‹ Histoire de la réformation de la Suisse (volume 2)Chapitre 19 sur 32 · VI- l'our ce qui al do Jean le Comte, il contiouail · texte numérisé non relu

VI- l'our ce qui al do Jean le Comte, il contiouail

lâcher avec succès dans son Ëglise de Grandson : mai»

b'Snc fcMs l'excès de son cèle pen&a lui attirer de me-

L chantes alTaîres.Prcchanl le 31 dccetubrc 1536 dauslA

niplc des Cordetiera, comme il expliquait le Cha-

f |titre XIII du Deutéronome, qui contient une dcscri{^

' lion des fuux-prophèles oi des songeurs, avec uoo lot

expresse eoiUr'eux : le zèle le saisit, et il abattît la taUe

d'autel qui était près do la chaire. ' y^près son se moat

quelques-uns de ses auditeurs animes par sonoxemplc,

I hrtsèrent el jctètenl par icrrc k« images el les tableam

E qui y étaient, i la réserve de ccuk des deux villes domi-

BaDtcs.LeméHio jourou le lendemain, ily en eut d'aulm

; qui ij 'enfermèrent dans le même temple, el y brisèrent

I >ou9 les autels et les images qui y étaîenl demeurés de

rcBteduijour précédent. * Cette aHiiire lit grand bruits

GrandsoD el a Pribourg, ot renouvela toute l'indignation

des calLoliques. A tirandson tes moines du prieure s as-

nemblèrcDt daos leur liglise, avec des moitsijuels el des

r iMUebardes pour s'y défendre, et y firent un vacarme

* Paff. ISO.

.' K Libro Suliicripliun.

* nlûni. deJ. lu Cuiiiri'.

* IJcm et MS. GroiMj.

ILS iONf COHDAUnéS A LAMSMDl.

cxlraordinaire. ' Les Seigneurs de Fribourgeavoycrcnt aussi deux députes à Graad^oa, * le 3 janvier suivant pour prendre connaissance de celle alTaire. LIi. EE. de Berne y cnvoycrcnl aussi deux députés ^ pour joindre à ceux de Fribourg, afin de punir les coupables ; ccpeodaoi avec ordre de ne pas les iraîler trop rudement, et de ne les punir que par des amendes. ' Cette «flaire Irafna longtemps. Jeatile Comte soutïnl courageusement sa conduite et celle de ses audilcura. Il parla d'un ton ferme aux dcpuXés de Fribourg ; et, avouant d'ailleurs que la dcmolilion des autels et la deslruclion des images aurait dû se faire par ordre des magislrais, plutôt que par des paniculicTB sans autorité, il soutint que l'action en elle-même était confomie à la loi de Dieu, et lei pria de lui marquer un jour à Fribourg même pour une dispute publique, offrant d'y aller défendre sa doctrine en présence de tout leur clergé. ^ Il se flattait que par une dispute de cette nature il pourrait contribuer à la rcformalioo de celle illustre et puissanie ville. Mais comme le clergé de Fribourg ne trouva pas à propos de se commettre, celle dispute fut refusée à Jean le Comte. Ses sollicita lions en /aveur de ses auditeurs furent aussi innliles. Les Fribourgcois Ich condamnèrent à 200 florins d'amende ; les Bernois trouvèrent l'amende un pea trop forte. Ëtcommeranuéc suivante 1538 plusieurs paysans

* MS. Groos.

* Piorre Gaudîon tl François Milbach, conseillers.

* J. Jaqaes de Waltevillc. avnjer, et Loab Aman, coiwtillvr.

* MS. Amp. Isa.

'' Tiré d'une lonjiuc el savante Epître Dcdicatoire tic 3. le Uoinle, écrite en latin, en date <lu3l juillet 11149, adressée auK Scjl(ueurs (le Berne et de Frîbourj;, et mise au tlcvatit d'un volume is intitules, Dén)C(;orics, etc. qu'il voulait leur dcilivr.

in

d'Yvonan allèrent à la messe coolrc les dêfcoscs, et ea-

coururentpar là les amendes preecritcs pnr les lois, Iog

Seigneurs de Ocrno voulurent le 4 octobre 1535, que

les amendes encourues par ces gens de GrandsoD et

d'Yvonan, fussent compensées les unes contre les

antres. ' Ainsi celte affaire n'eut aucune suite fâcheuse,

ai pour Le Comte, ni pour ses auditeurs. Les S«igneuc>

! de Berne ordonnèrcm aussi le 28 juin 153Sau prieur de

. GrandsoD, de faire rétablir les maisons de cure dec

I Eglises dont il avait la collaturc et de les pourvoir d'uiw

f- manière convenable. *

Les moines des deux couvensdeGrandsou^Cbartreui et Cordoliers, auraient dû profiter de la lumière qm les environnait , pour changer au moins leur mauvais Irain de vie. Cependant ils persévérèrent à vivre dant la dissolution, prodiguant les rentes de leurs maisons, pour eolreienir leurs concubines; et même ils en aliénaient et vendaient secrètement les fonds, apparemment dans le dessein de se retirer ailleurs. Les Bernois, indignég d'une telle conduite, et ne voulant plus souffrir là ces moiocs scandaleux, proposèrent à leart aillés de Ffibourg, comment on pourrait mieux employer à la gloire de Dieu les revenus de ces couvene, I at demandcrcni, qu'on obligeât ces moines à relron» rer les biens qu'ils avaient vendus ou détournés. ' Vers la lia de l'an 1536 on intercepta une lettre d'un cordelicr du couvent de Grandson , écrite de Besançon, à un autre cordelicr du même couvent, dans laquelle il o'y avait que des ordures ; et sous des paroles couTer» tes il faisait entendre, que la plupart des cordelier8-pa&>

' B. Iu.lr, C-«I.SBi.

' Ibidont.

* HS, Amp. ISG.

DimCOlTÉ ENTKB BEBNK ET rHIBOCRG.

saienl leur vie dans l'impureté. Celte lettre fut impri> i mec et [lublicc pour la rareté du fait. ' Enfin les Ba^ I Dois et les Fribourgeoïs ensemble , indignés de la mao- 1 vais© vie de ces hypocrites, les chassèrent deGrandsoD;M mais cène fut que quelques années après.

Comme les deus étals de Berne el de Fribourg se I trouvaient souvent opposés dans leurs senliracns, el I dans leurs prétentions, sur la religion et les biens ecclô^ I Elastiques de leurs sujets communs; ce retour fréquent I d'opposition donna lieu cntr'eux à une nouvelle ait- \ faculté à l'occasion d'un article de leur traité d'alliance ou de combourgeoisie mutuelle, qui portait que, quand il y aurait quelque différend entr'cux , on prendrait de chaque ville un arbitre, qui serait déchargé du serment qu'il avait à ses Seigneurs. Les XI Cantons, pour terminer enlr'eux celte difliculté, envoyèrent a Berne cl à Frîbourg une dcpulatîon , composée de quatre Seigneurs, deux réformés et deux catholiques, savoir : Caspar Nassat , conseiller de Zurich ; Christophe Sannenherg , conseiller de Luccrne; Joseph Amherg , landammann de Schwjlz, el Jean-Hodoîpke Frey , conseiller de Bâie, au nom de tous les autres cantons. Ces députés ayant examiné les raisons de part el d'autre, jugèrent que dans les difTcreuds qui s'élèveraient entre ces deux villes , chaque partie envoyerait ses députés à la Sensine ou Singine , et que si les Bernois étaient les demandeurs , ils devraient choisir leurs arbitres dans les cantons de Schwiiz et d'Uri , et si c'étaient les Fribourgeoïs, ils devaient les prendre à Zurich ou ù Bàlc. Ce jugcmcut ayant clé reporte aux deux

■ MS. Groou.

Ue CONCISE 3B BtrORME.

villes, ellcB refusêrcal de l'accepter. La dîcle s'élail rasscmbleo, renvoya IcB incmes députés pour solKcilcr ces deux caoloDs , au nom de tous lea autres , à accepter cette seotcace. Il le lireot le 12 mars IS37 ', tm déclarant que ce n'clait qu'à la consiâcratîoa da cantons.

Au commencement de celte même année 1&37, oow ressentît dans le bailliage de Graadson des progrès qU la doctrine réformée y avait faits. Le 25 janvier , Irrô ~ villages de ces quartîer&-là , Concise, OoDens et Chan- ^ pBgnc embrassèrent la rérormatioD à (« pluraUui des soffragca *. Cependant on y laissa subsister les prêtres, jttsqu'aumois de février de l'année suivante L538> qu'os lea CQ fît sortir, pour mettre des ministres à lew place. ^

Il y BTaît daofi la paroisse de Coodse , el au boid du lac delVeucbâlet , un monastère de Chartreux , ooduné de la Lance, apparemment en l'boDDCur de la Sainte Itance. OlhoD, baron de Grandson, l'avait fondé l'aa 1320, avec le consentemenV de Blanche De Savoie, ta femme, el de Pierre de Grandson, Seigneur d« htimont, aon neveu '. La veille de Noël 1536 , il y alla quelques personnes, qui s'enfermèrent de nuit daae f'é> glise et y brisèrent cl abattirent les autels, et comnôrent quelques aulres désordres. '' Les Seigneurs da Berne, envoyant des dépotca à. Grandson, au coa»- ■neaccment de l'an 1537. au sujet de ceux qui brisé les images aux cordeKors, leur donnèrent oi

' D. lo.tr. [.350.

" Mcmoîi'. de J. Te Camic.

° B. Inilr. B. 191.

* Ex Initrum.funilalioTi.

=■ BIS. Thom. et MS. Anip. 1U5.

r'.le punir aussi ceux qui avaient fait ces idsoIcucgs dans g/Egiisc de l'alibajc de la Lance '.

g ha paroisse de Concise ayant cm brassé larcforroelion, giû» réfonnés prclendirenl qu'elle devait s'étendre eur ce ^Kxnastci'C. Cependant on laissa les Chartreux paisiLIcineot dans leur couvent quatorze à quinze mois , cl pendsDt ce tcms-là, les Seigneurs de Berne les firent exiiorler de lems eu tcms ii embrasser la rcformatiou ; mais comme ils rcfuscreut opiniâtrement, LL. E£. do voulurent plus les tolérer, et les contraignirent d'en sortir ^ le 27 mors 1838. Quelques mois après, les Seil^ncurs dos deux états commencèrent à disposer des Liens de cette maison, et le 2 de juillet, ils convia» rent d'un règlement au sujet des biens lègues aux Eglises et aux couvens, pour des usages supersliteux; que ceux qui les auraient faits, ou eux, ou leurs pères et mères, ou leurs aïeuls et aïeules , pourraient retirer leurs légsts , dans les lieux où la religion romaine élâii ou fierait abolie. Ce règlement fut exécuté îi l'égard de r«bbayc de la Lance, dès le 4 octobre suivant ^. Les Seigneurs de Berne et de Fiibourg partagèrent entr'eux les meubles et rargcnlerie de ce monastère, et au mois de décembre ils vendirent la maison avec son domaine et «es appartenances , au baillif de Grandsun , bourgeois de Derne, nommé Jaques Tribolet , pour le prix de quatre mille livres *,

L'an 1 537 , on entreprit aussi de reformer , par la même voie des suffrages , le village de Gy , près de Grandson ; mais les réformés s'y trouvèrent pour lors inférieurs en

' -MS. AtQp. l.c.

' 0. I»slr. C. l'JI. SOO. b. clMéiu. du J. le Corn

* Slcm. (le J. It Comlo.

" ils. Thom M. MS. Grooii.

JItt IBS t-ÈlÙHals t'BHFOItTEKT A GT.

nombre aux catholiques. Cependaot la rcformattoii b'j clsDl avancée pcadant le cours de celle année-là , Jem Le Corale sollicita les Seigneurs des deux étala de pernoltrc aux paysans de Gy d'esamincr cntr'cux la pluralité des suffrages , sur le sujet de la religion , et l'ob- Uni à Berne. ' Les Seigneurs de Berne envoyèrent des dépulcs à Grandson le 22 mars 1538, pour assister à celle action , selon l'usage établi ' , et invité' renl les Seigneurs de Fribourg à y envoyer les leurs, en leur marijuant la journée qu'ils avaient pn'se. Mais let Fribourgeois n'y en envoyèrent point. Cependant it s'j trouva quelques Seigneurs de Fribourg, mais apparemment sans caractère. Les députés do Berne ayant «l* tendu ioutilcmcnl une députalion de Fribourg, passèrent outre. Le 28 IVIars on lit venir tous les paysans de Gy au château de Grandson, nonobstant les remontrances des Fribourgeois qui y étaient prcsens ; et là , par l'examen qu'on fil des suffrages, les réformés se Irouvcrenl supérieurs en nombre aux calhoh'qucs, en cooséquence de quoi ils obtinrent que la religion roinaÎDc fût abolie dans leur village. ^ Les Fribourgeois en furent fort irrités, et en firent grand bruit, prétendant que cela était contraire au traite fait entre les deux états, au sujet d'Orbe et de Grandson , cl dirent : « Que si l'on voulait faire une pareille chose co faveur de la reformation , après que la pluralité des vois Durait été pour la messe, ils voulaient aussi lo faire de même en faveur de la messe, aussi souvent qu'ils le jugeraient à propos. » Les Bernois leur répODâircut .

' Méiu.de J. ic Coiulc.

» B. Iiulr. C.20I

* NcDi. de J. le Comto.

r< <;uc ce n'clait pas leur faute , si les députés de Fribourg n'avaient pas assistG à cette action; qu'ils dcvaientyenvoyerleursdépulcs, comme on les y avait invités, en conformité du reccs passe à Grandson ^ lo 22 janvier ^537 et à Fribourg en 1536. u Et pour co qui regardait le sujet principal de la contestation, ils dirent : « Que leur traité mutuel sur la religion de leurs sujets, s'opposait à la prétention de Messieurs de Fribourg, en fa vcurde la messe, vil iîrent aussi des plaintes de leur côté contre le vieux baillif Reiff, frîbourgeois, qui avait vouln, de son autorité privée, faire repasser à C<Aicise l'affaire de la religion à la pluralité des suf> frages. ' Pour terminer ce différend, il y eut une journée marquée au 28 mai suivant, où l'on nomma pour arbitres ^ de chaque côté deux conseillers de chacune des deux villes, et pour sur-arbitre un conseiller de Zurich. Il y fut ordonné : i^Que puisque par le traité il n'y avait que la messe qui fût obligée de souffrir un nouvel examen des suffrages , et que la chose avait déjà été faîte plus d'une fois en divers lieux ; on en devait demeurer à celui qui avait été fait à Gy ; avec celte ex- {}ticalion, que si dans quelque paroisse des deux bailliages, la pluralité se trouvait pour la messe, et qu'ensuite l'Eglise souhaitât qu'on examinât de nouveau les suffrages en faveur de la réformalion, on pourrait le faire aussi souvent que les paroissiens le voudraient, mais il condition que, pour éviter toute supercherie,

• B. iMlr. C. WO. Vn. b. et [. 343.

' Los arbitres de Bcrno étaient J, François Ncgucli, t e\ Bernard Tilman, anckii trésorier. Ceux de Fribourg, Jean Guglenboffi cl Jean Lanllier, conicîllers : cl le sur-arbilrc de Zaricli, Jean Ilab, conseiller.

cela ne se forait jamais qu'en (iréfiooco dus dcputét de BcrDC el de Frîbourg. ' w

Pour incllro ici tout de Builo ce qui refjnrde la réfof^ malien des anciens sujets de Berne cl de Friboarg, dans le pays de Vniid , je veoi dire des bailliages d'Orlw et de Grandson, j'djoulerai que les villes d'Orbe et de Grandson embrassèrent la rérormitlion, a la pluralité des sitlTraf^es, l'ail 1554; Orbe le 30 juillcl et Grandsoolc 2(î novembre. * Le ministre d'Orbe élail un françait nnmmè Robert Loi'at. ' Et quant aii.\ villages du faalliaffC de Grandson, Provence Ecréforma de la m^me roil\ière, l'an 1552, le 15 février a la pluralité de 44 cotKrt 27. Montagny l'an 1551, le 27 août. Cela se fit en partie par les soins du curé nommé Michel de-Coppet, qui avait embrasse quelque lems auparavant la religion râformée. * S. Hlauris l'an 1555, le 22 avril cl Bonvillan l'an 1564, le ?S mat , le oiômejourquo Calvin laourut. Entre les villages du balliage d'Orbe ou d'Ëcliallcos : Oulens embrassa la rcformalion l'an 1553, a la pluralité de 24 suffrages conlre l&;M63i l'an 1570, '' et Gounioeos l'an 1575. A l'égard de ce dernier il faut remarquer à la gloire de son Eglise, que l'an 1554, la réforinatton y avait faîi tant de progrès et les réformés y avaient un ffl ^rand zèle pour leur religion , que voyant le nombre des catholiques encore supérieur au leur, de sorte qu'il n'y I «vaîl pas lieu de réformer le village par ta voie des suf- I frages; ils demandèrent un ministre h LL. EE, de Dcrnc,

' B. Inïlr. [.àp..'ÏB.»il3S7, ' Mcm. de J. le ComU. Lettre de VircI ■ Cal' primée entre tei lïUrei Jo Calvin , MS. Tbom. 1B5. ' MS. Thom.303.

quOQVES VILLAGES aESTINT HIITIS- 431

avec olTredo l'entretenir à leurs propres dépens. ' Environ l'an 16-10, ' les rôformôs du village d'Echallens on est la résidcoce ordinaire du taillîf, entreprirent eussi de rôforiDcr leur paroisse de la même manière ; mais les Seigneurs de Fribourg s'y ëlonl fortement opposes, la chose ne put pas avoir lieu. Comme je n'ai pas de mémoires bien exacts sur celle afTaîre, je n'en dirai pas davantage pour ne pas avancer des choses incertaines; quoi qu'il eu soit, depuis ce lemps-là ces Seigneurs n'ayant plus voulu consentir à laisser réformer, de celte manière, les villages de leurs terres médiates, il est retilé dans ce bailliage 3 paroisses qui sont mi-parties à l'égard de la religion ; Bavoir, celle d'Ëchallens avec Villars-Ic-Terriaux , celle d'Ascens avec Btagniéres, et celle de Pollié-Ic-Grand , où il n'y a que 2 ou 3 familles catholiques, avec celle de Botlens son annexe, qui est mi-palrie et qui comprend le village de Potlié-Pillel, dans lequel il y a 10 à 12 familles réformées et une trentaine de catholiques. ,

VII. Le pays de Vaud et en général toute la Suisse romande, sans exception, avait élé depuis plusieurs siècles jusqu'à celui de la réformation un pays d'ignorance. Divers chapitres de chanoines richement reniés, comme ceux de Lausanne, dcNeuchâiel , deSaint-Imicr el de MouUers-grand-Val ; 35 à 40 monastères d'hommes aussi richement rentes , sans compter ceux des moines mcodians; toutes ces communautés religieuses auraient dû être , selon le but de l'esprit de leur institution, tout autant de sources de lumières el de vertu pour

• tas. Amp, 378. el Inïtc. 570.

* Cm ver» l'an 1680. Voye» danj l'Appendice t aujet. ( EiiiUur. )

IGHOBAMCB ■

FAKESSR DB£ FKBTEBS

les pays où elles se irouvaienl situées , je veux dire, loM [ sulant d'écoles , d'académies et de pépinières de gens , aavans. Mais, par un abus dcptoraLle des libéralilcs dei ' princes et des particuliers , ces maisons D'étaicnt que dH relroitcs de paresseux et d'ignorans , qui compiaat poor \ rien le soin de se rendre utiles k la société j s'engraûgttient d'une impie et perpétuelle oisiveté, virant d'ailleurs dans un désordre scandaleux.

UnepreuvecoDvaincantc de l'ignorance et de la fa^ j Dcautise dcccB gens-|à, c'est que parmi tant de ricfaes I communautés ecclésiastiques cl pendant tant de siècles, il ne s'est pas trouvé un seul homme qui ait pris la peine d'écrire la moindre chose , ni de laisser a la postérité le moindre livre, sur aucune science, au moins qui ecnl parvenu jusqu'à nous. lia reconnaissance et llionDeur auraient dû, pour le moins, engager les communautét de fondation rojalc , comme les chapitres de Laasaaoe el de Neucliâtel et les abbayes de Komainmotier et àa Payerne, à conserver la niémoirât(le leurs bienraîteun cl à nous tracer leur histoire et celle de leurs familloB. Mais il n'a pas tenu a ces ingrats et indignes animanx, que la mémoire de ces bienfaiteurs n'ail clé ensevelie avec eux dans unéteraeloubli. C'eslcequifait que notre bisloireancicunc est une espèce de chaos indcbrouillable où l'on ne voit ni trace presque ni lumière, où il faut marcher perpéluellemeDt à talons et parcourir souvent un grand espace sans rien trouver, colin recourir i aux étrangers qui ont quelquefois parlé de nos aOaires ' en passant. Il faut en excepter un seul chanoine de Lau* Banne , nommé Cuno d'Estavaïel , homme de naissance, qui fut prévôt de la caibcdrale, près de 50 ans, sous 6 évcques, ù la (in du XII" siècle el au commencement du Xlir; encore n'a-t-il point composé de livre en

PEU LAISSENT QuEL^v-IJ fcRITS. HS ]

forme, mais seulcmeol après le grand et terrible em* 1 brasomeot de l'aa 1235, il ramassa divers moaanieiit ancienr, (qui étaient demeurés de reste,) el les (il copier dans le carlulaire de l'Eglise cathédrale. Je pourrais encore en excepter l'aulcur d'un système abrégé et maDugcnl de théologie ScbolastiquCf écrit ' eo parchemin, que j'ai trouvé à Itfoudoa, chez un de mes parens, et qui paraît être au moins du XUP eiècle. Nais comme cet ouvrage ne porte point le nom de son auteur, je n'en puis porter aucun jugement- Les catholiques m'objecteroat peut-cire trois évéques de Lausanne et un chanoine qui ont laisse quelque nionumcDt de leur existence; Marîus , mort l'an 601 qui a écrit une petite Chronique de son temps, fort maigre, et fort sèche; ' Amédée mort l'an 1162 qui H écrit huit Homélies a la louange de la sainte Vierge ; * George de Saluces, mort l'an 1461 qui a compilé l'an 1447 les Constilutions Synodales de Eon diocèse -, ^ enfin JUarlia Franc, prévôt et chanoine de Lausanne, et secrétaire de deux papes * dans le XV'^ siècle, qui a écrit deux petits ouvrages fraoçais, l'un eo vers, et l'autre mêlé do prose et de vers : te premier intitulé le Champion des Dames ; et le second V Estrif dejortune elde f'ertu. Mais je rcpoodrai à cela deux choses; 1" ces cvfjques et ce chanoine claîcnt tous quatre ctrangcrB; marins était Bourguignon; A m cdce Dauphinois, George I de la Val d'Aoste, et Martin Franc, Artésien, ou Norn J

' On la trouve dani le Recueil des anciens historiens de France, ' par l>o Cbéne.

* Eliu «onl dans la Bibliothiqu» dtt Pàret.

' Je les ai entre les maint, imprimées par ordre d'Aymon de I Monlfaalcon, pénultième cvcquc de Lausa

Tonx ItDitliaanaire de Barle.

niiiitd. 2" Le» compilations des Irotii dcroicrg soat de* marchaadises de contrebande dans la republique des lellreSf ou pour mieux dire, des espèces de bas %loi qui n'y oat aucun cours, et dont on n'y fait aucun ras, psrce qu'on n'y apprend rien qui vaille la peine de les lire.

Il était donc bien nécessaire que quelqu'un vînt enfin travailler à dissiper ces Icncbrcs épaisses quî ne pouvaient enfanter que bigoUeric el que corruption, et à in* I troduirc parmi nous le goùl de la science et de la verta. L. C'est à quoi LL. EE. de Berne pensèrent des qu'iU et [ furent rendus inattrcs des trois petits pays ; ' dont on a I parlé. Ayaut entre les mains le trésor de l'Eglise caihc- I drale de Lausanne, le temporel do l'évêquc, et les terre I et les bénéHces d'un chapitre de 30 chanoines, ils crurent devoir' en appliquer une partie au bien et à t'avan* tage de leurs sujela, et ne pouvoir en faire un meilleur I usage qu'en fondant à Lausanne mcine un grand collège itie académie où l'on enseignât les langues savantes, I et diverses sciences nécessaires, soit à un homme â'B- \ glise, soit à un homme de police. D'ailleurs, voyant ta peine extrême qu'on avait à trouver des ministres pour pourvoir au\ besoins des Eglises, ces sages ma^isirals I comprirent qu'il était absolument nécessaire d'avoir uns académie qui fût un séminaire de minislres, en sorte Igu'on n'en manquât jamais; comme aussi parla bénéfici- F tïon du Seigneur, on n'en a jamais manqué; et même I l'on a été, cl l'on est encore on état d'en fournir aux Sgliscs étrangères.

Comme il n'est venu jusqu'à nous que peu de monulens de ce temps-là, je no puis pas donner un grand détail de ce salutaire établissement. On sait seulement

' .Csui de Vaod, de Gsx et Je Chablai

R en gros, que dans le commenceiDenl les niiniblrcs de il Lausanne, aussi bien que ceux de Thonon, donnaient* I des leçons de théologie aux jeunes ecclésiastiques, qui f ayant embrassé sincèrement la rcforioation, se destinaient nu saint ministère. On a vu aussi dans un tome précédent, que les Seigneurs de Berne avaient fait venir de Zurich un jeune savant, uommé Jean Rbcllicanus, l^iour enseigner les langues saiutes a Berne. Ils ,tîrent ta même chose l'an 1 537 eu faveur de leur Pays Homaud. Il est indubitable qu'il y avait à Lausanne cette année-là (lu professeur en langue hébraïque. On peut s'en assurer par un petit fait curieux qu'on trouve dana les archives de Lulry. ' Le 1"' d'août, Matthieu de ta Crois, ministre de Lutry, représenta au conseil; a. qu'il avait dessein d'aller demeurer à Lausanne jus<ju'à la fcic suivante de Fâques, pour étudier l'bébreu auprès d'un docteur; que cependant il n'avait pas voulu le faire sans l'agrétnent du conseil, et qu'il les priait de ne pas le trouver mauvais. » Le conseil lui répondit, r qu'on y consentirait sans peine, s'il n'y avait pas des enfans à baptiser ; que cependant il devait savoir à quoi l'obligeait l'emploi qui lui avait été confié par les Seigneurs de Berne, ntatthicu Ipersieta dans sa résolution; mais pour parer ;i l'inconvcnicul des enfans à baptiser, il promit de venir prêcher à Lutry trois fois par semaine, s'il était nécessaire. Ce premier professcurcn langue hébraïque fut Jean ImberlouHimberl, ' qui y était encore l'an 15i3. Apres lui on eut Pierre Ribbet, qui fut suivi de Jean Raymond lïIcrIin.Cedernierydemcurajusqu'àlalinderan 1558 ^

• Maouel. loi. lUI.L.

"• ^ actis Auil cl Viu Gcïsuuri

* E« actU et aliis moiiumuuli*.

La RiL-me apncc dont j'ai déjà parlé 1537, LL. ES.

appelèrent do Zurich le célèbre Coored Gessoer, poor

[ élre le premier professeur en langue grecque à Lbih

' lanne. Il y demeura trois bde; et quitta l'ao la40pour

1 retourner dans sa pairie ou certaines «flaires le rttf^

pelaient. *

JuEqDes k l'an 1 5iO il n'y eut point de règlement fixe

pour les deux professeurs en tangue hébraïque et en

. bogue grecque. Mais cette année-là, les Seigneurs de

l Berne ayant trouvé à propos de fonder a Lausanne un

I grand collège, dans la m^me vue qu'ils y avaient établi

une académie, firent un règlement fixe pour ces deui

professeurs. * Et l'an 1546 ils en firent un second pour

l'établissement de deux autres professeurs, ^ l'un pour

la théologie, cl l'autre pour la philosophie. Yirel proposa

Farel à LL. EE. pour professeur en théologie, mais ces

L Seigneurs ne l'agréèrent pas cl ordonnèrent ^Vircl de

I leur en chercher un autre. * Ainsi l'an 1547 il leur

1 proposa Jean Ribbil ou Rebîl, qui fut agrcé^ et qui par

Ik fut le premier professeur eu théologie sans être pa»-

leur de l'Eglise. ^ Tl y était encore l'an 1550.

Pour ce qui est de la philosophie, celle chaire fui

' remplie premièrement par Claude Quîntio, l'an 1^8, '

ensuite par Eustache Du Quesnoi, homme de qualité,

natif de Lille en Flandre, docteur et lectgrur en mé-

* Geiinor in EpiitaU ad Consnlc Berneni. prxExa LttiaK Ver- I ùonî Collecta neor. Job. Slobiei : de A. 1GA5.

' Arch. du château de Laus.

^ Vu le Décret aoi Arch. de Berne.

* WeUch-Miii.

' El AclU

!)■ I.Al'EAI<MS. 497

deciue, qui viola Lausaaac l'ao 1551 ' en janvier, ei y demeura jusqu'à l'an 15&7. Il fui suivi de Jean Tagaut, * qui fut professeur en philosophie et co maihcmalique.

François Hotloman, ^ Claude Prevol, Jean Randon et François Bcrauld, y furent successivement professeurs en belles lettres. * Ce dernier y fut jusqu'à l'an 1559.

Après Gesner, on eut à liausanne, pour professeur co grec, un espagnol natif d'AvîIa^ nommé Pierre Nunnez. ^ H eut pour successeur au mois de novembre de l'an 1549, Théodore de Bèze, ^ dont le nom seul vaut un éloge. Ce grand homme y demeura dix ans, au bout desquels il alla joindre Calvin à Genève où il passa le reste de sa vie. Pendant qu'il fut à Lausanne, il composa quelques ouvrages ; entr'autrcs il traduisit cent psaumes en vers français, pour les joindre aux cinquante que Clément Narot avait traduits. Et ces psaumes ayant été mis eu musique, on en introduisit incessamment te chant dans les Eglises pour faire partie du service divin. On avait commencé dans l'Eglise réformée de Grandson, à introduire le chant des psaumes, le 1" décembre do l'an 1540, et dans ces commeocemens avant qu'on eût la paraphrasedeThéodoredcDêzc, ony chantait, àl'en- Irée du sermon, VOraison Dominicale ei\e symbole , cl à l'issue deces actions, lesA> commandemens de Dieu/

' Mail, de Un*. II.

' E Lib. SutiKriplion.

> En Aclis : «t Dklional. Bajiil.

* El AU. cl Viu Sturkj apuJ Mi;Ich. \dixa ; Vilx Theo!oj;or.

" V.% Atl.

' E Libro Subscripiïon. Iiem. ViU Bc» a|>u(l Melcb. Adiiu.

^ Mcin. de J. te ConiU.

U8 A':AnÉMiE

Dans ces coniniencemeDe l'académie de Lausanne ne donnait ordinairement l'imposition des mains poBf le saint- ministère qu'à ceux qui étudiaient aux dépens de LL. EE. , et tout au plus à ceux qui voulaient re> cevoir d'elle leur consccratiou. Les classes exerçaient le même droit. Mais dans la suite des tems, les affaires ccclésinsiiques ayant été réglées d'une mfinière plus délailléc et plus étendue , LL. EE. ôlèrent ce droit aux classes l'an 1612, à cause de quelques désordres qui ctaicut survenus , et voulurent que l'académie seule consacrât les proposans pour le sainlminisLcre. ' Cependant la classe de Payerne exerça encore ce droit l'an 1621 , maisceTul pour la dernière fois; , et celui qu'elle consacra ne lui Tit pas honneur. *

Je n'ai pas dessein de faire ici l'histoire de l'académie de Lausanne. IHon plan ne me le permet pas. Je me propo§c de la donner dans un autre ouvrage* s'il plait au Seigneur. Je me contenterai de dire, qa'â me renfermer seulement dans te siècle XVI', elle a feu plusieurs savans hommes r fort célèbres dans la r^

■ publique des lettres, par leurs doctes écrits; de 6orl0

■ que l'on peut assurer, sans hyperbole, qu'une seale f^nnce de cette compagnie a donne plus d'écrits aupnl'iilic, que 3Q à ^0 riches communautés de gens d*E- \ ghses catholiques n'en avaient donné dans millË ans

A davantage. Outre Pierre Virel et Théodore de Uèze, Ion y a vu Franrois Holtoman, célèbre jurisconsulte , 1 <]ui y fnl établi professeur en belles lettres et en his- I toire, l'an 1547. Antoine de Chandieu, théologien lire et de grande naissance , qui y professa le tbco-

' Vq lEdit.

^ E» AciisCla.-.».! Pdlcr

logic ^raluitcmeDl vers l'an 1b70. Michel Horiin, professeur cil Hébreu , l'an 1 574 , en même lems que Jean Horiin fui appelé de Heidcibcrg à Berne , pour y professer la même langue ; Nicolas Colladon , natif de Bourges, aussi professeur en théologie; Bonaventurc Corneille licrlram, de Tbouars en Poitou, professeur en hébreu, l'an 1588, qui fui suivi de Jean Haller, Bcrnoifi. Jean L'Epaule ou Scapula , l'abbrévialeur du thrcsor de la langue grecque d'Henri Etienne, fai professeur en celle langue l'an 1579. /Ëtoylius, fils de François Porlus , grec de nation et Candîol, fui professeur en grec l'an 1581, et après lui Henri Etienne, l'an 1592. Nicolas Scguicr, parisien, d'une famille illustre dans la robe , et qui a donne dos chanceliers à la France, après avoir clc minisire à Paycrne, dès l'an 1581 , fut appelé l'an 1594, à l'Eglise et à l'académie de Lausanne, où il mourut de peste l'an 1599. EnJîn Guillaume du Ituc ou Bucanus, après avoir servi 23 ans l'Eglise d'Yvcrdon, fut fait professeurcn théologie l'an 1591 , el mourut l'an 1603. Lesystèmodc ihcologîe, que nous avons de lui, et les diverses éditions qu'on en a faites ' sont une bonne preuve de sa capacilc.

Les privilèges qu'on donne aux gcns-d'éludc sont d'un grand usage pour attirer des ctudians dans une académie. Les Seigneurs de Berne curent aussi égard à cela. Et comme l'an 1553 le conseil de Lausanne mettait un impôt sur tous les étrangers, tant sur ceux qui tcDaient ménage, qucccuic qui n'en tenaient point, et qui étudiaient, LL. EE. leur défendirent, te 12 avril 1553, de mettre un tel impôt sur les gens d'étude, afin

' A Genève l'on 1603 pour la première loii ; et la dcrnii'ic I'.iti 1630, Il c«i iplitulé, Imlilutionci Tlicola(>ic«, cic. SO

que cela ne Or ]ioiul de ton à leur acadcrotc el à leur collège. *

Vni. Les roagistrals de Genève avaient pris toutes

tes mesures possibles à la prudence humaine pour établir

leur rcformalion sur de bons fondemens. Cependant dî-

.vers mauvais esprits , que la crainte do la guerre de

Savoie avaient retenus quelque temps, cclatt-rcnt eiex-

. «tcrenl des troubles l'an 1537. Le sujet de leur mécoii-

l lentement fut la coofcssioa de foi, dressée par Far«t,

Isnï avait cto impnmee et publiée, et reçue gcaérsle-

I aaent par toute la bourgeoisie. Le litre de cette confe»-

I sîon portait ; « qu'on devait jurer de l'observer. » D'au*

I tre côte on y avait inséré les X commandemcns de la

i lioi de Dieu. Les mccontens disaient donc qu'on voti-

' lait les engager à jurer d'observer ces commandemeoa,

ce qui était impossible ; el pour cette raison ils refusa

[ rcnt de prêter ce serment, Les Seigneurs de Berne

I aidant appris cela, résolurent d'envoyer quelques con-

[ aeillers à Genève, pour travailler à j rétablir le calme

' et l'union. En même lems ils donnèrenl avis ' ( le 6 de*

eembrc 1537) de leur résolution à Messieurs deGeoèvc,

leur témoignant le déplaisir qu'ils avaient de la division

h l|ui troublait leur ville, et les priant d'attendre l'arrivée

I de leurs députes. ' Mais dans le tems que ces députés

I étaient prêts à partir , un genevois , nommé Hugues

I Tandel , qui était alors à Berne , dit à LL. EE. que le

I calme était rétabli à Genève ; ce qui fil qu'ils retin-

I tent leurs députés, el se conlentcrcnt d'écrire à Me»-

Biours de Genève le sujet de ce contre ordre, cl de les

' B.WeIsch-Mis*. a08.

' 8, Wclïch-Miîs. 47.

I exhorter à l'union et à la paix. ' Mais il n'en ctaîl rien , et bientdt après, Parel et Calvin écrivirent aux Seigneurs de Berne que le trouble durait encore. On les informa en même temps de la source de ce trouble de la manière que je l'ai rapportée ; je veux dire, le litre et l'appendice de la confession de Farel. Les Seigneurs de Berne, pour pouvoir prononcer sur cette affaire en cas de besoin, avec connaissance de cause, cxamÎDèrenl cette cooTession et l'envoyèrent à leurs ministres pour avoir leur avis là-dessus. Les ministres la trouvèrent fort bonne et tont à fait conforme à la Parole de Dieu, lia dessus LL. £E. envoyèrent deux députés à Genève,* pour IravQÎUer à rétablir la paix et l'union. En même temps ils donnèrent avis le 28 décembre aux Genevois de cette résolution, les exhortant à bien considérer le bonheur qu'ils avaient d'être parvenus h une liberté tem* porelle et spirituelle ; et à demeurer unis pour la gloire de Dieu, pour leur propre avantage, et pour ne pas donoer lieu h leurs ennemis de se réjouir de leurs divisions, etc. ^ Ces troubles de Genève durèrent encore l'année 153S cl vinrent même à un éclat étrange cl scandaleux, qui pensa y faire périr la réformation. Mais c'est là un sujet trop étendu pour être rapporté ici en peu do mois. On en pourra parler dans la suite.

Après ce qui était arrivé à Genève, .qui s'était réformée à la longue el en bonne partie par la seule voie

de la persuasion,

[! faut pas s'étonner si la reforma-

tion avançait lentement parmi les nouveaux sujets do Berne, car le chaDgemeot des esprits et des cœurs n'est

■ ibid.as.

' Jean RodoKdoGrafciiricdt et Jein Houber.

* !bid53. tllnslr. C, IG9.

Ml IK RÉrOfiMATlON EST LEitTI

pas l'ouvrngc d'uu jour. On le dev^i encore moins Al- (cndro d'un ya^n où l'on avait vécu dans une profonilt ignorance cl une grande Bi]|)cr8lîlion; cl «i d'ailleu;^ on ôuit étrangement [irôvcnu contre les uiinistrcs et ia rcforiués. On en peut juger par ce qui se passa dans trois ou quatre endroits du Pays-de-Vaud, comme i Lausanne, a Lulrj', à Oron cl à Yverdoo; car ce fut à peu près la même chose partout ailleurs.

A Lausanne vers la lin de juillet , on surprît un bovr* geoifi qui avait fait faire quelques cérèmonicE de l'Ëglîsc muiaïne dans sa maison , eu ()rcsence de ptusictirs «t 1res personnes; on le mil a l'amende, lui cl lous ccu qui avaient clé dans celte assemblée. ' Cepcndanl Ih magistrats y toléraient les prêtres qui avaieul rcfosê d'embrasser la réformation et souffraient qu'ils exerça»sent encore toiile sorte d' idolâtrie . " Les Seigneurs dr Berne l'ajant ajifiris leur en écrivirenl une lettre de reproche, leur ordonnant de faire sortir ces prêtres de leur ville et de leur seigneurie. Ha leur ordonnèrent en même leras de donner 200 florins de pension h leur diacre, au lieu qu'ils ne lui en donnaient que 60. ^

Les conseils de Lausanne ne s'empressèrent pas à exécuter cet ordre. C'est pourquoi leur LL. £E. leur eo écrivirent encore le 8 octobre, leur ordonnant de le faire incessamment sous peine de leur indignation, el de voir révoquer les concessions qu'on leuravail faites, demandant prompte réponse. * El comme cela ne futpas mieux exécuté, les Seigneurs de Berne citèrent les magistrats

* Man. de Lau). II. 30. b.

* C'est l'eipreiaion ilonl se icrvaienl LL. EE. lie Berne dins leur lettre au conseil de Lausanne.

' Wclsch-Miij. II. IS-b.

* Ibid, Î7. b.

- do Lausanne à venir leur rendre raison de leur conduite {tour le lundi 3 dccombre. '

II en clait de mi^me à Lulry. Lo dimanche de Quasimodo , 8 avril , le mayor du dit lieu fit assemblcrlc con- Hci) général el lui lui une lettre des Seigneurs commis de Berne, qui censuraient ce peuple de ne pas vouloir entendre prêcher la Parole de Dieu et de ce que plusieurs vivaient dans le concubinage, etc. ^ Le jeudi 19 du même mois, ceux de St. Saphorîn pins ardens que les autres, proposèrent une nouvelle conférence des quatre paroisses de La Vaux pour s'opposer à l'édil de réformation. Le dimanche suivant 22 du mois, S paroisses CuUy, St. Saphorin et Corsier, s^'assemblcrcnt par députer à Cully, et convinrent ensemble de convoquer une assemblée générale des quatre paroisses alin de prendre de bonnes mesures pour réussir dans leur dessin. ' Cependant , je pense que cette assemblée générale n'eut pas lieu , du moins je n'en ai trouvé aucune trace dans les registres. Une assemblée de cette nature aurait pu paraître suspecte cl sentir la sédiciion. On le fil comprendre apparemment à ces gens-là, ainsi ils en abaadonnèrent le dessein. Lorsque, après le synode de Lausanne , le Mayor fil dire au conseil , le jcîjdi 25 octobre, qu'il avait ordre du ballif de faire publier que cIibcud homme et femme, allât au sermon le dimanche, sous l'amende de 60 sous, el d'établir des surveilla ns ou commissaires de quartier, (que nous nommons dizcoicrs) pour yprendre garde , le conseil le pria de ne faire publier ce règlement que sous l'amende de 3 sous. Le

' IbiJ. HG.

' Man.deLutry i. i

tli LvTKi d'avakci ql'avic Pline.

Mayor ayanl aussi averti le coDseil de faire murer loi>tes les portes des chapelles à la réserve d'uDo seule, h conseil ordonua qu'on en murerait deux. *

Dans le même temps le niiuistre Dlatlbieu se préMBlt devant le codbcïI, et après l'avoir encouragé à Caire dm dépulalïoa à Berne pour obtenir quelques biens eo t* veur des pauvres, oETranl d'écrire en leur faveur et à LL. Ë£. et au grand ministre de Berne, il se plAÎgwt de la négligence du peuple à fréquenter les asscmUéei religieuses et de la vie scandaleuse de quelques-uns, qni vivaient dans le concubinage ou dans un commerce inpur et criminel avec des femmes débauchées, dema» dani qu'on y apportât du remède. Le conseil résolut di faire publier de nouveau le règlement qui ordonnait î tout le monde d'aller au sermon ; mais pour ce qui coocernait la punition des scandaleux , on lui dit qu'on laissait ce soin bu Itlajor et au baillif. ' Il fallut que ce ministre revînt encore une autre fois, le3 janncr 153S, à la charge pour ce sujet. ' Avec tout cela , il parait par divers endroits des registres qu'il vivait eu bonne intelligence avec le conseil, cl qu'il était sou vent 'employé en députalioDS avec des conseillers du lieu , quand il s'*< gissait de quelque affaire de conséquence et particulièrement de leur faire obtenir quelque grâce de Berne.

il y avait à Oron une chapelle où le comte do Gruyère faisait dire messe ; et lorsque les Bernois abolirent le papisme dans les terres de Uaut-Crci, on enleva de l'Bglise de Chalillcns l'image de St. Pancrace, qui en était le patron, et on la porta dans celle chapelle d'

* Ibid. 109.

) Ibid. 109. b.

* Ib. 119. 6.

I rilAGB UIBACULEUSE A«BO?l. AftS

F Co Sainl avait la répaUtioa de ressusciter les enrani pDiorlssans baptême, pour autant de temps qu'il en fallait pour le leur administrer. Cette réputation avait attire à Chaiilleas un grand concours de gens qui y portaient leurs enfans morts sans baptême, et c'était un lieu célèbre de pèlerinage. Quand St. Pancrace eut été transporté dans la chapelle d'Oron, les catholiques y accouraient de tous côtés. Ainsi cette chapelle arrêtait les gens d'Oron, et les empêchait d'aller au prêche à Chatillens. Cen'ctaicnt pas seulement les sujets du comte qui allaient à cette chapelle ; mais aust^i ceux de Berne, en particulier de la Vaux, et même de Morges cl de RoUe qui y allaient entendre la messe, se confesser, recevoir les sacremeos, et y 'portaient leurs enfans morts sans baptême; comme cela arriva dans les vendanges de celte année qu'on y en porta deux, l'un de près de Morges, et l'autre de la paroisse de Iiiilry.

Germain Jensch, gouverneur du liaut-Crêt pour les Bernois, leur donna avis de tout cela, tes priant d'y mettre ordre: et il leur demanda la pcrraisaion de brûler cette image de St. Pancrace; leur remontrant que si on la transportait à Gruyère, cela causerait de plus grands frais à ceux d'entre leurs sujets qui étaient encore faibles en la foi, et qui ne manqueraient pas d'y porter leurs enfans morts sans baptême. '

I] y a dans le comte de Neuchâtel deux seules paroisses qui ont conservé la religion romaine, la petite ville de Landeron et le village de Crissier. Les Seigneurs de Berne travaillèrent à y introduire la réformalion ; mais ^ils n'en purent venir à bout. El d'abord comme ils avaient le droit de collature sur l'Eglbo de

U0 8SSA13 DE RiFOnMIR

IjanderoD, ils écrivirent au conseil du lieu, de congcdiei leur cure, voulant qu'on lui ôlâl Bon béoéricc, pouF mettre ud ministre à sa {ilace. ' Le conseil de Landemn refusa d'obéir. LL. EE. de Berne envoyèrent deux dtpuléa à Neucbàlcl, proposer à la régence du pa\s de prendre des mesures pour introduire la réformatioB dans ces paroisses. Mais celle dépuiatîon ne produisit rien; c'est pourquoi LL. EB. écrivirent à George de Rive, baron de Pran^ns, gouverneur de NeucbAlet, pour l'exhorter à prendre soin de celle affaire ; lui de mandant une proraple réponse. '

Les gens de ces paroisses résolus de perscvcrcr daM la religion romaine, chercbèrent une protection dans Is voisinage ; et les Seigneurs de Berne furent avertis que les communautés do la Chalclainio de Thielc voulaient faire un Irailé d'alliance et de com bourgeoisie avec la ville de Solcure. Ils en écrivirent le 6 décembre 1537àb duchesse de Longueville, comtesse de Neuchâtel, et à dePrangins, gouverneur du pays, leur témoignant que ce dessein leur déplaisail extrêmement, et qu'ils les priaient de s'y opposer. ■' Itlais nonobstant ces soins, le traité fut conclu entre l'étal de Solcure, el la Chatelainie de Tbîéle ; et ces paroisses appuyées par ce canlon, w jclèrent opiniSiremenl la rérormalion. Jean Hardi, eh£telain de Landeron, et zélé reformé, seconda de touW sa force le pieux dessein des Seigneurs de Berne. Ayant exircmementàcœur d'y introduire la réformation, il allA trouver le gouverneur de Ttle de St. Jean, vers le milieu du mois d'août de l'an 1538, le priant que, comme lii

' Wcl»cli-MiM . p,5.

* Ibii). 3^.

' tbid. 47. k

' teQani Ac LL. EE. de Ucroc, qui étaient patrons dii j IiaDderon, il lui permît d'y faire prêcher un ininistre.' Après avoir obtenu celte permission, il pria Farci de venir prêcher dans ces quarliera-là. Farci vint, et précfaa au Landcron, dans une maison qui appartenait a la princesse, ' Les gens du lieu en furent fort irrités, du moins en partie; et ils s'en plaignirent a l'clal de Soleure. Les Seigneurs de Berne l'ayant su. résolurent d'y envoyer des députés pour mettre ordre à cette affaire ; et en attendant ils écrivirent le '24 décembre 1S38 au chàiclain Hardi, qu'il pouvait s'épargner la peine et les soins qu'il s'était donnés. ' Mais leurs soins ayant Clc inutiles, à cause de l'attachement de ceux du Landcron à la religion romaine, ils s'y prirentd'uue autre manière. En qualité de collateurs et de patrons de cette Eglise, ils en lîrcnl arrêter la pension, disant, qu'ils ne la voulaient payer qu'à un ministre. Ces geus du Landcron en lirenl grand bruit, el les Seigneurs de Soleure leur en écrivirent une lettre de consolation, qui contenait des choses trcs-forles contre la conduite de l'état de Berne. ' Cependant de Prangins, gouverneur du comté de Heuchâtel, qui avait rejeté la réformalion pendant plusieurs années, l'embrassa enlln après l'avoir mieux connue, et parut dans la suite autant :eclc pour cette religion qu'il l'avait été auparavant pour la catholique. Il promît aux Seigneurs de Berne de travailler à introduire la réformalion dans les paroisses de Landeroo el de Crissîer ; el le 12 novembre ISi 1, LL. EE. de Berne lui ëcrivircnl pour le faire souvenir de ce qu'il leur avait promis. '

' IHS. Grouii.

' D. \Vo1*ch-Miis. 9S.

* MS. Groo».

* WcUch-Miw. S6S.

De PraDgîns lînt parole ; il y eut confcreocc aa Lan-

I deroDie l4 mai 1542. Les Seigneurs de Dertie y envoyé-

I TCut deux dépulcs, eolr'autres le Banderel de Graffei>-

I rîedl. Ils Icschargèrenl de représenleraux geos de celle

paroisse ' « Que si LL. EE. avaient retenu la pCDsioa de

leur cure , ce o'claît pas par avarice , puisqu'ils oe eou-

) Imitaient rien plus que de la laisser à un bon pasteur, et

r de les conjurer , au nom de Dieu et pour leur propre »a-

j lut, d'embrasser la religion évangclique. » Quant ces

I dèpulcsfurcntarrivés, de PraDgins lit assembler les dein

I paroisses a la pluralité des GuiTrages. A lianderon U

I pluralité fut en faveur de la messe , maïs à Crissicr elU

] fui CQ faveur de la réfortnatioD. Les Seigneurs de UerM

[ eyanl appris cette nouvelle , écrivirent a de Praogîas,

' 1c 19 mai 1 542, pour le remercier de ce qu'il s'était Irèa*

bien comporlé à celte conférence de Landeron. Ile lui

disaient en même lems qu'il ferait bien d'établir à Cris-

T un ministre sage et prudent , afin de ne pas irriter

I les catholiques, qui voyaient avec un souverain dcpUi*

I turque la réformation y eût eu la pluralité des suffrages.*

Les Seigneurs do Berne avaient raison de craindre la

violence des calholiquerde ces quartiers-là, car quo^

que la pluralité eût été à Crissier en faveur do ta reforma-

lion, ils ne voulurentjamaissouJTrir qu'on l'y établit, se

I senlant soutenu dans leur opiniâtreté par l'état de So-

i leure. Et lorsque l'an 1 546 , de Prangins y envoya deux

[ ministres pour y prêcher, ils y furent assassinés, ce qui

I arriva vers le commencement de décembre. ' C'est ainù

I que les catholiques savent maintenir leur sainte religion.

* Welsch-MiM,295.

NOUVELLE DÉPlTATKtN DES SEKÎNEIKS DE liEllNE. Vi9

Avant que de finir cet article de la principauté de Neiichàlel , je remarquerai que toutes les autres Eglises de ce pays-là ^ embrassèrent en peu d'années la religion reformée et qu'aujourd'hui elles bodI conduites par 39 à 40 ministres qui composent une assemblée générale qu'on nomme classe^ subdivisée en cinq colloques : 1^ celui de Neuchâtel qui comprend 9 ministres. 2^ Celui de Boudry qui en comprend 7. 3^ Celui du Val de Ruz , (en latin Vatlis Rodulfi) qui en comprend aussi 7. 4® Celui de Val-Travers qui en comprend 10. Enfin 5** celui des Montagnes qui en comprend 7. En tout 40. ■

IX. Pour revenir à la réformalion du nouveau pays romand de Berne ^ au commencement de Tannée 1538^ le 5 janvier, LL. EE. y envoyèrent de nouveaux députés chargés de divers ordres : V Ils leur ordonnèrent de régler ce qui concernait les chapelles. Ils devaient examiner ce que valaient leurs revenus en prendre une portion pour établir des ministères dans les endroits qui en avaient besoin , quand même on n'aurait pas encore des ministres pour les desservir^ et réserver le reste pour LL. EE.

2^ Donner à ferme les biens ecclésiastiques aux plus offrans. *•

3^ Quelques prêtres ayant embrassé la réformation , apparemment pour conserver leurs prébendes, qu'on leur avait laissées en celle considération , conservaient encore le papisme dans le cœur et en observaienl encore secrètement les règles. On devait les priver de leurs prébendes s'ils ne s'acquittaient pas de leur devoir et

* Quelques-uns de ces bails à ferme ont été convertis dans la suite en abcrfreroens perpétuels.

màtoù lat hflnnir , s'ils prMîqamenft quelque cercoMik papisUque.

4^ Ils deTtionI f«ire nellre ea irieon les geadihommes, qai ne vouleieal pM eîler ewc préchesy si Im résenrer ao jugemeDi de hL» EB. poer une plus pends punition, selon l'esigence do leit. On dnvnii mène ooi» demner ces gens*là eu bsnnissemeni^ nu ces qu% as ▼oolnssent absotansenl poini eerfireaser in réfiMroialiQa, 5^ Eacaminer ensuiie le Tie dea rcKgieiises da Usa près de Coursinge, au bailliage de Thoncnit pour la chAiier k cause de leur vie soandalcuae.

6* Donner une bonne cure an diacre de Tbonon, nommé FromenI , avec une maison propre a faire des levons.

7* Il y avail à Tbonon des prêtres et des moines y a qui l'on avait laifiso leurs prébendes, parce qu'ils avaieol embrassé la réformalion. On devait laisser ces prébendes à ceux qui pourraient étudier pour le ministère cl leor fournir même des livres, pourvu qu'ils écouiassenl les leçons; (apparemment de FromenI.)

8^ Enfin ils devaient faire un traité avec les moines de Bonmont^ pour une pension viagère, afm qu'ils quittassent leur couvent. '

Ces députés donnèrent aux bourgeois de Tbonon le prieuré de leur ville , avec tons ses revenus, à condition qu'ils entretiendraient leurs pauvres , les b<timens publics , un ministre , pn diacre et un maître d'école. Cette donnation leur fut confirmée à Berne le 7 d'août suivant. *

Les Seigneurs de Berne accordèrent encore oelte sa-

• Inslr. 179.

■ B.Ibid. 1.35λ.

^^^^^^^ SYNODB 1 lAUSANKE VaV*. ISÔB. khi

l^née à la ville dePayeraej à l'iiumltlo requête de bcs habilaos, qu'on oe leur ferail plus pajcrqu'auÇ'deaicr.

mv IfiM lods des fouds qu'ils achetaient, au lieu qu'ib les jt avaient psyés juaqu'alors au 3' deoipr , selon l'iuagc àe

^t l'Eglise , ' ce qui était une cuncuEsioa esorbilante dans

■w l«s eccléeiastîques. RlaÎB daas la saile, (pour le dire ici ea

E'j' passaul), lili. E£. eurent labontéde diminuer encore ec 4 joug pesant des lodseldeles réduire au ]0, denier, par

^: tout leur paj£ , pour les fiefs ruraux, et au 6' pour les j fiefs nobles , quand c'est un noble qui les acbôlc.

Après leretour des députés de Berne, LL. £E, convo-

^ quèrcDt un synode général à Lausanne, pour La mi-carenie de l'en 1538. Ils donnèrent avis de cette convocation à leurs alliés de Genève, (par une lettre datée du 20 mars) les invitant d'y envoyer deux de leurs roinisires, Farel et Chaulvin, (Calvin), Dépendant a condition qu'eux et leurs ministres se conformeraient à l'usagt et aux rites de l'Eglise de Berne , à l'égard de quelques cérémonies ; a alio, (disaient-ils) d'âter à leurs ennemis communs tout sujet de calomnier. * » A Berne on coramuoiait avec du pain sans levain et l'on célébrait 4 fêtes religieuses, Noël, le J\'out)el-An, l'Annonciation et T Ascension. On faisait même la Sainte Cène à Noël; cornmc cela se pratique encore aujourd'hui. Enfin on y baptisait sur des fonts do pierre. A Genève au contraire oo communiait avec du pain levé, on ne faisait aucune de ces fêtes etl'on baptisait sans fonts de baplémc. Celte dilTcreoce de pratique sur des usages de peu d'importance, causait quelque froideur entre les Eglises. Il o'j «Tait pas entre les ministres des terres de Berne et ceux

ut stNnDe ne iKvsKwt

de la dépeadance dcGciicv<> louLe la bonne tnlelligeiM

qui aurait été nécessaire , et ils ne communiquateat pas

beaucoup ensemble. Les Bernois Eouhaitaicnt donc que

lee Genevois se conformassentà eux, à l'égardde ccsri-

lesdepeu de conséquence, aBn d'établir une bonne union

et une parfaite harmonie entre leurs Eglises respectives.

Us leur déclaraient donc dans leur lettre que « sans

ieiie conformiié les ministres de Genève ne seraient

1 èioint admis au synode de Lausanne, mais seulcmeal

I qu'on les y entendrait après la conclusion du synode,

f comme des étrangers, et qu'on traiterait avec eux à pan

Bur les choses qu'ils auraient à proposer. •

Le synode de Lausanne fui convoqué les dcrnten

l.jdurs demars de l'an 1538. Les députés de Berne fnrenl

deux ministres de cette ville, Pierre Runlzen et Erasme

, Rittcr, avec dcu\ conseillers du grand-conseil, Jean

Bubor et Jean Louis Amman. Ils curent o^dre cnlr'aa*

Ires , 1" de suivre dans ce synode la méthode qu'on te-

, nailau pays allemand. 2" D'y recevoir Calvin et Farel,

' au cas qu'ils voulussent se conformer aux Bernois pour

tes cérémonies el non autrement, et de leur déclarer,

que pour le pain de la Cène , LL. ËE. s'en tenaient pour

, éviter scandale , à ce qu'elles en avaient écrit aupara-

mt, que les minislrcs devaient être uniformes pour les

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