qu'iU s'étaient attirée. *
Jean Frîscbîng, baillif de Moudon, exécuta aussi tes mêmes ordres dans tes églises de son département, qui comprenait alors les villes de Hlorges, de Hyon, d'Anbonne, de Cossonay, et de Coppct, avec leurs dépendances. Il y avait à Cossonay un monastère de l'ordre de Savîgny. Il arriva que le prieur de cette maison mourut précisément dans ce temps-là, le 26 octobre. Le baillif, que je viens de nommer, fut à Cossonay, lo t I novembre, et y fit abattre tous les auteb et les images \ dans les églises du lieu , et dans les autres paroisses do cette cliStelainie. ^ De là il passa à Dlorges, où il réforma de la même manière les églises etles chapelles en faîscnt démolir les autels, et abattre les images qui s'y trouvaient. Ce qu'il y a de curieux dans cette affaire, c'est que c'étaient les communautés mêmes qui étaient obligées da faire les frais de cette démolition, et qui payaient cetu
* ItiidctQ.
' Arch. de Morpf
' Arcli. d'Anbonn(
PAR O&DRB DO soi'venAiH. STi
qui araîent renverse ces objets de leur véDcralïoa retigieuse. La ville de IHorges paya quarante bous à ses ouvriers ' pour ce sujet.
De Morges, le baillif de Moudoii fut à Aubonne ie 8 novembre, où il ordonna la même démolition. Comme cette ville avec la baroanie qui en dépend, apparti^naît alors au comte de Gruyère, le conseil recourut à ce comte, et lui envoya un exprès en Gruyère avec une lettre pour parer le coup ; mais le baillif montra au conseil l'ordre qu'il avait rc^'u des seigneurs de Berne. On le pria de suspendre au moins pour quelques jours l'exécution de ses ordres. ' Il y consentît, et il s'en alla dans les autres lieux de son bailliage. Le conseil d'Aubonno le défraya. IHaïs au bout de cinq semaines il fut de retour à Aubonne, el alors sans plus de délai il y fil démolir les autels, et renverser les images cl les croix. Le conseil le défraya encore avec sa suite; et îl en coûta eep florins àix. sols à la ville, tant pour celle dépense que pour le salaire de quatre ouvriers. '
J'ai déjà insinue que les mêmes ordres furent exécutés dans toutes les églises des nouveaux sujets de Berne, à peu près dans le même temps ; mais je n'en sais pas les parlicularitcs. J'ai seulement trouve que le baillif de Romainmotier, Adrien de Boubeobcrg, ttt faire celle espèce de réforme dans l'église de l'abbaye de ce nom, le 3 janvier 1537, cl que celui d'Yverdon la fil faire dans l'église du prieuré de Baume, le même jour. *
Mais ce n'est pas assez de renverser les idoles de boîs ou de pierre dans les temples; il faut surloul les ren-
I* ibid, fol- 69 » MS. Thom 62 ■ IbiUcm.
• .MS. Thom, 59.
verser daas les cœurs [>ar de bonnes et de solides tasiructioDS. Sans cela l'on ne gagne rien. C'est à quoi uussi les seigneurs de Berne donnèrenl une atU^nlion particulière. Ils eurent soin de pourvoir les Eglises de ■nîoislrcs à mesure qu'on en pouvait trouver ; ce qui ne fut pas à beaucoup près aussi aiso qu'on pourrait se l'imaginer , bien que la pcrBccutioa sanglante qa'on faisait on France aux reformés, dût naturellement en faire sortir un grand nombre qui pouvaient d'abord trouver de l'emploi parmi les nouveaux sujets de Uerae. Parel el ses amis se donnèrcnl beaucoup de mouveinens pour ce dessein comme on le voit par ses lettros. J'en mettrai ici les fraginens d'une ou deux qui serviroot à faire conuaUre l'clat des atTaires de l'Eglise dans ce temps-là.
Voici comme il écrivait à J. Roo9i.pm Nacueli, baillifde Tlionon.
n La grâce, paix et miséricorde de Dieu noire bon Père , par notre Soigneur Jésus son seul fils. Mon Seigneur , vojans comme il est grosse indigence et nécessilc de gens qui prêchent Jésus , vendredi fut avis aux frères , que Froment allai prêcher du côté de Colonges , en ce lîcu cl aux oulrcs, comme serait expédient, ce qu'il a fait, trouvant le peuple assez de bonne alTeclion; maiti les prêtres einpîrans et devenans pluB méchans et rebelles contre Dieu el uolic Seigneur, voulans entre tenir toujours la messe abominable, et singuhéremeni celui de Colongfi , duquel vous plaira vous informer, afin que puissiez bien entendre quel homme îi est et de quelle affection , tant à Dieu comme à ities Seigneurs , alîn qu'y donniez ordre pour l'honneur do noire Soigneur, ou bien du pauvre peuple, lequel ce prélre tâche de son pouvoir empêcher de venir à notre Scïgqpiu
KIPI^^
Pous pouvez ouïr ce q>ie son dcvcu ci faîl, rcitranl les 15 du sermon quand ils oyaicnl; jetant pierres, fntint du pis qu'il pouvail. Brief Mon Seigneur, si vouler éviter grosse fâcherie, il faut que vous regardiez sur les êtres, car tout le mal et Irnnble vient de là. Il semble le jusques à ce qu'on puisse donner ordre plus pleineeut, sera bon que instituez Froment à Colonges et lieux prochains; faisant que les prêtres ne se mêlent plus I peuple, ni d'enseigner, ni d'administrer les sacre- Dns, ni des curés, ni autres, et singulièrement les gros aps , ou qui plus ont séduit ot pressé le pauvre luple, etc.
De Genève, ce 14 de novembre 1536. Le tout vôtre en noire Seigneur,
GuiLLAUBIE FaREL. ' u
Huit jours après la date de celte lettre il écrivit à
'honon, à Gon amt Fabri : « J'ai ordre de faire venir
B ministres de tous côtes ; mais je ne sais ebsolumcnt
inl où les trouver. On ne se soucie pas de ceux qui
il les plus propres cl qui prêchent JciUii -G li ri st plus
remenl. Mais pour les hypocrites et ceux qui sont les
is fanfarons, on les élève jusqu'où ciel. * ~ Ceux qui
it trop délicats ne se laissent pas facilement gagner
enir dans ce pays ; ils aiment mieux être ensevelie
dans les sépulcres des Egypiioos, que de manger de la
raannc et être conduits par la colonne dans le désert.
Si vous y pouvez quelque chose et que vous ayez quel-
M* £«. Cpjgt. Fah. iiiuair N. .\X\1II-
ft ' Apparemment il veul ['.irirr de Cnroli, qui avjil ét(< mi^ 311-dcMui itv Vircl. dans li! Itltiiixl6re de Lausanne : t.»f l''ar»l loiiiiiit ili- ho lui u heure le tnauvAîs tanclire tic ci^lli: horiinio • («inmï ou le voit par ivs LeUrti. —
5't LA TILLK Dl VSVftr
qae ascendant sur des gens de oérile, aidcz-nous. Bcr^ vex cl sollicilci par lellres, afin qu'il dous vienne dm gens capables, etc. '
De Genève, le 21 novembre 1536. »
A la vérilè il c'y avait rien dans le pays de fort capable d'y attirer les èlrangers, au moins ceux tfti avaient besoin d'une pension pour vivre; car comme dans ce lemps-là les Seigneurs de Berne avaient entre leurs mains tous les biens d'Eglise, et que les alTaires ecclésiastiques n'étaient pas encore ri^lceg nt établies sur un pied lise, les ministres ne trouvaient que de petites pensions souvent payées lard et assez mal ; ' cq qui n'était pas fort encourageant pour les autres.
II y a lieu de croire que la ville de Vevey embrassa d'elle-même la rcformation. Les ministres du gouvernçmcnt d'Aigle qui y allaient et venaient, depuis huit ans, pouvaient y avoir répandu quelque lumière ; d'ailleurs le fréquent commerce que ceux de Vevey ont eu de loul temps avec les gens du gouvernement d'Aigle, réformés depuis l'an 1528, pouvait aussi y avoir contribué; autrement, si les habîtans eussent tous élé fortement attachés h la religion romaine, on ne comprend pas pourquoi ils auraient mîeu\ aimé ^Ire assujélis aux Seigneurs de Berne, ^ qu'on savait être zélés réformes, qu'à ceux de Fribourg qui otaienl léiés cnltioliqucs. Peut 6lrc aussi que deux de leurs ecclésiastiques, J. Michod, curé de la ville et doyen rural, et J. Itllmard, régent d'école qui parurent à la dispute de Lausanne, s'en re-
* Indid, N. XXXIV.
* Vid. Epiil. Fah.K. XLIV. Voyei au du SjRode de Lauianne, de tan t^fSS.
» Vojci Liv, XIII. Srclion 11
i-ijeijoua les Actci.
■i lourDcrODt chez eux coDvamcua de la vérité des tbcscs ■ ei de la doctrine réformée, et firent part de leurs luniicrcs à ceux de la ville. Quoiqu'il en soil, ceux de Vc- Toj demandorenl eux-mêmes un ministre , et souhaitèrenl d'avoir du Moulin, qui était pasleur au village do ftcuvillo. ' Mais comme il ne fut pas jugé propre pour leur édification, on leur en donna un autre qui se nommait DaiUé. Il fut appelé à cette Ëglisc-là le 24 ' novembre. ' Dans le même temps les bourgeois de Vevey prièrent les Seigneurs de Berne d'ordonner à leur bnillif de faire sa résidence dans leur ville et non à Cbillon. Biais LIi. EE. ne jugèrent pas à propos de leur accorder leur demande, parce qu'il n'y avait point à Vcvcy do logement propre pour un baillif, au lieu qu'il y en avait un fort commode au château de Cbillon; et que d'ailleurs ce château étant un poste important, il était à propos queleurbaillif y fit sa résidence pour le garder; * aussi a-t-il le litre de capitaine de Cbillon. A mesure qu'on pouvait avoir des ministres, les baillifs des lieux les établissaicut dans les Eglises qui en manquaient. Quelquefois ils allaient les installer eux-mêmes; mais quelquefois ils se contentaient de les y envoyer. Ainsi dans le bailliage de Lausanne, le baillif Na-gueli allait quelquefois dans les lieux qu'on voulait pourvoir, accompagne de Pierre Virel qui prêchait pour prc[ïarcr les peuples à recevoir les ministres qu'on voulait leur
' Ex. Epist, Far inédit. N XXXVI.
rn. Inslr. C. 03. b Aptis lui on y eut pour Mlniilre un Kccllent homme, *a- I,. IMiîr AuGusTin MASioiiAr, auteur de divers bons ouvraf;e3 ilu Tbfolo(ric. Il lut auparavant Minittrc à CrÎHÎcr, village prùi <lu