‹ Histoire de la réformation de la Suisse (volume 2)Chapitre 21 sur 32 · L-U cUdcMOUlj SiCI. X · texte numérisé non relu

L-U cUdcMOUlj SiCI. X

au monde où l'on eût moins de charilc, que là où l'on jirâcliail l'Evangile loiis les jours.

11". On s'y plaignit aussi de la rapacilc et des «torsions des commis des péages .

12°. On se ptâignîl de quelques baîllifs qui payaient tard tes pensions des ministres de leur bailliage.

13". En quelques lieux îl y avait des gens qui n'avaient jamais encore été aux saintes assemblées pour écouler les ministres. On pria LL. EE. d'employer leuf autorilc pour les y contraindre. Il y avait des villages entiers, dont les habilans n'avaient point encore été à aucun sermon ; et quand un ministre y allait prêcher, ils ne voulaient pas l'écouter, mais le chargeaient d'injures, et ils ne faisaient point baptiser leurs enfaas.

14°. On représenta que le peuple était scandalisé de voir des temples et des possessions publiques, converties <i l'usage des particuliers.

15°. En quelques endroits il y avait beaucoup de gons qui se mëtaicnl de sorcellerie et d'art magique.

16". A Aigle la bourgeoisie avait fait depuis longtemps de son propre mouvement, de louables riglemens contre l'impiété, les danses ei te luxe. On se plaignit de certaines gens qui voulaient y rétablir ces désordres.

1 7'. On demanda de faire abolir les brandons ou les feux ' qu'on allumait encore en temps de carême.

18**. A Aubonne, les nobles, le cbàtolain ot le secrétaire rejetaient la réformation. Les prêtres l'avaient cm-

' C«it un u9«f;e superstiiieui ijue les paysan» pnlîqiient encore aujouril'liui 4aiu quelquei vIlUgcs de U Subie AlUnanJe rétormée. On allume île grands ftux en pkine rue le 1" Diminclie (le carcine, qui, pour celle raison, est appelé dans l'Alnunacti. le DiuutKlw de» Braiidunt,

Iwaeséc; niai« t| paroi évidemment qu'iU ne l'aTaieoi fail que pur un vil intérêt, bCd do conserver leurs prébendes, ns portaient toujours leur hebil, n'allaient poiol aux sermons ; et dce que le serraou était fini, ils en- Iraient dans le lemjilc et y marmottaient leurs prier». Ils allaient publiquement viKÎter Ici malades, pour le consolera leur manière.

IS'*. On se plaignit en particulier des barons de £randcour et de Coppol, qui rejelaicnlopîniàlremenlU reformation, eus et leurs femmes : surtout le deraier, ( qui était de la maison de Viry, ) s'y opjHisati de toute &a force et voulait chasser le ministre que LL. EE, lui avaient envoyé.

30°. On donna beaucoup de louanges au bailUf de Thonon, Jcan-Rodolplie N.TgueIi, et l'on pria LL. EE. de l'exhorter à ne point se rebuter par les difGcullés qu'il avait à essuyer, mais à persévérer courageusement.

Farci le louait aussi beaucoup. Voici ce qu'il en écrivait à son ami Fabri. « Je vous félicite vous et les autres, dubonbcur que vous avez, par ]ii gr^cc âc Dieu, d''aTair un baillif si pieux, si fort amateur de la piété, et si zélé pour l'Evangile, qui non-seulement avauce et aïde par ses discours, mais aussi par des effets, ceux qui Iravaillent dans le champ du Seigneur. ' »

A Genève, le 14 janvier 1538. »

Ensuite du rapport dont on vient de voir la substance

en abrégé, les mimstrcs demanderont à LL. ËE. diverses choses, qu'ils jugèrent Dcceasairea pour le bien dcG Eglises.

1". Comme LL. EE. avaient réservé à leur consistoire de Berne, le pouvoir de prononcer divorce, on leur représeula qu'il y avait des gens si pauvres, que leur pauvreté les empêclierail d'y aller.

2°. On pria LL. EE. de casser tous les gens d'ofiice qui étaient d'une vie scandaleuse, usant d'extorsion envers le peuple, cl vivant dans l'impureté ; et de n'admettre personne à exercer les emplois civils, qu'il nefilt reconnu bien iatcniiouné pour l'avancemenl de la gloire de Dieu, et pour le bien de l'Etat.

3°. On leur représenta qu'il serait bon de régler une |icnsion aux assesscura des consistoires qui étaient très- - bouveni appelés.

^L 4". On les pria â'emplojer quelque portion des biens V^d'Eglise au soulagement des pauvres selon leur destina- I lion naturelle, afin d'arrélcr le cours de la vie men- I diaiiLe de tant de pauvres; et de fermer la bouche aux P ennemis de la vérité qui déclamaicnl contre la saisie de ces biens-là.

s". De chercher les moyens d'abolir diverses petites charges que les prêtres avaient mises sur les peuples, et que quelques personnes tiraient encore alors, ( et tirent encore aujourd'hui, comme la fçerbe de moisson), ce qui était un obstacle aux progrès de la réformation.

6", Comme toutes les sciences étaient méprisées, et que personne ne s'appliquait à bien élever ses enfans, il était nécessaire de donner à la jeunesse de bons régens, cl d'ordonner aux pères d'envoyer soigneusement leurs enfans aux catéchismes des ministres. On priait donc LL. EE. d'y mettre ordre. On les pria de régler ea-

Ir'auires uno pension au régent deMoudoD, comi avsienl déjà fait ailleurs.

7" On pria LL. EE. d'ordonner aux parens des jeaae moines et prêtres à qui on avait laissé leurs prébcndej, de les coelicr aux rcgcns d'école qui ctaienl à Laosannc, ou ailleurs, aTin qu'ils pussent un jour exercer It' saint mînislcre ; qu'autrement on pourrait employer cCi revenus à élever des jeunes gens d'un meilleur oalurel' On en recommanda quelques-uns d'entr'eux qui donnaient tieu de concevoir d'eux de bonnes espérances.

8". On leur représenta que la peine dont la loi de reformation mena«,-ait les adultères, étant fort légère, ht débauchés s'en moquaient, el qu'il était nécessaire ib leur en infliger une plus rude.

9". On leur proposa de n'admettre que des geot d'une probité recoanuc à tenir hôlclleric publique afin d'éviter de grand:

Les ministres demandèrent aussi à LL. EE, quel régicmens pour eux-mêmes, et pour rendre leur tère plus fructueux.

1". De n'admettre aucun ministre qu'il n'eût été ex*' miné sur la Parole de Dieu, et sur sa disposition à ob* tierver les lois de la rnformation, ce qui n'avait pas élé toujours observe exaclemcnt jusqu'alors.

S". De les délier de cette partie de leur lermeotqiri les engage à révéler tout ce qu'ils voient faire aux bail> lifs, aux gens d'office et autres contre la réformalioD; [ représentant que quelques-uns d'enlr'eux avaient éU exposés à de graudtj dnugCrs pour avoir voulu le remplir

«69 -^ (îdèlcmcDO ou du nioioadelcur prescrire quelque moyen

pour s'en acquitter sans danger. ^ S". Endn de leur donner une règle pour l'exercice de m la discipline de l'E^tiae, afin qu'ils sussent qui étaient r cenx qu'ils devaient admettre h la Sainte (lène, ou en exclure ; n car, disaicnl-ils, nous ne pouvons pas souffrir qu'on la profane et qu'on la méprise ainsi. »

Iifl synode dôlibera aussi sur les rites de la religion, cl

i la nccesssitcde se conformer à cet égard à la pra-

Ëue de l'Eglise de Berne. Us re(,'urent tous unanîmé-

tocul les ccrémonics ei les usag«s do celle Eglise, et

[' convinrent :

1°. De baptiser sur des fonts de pierre; 2° d'user de 18 levain dans la Sainte Cène, à condition qu'on Il le rompre el qu'il y eût des gens chargés de le faire; • enfm, d'observer les quatre fêles.

Conformément aux conclurions do synode de Lan- Mnne, LL. £E. do Berne publièrent un édil, par lequel ils ordonnèrent ; 1° que dans toutes les Eglises où l'on bapliscraii, on devait ériger au devant du chœur, des fonts de baptême ; 2" d'user d'hoslîea en la Sainte Cène, 8Î on pouvait le faire convenablement et sana scandale : « n'enlcndânl pourtant par ceci, disaient-ils, que baptiser les enfans sans pierre, ou célébrer la Sainte Cène do Notre Seigneur avec le pain commun, que cela soit mal fait, ou contrariante la Sainte-Ecriture; ainsi alla qu'un même usage et usancc en soit tant tct au près, qu'en iccux nos dits paya conquis ; » 3° d'envoyer les enfans aux écoles el aux catéchismes, cl dêrcusc de les

Ï60 onDOfNÏNCU DBS SeiGNBUKI PE DBRHB.

navojer aux écoles papales; 4° ordre aox préltt? (l'assister assidilmeul aux colloques des ministres.

En même temps ils eavojèreot à leurs baitlifs la co(« des ordonnances failes l'an 1529, pour l'clablissemeDida WRsisloire de Berne^ cl pour toutes les causes dont 31

^devait juger avec le détail des peîoes ou amendes, ii posées à ceux qui violaient les lois ; voulant que les coasisloires du pays suivissent ces lois dans leurs proccdutti et leurs jugcincDS, a cela près, qu'ils rcservnieol à lev consisloire de Berne, le pouvoir de donner senlencedi divorce. Dans ces lois ils déclarent les cnuees pour l» quelles ils permetlenl le divorce, outre l'adultère » voir : 1° quand l'un des deux jugaux aurait commis a

■ crime digne de morl ; 2" quand l'un des deux aurait lî malheur de devenir furieux ou enrage, cnsorte qtM l'autre ne serait pas en sîlretc de sa vie auprès de lui; 3° que l'un des deux aurait menacé de vouloir délibèriment paillardcr; 4" désertion malicieuse et longue:

Li" enfin la lèpre.

Le reniement des quatre fêles a été constamment observé depuis le temps do la reformations mais il n'en a pas été de même des autres. Dans le pays allemand de Berne on a conservé les fonts de baptême; mais dam le Pajs-de-Vaud, on n'en voit ancun. Je n'ai pas pu découvrir dans quel temps ce changement a été ("ail. II est pourtant cerlain que l'usage de ces fouis y fut introduit des le commencement de la rcformalion, et conlirmo ensuite par ce synode et par l'oidunnance des Seigneurs de Berne. On en voit une preuve dans ce que j'ai rapporte dos églises de Njon el d'Aubonne.

Pourco qui regarde le deuxième article du synode, je veux dire l'usage du pain sans levain dans la Sainte Cène, il fut observe par loul le canton jusqu'au com-

Bbnccment du XVII'' siècle, ( comme il l'arail êlé déjà s le commencement de la rcformatïon. * ) Klais l'u- 3 dos azymes fut catia aboli, et celui du pain comkbo introduit dans tout le canton au lioul de 70 ans, par lotorilcdu souverain, et par le conseatcmcnt des mires. Cela se fit dans le pays allemand l'ân 1605, et s le Pays Romand l'an 1606.

.prés le syno de. Messieurs de (îenèvc écrivirent à ceux S Berne , qu'ils désiraient de se conformer à eux pour B cérémonies. Là-dessus ceux-ci leur communiquèrent I résolutions prises par le sjnodc de Lausanne, sur les s articles de cérémonies dont j'ai parlé; et les prient 1 d'en conférer avec leurs ministres, qui avaient Tait difficultcde recevoir ces trois articles.

Ils écrivirent aussi le même jour à Farel el à Calvin pour le même sujet, la lettre suivante.

« Trcs-doclcs, Ifès-chcrs, singuliers amis cl frères; après qu'avons entendu la conclusion du Seine ^ de Lausanne, aussi les propos qu'avez tenus audit lieu, et en parlie la coasullfltion qu'avez cherchée a Strasbourg et Bâic, sommes occasionnés de vous prier el admonester en fraternelle amitié, pour bien de paix et avancement d'union, quc«oiide vostre plaisir de accojdcr à la dite conclusion, et icelle accepter, afin que l'itglise de Genève, et la noslre qui sont, quant au Toademont de la foi, unies.

' A Morges, par eieraplc, on avaiL déjà Uit la Saiule Cédc avec da pain sans levain, i Noël de l'an IIJ37. Un pitiMier fut chargé de (lire pour cet usa ^e, liOOoubliEi ouhoatici. pour Iciquellcsla ville lui paya lia soua. Arch.dcHor[[ci. On voit aussi dans les Archivea de I4yoti un Mémoire d'un fur qu'on yjgardait. laîlcxprèipour cuire eu hostie*. On IccoiiGaîlà unpilîssier qui était cIiarRÉ do les faire

* Wclwh-MÎM 71

kùf LETTB.I MX MIKtatBKS DS GIHEVI.

quant aux cérômoDieB aussi eoîeat oonforaie* ; cel

I Mnl, oElprez l'occasion à nos ennemis de calomnier, i T

I cette cBusf, vous fraternellomciil el très-à certes prioos I

I «t admonesloDs, d'aviser avec voslrc magistrat, atiqud I

I BOUS pour cGsliiy aflaire escrimons ; Gt faire sur le tout si I

[ bonne résoliilioa, quel'on oe puisse dire aucune diflërence I

[ eslre entre nous. Considérant que si la disseasion n'es(|

\ 4e si grosse importance, qu'elle puisse nuire à la vèrilé, t

|i|Uand sous accepterez les trois Articles nu dit Seins par 1

^>us les lUinisIres conclus; assavoir débaptiser t

Mptislère, usant ea la Cène de iVostrc Seigneur de piin 1

lyrae^ el observant les quatre fclcs. En ce vous plaise, 1

[ pour l'amour de nous, el pour le bien d'uniou eotra I

I BOUS, condescendre, non suspendant ValTaire jusqu'àli 1

■ journée, que soi tiendra à Zurich. Entant prÎBDl DiM

1 quo nous doint la grâce de vivre isainteiucol.

Dattim 15 Aprilisl538.

L'Avoyer cl Conseil de Berne. » !

L'adresse était :

« Aux très-Docles, Nos Ircs-chcrs singuliers amii et I frères, Jean Calvin, et Guillaume Farel, minières eo la ^ Pnrole de Dieu à Genève. »

niais les troubles qui survinrent dans l'Eglise de Genève cette année-là, rompircnl toutes les tnesaree des Seigneurs de Berne.

X. Quelques temps après ce synode, les ministres da bailliage d'Yverdon députèrent à Berne Thomas Malingrej leur doyen et ministre d'Yverdou, pour y porter les plaintes suivantes. 1" Que les principaux d'Yverdon n'atlaicnl point écouter la Parole de Dieu, sinon le ai* manche matin ; bien qu'ils eusent ordonne eux-m^mes, que chacun d'eux fût exact à y aller pourdooner bon exemple au peuple.

2". Que les prêtres allaient rarement à l'Eglise el au colloque, qu'on ne remarquait en eux aucun progrès dans la Parole de Dieu; que plusieurs d'enlr'eux n'avaieot point de Nouveau Testaractit, et qu'ils allaient jouer plulùl que d'étudier; cnlio qu'ils gardaient encore ^k leurs concubines,

^ 3", Que pendant qu'on prêchait, le peuple faisait des ioeolcnces; qu'on remuait les bancs; qu'on toussait haut et exprès, et qu'ils sortaient insolemment du temple, laissant lo niinixtre prêcher.

4". Que ni le consistoire, ni lo conseil, ni les justiciers ne punissaient personne ; que les consistoriaux mêmes étaient les premiers à violer les règlcraons.

5°. Qu'ils gardaient encore toutes les fctcs des pa< pistes, leur dédicace et autres Mtos; el qu'ils les célébraient en chantant, en dansant, et en jouant; et que les prêtres étaient toujours les premiers au jeu ; et qu'ils disaient : « que la prédication de l'Evangile claît cause que les vignes avaient gelé, parce qu'on ne célébrait plus CCS fêtes. »

6". Que le peuple se plaignait que leur ministre prccbait trop longtemps, ( quoiqu'il ne prêchât qu'une heure, ] et que quand il allait à Moniagny pour y prêcher, il les faisait trop attendre dans la ville; le ministre assurant au contraire, qu'il y allait de si bonne heure, soit le matin, soil le soir, qu'il était de retour à Yverdon, le matin à lîuit heures , et le soir à denx pour y prêcher.

hes minisires prièrent LL. EE. de remédier à ces désordres, particulièrement au dernier, en établissant un minisire à fflontagny- Ils les prièrent en même temps d'ordonner ii la baronne de Lassaraz, de donner un lo-

tëh

gcmeot el une pension à son ministre. * Nais c'ei qu'elle n'exécuta que fort maigrement, puisque jusqol ce jour cette pension est très-chétivc.

Il paratt par les actes de ce synode, par les plaintes qu'on vient do voir, et par d'autres roonutncns de ce temps-là, qu'il y avait plusieurs causes qui arrêtaient le progrés do la rcformation parmi les nouveaux sujets ds Berne. I°La crasse ignorance des peuples; 2** la graaib corruption qui y rcg-nait à l'égard des mŒurs -, (car gêna vicieux, ivrognes, impurs, adultères, n'ctaicnl fort disposés à goAter la prédication de l'ËvaD^îl 3" les prêtres et les moines hypocrites, qui, pour server leurs pensions ou leurs bénéfices, avaient abji le papisme, mais de bouche seulement; et le coIlse^ vaicQl encore dans le cœur, et en pratiquaient scci;^ ment les cérémonies. Ces gens-là entretenaient le pi dans sa Bupcrstiton. 4° Plusieurs rejetaient opinij ment la réformation, dans l'espérance de relourocr bti tôt sous la domînalioD du duc. de Savoie. Et d'autres qui auraient eu du penchant k l'embrasser, étaient retenus par l'attente de cette même révolution , dans la crainte de se voir obliges un jour de changer encore une fois de religion.

Les Seigneurs de Berne travaillèrent à enlever, ou ii diminuer du moins tous ces obstacles. 1° Ils élablirenl des écoles en divers endroits, soîl en faisant eux seuls les frais de ces éiablissemens ; sdlt en contribuant une portion avec les communautés. 2° Ils publièrent des édits sévères de réformation j contre loulo sorte de vices elâe désordres; aussi bien que contre le papisme.

' B. Arch. RoiDanJ. Pap. jnul.

3" Ces cdiu rcDfcrmaieal dea articles particuliers contre les prêtres et les moiaes hypocrites doDt j'ai parle. Et comme il y avait catr'aulrea à LsiieaDoe boQ nombre de jeunes prêtres et moines qui, ayant embrassé la rcformatïon, vivaient des pensions qu'on leur avait askBigoées, les Bernois écrivirent le 12 avril 1539 au conseit de Lausanne, de les engager à étudier, alta qu'ils pussent un jour exercer le St. itiinistére. Ils les exhortèrent eu même temps à envoyer leurs enfaos aus catéchismes. ' Pour parer à la quatrième source du mal,

I-. lirent publier unn déclaration ( le 14 juillet 1538, ) . Lir assurer leurs sujets, qu'ils étaient résolus de les ^ jrdcr sous leur dominalioD, et de les défendre envers cL contre tous; commandant d'observer leurs édils, et niena<;ant les contrevenans, de leur disgrâce, et de putiiiion. Ils y envoyèrent en même temps des dépulés , lur^leur dire les mêmes choses de bouche, et pour

"icllre les ordres nécessaires àce sujet, pour tranquilliser les esprits et les détourner de leurs pensées. '

Aux quatre obstacles dont j'ai parte, qui arrêtaient les ['rogrcs de la réformatiou parmi les nouveaux sujets de Berne, il en faut encore ajouter un cinquième; c'est que (l.tns les lieux qui étaient voisins, ou du canton de Pribourg, ou du Foucigny, ou de la Franche-Comté, les réformes étaient souvent insultés et msllraités, soit en leurs personnes, soit eu leurs biens. C'est ce qui arriva entr'autrea à ceux d'Avcnche. Ils curent beaucoup à

IsoufTfir de la pari des catholiques de leur voisinage, en- Ir'autrcs des paysans du village de Dom-Didier, qui n'est qu'à une petite dcmi-lieuc d'Avenche, et qui venaient

k 1^9 insulter jusque dans leur viilc, par paroles et pn ' Toics de reit. Un jour même le lainistre fut iosallé devant ea tneison, par nu bourgeois qoi était demeorêc»- Iholique. '

De m^mc les sujets de Berne on Savoie étaieni soffvent inquiètes par ceux de la duchesse de Nenmun. L'an 1539, vers la Ra de janvier, un nommé fteriurd Du niouiin, alla à Lullin, terre de Berne, acoompagpa * de deux autres hommes, et y enleva le ministre ifjt'i ' emmena dans le Foucîgny. Les Seigneurs de Bcrneff I vjanl eu aïÏB, écrivirent le 1 2 février à lUadame de Bfr mours, qu'elle eût à faire reMcber iocessaromeot cp dt nislre, et à leur livrer ce Du Moulin, pour le plnA comme il te niériuit, parliculièremenl pour avoir «iwi pillé Ripaille. * Un autre aventurier, nommé D» Blarets, enleva deux hommes dans la Seigneurie d» IHootoux, oii les Dcrooiii avaient pleine et entière jiH risdictîon. Ceux-ci en demandèrent satisfaction'le 29 juillet à la duchesse, qui avait la souveraineté de cette terre. ^ Ce Dca-ïïaréts est le même, qui, avec un autre homme de son caractère, nommé Bardonaache, euin à main armée dans la terre de Thies, ( qui apparlenail aux Genevois, ) au mois d'août de l'an 1539, et s'ea rendit maître par l'instigation des chanoines de Genève, disant, qu'il le faisait par ordre du roi. Les Scigoeurs de Berne écrivirent le 12 août au roi,* pour le prier de faire rendre cette terre aux Genevois; mais leurs sollicitationB furent inutiles.

* B. Pap. inul.

* Welich. Mi».

^ lbi.l. 130

* ibia. 15G.

OBSTACLfï A LA RÉrotlMS.

9 Volât, natif do Chambôiy , ctanl venu au Fa;sdc-Vaud, fui fait mÎDÏstre de Lonay, village près de IHorgefi. LcséqaldeCbambcryleiUcileràsou deirompe pour venir rendre raison de sa conduite; faute de quoi ses biens seraient connsquèsau roi de France. Volât recou.- TUl aux Seigneurs de Berne qui )e recommandèrent à ce sénat, aGa qu'il ne lui fut fait aucun tort. '

Les réformés du canton de Berne et du voisinage étaient ex posés aux mêmes avanies dans le Comté deBour> gogne, et ne pouvaient point y voyager en sûreté,-

Déjà dès l'an 1 531 , les gens de ce pays-là commencereot à faire sentir leur fureur calholîque aux Suisses rer formés qui voyageaient dans leur pays. Jean Hardi , de qui j'ai parlé cï-dcssus, étant à Dole, fût arrêté prisonnier à cause de sa religion. Comme il était bourgeois de Berne, LL. EE. écrivirent le 7 mars 1531 en sa faveur au parlement de Dole, pour demander son élargissement ; représentant à ces vénérables magistrats que s'ils vou-? latent maltraiter et punir de la rocme manière pour causé de religion, tous les étrangers qui passeraient par leur pays, il en arriverait du mal dont ils pourraient se res> sentir eux-mêmes. '

Le parlement de Dole n'eut aucun égard à celle représentation des Seigneurs de Berne; c'est pourquoi ceux-ci furent obligés de lui écrire plusieurs fois sur ce sujet; mais toujours iuutilemeul. Les ambassadeurs de Tempereur étant venus a Berne, vers le commencement de l'an 1532, on leur parla de cette alTaire, (parce que dans ce temps-là le Comté de Bourgogne appartenait à ce monarque. ) Ils promirent tout ce qu'on voulut ; mais ils ne tin-

I Ibid. 13k.

' Lalin-MiM. 30i.

renl rien. LL. EE. comptaDl sur leurs promesses, écrivirent au parlemeDinc doulani point qu'on ne leur donncll uliBfaction ; ' mais bien loin de là , le parlenienl condamna le prisonnier à la mort et en donna avis aux Sdgneurd de Berne , le 19 février 1532. LL. EE. ne se n- ^butèrent point, et écrivirent encore à ce parlemenlle 2 mars 1533 pour demander la grâce dcleurbourgetûi. ' Tout ce qu'ils purent obtenir par leurs sollicilalions. ce fd

■ qu'on diiTcrât l'cxéculion de la sentence. Cette affaïn ' tratnajusquà la lin de cette année-là. Le parlement poW

colorer son iDiquité accusa Hardi d'avoir eu part à Oi pillage que certains Neucbâielois avaient fait h Mmteau. Les Seigneurs de Berne l'ayant appris envoyêreal des députés à Ncuchâtel pour s'informer du fait , et «a même temps ils donnèrent, le six octobre 1 532, avis de celte résolution au gouverneur et baillif de Dole, l'aMQ' I fanl qu'ils auraient soin de faire rcstitoer cequiavailéu f pillé à îtlorteau , et qu'ils étaient résolus d'observor l'ai- • liance bérédïtaire qu'ils avaient avec l'empereur, pourvu que les Bourguignons ne la violassent pas de leurcùté. ' Enfin, pour couper court, l'innocence de Hardi fut reconnue, et il obtint son élargissement.

L'an 1540, deux ministres qu'on envoyait de Neo*

■ chàtel à Moutbéliard , passant par St. Hippolyle en Boor- , gogae, y furent arrêtes, mis en prison et traités fort durement. Les Seigneurs de Berne l'ayant su , écrivirent le 37 août t5iO aux magistrats de la ville do les relâcher, en vertu delà combourgeoisie qu'ils avaieniavec eux, leur remontrant n quelle conséquence il en résullerail si les

■ Ibid. 30&. b.

> Ibid. SOS. b.

> Ibid. 307. b.

OBSTACLES A Lft ftÉPOttmB. hCi

princes réformes usaient de reprÔBailles , et relCDaien^ prisonniers tous les pnpisicfi qui passeraient chez eux ; u lia Iciif deinandaîent en même temps une prompte rcponEe. ' Cependant les prisonniers furent trangfcrés deSl. Hippolyteà Besan(,'on,apparen)mcnl avant que ces maf!;istral5 eussent reçu la leltre des Bernois. C'est pourquoi ces Seigneurs écrivirent à Besançoa sept ou huit jours après, sur le même ton. ' Je n'ai point appris quelle fut l'issue de cette affaire; mais la manière dont les magistrats de Besançon traitaient leurs propres bourgeois, ne donne pas lieu de croire qu'ils fufseni fort disposés à faire quelque plaisir à dos réformés ; car iU eraprisunnèrcnl dans le mi^me temps quelques-uns des principaux de leur ville pour cause de religion. LL. EE. de Berne leur écrivirent, te 10 août, 154oponrles prier de faire cesser celte persécution , et de rcœeilre ces prisonniers en liberté. ^

On peut encore compter pour un sixième obstacle aux progrès de la réformaiion, la mauvaise conduite de quelques baillifs, qui étant encore papistes dans le cœur, baissaient les ministres, les maltraitaient, et les éloignaient même par de lâches artifices. On en peut juger par ce fragment d'une lettre de Farel, on il rendait compte à Calvin, de l'clatdes ministres du Pays Romand de Berne : >• Plusieurs meurent de faim, dissit-il, il y en a quelquesuns il qui l'on donne peu de chose pour leur famille, (par exemple, à François, qui est un saint homme; et cependant il est obligé de servir plusieurs Eglises ; ) il y a d'autres à qui l'on donne si mal, qu'une partie de

* B. WoUch-Miïslv.îOi.

If-i Ibii) «M.

■ Ibid. 193.

:poiirM

l'anoée esl Guic avant qu'ils reçcùvent qadque encore faul-it qu'ils rackèteDla force de [u-ières; pour rieo dire des grands frais qu'il faut qu'ils fassent pour at-

ler trouver les baïllifs et leur faire la cour het

minisires sont en petit nombre et ne sufiî^ient pas ftox Eglises : à peine y en a-t-il un 1à où il faudrait qu'il y ea eAt trois ou quatre. » Etun peu plus bas : « Benoit, hommo passablcmcnl savaol , qui a élc long-temps avec Cordier, (ut envoyé derQÏRrcmcDt (à Berne, )Qiuni d'une letln de la classe de Tcrnier, que te baillif avait signée. IBaii Lil chargea B«noit d'une lettre qu'il avait ccrile scpirê Ment, (à LL.EEOf^ùiU^urjmarguaitqu'oa n'avait pu lesoin de minisire : ainsi il leur envoyait des avis opposa

: le miîme mesMgef Quelques-uns ont été coo*

f iraiots de quitter leur poste commo celui qui était à C^ L. pet, etc.

DeNeuchâtel, le 21 octob. 1539.

Farel. a Ajoutons pour dernière réflexion, que le temps I trop court pour pouvoir se promettre une grande codvmh 1 non et un grand cbangenienl dans les Eglises où l'oa I prêchait , à parler exactement que depuis une année.

s'est que par la voie de l'instruction el de la persuasion,

1 ^uo la religion entre dans les cœurs et se propage ; Il

1 violence no sert qu'à faire des hypocrites. II ne faut donc

Ipas s'étonner, si des ministres dont la plupart n'avaient

T par des talens e.\lraordinaircs , bien loin d'élre inspirés,

i faisaient que peu de progrès : mais ils en firent aves

|e temps. On en voil un bel c<templc dans le joarnal de

Jean le Comte. Il fut appelé au ministère deRomainmtv

Uer, au mois de janvier de l'aa 155i. Donnant la Saiole

;t rpiilol. illcd.^"XLlV

DVM» I

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