‹ Histoire de la réformation de la Suisse (volume 2)Chapitre 3 sur 32 · DES VILL · texte numérisé non relu

DES VILL

Van 1615, ensuite d'un Irailé qu'ils avàienl fait sur ( sujet avec la cour de Rome. ' C'esl ainsi que les cvèquei f de Lausanne onl étc dépouillés de leur temporel.

Le 29 avril les scigncur-i de Berne reçurent l'abbay» J de Bonmonl eous leur prolcclion; promettant de la . maintenir selon le droit cl l'cquitc, moyennant 200 flofîos de reconnais SB née, qu'elle devait lenr payer annuellement. '

Les seigneurs de Berne ralifièrcnt aux diverses villes et communautés du Pays de V<iiid qui s'étaient 8oumises de bonne grâce , la promesse que les chefs de leur arniêc leur avaient faite, de leur conserver leurs privilèges. En conséquence de quoi ils accordèrent à chacuoe , quelques mois après, une confirmation parliculicre de leurs francliÎBCa el privilèges ; à Vevey, le 1 3 mai ; ' au» trois paroisses de La Vaux, Luiry, Villelle el S. Sa- ■borin, le 14 d'aoûl; ' à Avenche, le 27 septembre: ' à Morges, le l*' août 1537, etc. * Ils accordèrent en particolierauxvillesdeVeveyet do La Tour, permission d'avoir un héraut, avec les armes et la livrée de leur ville, et enfin liberté de conscience, moyennant qu'eux de leur côté n'inquiétassenl point ceux qui embrassenieat la réformalion ; qu'ils no contraignisse ni personne 4'allcr à la messe, el qu'ils n'empêchassenl pcrsonue ■^1^ parler de la Parole de Dieu. Il n'y eut que ceux de

.tf y, qui furent un peu trailés rudement. Ils s'élaienl

;iirô l'indignation des Bernois par les deux endroiu

■ Uvv.Nol. m.Sim] ' 8. In»l. 196.

* B. Iniir. Wi- ' \r(h. Je VitleUc ' B. Inïlr. I.S».

' Ibid-rS.

que j'ai rapportes. Ils furent condamnés à payer cent écus d'or au soleil aux parens du soldat qui avait été blesse à mort, et trcnte-huil écus entre trois autres, qui avaient été blessés ; et à payer toute la dépense de ces malades et de ceux qui les avaient servis. Cependant, comme le conseil de ville n'avait eu aucune part à ces deux cas, on lui donna pouvoir de faire rechercher les coupables, qu'on n'avait pas voulu nommer jusqu'alors, et de s'en faire rembourser. '

lies Lausannois étaient alliés depuis dix ans avec les villes de Berne et de FHbourg, par un traité de combourgeoisie mutuelle , «ur le même pied que Genève. Ib. avaient m^me renouvelé celte alliance avec ces deusj villes au commencement de cette année, et le 9 jaDvicfl IS36 les députés de ces deux villes souveraines étaient ' venus à Lausanne , pour ta jurer de nouveau. ' En verto : de cette alliance les Lausannois avaient donne du secoon 1 eux Bernois dans leurs guerres des années 1528, 1529, 1 1530 et 1S31, et entr'autres aussi dans cette dernière; et même les soldais de Lausanne s'étaient distingaôi '. par leur zèle et par leur bravoure , au siège du fort de ' l'Ecluse. ' Ils avaient aussi donné quelque secours aux ' Soigneurs de Fribourg au mois de février de celle ra6mi) ^ année, comme on l'a dit ci-dessus. Après la prise d'Yverdon , les chefs de l'armée de Berne voulurent ténit»' gner quelque reconnaissance aux Lausannois, qui étaient [ avec eux, et après les avoir loué de leurs bons services, l (Is leur demandèrent ce qu'ils souhaitaient pour récompense? Ils répondirent, qu'ils ne souhaitaient rien,

' Han.de I.ulry f. 39,

* Han de Laua. 605. b.

* MS: GrooM. Sletller. ê^. b

parce qu'étant c^ncore la plapart catholiques, ÎIs ne voif laient pas se brouiller avec leur cvi'quc cl leur clergé. ' Cependant comme ils se trouvaient sujets de Tévêque, qui s'était déclaré ennemi des Bernois , et qui avait ensuite lâché le pied, d'alliés qu'ils étaient, ils devinrent parla leurs sujets, par une suite naturelle de celle guerre, les Bernois s 'étant rendus maîtres de tout le temporel de révoque qui était à leur bienséance. Mais aussi les Bernois, les recevant au nombre de leurs sujets, les traitèrent avec distinction , et leur firent drvcrses conces- >ions considérables, comme nous le dirons dans ta suite. *

Les seigneurs de Berne, n'ayant à craindre aucun cnoemi , s'occupèrent à mettre de bons réglemcns dans leurs nouveaux Etals. On régla donc les affaires civiles, le 13 mai , de la manière qui suit :

I. On partagea tous ces pays conquis en huit bailliages; on mit :

1°. Un baillifà YverdoD, oommé George Zumbach, Autrement Uubelman.

3'*. Un à Itloudon , qui avait dans sa dépendance les tarres de Cossonay, de IHorges, et toute la Côte. Il se aominait Jean Friscbiog.

3'. Un à Lausanne, quis'appelait Sébastien N^egueli, M qai avait sous lui les trois paroisses do La Vaux: halrj, Villelte cl S. S&phorin. On y mît aussi un lieuteoaDt baîllival, qui avait sous lui Lucens et autres Eeux appartenant auiiaravanl à l'évêLjac.

4^. Un a Avenche, nommé Antoine Tillier.

5". Un à Chillon, pour Vevey, appelé Augustin d« Luteriiaw.

• MS.Pinji.i.

* V«j. ci-dcMODS , action JX.

Si lifiLtHBR* rOl-K tE P«T3 Dl VAUD.

6". Va a ThonoD, nomme J, RodolfNœgueli. 7'. Un « Temîer, qui s'appelail Simon Fwrbcr. 8". Un à Gex, nommé Jean Rodoltd'ErUch. On ciaMil aussi un trésorier pour ce nouveau pays, lie premier fui Miche! Augsbourger.

n. On établit en chaque bailliage une chambre baillivale, composée de douze juges ou assesseurs.

m. Au lieu qu'auparavant les appels du Pays de Vand se portaient à Moudon, aux Etats du pays, il fut réglé, qu'en chaque bailliage, on appellerait de la justice inférieure au baillif, payant trois florins pour l'appel: et du b'aillif au trésorier du pays , el aux autres commis de Berne , que l'on enverrait à chaque année au paji pour y tenir les appellations ; et les appclans paieraient cinq florins.

IV. On abolit quelques usages du pays; par exemple que celui qui dans un procès perdait la forme, perdait le principal; que chacun était obligé de comparaître en .personne en justice, etc., et il fut ordonné que si les liaiilifs trouvaient quelqu'aulre chose de mauvais dans le coutumier du pays, ils en devaient faire rapport k leurs seigneurs, pour le corriger, etc. '

Et d'abord on députa trois seigneurs du conseil, J. Rodolf de Graffenried, J, François Nfegucli et J, Rodolf ,-Ifaegucli, pour aller exécuter ces résolutions dans le pays de leur nouvelle acquisition, et pour y installer les baillifs. ' Ces commis renouvelèrent les emplois de police et de magistrature de ville en ville, confirmèrent quelques-uns de ceux qui étaient en place, et en déposèrent

< B. Archiv. B. I. SW. Stettler U. 91 . i ■ Min.deUiii.SII. b.

quelques autres; c'esl ce qui se fit partie ulîèreiaent à Boudon. Ils ordonnèrent en même Icms en tous lieux que les actes publics des notaires se fissent en français : ce qui fut commencé à Itloudoa dès le milieu dejuillet. '

Le mercredi 17 mai les députes de Berne parurent devant le conseil de Laufianne, cl présentèrent pourbaïllif Sebastien IVteguoli, demandant qu'il fut admis eu celte qualité ; offrant qu'il ferait le serment que prêtaient les évSques, pour la conservation des droits et des libertés de la ville. Le conseil accepta cette proposition. L'oa convint du serment que ce baillif Bewois prêterait. Ainsi te lendemain^ jeudi 18 mai, Nœgueli , premier baittif de Lausanne, y fit son entrée solennelle, et prêta serment à la ville, de garder leurs droits, coutumes et franchises, écrites et non écrites; à quoi il fut ajotitc particulièrement, pour conserver la paix et la tranquillité dans la ville entre les citoyens, que, pour cequî regardait la foi et la religion , chacun demeurerait en pleine liberté, cl s'en tiendrait au jugement de sa COascien,ce. Le baillif cl son serment furent reçus par Guillaume Ravanel , bourgmattrc de Lausanne, en prér- •eoce de plusieurs personnes de distinction, de Berne et Lausanne. '

Apres cela les seigneurs de Berne, pour se dédommager des frais qu'ils venaient de faire pour la guerre, mi- , rent un impôt sur tout le pays, taxant les villes à part, et les gentilshommes à part : les uns à mille écus, les

titres à 500, chacun à proportion de ses richesses. En irticulierle baron duChàtelard, seigneur dcDivonno, 'M :

SA IB BAROM DS tk SA&AA.

fol lazé à tOOO écos, Moudon h 400. etc. ^ Les sei^ gneon de Friboorg ne mirenl pcSnt d'impftl sar le0M nouveaux sujets pour ce coup; mais onze ans aprës^ (l'an 1547) ils firent faire une taxe de toutes leurs terres, et. exigèrent d'eux le centième denier de tous leurs biens, nonobstant toutes leurs oppositions. ^

Michel Mangerod, baron de la Sarra , s'élant évadé dHf Verdun, de la manière qu'on Ta dit, se relégua vo* lontairement à & Claude, plutôt que de se soumeltre aux Bernois, et de leur faire hommage. Il avait été l'un dea chefs de la ligue de la Cuillère, et l'un des ennemis , les plus ardens de Berne et de Genève. Cependant les seigneurs de Berne renctircnt, le 6 septembre, la baron^ nie à sa femme, nommé dame Claude DeGiUie, moyen-* nant 100 écas d'or de rançon^ et aux conditions suivantes : P Qu'elle reconnaîtrait leur souveraineté. 3*^ Qu'elle ferait administrer la justice selon leurs nouvelles ordonnances. 3*^ Qu'elle paierait les dépenses qu'ils avaient faites pour cette baronnie. Et 4° enfin, qu'elle n*en em^ ployerait point de revenus pour assister son mari. ' Ce baron mourut dans le lieu de son exil, le 4 Juin 1541.*

Il restait encore a régler les prétentions que les Bernois avaient sur le vidomnat de Genève, et sur le tem- • porel de Tévêque.

Pour arrêter ces demandes, les Genevois envoyèrent des députés à Berne , le 29 février, pour renouveler leur alliance, comme elle le devait être de cinq en cinq an&..

' MS. Thom. 59. Man. de Moutloii.

• MS. Thom. I. c.

' B. Insl. aig.

^ M:>. Tboia.

li«s Bernois le leur refusèrenl, jusqu'il ce qii'ilfi eusseai renda une roponi^c satidraisanle sur la demaudc de leurs ofGciers. Ed alieudanl, ils les requirent pourtant de leur aider de quelques barques, pour prendre Cbillon; ce que les Genevois (Irenl de bon cœur, comme oa Il vu. Bientôt après, les députes que les Bernois ca- Tovèrenl au Pays de Vaud ei au Chablaia , pour exécuter les arrangemeos qui avaient été résolus, parurent à Geocve, le 8 d'avril, devant les conseils , et leur aj'ant fait la même demande que les officiers de l'armée leur araîent déjà faite , ils en curent la même réponse; et comme les Genevois les prièrent de renouveler avec eux leur traite d'alliance mutuelle, ils le refusèrent encore. Le« Genevois se trouvèrent alors dans un grand cm- 1 Mrras , d'autant plus que les Bernois leur demandaient !>' remboursement des frais qu'ils avaient faits pour les accourir, et que les ^'euchâieloia leur demandèrent aussi tear paiement pour le secours qu'ils leur avaient amené l'automne précédente. Ils représenlèrent aux Bernois, a que s'ils avaient fait la guerre au duc de Savoie pour eux, ce ne devait pas élro aux dépens des uns et des autres , mais aux dépens du duc, qui était dans le lort, cl le promoteur de celte guerre ; que les Bernois avaient le Pays de Vaud, qui leur avait été hypothéqué pour cela. » Ils renvoyèrent ceux de Pieucliàtel au.x Bernois, qui avait pris le Pays de Vaud, et qui même ne les avaient pas laissés venir jusqu'il Genève, mais lesavaienl engagés à rebrousser chemin; de manière que leur voyage ne leur avait été d'aucun secours. Les Neuchâ- Iclois s'adressèrent donc aux seigneurs de Berne ; mais ceux-ci leur donnèrent en avril des lettres esocutoriales contre les personnes et les biens des Genevois, jusqu'à ce qu'ils fussent payes de co secours ; de sorte que les

W HieOCIATIOM* BMTKB BEKHS ET GBKSTI.

Genevois, conlraiots par ia uécessUé, accordèrent, le 3 mai, avec ces gens de Neucliâlel, à trois écus par homme. ^

Ib earent encore de l'embarras du câtc de la France ; car dans le mois de février, trois jours après le départ de •l'armce de Berne, un citoyen de Genève, venant de

I France , apporta aux conseils quelques articles de projet de souniissioq, dont on l'avait cbargéde ta part du rcH, suivant le dessein da sieur De Vercy. Mais les conseils tes rejetèrent avec indignation, ne voulant absolument •e soumettre a aucune domination, quelle qu'elle fût,

f al condamnèrent le porteur à faire rendre ce projet à celui qui te lui avait Aonné. ^ En même temps les Genevois , pour 6e mettre en meilleur état de défense en cas d'attaque, se fortilîèrenl de murailles neuves et de fos» Bcs , du côte de S. Gervais, qui jusqu'alors n'avait été . formé que de palissades.

Enlin pourtant après quelques négociations entre-

- Berne et Genève, les parties s'accommodèrent dans une journée amiable, qui se tint à Berne, au commencement d'août, et le lundi 7 du mois, on convint de part et d'autre des articles suivans :

I. a Que les Genevois paieraient aux Bernois , avant la Noël suivante, la somme qu'ils leur devaient pour les ft-ais de la guerre.

II. « Que la ville de Genève serait toujours ouverte aux Bernois , en temps de guerre et de paix , toutes les fois qu'ils en auraient besoin, cl que les Genevois ne pourraient prendre aucune alliance, quelle qu'elle fût, sans le consentement des Bernois.

' Ruïei III. I

' hteooATions entre BER^B et gkhêti. K

m. « Que les Genevois rcmeUraient aux Bernois la M^neurie de Gaillard, le couvent deBellcHve, la Baslte de Colex, ou Cbolox, qui avait clé au seigneur de Lul- Uo, et géncralemeat tout ce qui avait ap^iarleuu au duc de Savoie, et qu'ils avaient conquis, ensemble les biens de leurs bandiu, silués sur les terres de Berne.

IV. a Les Genevois cédaionl aussi aux Bernois toutes les fondations érigées à Genève par les ducs de Savoie, et qui se payaient des terres du Pajs de Vaud.

1. « Eq échange les Bernois cédèrent aux Genevois, tous les droits et les prétentions qu'ils avaient sur lo prieuré de S, Victor, cl sur les biens qui en dépendaient, parce que les Genevois Jcs avaient incorporés à leur hôpital, pour l'eniretîen aes mtDÎïircs et des pauvres; réservé le droit d'appel et de haute justice, qui était conservé à la ville de Borne.

n. n Comme les seigneuries de Gaillard cldcGex s'plendaicnt jusqu'à Genève, les Bernois voulurent bien en resserrer les bornes, pour étendre celles de Genève du cdté de ces seigneuries, et y planter de bonnes bornes.

m. « Comme les Genevois étaient encore sujets à certaia égard à la seigneurie de Gaillard, en ce que, par exemple, quand ils avaient condamné un malfaileur à la raorl, ils étaient obligés de le livrer au Châtelain de Gaillard pour exécuter la sentence, les Bernois les dégagèrent de cette obligation, et les co affranchirent.

IV, a Comme les capitaines de l'armée de Berne prétendaient avoir conquis toutes les terres de l'évèque de Genève, du chapitre, et des cloîtres, cl qu'au conlrairo les Genevois les demandaient, comme un bien qui était iicux; les Bernois les leur cédèrent tout amiablcmeut ,

s BBnnE er GcnevB, réservital seulement le droit d'appel, s'il y en avait qiielqu'i^n qui dût être poric au duc de Savoie. ' »

Les députes de Genève [)our cet accominodement étaient Claude Savoie syndic, Michel Sept , Jean Lullin, et George Des Clez, allemand. Ensuite do cet accord, le* Bernois et Genevois renouvelèrent le traité de combourgcoisie, qui avait étéconlraclo dix ans auparavant, entre les villes de Berne et de Pribourg d'un côté , et de Genève de l'autre. '

On fit aussi le compte de ce que les Genevois devaient

, aux Bernois, pour le premier secours que ceux-ci lear

I avaient donné; et l'on arrêta cette dette à la somme ds

9917 écuâ d'or su soleil. Quelques mois après ( le 3 jaiip

vier 1537) les Genevois en payèrent SOOO, au coin da

France. ^

Après la conclusion de ce traité, les députes de Berna I râlèrent l'clargissementdes frontières do Genève, con- I formcment à l'article second, le 26 ei le 29 d'août, ratl'on planta des bornes. L'année suivante ces bornes furent examinées par Jacob Hetzel, bailtif de Gex et F Simon Fitrbcr, baillif de Ternieret Gaillard, leSmars; i les rédigea par écrit, lejoudi 23 mai 1538. * Ainsi > finit celle grande affaire.

IV. Les soins et les embarras do la guerre ne firent ' rien relilcher aux Bernois de leur attention pour tes affaires de religion. Toujours animes d'un esprit de paÎK ^ W de tranquillité dans les alTuires ecclésiastiques, comme dans les civiles, ils entrèrentavec les autres états de

* B. tait. 1. SU. il3, ' Ibid. ili.

* L. id, 334.

* Ibid. S9Î.

ta Suisse rcforracc dans toutes lea mesures que l'on pril pour rétablir l'unioa entre les églises prolesianles. On K vu dans le livre précédcnl, que dans le mois de décembre de t'ao 1535, les principaux ihcologiens de Zurich et de Bâlc eurent une conférence ensemble dans U ville d'^rau.

t>e sujet de la conférence ctail d'examiner de quelle r:iinière il fallait s'y prendre, pour parvenir à une soli- . ■ union avec les Luthériens, parce que Luther avait v-iru depuis quelque lema un peu plus modéré. Cl soutmiler celle union. On y convint de dresser une confcstion de foi, pour rendre raison de la doctrine des Egli- »■ Helvétiques sur celte importante matière, afin de rair 61 l'on pourrait s'accommoder avec Luther à cet égard.

Pour procéder dans cette affaire avec plus de circontpeclioD, il fut résolu, à la sollicitation de ceux de Strasbourg, qu'il y aurait une conférence à Bâle à la fin de JAnvierdcran 1536, entre toutes les Eglises réformées de la Suisse. Il s'y trouva donc des députés de Zurich, de Berne, de Bâlc, de Schaflouse, de St. Gali, de Mulbous« et de Bienne, avec des théologiens de toutes ces Tilles. Entre ces dcrniers^il y avait.4uguslin Gemusnsus, en allemand Gcschmus, bourgeois et pustcur de Mulhouse ; dont le frère, noramé Jcrômc passait pour l'un des pluâ grands philosophes de son tems, et aurait fait beaucoup plus de progrès, s'il n'càt été arrête par la mort, qui l'enleva à l'âge de 59 ans.

Tous ces députés convinrent, avant toute autre chose » de composer une confession de foi, non-seulemciit sue la malière de l'eucharistie, mais aussi sur tous les principaux points de la religion chrétienne; alin qu'on put la présenter à Luther, et en cas de besoin, au cou-

cile> dont on parlait alors beaucoup, et qui deTOfti. disait-on, s'assembler bienlôt. Cependant il ne s'aisembla qu'à sept ans de là, l'an 1543, par les dclaifl pecpéluels que le pape y apportait. On donna la commission de dresser celle confession à trois théologiens, Bullînger, lUyconius et Gryuatus, auxquels od enjoi^ît depuis deux autres, Léon de Juda, et.GrossroaaD. Les deux théologiens de Strasbourg, Capîtoa et Bucer, vinrent de leur propre mouvement à cette assemblée et conférèrent avec ceux de Suisse sur les articles du péché originel, du libre arbitre, du but de la doctrine cvangé' liquc, du saiut ministère et de la vertu des sacremens» et souhaîlèrcnt qu'on en couchât quelques-uns par écrit, et particulièrement celui de l'eucharistie, d'une tell* mauière, sans pourtant blesser la vérité , que Luther les pAt approuver, aiin d'éviter par là une contestation non nécessaire. La confession ayant été dressée, fut lue dans une assemblée de tous les théologiens , et généralement approuvée. On l'avait écrite en latin, et on chargea Léon de Juda de la traduire en allemand. Comme celte pièce n'est pas bien longue, et qu'elle est fort rare, je la mettrai ici tout au long, traduite lidèlemcnl sur \^ copie allemande.

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