‹ Histoire de la réformation de la Suisse (volume 2)Chapitre 23 sur 32 · LES PBBTRES ENFIN CHASSES · texte numérisé non relu

LES PBBTRES ENFIN CHASSES

rang; de BOrtc qu'au lieu de Irois qu'ils CD avaient au commencement, ils en ont aujourd'hui six. Et comme les deux temples ne suflîsaient pas pour l'ÎDGlructioa de tout le peuple, la classe de Lausanne (ît prier te conseil de Lausanne l'an 1656, de rebâtir le temple de Si. Iiaurenl. ' Celte proposition a été longtemps rcjcicc ; enfin pourtant on l'a exéculée en dos jours, et ce lemplc fut achevé et dcdié solennellement l'an 1719.

Dans le temps de la réformation, ou l'on avait peu d'ambilion à Lausanne, ou bien les emplois étaieiit peu lucratifs ; et souvent îl arrivait que des gens qu'on y appelait, les refusaieut; pour y remédier, les conseils ordoauèreai le 23 septembre, que quiconque refuscrati un emploi pour lequel on l'aurait élu, payerait 100 livres Lausannoises d'amende et sérail banni pour un an de la jurisdiclion de la ville. " Aujourd'hui on n'a plus besoin de celle loi.

L'année 1539, LL. EE. lirent rebâtir plusieurs cdîlices, entr'autres les châteaux d'Yverdon el de Olorgcs, et diverses maisons de cure. '

Au mois de septembre on exécuta l'ordre queLL. EE. de Berne avaient donné, de faire appeler dans chaque bailliage les prêtres el autres ecclésiastiques béncGciers, pour leur demander leur sentiment sur la religion, tin les avait tolérés jusqu'alors, dans l'espérance qu'ils se convertiraient; mais comme après trois ans d'allcnle, on voyait peu de fruit de celle tolérance, on ne voulut plus les souffrir ; el l'on jugea nécessaire pour en purger le pays, d'exécuier les édils qui avaient été faits cou-

' El Acti) Clagsis Lauiaii, hi* Man. n.SS. b.

' MS, Thom.79. b.

178 KOcvBADx DfvcTÉs DANS tm rATS-ni'TAvn. I

tr'eax, et qui juaqiics \h n'avaient été que conmio» toires. Tous ceux d'entr'eux qui déclarèreot qu'ils vo» laiettt persércrer daas leur religioa , furent dopouillcs it leurs béncHces ci noDtraÎDls 4p sortir du pays ; tiuii avec permission d'emporter leurs bieas propres, on «b les laisser aux pays. ' Ils pouvaient mdme y revootT&bremCDl chaque année pour en retirer les realea ; mail non pour y demeurer. Ceux qui renoncèrent à ta ret gion romaine conservèrent leurs faénéncos, ou bien OO leur donna des pensions viagères, ou des terre* tu propre. La plupart de ces gens-là cmbrasscrcDi la léforniation, et plusieurs se marièrenl. Ëntr'autres J^ Bessonis de Romaînmolier, abbé du lac de Joux, et ciut de St. Loup, proche Lasarra, embrassa la religion r«formée, et se maria avec une religieuse. * On lui laûà son bcnènce pour quelque temps, et dans la suite on lui donna des terres en propre.

L'année suivante 1540 et le 9 d'avril, les Soi^onn de Berne envoyèrent des députés à leur nouveau Pays- Romand, pour y mettre la dernière main au règlement des biens de l'Eglise. Ils les cbargcrent de donner aux ministres des censés et des d!mes , et aitate des terres }i ceux qui s'en accommoderaient, et, si cela ne suflisail pas , d'y ajouter de l'argent. ' Mais il y a beaur coup d'apparence que I«s députes ne suivirent qu'une partie des ordres qu'on leur avait donnés, ou que les ministres de ce temps-là ne s'accommodèrent pas de cen» ses , de dtmes et de domaines , et aimèrent mieux une

' Enlr'autres Don Jean Poncct, c l'hermile de Jouions.

» MS.Ttiom.79. b ' B. Inslr. C. 373.

é dé Morgcs, avec s<

GÉNinnsiTÊ DES seighei'bs di «EnKE. 479

H pcnsioa fixe cd argent cl cadeiirccs , puisque daoB tout g le Pays Romaad, (j'cniends celui qui fui subjugué l'an p ]536,) je ne sache pas un seul minislre qui lire dcB censés ou des diincspour sa pension.

En même temps ils donnèrent à la paroisse de Vltlellc

les revenus de quatre chapelles pour son hôpital. ' Au

mois de juillet de f année suivante ISil , ils donnèrent

* une chapelle à la ville de lUorges , avec ses meubles cl

I ses revenus. ^

^^^Xn. Quatre grands hôpitaux entretenus dans le ^^B^reau pays de Berne, des distributions considérables ^^Hl>iens d'Eglise faites à toutes les villes du pays, des ^^Hosions établies en divers lieux pour des régens, alîii ^^He la jeunesse fût instruite, (pour ne rien dire des nti- ^^fttres établis dans les villes el les villages ,) toutes ces BHrgessea étaient des preuves parlantes de la générosité desSeîgncursde Berne; cependant ils ne crurentpasavoir encore assez fait pour le bien de leurs nouveaux sujet"; voyant avec douleur l'ignorance grossière , la superstition déplorable et la corruption extrême qui rognaient parmi eux , ils prirent à cœiir de mettre en œuvre tout ■ ce qui leur serait possible pour en bannir ces vices, pour y ramener l'amour des bonnes choses el pour y faire fleurir les sciences et la piété. Ils jugèrent d'ailleurs que le commencement d'académie, qu'ils avaient établi à Lausanne, ne suffisait pas pour conduire la jeunesse du pays, du plus bas degré de la science, jusqu'à celui qui est nécessaire pour former un ministre de l'Evangile, cl qu'il fallait pour cesujet un collège.

Pour cet effet ils rcsolureot oa graad-conseil> mai 1^*40, de fonder à Lausanae ua graod collège con* posé de plusieurs classes, doot le nombre fui dans b suile poussé jusqu'à liuit. Sept Seigneurs de l'clat Tureal dépulcs à Lausanne, le même jour, pour exécuter cette résolution; ' cl comme il importait d'y avoir, daoslt commencement , un homme habile et zélé , pour diriger l'exécution de ce noble et pieux dessein, LL. EE. jelèreol les jeux surltlathurinCordicr, qui régentait alon a Neuchàiel et souhaitèrent de l'avoir pour premier régent el principal de leur collège ; ils écrivîreni au eofr seil de Neuchâiel, le 28 septembre, pour le lui de mander. * Mais ces messieurs ne voulurent pas leurc^ der uo homme si utile , el le leur refusèrent. Ainsi LL EE. écrivirent , le 30 octobre, à Antoine Marcourl, mi* ' nistre de Nyon , de t5cher d'engager le premier rcgeol B<de Genève, à venir à Lausanne. ^Je ne sais, au rcsie, B<^i était ce régent, à moins que ce ne fOt Antoine Sau- 7 nier.

Ce n'était pas assez de fonder un collège , il s'agissait F de le peupler et d'y attirer des écoliers; il y avait lieu I de craindre qu'il n'en vînt pas beaucoup de dehors, «oit rà cause, de la dépense, soit à cause du peu de goCl Lqu'on avait alors pour les sciences. Pour remédier Kicet inconvénient, LL. EE. le même jour qu'ils décré- Ytèrcntrétablissemcntdu collège de Lausanne, fondèrent I douze petites pensions pour entretenir douze écoliers, r qui devaient être logés chez le principal du collège, et ' habillés einourrisgratuitcment. Cet établissemeal fui fait

■ B. Initr. C. SU.

* Wcl»ch-.Miss. «7.

sur le niodêlcd'ua semblable quiavaîlclè fait dans qtiS^JI Ire collèges du pays Allemand , à Berne , à Thounc , U H Zoftingiic cl à Brouk. ' El dons la suite cet clablissemenl ne suflisant pas encore pour peupler le collège et i l'acadcniic, LL. EE. le changèrent et à sa place ils fon- 4 dèrcnt -18 pelilos pensions en argent et en blé, partagées ', en 4 classes dedifîércntc valeur, pour distribuer aux '' étudians qui auraient besoin de ce secours pour pousser leurs études , et c'est là l'état où les choses sont aujourd'hui à quelque légère difTérence près; par exemple) qu'il V a deux de ces pensions du premier ordre x]ui sont. i affcclces à dcu\ cludîans des vallées du Piémont.

L'an 1 542 , on cul à Lausanne pour principal dû cot^ lège uo savant italien nommé Cœlius Secundus Curio, qui, fuyant la persécution excitée dans son jiays contre 1 les reformés , s'était retiré à Zurich , où îl avait été re- ' commandé par la duchesse de Ferrarc. De Zurich il fut j recommande à Berne, où on l'établit principal du collège de Lausanne ou professeur en belles-lettres; il fit j rrenîr sa femme et trois de ses enfans qu'il avait laissés •i'^ liucques ; mais il fut obligé d'en laisser quatre autres , à' I cause de la rigueur de l'hîver, car il lit un voyage ca novembre. ' Il n'y resta que peu d'années et quitta ce • poste l'an 15-16 pour aller a Bàle. Pour remplir celle vacance , la classe de Lausanne présenta a LL. EE. An- -'' dré Zcbedéc, qui avait quitte le ministère d'Orbo l'an 1 5i3 , pour passer à celui d'Yvcrdon. ^

L'an 15id LL, EE. donnèrent une somme consido* rable à l'académie de Lausanne pour acheter des Hv

' It. Instr.C. 3ât.

' MS. Groo»-

' Wrl5ili-Mis9.ll IK>. b.

aCo d'établir duc bibliothcquo , avec ordra aa baill [ tenir un catalogue , dont il rendrait compte à sa sortie . •u baillif (^ui lui succéderait. *

Au commenccmeot on avait établi lo3 classes de <t

collège dans une maiEon qu'on appellail /a Clergf-

DanslaEuïlc on les transporta dans le vieux cbâlesD^

I Xrnlhon , qui est à l'une des exlrétnitcs de la villr.i

Ij' orient cl à côté du grand temple ; mais celte siiualioi

lajanl clé trouvée incommode, les Seigneurs de Beroe.

Ma bout d'une qusranlainc d'anncCE, entreprirent M

ouvrage digne de leur grandeur en faveur de la jeunot

du pays. lU achetèrent une rue presque entière cotttlt

I château et le grand temple, et y bâtirent un beAucollêst

i avec des auditoires pour les professeurs en théologie M

en philosophie. On en posa les fondemens l'an 1579,(1

m t qu'il fui achevé de bâtir, le château de Ifleothoi

Eipérit par un incendie , a la réserve de deux tours, le ^

rî«nvierl5S7. ' Et tout nouvellement, l'an 1727, LL.

] ont fait à ce collège une réparation cxcellenio cl d'un

grand usage , c'est que comme les enfans y soulTraieil

beaucoup du froid en hiver , ils ont eu la bonté de fairt

faire des fourneaux à toutes les classes et de les fairt

boiser, ce qui a donné lieu à une dépense Irês-considc-

rablc.

Une académie cl un grand collège doivent nccessaircment avoir une imprimerie; aussi l'an 1556, il vint , a Lausanne un imprimeur nommé maître Jean Rivcry, qui pour son premier coup d'essai , imprima les proverbes de Salomon en vers français. '^ Je dc Bai» si

* MS. Anip. 190.

* MfiDoir. parlicu

* Mah. .le laiii, H

EE. Irouvèrcnt mauvais qu'on eùl reçu a LauEanne un imprimeur sans leur permission; (]uoî qu'il en soït, le cooseil fut oblige de leur detnandcr le privilège d'avoir une imprimerie. On le lui accorda sous de ceriaîncs condiiioDS le 18 mai I5o7. ' Ccl imprimeur ne lit pae un long SDJour à Lausanne : il se relira à Genève des l'an 1560, où il îuipnma cette année-là , entr'autrcs livres quelques ouvragesdc P. Virel , que j'ai vus.

Il 'an 1540 on fil un règlement pour les noces. Selon un ancien usage qui se pratique encore dans quelques endroits de la Suisse, les noces se faisaient dans les batelleries publiques , et il était permis à tous les gens d'bonneur d'y aller sans y être invites, pourvu qu'ils payassent leurécol; de sorte que, quand quelqu'un de considération se mariait, il se trouvait des centaines de personnes à leur noce. LL. EE. de Berne regardèrent celle pratique comme un abus qui méritait d'être réforiné. Ils défendirent donc 1'' d'inviter à une uoce plus de 50 à 60 personnes, 2'd'y aller sans yélre incité, 3* d'y donner des étrennes , maïs seulement que chacun devaii payer sonêcol;*" d'y danser sous l'amende de deux florins pour les hommes el d'un ilorin pour les femmes. '

L'an 1542 , on fil courir le bruit par le Pays Romand que LL. EE. avaient révoqué leurs lois de reformation. Ces seigneurs l'ayant appris, firent publier partout, le 13 octobre , que cela était faux, recommandant de nouveau l'observation de ces lois. '

L'an ISiS, les seigneurs de Berne firenl encore divers rcglemens de réforme. Ils défendirent d'aller aux

' Arcti.duCbàtMildt Liui.

' cl ^. Tiré d'âncicunti ïu| ItfBiiCJ JKs-Boin.

sorciers H aux devins sous peine de dix florins d'amende.

Par un autre édii de la même année , ils cavoyêreni :

1°. Ordre àleursbaillifsde visiter les maisons de cure et de les recouvrir, et d'informer IiL. EE. de ce qu'il j man(|uait, ou des réparations qu'il j avait à faire.

2". Ordre auiï miaislres de bcoir les mariais le éîmaoche au sermon du malin. '

3". Tous les [>rê(res et les moines , qui, ayant prôna d'embrasser la réformalion, ne la suivaient pas , devaient ^tre privés de leurs bénéfices , et s'ils faisaient quelque! fonctions de prêtrise, comme de baptiser, conjurer l'eau , etc. ils devaient être bannis.

4". Ordre d'emprisonner les genlilshommce qui s'at sentaient mallrieusemeot des sermons, et de les tenir en prison jusqu'à ce que LL. ËE. les eussent châties selon leur mérite ; ceux qui ne voulaient absolument poînl j aller devaient être bannis du pays.

5". Défense de faift; des charaveries * et des laonwries , sous peine de 5 florins d'amende.

6°- Ordre aux gens d'Eglise d'assister rcgulièremenl aux congrégations , ^ toutes les semaines; et à celles de*

* Cclirticlelul chan^pirunëdil de l'an IGïS, rcnonvcJé l'an ICi7, qui dércndit de bénir le* miiia^ le dimanchcj sou peine de SO florini d'amende, i caui« dei rcjouÎMaucM qui tt fontordiiiïircmenl daiu Ica jours de iiocea, cl qui ne conviennent point i II salnlclê de ce jour.

* Ctiaraverir, ij(;niËc cliarîvari; mais pour re qui esl delaMincric, j'avoue que je ne sii* ce quo c'est. Ce root etl écrit îd eiaclemeiit de la manière que je l'ai trouve dans la copie qu*OB m'a communiquée. Lavons ou laons, dans le vieux patois du pays, signifiait des li*.

' Il s'agit la des conrèrcnres dfs ministres qui se tenaient lontei

DE RSrORUE. A8tt

SrîMageâ tous les premiers mardis du mots, sou!> ramepdo 0 quatre floriDS.

7°. Les gardes de coasisloire ou survcillans devaient iseemblcr entr'eux, et coDférer ensemble un jour de i semaine sur l'exercice de leur emploi ; ils devaient lesi avoir quelque pari aux amendes, six sous par cemple pour chaque personne qu'ils auraient aperçue (lier idolâtrer hors du pays.

8°. Ordre aux maîtres d'envoyer leurs domestiques aux catéchismes ; défense d'envoyer les enfans aux écoles des papistes sous peine de dix livres d'or.

Enfin, loul homme ou femme qui se met à pratiquer la modeciac sans être examine et trouvé suffisant , doit premièrement être averti de s'en déporter ; mais s'il y persévère, il doit être mis en prison jusqu'à eeque LL. ËË. en jugent.

Cette même année , LL. EE. de Berne envoyèrent de nouveaux députés au Pays Romand pour régler les affaires de l'Eglise ; ils leur donnèrent ordre d'augmenter les pensions des diacres du bailliage de Thonon , de celui d'Avenchc et de Cœlius Secundus Curio^ régent à Lausanne, cl d'en procurer une au bachelier de Lausanne ; et 3° de porter aux ministres de la classe de Lausanne, la réponse de LL. EE. à leurs actes. 4". Enfin de Iraiier avec l'abbé du lac de Joux, ' pour lui donner des terres en propre pour l'entretien de sa femme el de ses enfans. *

La même année , Guillaume Franc, habile musicien ,

l^înt à Lausanne. Il fut le premier qui mît en musique les

Humes de Clément IHarol el de Théodore de Bcze. ^

' A bel BesionÎB.

r. partie, el Ilisloire MS. dt L3us, par PUnlin-.

Glaaâe Oanditnel invailla sar le mente «ujet aprAt lin, d mil )o reslo des psaumes va rausiqn» et méniv i ijunlre et à [Htisiours parties. '

J'ajouterai que celte mcme anaèe 1S45, Calvin fit iin[)nincr les cinquante psaumes de !a version de Marot, avec une préface de *a façon , et qu'il y joignit la lilui^S el le eatcchisnie qu'il avait composés pour l'usage de Vt- K«;l>sedoGenèvc. Et 19 ans après, lorsque Bèze eut acheté '. ,ta traduction française des psaumes en vers , le livre Ats Âiaumcs ainsi traduit fut imprimé tout entier pour U première foi» en France avec privilège du roi, * par Antoine fils d'Antoine Vincent, marchand libraire à Lyon, l'an 1562. Le privilège du roi qui est date du 26 Dé. ccmbre 1561 porte , que les psaumes avaient été « traduits selon ta vérité hébraïque el mis en rime fram^aîse et bonne musique, comme il a osioveueicognu par gens doctes en la S. Escriptures et csdîtcs langues , el aussi en l'art de musique , etc. * »

Daosce lemps-là, lacoar de Francequoique zélée calholîqua a» trouvait pas mauvais qu'on cbanlàl en français les lenangas deDieu , et ne s était pas encore avisée de le défendre. Pen de temps après , les psaumes fureot aussi traduits en vers allemands, par on gentilhomme de Koeoigsber^t, nommé Ambroise Lobwasser, conseiller du duc de Prusse. * Cet honnéle homme eut soin de faire ■a traduction poétique de chaque psaume sur les mêmes mesures de vers dont s'claienl servis Clémenl Slarot et

' Voy. la Dictionnairede B*jlr.

* François II.

' Vu lei piaumes Je celle éJilion ivei: le privili coITm de rEglisa de Crans.

" Voyn la Diclionnaire Hutoriquc Allemand iiapi'ii

B Théodore dâ Bcze, al'in que sa uatiou put jirofitcr de la ■ musique qu'on y avait jointe, comme la chose est arrivée ; car les Eglises réformées d'Allemagne et de Suisse in- ^ troduisircnt bientôt le chantdeces psaumes dans leur ser- ;. vice public. Cependant celle traduction aurait grand besoin d'être retouchée , car elle se trouve aujourd'hui aussi barbare el aussi grossière pour les allemands , que celle de Marot et de Bcze l'était pour les français. Avant cette l'ditioo allemande des psaumes, on avait déjà dans les Kglises divers cantiques et hymnes , composés pardivcrii grands hommes (entr'aulrcs par Luther), dont la poésie à la vérité n'est pas fort délicate; mais qui sont suflieanspournoarrirladcvotion.il y en a entr'aulres un certain nombre, qui sont composés sur les féteEet les principaux mystères de la religion chrétienne, et qu'on imprime toujours avec les psaumes, parce que les Eglises réformées de la Suisse allemande les chantent ordinairement dans les fêles, au lieu des psaumes ; comme on chante à Genève les cantiques de feu i^I. Pictet dans les mêmes solennités.

L'an 1545, le 9 mai, on renouvela l'ordonnance des catéchismes, qui était fort négligée dans le Pays Romand. Il fut dit que les pères el mères qui négligeraient d'envoyer leurs enfans au catéchisme , seraient punis de prison les trois premières fois , et la quatrième bannis du pays. •

L'an l&-i6, LL. EE. de Berne, ennuyés des disputes qui s'élevaient de temps en temps entre leurs ecclésiastiques, résolurent en grand conseil pour en arrêter le cours , que tous les ministres de leur canton souscriraient lix thèses et aux Actes de la dispute de Ucrnc,

I* Wcbch.MiM U a.

•l prèLoraicDl serment là-dcsstis. Ils (îreot cxéculera décret iacessamnient dans leur pays allemaDd, et rappalèrent loua les ctudians qu'ils ealretenaient k leurs dépends, à Bâie, k Itlarpourg, à Strasbourg cl à Wiuemberg, et les envoyèrent étudier à Zurich. ' Il députérent le 28 mai Si mon Sullzcr, avec Jean Rodolf d( GrafTenricdt et Jean Sleiguor banderels, pour allerlcoîr les chapitres dans le Pays Romand , et les cbaig*rcnt de signiCer celte rcsolulioo aux ministres de et pays-là et Bu.\ professeurs de Lausanne, et de la hàn exécuter. Au cas que les mioialrcs se lissent de la pàti de souscrire aux conclusions de la dispute de Berot, faute de les connaître, ils les chargèrent de leur diit; que la doctrine en était la méuic que celle de la dîspuU de LausannedonI Viret avait une copie. '

Il fut fait pour ce dessein un grand livre, où tous tes ecclésiastiques du caalon fiiri^ot obligés de mellrc leur nom. Entre les premiers de quelque réputation qui y paraissent, on y voitic pieux cl célèbre théologien Augustin Marlorai , qui , en mars 1 5'i9 , fut fait ministre de Crissier près de Lausanne ; et en novembre de la mémc année, Théodore de Bèze.

Michel, comte de Gruyère, avait conservé la religion de SCS pères. Il pensa celle année s'attirer de méchantes affaires avec les Bernois à ce sujet- Plein do zèle pour cette religion, il voyait avec chagrin qu'on la délruisil dans ses terres d'Oron, de Palézicox cl quelques autres qui se trouvaient souB la domination de Berne. Il ordonna donc à son châtelain de Pelézicux, André de pruyère, do remettre un aulcl cl une image do

' MS. Grooîî ' MS Amp. Itj^i.

ft

torgc, au village de Marascon, cl d'y envoyer le praire kAIUIcds pour dire messe , au lieu du ministre de

Wlillens qui y allait prêcher. Le baîllif de Itloudon en

laot eu avis, écrivit deux fols, le 13 et le 13 de mars ! châtelain pour l'cxhorler à ne pas exécuter ces ordres de son maître, surtout à n'y pas faire chanter messe; ce qu'on disait qu'il avait dessein de faire. Nonobstant ces avertîssemens, le châtelain fît ce que sou maître lui avait ordonné. C'est pourquoi le baiilif le fit saisir, et conduire en prison à Moudon. Le comte demanda son élargissement, mais îl ne put l'obtenir qu'à condition que le baron d'Aubonne, frère du comte, remettrait auparavant les choses comme elles étaient, et que le châtelain irait lui-même abattre l'autel et les images qu'il avait replacées, '

L'an 1548, LL. EE. publièrent un nouvel cdil de réforme. Il portail ordre à tout homme et femme d'aller pour le moins chaque dimanche à l'Eglise, et d'être nltcntifs à toutes les parties du service divin, sous peine aux hommes de dix florins d'amende, et aux femmes de cinq.

2°. Ordre aux ministres d'écrire dans un livre exprès, les noms des cnfans qu'ils baptiseront, ceux de leur père, et le jour du baplcmc.

3°. Que les gouverneurs et gens d'office prendront garde que le peuple aille à la Sainte Cène avec ordre et avec bienséance.

^^- Ordre aux magistrats et gens d'oflîce en chaque

m, de tenir les temples ' ea bon état, bien pourvus

fti Bcrn. Arcb. Rom. pap. iimt.

2 Cet ordre l'ut encore donne l'an ISU9:

tW BIltNt DOKKB lU FXll BOBJLSD

(le bancs, de chaires et de portes, etc. et de foua qui sers nécessaire pour faire la Sainte Cèoe.

5°. On donne pouvoir à tous les geniwl'office, j Cl petits de faire mettre en prison les îvro^es, [ cire dotenuB selon leur làcrite.

6°. Dcfense de contraindre à boire, sous peioflV trcnic sous cl d'une nuit de prison ; cl aux botes, d'à en prison un jour et une nuit, s'ils ne les fonl sortir.

Jusqu'à l'an 1552, les ministres du Pays Romand di Berne avaient été en liberlo de se servir de tel foi aire qui leur plaisait, pour leurs prières publiques, adminislralion des sacrcmcns, cl pourVinslruction a jeunesse. Cette liberté produisait de la diversité î r'eux. C'est pourquoi celle année-là, LL. EE. de Ben lour établir l'uniformité entre les Eglises de leur on. firent imprimer la liturgie et le catéchisme de M capitale, qu'on y avait établis dès l'an 1529 et inlro< ensuite dans le pays allemand, et l'envoyèrent à ces! uislrcs, avec ordre de les introduire ausbi dans Idf Eglises pour le service public de la religioi

Dans celte liturgie il est ordonne aux ministres,^ prêcher quand ils bénissent quelque mariage, afin HM dresser aux maries les exhortations nécessaires avi que do leur donner la bénédiction. ( Cet usage s'obsene encore dans le pays allemand de Berne, mais non dans le Pays Romand. )

Dans la liturgie de !a Cène, il est dit, que les pôcbeurs scandaleux « méprisent la mort de Christ, et le conseil de Dieu, de sauver le monde par son Fils, cruciliant do rechef le Seigneur, et se déclarant cire ei-" communies en vertu de la Parole de EKeu; a et entre ceux-là on nomme tous soudars, qui pour Ici

' plaî

^^^^^ D* C*TÉCHrSME. »9I

MÉ^rcnt toute sorte de guerres quelques iniques qu'elles

L' Aprèj le sermon, et avant l'adminislralion de la Sainte , le miaislrfl rccîlc la confession des péchés usitée Berne, l'oraispn Dominicale et le symbole, puis l'insutîou de la Sainte Cène, qui est suivie d'une longue faortation. Après l'exhorta Lion l'on tait la Cène, et qn'etle est liuie le ministre adresse une nouvelle exhortation, à faire de sérieuses réflexiona sur co qu'on -vient de faire. La liturgie du baptême ne contient rien «l'exlraordinaire.

lie catéchisme est petit, et no contient que cinquante- ~B pages ia-12. Les demandes et les réponses y sont oéralenicnt courtes, claires, et plus à la portée des bfans, que celles du caléchismc de Heidciberg, ' qu'on a Eubsliiuc. La doctrine en est exactement cone à celle que nous enseignons aujourd'hui ; et je ai rien remarqué de singulier, sinon la manière |tnt on y explique la dosccnle de Jcsus-Christ dans les ■fers. Voici comincnt on y parle sur ce sujet, page 2 1 . n'est pas dil que Jésus soit parvenu aux Enfers de BofFrance des damnez, ains à ceux-là qui en vraye foy ■loyenl de tout toms décédez de co monde, ayans leur ofiance en la promesse du Sauveur advenir, et iceluï llendans au sein d'Abraham. ^ n J'ajouterai que le I" article du symbole y est exprimé de cette manière : « Je crois en un seul Dieu le Père Tout-Puissant, Créateur etc. »

* Il fui publié Tan lUfiS.

* Tîiéd'un ïiimplaico de ces deux pclitt livrcU, ifue j'ai trouvé )Un* le coHi-c ilc l'Eyliie de Crans, iiaprimo a Lauianiio par Jcau Rivery, l'an JSSS. J'ai au»i une seconde édition de celte lilurfiie, laile à Berne l'an ISG8, chez Béiiédicl l'Iman.

ivhc.ie. HiciiBL [

On peut remarquer encore une autre singularité diu la liturgie; c'est que le ministre anaoDce chaque (t manche à son ËglifiC le nombre et les noms des p«^ Bonnes qui sont mortes pendant la semaine. Ccitc (irf Uque qui peut assurément être d'un pxccilcnl usage ÔUnl bien lourDéc, peut aussi être pernicieuse quand oe la tourne mal. Aussi a-t-ellc été abolie il y a longtenif», à cause de l'abus qu'on en faisait. Et en effet on ne pouvait guèrcs manquer d'en abuser, puisque la liturgie pf^ sentait au ministre, à celte occasion, un discours q« suppose que tous ceuxdont on annonçait la raort^ éuieil morts dans la grâce de Dieu. « Or rendons grScnu Seigneur, que par sa miséricorde il a relire nos chw frères et sœurs en vraye foi et espérance, de ce roondr misérable, les délivrant de tant de calamités cl iravam pour les finalement coUoquer en joye éternelle. Prions le donc que par sa gr^rc nous puissions ainsi vîvre> qnt dcpartans de ce monde plein d'angoisses, en vrayefoj et assurance de sa grâce, nous ayons place co la compagnie de ses Ëleus. Amen. »

Au commencement delà réformolioi],LIi. EË. «Taiefll ordonné qu'on tiendrait les chapitres loules les amcM au mois de mai. Ce règlement fut observé jusqu'à l'aa 1547. niais de là, à la sollicitation de P. Kuntzeo, mtnistre de Berne, on laissa écouler cinq ans sans en tenir. Mais l'an 1553, LL. EE. ordonnèrent d'en tenir de nouveau, et ils envoyèrent leurs députes au pays pour ce dessein.

L'an 1555, Dlichci, comte de Gruyère, se trouvant accablé de dettes, et pressé par divers créanciers puiftsans, dont il avait éludé les poursuites depuis quelques années, se vit enfin réduit ïi la triste nécessite de mettre ses biens en décret poTir les satisfaire ; les Seigneurs àe

^tcrne el de Friboiirg achetèrent soli comté de Gruyère our le prix de 85 mille ccus d'or, cl se les partagèrcnl Vélat de Berne eut pour sa part le pays du Kougemoot HdeGesseDay, dont il fit un bailliage; el celui deFriaoDi^ eut en partage la ville de Gruyère avec les terres tdjaccnles. Les Seigneurs de Berue établirent pour premier bailiif du Rougcmont el de Geâsenay, Jean Roiolffde GraiTcnriedl, ancien banderct. Il y fut installé le 24 novembre 1555. ' L'année suivante on y inlroâuiâit la reformation. *

fan 1553, les persécutions d'Angleterre, de France cl de Flandres, attirèrenl quanlilc d'étrangers dans le canton de Berne, mais surtout dans le Pays Romand. Ils y furent recueillis partout avec beaucoup de charité, parliculiôrcmcnt à Lausanne. C'est pourquoi les Seigneurs de Berne écrivirent aux Lausannois, le 1 5 mars, pour les louer de leur charilé envers leurs frères perscculcs, elles eAborlèrent à continuer. ^

L'an 1557, vingt-cinq familles anglaises s'établirent à Lausanne. La persécution de la reine Marie contraignit un très-grand nombre d'anglais à se retirer dans les [lays étrangers. Plusieurs d'entr'eux se rcfugicrenl en Suisse, cl se dispersèrent dans les principales villes, à Zurich, à Berne, à Bàle, à Genève, il Lausanne et a Arau. Ils furent rei,'us partout avec beaucoup d'humanité. Les vingt-cinq familles dont je viens de parler, voulurent d'abord s'élablirdans le duché de Clèvcs pour ne pas trop s'éloigner de leur patrie; mais ils y furent mal reçus par les gens do pays, (qui étaient ardcns lu-

' StcUlcrlMI.p. 188 11 ' B. Iiistruct. F. B8.

= ^Vclscl. Mis». 11. W

t9t lis Ktrueiti ansu:!

thcriens, | i cause de ladifTcreoce de leurs «enlini«M sur la prôficocc du Seigneur dans la Sainte Cène. Ils^ Ifcrenl donc a Berne, et ayant oblanu |>erTnîssioB it Ith. E£. de s'haijitncr dans telle partie du cantoo qnlb aimeraient le mieux, ils vinrent à Lausanne, où ilsfurfat rei^us le 6 juillet pour habîtans perpétuels, mo^eDiiant quatre ècus par famille, et soug diverses condilioUB tosonnablcs; entr 'autres qu'ils se conformeraient à Ukformation du pajs. ' Le T.'e\e de ceux qui étaient réfugia à Arau, n'étant pas satisfait des trois communions tjé se faisaient au pays par année, prièrent LL. EE. de lear permettre de faire la Sainte Cëne encore trois aultti jours, saroir une fois entre chaque fête. Il le leur petmircnt, à condition 1' que cela se ferait dans le temple Cl non dans les maisons; 2" suivant Tusagc du canton; I et 3° pour aussi long^lcmps que LL, EE. le trouveraient

Les uns et les autres ne demeurcrenl en Suisse qa'os B>b et demi ou environ. Au commencement de l'an I5ô9, ■Ayant appris que la reine Ëlizabelli était montée sur le trône, à la place de la reine Marie, qni était morte, il> prirent congé de LL. EE. aussi bien que ceux qui étaient h Arau, et se retirèrent en Angleterre. On m'» dit que ce sont eux qui onlinstitué la bourse des pauvre) passons de Lausanne. J'ai vu un témoignage honorable que LL. EE. de Berne donnèrent à ceux qui avaient été réfugiés à Arau, écrit en latin, el daté du 11 janvier 1559. ^ ( Il y a bien de l'apparence qu'ils en dooncrent un semblable à ceux qui avaient été réfugiés à Ls|^.

RBTOVAHBliT DANS UUR BATElB. 495

sanne. ) Le même joar ces Seigneurs écrivirent k la reine Elîzabelh une lettre de félicitations en lalin^ sur ■on arènement à la couronne. *

Ibid.

Page 1