DES EGLISES DF. I
Qui ont embrassé t Evangile de Jésus - Christ ^ présentée à fous les Jidèles et les gens de bien , pour r examiner et en juger; composée à Bâte tan I53fi au mois de février, et signée en mat par tes cantons réformés.
De l Ecriture sainte.
t/s sainle et divine Ecriture de la Bibtc, qui est \^ parole de Dieu, inspirée par le saint Esprit, et piésenlcc au monde par les prophètes et les ap6trcs, est la plus sublime, la plus ancienne et la plus parfaite doctrine; et comprend elle seule tout ce qui sert à une vraie connaissance, à la charité et à l'honneur de Dieu, à une droite et vraie probité, et à former une vie sainte, bonndte et pieuse.
De T interprétation de l'Ecriture.
Celte sainte et divine Ecriture ne doit être aucnnemeot interprétée et expliquée que par elle-même , selon la règle de la foi cl de la charité.
Des anciens docteurs.
Qfland donc les SS. Pères et les anciens docteurs qui ont interprété et expliqué la sainte Ecriture , ont Buiti
cetie règle, nous Toolons bien les recoonattre et les tenir non-senlement pour des interprètes de l'Ecritore, mais sDssi pour des ioBlniamns d'élite, par lesquels Dïea a parlé et opéré.
Des doctrine* de* hommes.
Pour ce qui regarde les doctrines et les traditions des hommes, (quelque belles et véoérables qu'elles pand^ sont; et quelque antiennes qu'elles soient), qui nooi . détournent de Dieu el de la véritable foi, nous les tenons ; pour vaines , nuisibles et sans force ; comme le Seigneur j lai-roéme le lé[noigiie,anXy deSt. Mathieu, quand il ] dit : «Us m'honorent en vain , enseignant des doclrines ' d'hommes. »
Quel est le but de la sainte Ecriture , et à quoi elle conduit.
Tout le dessein de l'Ecriture-Saiule est seulement de faire entendre aux hommes, que Dieu a de la bonté pour eux , et leur veut du bien , et qu'il a présenté pn~ blîquement à loua les hommes, par Jésus-Christ son fils, celle bienveillance qu'il a pour eux , et qu'il la leur a démontrée par lui, et qu'elle vient à nous uniquement par la foi, qu'elle est reçue uniquement par la foi, et qu'elle est exprimée, montrée-et prouvée an-dehors par la charité envers le prochain.
/>e Diea.
Voici les Eenlimens que nous avons de Dieu : Qa'il y
• on seul vrai Dieu, vivant et tout-puissant, uniqae en
DBS EGUSBS DB LA SLIIS.^E. 63
essence, et qui daos celle unïlé a trois personnes ; qui a créé de rien toutes choses par sa parole, c'est-à-dîre par son (ils ; et qui gouverne et conserve toutes choses , ju&leinent, vérilablemeDl et sagement, par sa provi-
He rhomme.
L'homme, la plus parfaite image de Dieu sur la lerre , cl ta plus noble, el la plus excellente de loules les créatares visibles , est composé d'un corps cl d'une ame. IJe corps est mortel, l'ame est immorlellc. CcL homme ayant été créé de Dieu, droit en bon étal, est tombé dans le péché par sa propre faute, el a entrainé avec lui tout le genre humain dans une pareille cbule, el les a rendus sBJeis à uue pareille misère.
vm.
Vu péché originel.
I Or cette corruption héréditaire el ce péché originel dlenienl pénétré tout le genre humain, et l'a tcllcmt gâté, corrompu et infecté, que l'homme, quiélait un enfant de la colère el un ennemi de Dieu, i pouvait recevoir du secours de qui que ce soîl, ou j rétabli que de Dieu par Jésus-Christ; cl ce qui est meure de bon en lui, est aiTaibli journellement de s eo plus par des défauts el des vices , lellemeot qu'il va toujours de mal en pis; car la force du péché et de l'imperfeclioD qui est en nous l'emporle, de sorte que oï la raison ne peut suivre ce qu'elle connaît , ni l'cntcnd ente ni le plus habile, planter, provigner et produire celle élincellc divine.
coHTisiiM Di roi
Du franc-arhilre.
C'est pourquoi nous allribuons à rbomnic une telle liberté que nous sentons en nous-mêmes , que nous faisoosle bien et le mal sciemment et volonUirement, nous pouvons de nous-mêmes faire le mal; mais pour le bien nous ne pouvons ni l'embrasser ni l'accomplir à moins que nous ne soyons éclairés, réveillés et poussés par la grâce de Jésus-Christ : Car c'est Dieu yui produit en nous ta tolonlé et texècution selon son bon plaisir, ■C'est de Dieu que vient noire salut, mais de nous il ne i vient que [iccbé cl corruption.
t rétalH V éternel.
par son conseil
Or quoique l'bomme par ses crimes et sa transgression J fût adjuge à la damnation éternelle, et tombe sous la juste colère de Dieu; néanmoins Dieu le père de miséricorde n'a jamais cessé d'avoir soin de lui, comme on te peut clairement et assez manifestement connaître et , comprendre , par les premières promesses , par toute la loi, qui réveille le pèche mais ne le détruit pas, et par le Seigoeur Jésus-Christ, qui a été ordonné et donne pour cela , savoir pour détruire le péché-
Du Seigneur Jésus-Christ, et de ce que nous aeons par lui.
Le Seigneur Jésus, rrai fils de Dieu , vrai Dieu et vrai homme, dans le temps que Dieu avait destiné de tout*
éieroitc pour ce sujet, a pris uDe vraie nalure humaine, en corps et en aine, rcunissaat deux diverses natures , ■•ns iDclange et sans confusion, en une seule personne iadivisible. Or il a pris celle nature humaine, afin que de mnrU que nous étions , il nous rendit vivaiis, et nous fit bériliei's de Dieu ; c'esl pourquoi aussi il a été fait notre Trère. Le Seigneur Jésus-Chriai, le fils du vrai Bleu vivant, a pris dans le sein de la saiute vierge Marie, ir la coopération de Dieu le Saint Esprit, celte chair,
:Lii est sainte par son union avec la Divinité, semblable notre chair en toutes choses , excepté le péché; car il
niait qu'elle fût une victime pure et sans souillure ; il a 'irré celle chair à la mort, pour un paiement, expiation, et nettojemcnl de tous les pcchéd. Et afin que nous eusaiooB une parfaite espérance et assurance de notre vie iminortelle, il a transporté sa chair à la dexlre de Dieu soo père tout-puissant, après l'avoir ressuscité d'entre les morlB. Ce Seigneur Jésus qui a vaincu la mort, le yéthé et toute la puissance de l'enfer, est notre chef et notre conducteur; il est le vrai souverain sacriiicateur qui est assis à la dextrc de Dieu, et a toujours soin de ■ODS, intercède pour nous et nous protège, jusqu'à ce qo'il nous rétablisse et nous réforme à l'image pour laquelle nous sommes créés ; et qu'il nous conduise en la fommunion de sa vie divine. Nous attendons ce Seigneur Jésus-Christ , qui doit venir à la fin du monde, comme un vrai juge , qui prononcera jugement sur toute chair, ■près l'avoir resEUBcitée pour être jugée. Il conduira les boos et les fidèles avec lui dans le ciel ; il condamnera les incrédules et les précipitera en corps cl en ame daus la perdition éternelle. Et comme le Seigneur Jésus est leol DOtrc médiateur, notre intercesseur, notre victime , lyeraÎD Mcrificatcur . uoire Seigneur et nolra
M coMraanoN di rot
roi , aiusi ne rM»Diwis8CMn-noaB que lui Beul; et cn^CMU de lotit notre corar, qu'il est lui seul , notre rcconcïtiatîon , notre rédemplimi > notre sanctification , notre Wliifoction , notre taverne , notre protecdon et notre oiriqtie déliTrance. Noua rqetons donc ici tout ce qn'on nool préteole, comme notre victitaief le moyen de notre mIuI, et la récoDciliarion de notre vie, et bous n'en recon- 'baissoiupoîntd'autrej c'est le Seigneur JétDS-ChrifItedi
xn.
Quel e»i le lut de la doctrine ieangéUque.
C'est pourquoi le (prond , et le priacipal principe de lé { doctrine ôvangêlique , que l'on doit Tiveroent presHf ^ dans toutes les prédications , et fortement inculquer et bien imprimer dans les cœurs des hommes est celui'-cï; lavoir, que nous sommes ssutcs uniquement par la seule miséricorde de Dieu, et par le mérite de Jésus-Gbrisl} mais afin de faire bien comprendre aux hommes l'al^. solue nécessité qu'il y a qu'ils aient Jésus^hiist poot leur salut et leur félicité , il faut leur mettre devant les yeux la grandeur et l'cnormité de leurs pèches , par k loi, et dans la mort de Jésus-Christ, et la leur Imo peindre, et la représenter le plus nettement et le plnt fortement qu'il est possible.
xm.
Comment la grâce de Jésus-Christ et son mérite nous est communiqué.
Ces grands et excellens bienfaits de la grâce de Diea, et la Traie sanctification de l'esprit de Dieu, ne viennent pas de nous ; nous ne les obtenons pas par nos mérilea M nos forces, mais par la foi, qui estuapur don H«n
nu Ée LISES DB
isent de Dieu. Celle foi esl un fondenicnl certain ,
me el inébranlable, et une appréhension de toutes hclioses (jue l'on espère de Dieu , qui produit d'elle-
me la cliarilc, el ensuite des fruits de toutes sortes s venus el de bonnes œuvres. El quoique les gens de bien el les fidèles s'exercent conliDuellemcnl dans ces fruiu delà foi, cependant nous n'attribuons pas lasanclilication el le salut obtenu à ce^^ œuvres, mais à la seule grâce de Dieu. Cette foi qui se icpose, non pas sur ses divroâ, (quoiqu'elle eu produise une inlinitc), mais
r la miséricorde de Dieu , est le vrai et droit service,
t lequel on peut plaire à Dieu.
De tEglise.
Rous croyons que ces pierres vives, qui sont bâties sur M:ber vivant, forment et composent une sainte Eglise Kverselle, qui esl la comiDunioD et l'assemblage de i les saints , cl l'épouse de Jésus-Christ ; laquelle il Itoîc par son sang, el enfin la présente à son père, , sans lâche , sans souillure el sans ride ; et quoique ; Eglise cl cette assemblée de Jésus-Christ ne paiise qu'aux jeux de Dieu, et ne soii proprement DDue que de lui; cependant elle a des marques extélares , des coutumes , el des ordonnances , qui ont été Uluécs el établies par Jé^us-Chrisl el la Parole de , comme aussi une discipline ordinaire, commune l |)tiblique , qui non-seulement la font voir et la fonl conoailrc , mais aussi servent en telle manière ii l'assera- Uer el .à la formerj que sans ces choses on ne peut compter personne pour être de celle Eglise, du moins à parler selon le cours ordinaire des choses, et sans une Ubcrté particulière donnée de Dieu.
jl^libcrte partiel
I De l'administration de la Parole de Dieu et du ministère ecclésiastique.
C'est pourquoi nous confcssoDG aussi, que les miaislres
de l'Eglise soDt coopérateurs avec Dieu, comme Si. Paul
lea appelle, par lesquels il adminislre el prcseole à ses
fidèles la coonaissancc de soi-même cl la rémiseioD de
leurs péchés, coaverlit les hommes à lui, les relève, les
console, et même les effraie elles juge; bien entendu
qu'en loul cela, nous attribuons toute l'opéralion el l'ef-
. £cace à Dieu seul, cl l'adrainistratiou seule aa ruinîslre;
r car il esl certain que cette vertu et cette opération ne
[ doit ni ne peut jamais être attachée à aucune créature^
1 nais qu'elle dépend uniquement de Dieu; c'est lui qui te
w distribue, selon son bon plaisir à ceux à qui il veut.
Du poui-'oir de r Eglise.
Le pouvoir de prêcher la Parole de Dieu el do paître ! les brebis de Jésus-Chrîst (ce qui est, à parler proprement le pouvoir des clés , ) prescrit à tous les hommes , de quelque condition qu'ils soient, une forme de vie. Ce pouvoir el celle dignité, cianl une commission el une négociation, doit avec justice être considéré comme Y onc chose excellente ei précieuse , bien loin qu'on doive \ le mépnser ou le bafouer; et l'on n'en doit confier l'adr ministration à qui que ce soit, qu'il n'ailété auparavant trouvé et reconnu propre et capable, parla voix elf élection de Dieu, el par ceux qui ont élé établis de l'Ëglifie pour cela, après une mûre délibéra lion. -^^^^^^H
^^K De télection des ministrei de VEglise.
^^V.Caron ne doit confier un tel emploi cl ud miaistère ^^e cellenalureà qui que ce aoil, à moins qu'il n'ail élè trouvé QuparavQDt. I. Bien instruit dans l'Ecrilure et dans la connaissance de la volonté de Dieu. 2. Irrcpréheosible en probité el en innocence de vie. El 3. Ardent et zclc à l'égard de l'affection et de la diligence k avancer la doctrine et le nom de Jésus-Christ, et reconnu tel, savoir, par les ministres et les conducteurs do l'Eglise , et aussi par ceux qui sont choisis du magistrat chrétien pour cela, comme de la part de l'ÉgUsc ; ol puisque cela est une vraie et droite élection de Dieu, elle doit cire reconnue pour bonne et juste, el acceptée parle jugement de l'Eglise, el par l'imposition des mains des anciens.
» Qui est le pasteur et le chef de F Eglise.
Car Jésus-Christ est seul le vrai chef de son Église ; c'est lui qui donne à son Eglise des pasteurs et des docteurs; qui selon son commandement administrent la parole et le pouvoir des Clés, dansl'ordre et légitimement, comme on l'a dit ci-dessus; c'est pourquoi nous ne reconnaissons, ni ne recevons ceux qui n'ont que le nom d'éce prétendu chef qui eslà Rome.
Quel est l'office des ministres de l Eglise.
BXa principale partie de cet office est, que les ministres % l'Eglise doivent prêcher la repentance cl la inslcseo
tXinTBSIION DG toi
pODr les péchés, l'ainendcmcot de vie, et le pardon des poches, et tout cela par Jésus-Christ. Item, qu'ils prient sans cesse pour le peuple, qu'ils s'appliquent sérieusement et soigneusemeiil à la lecture et à une sainte méditation de l'Ecriture el de la Parole de Dieu, et qu'avec cette Parole de Dieu, comme avec l'épce de l'esprit ils repoussent en tout et partout les coups du Diable, abbalent el aiVaiblîsseut sa force, qu'ils protégeai Ions lea vrais citoyens de Jcsus-Chrisl, qui sont en bon état, et qu'ils réprimeat ct arrêtciil les scaudaicux ri les malsains ou malades : el s'ils voulaient scandaliser el corrompre de plus en plus l'Eglise de Jésus-Chrisl, par leurs dcréglejncns ct leurs vices publiquement notoire^ ils doivent être exclus de celte Eglise par ceux qui sont d'entre les ministres de la Parole el du magistral chrôtien, ou bien punis el corriges par quelque autre voie honnête et commode, jusqu'à ce qu'ils recounaisseDl leur dércglemeul, changent de vie el deviennent saints; car alors un tel bourgeois de Jésus-Christ, qui avait été (-malade ct infecté du mal, ct pour cela exclu do l'Eglise, 1 doit y être reçu de nouveau, s'il s'est converti, et I t'il a reconnu et confessé bien sérieusement son péché et son égarement, (car c'est à cela que ce châtîmcnl f doit servir , ) et s'il cherche volontairement un remède f k son mal, s'il prend sur hiî une discipline spirituelle Cl ■ réjouit tous les gens de bien par une nouvelle ardeur el application â devenir homme de bien.
, et de lopéralion des Sacre-
On a deux de ces signes , qu'on appelle Sacremens , savoir le Baptême el la Ccoc du Seigneur. Ces Sncrcmens
tDES ÉGUSeS DS LA SVtMt. 7|
U des signes sainls, sîgnilîcatifs de choses sublimes saioles , qui ne soDt pas des sigaes simples et vides, mais ils consistenl eo signes, et en choses réelles. Car dans le Bapléme, l'eau est le signe; mais ce qu'il y a d& réel el de spirimel, est la rcgéncralion ei la réception ou l'enlrcc parmi le peuple de Dieu : dans la Cène ou dans l'Eucharistie, il y a du pain el du vin pour signes; mais CB qu'il y a de réel cl de spirituel, est la Coramuoioa au corps de Christ, le lialut qui a clé acqm's sur la croix, et la rémission des péchés, lesquelles choses réelles,
(visibles cl spirituelles, on doitcroire louldc même que Breçoil les signes corporellemeat, et c'est en ces cho- I réelles cl spirituelles, que consiste toute l'cfticace, toéralion et le fruit des Sacrement. C'est pourquoi be confessons que les sacvemcns ne sont pas seulement M signes de notre religion chrétienne, mais nous avou- ■ aussi, qu'ils sont des signes de la grâce de Dieu, par Iquels les ministres de l'Eglise opèrenl avec le Sctieur I pour le but et la lin qu'il nous proracl lui-même, qu'il nous ofire et qu'il nous procure eflicacemcni ; mais de la manière qu'on l'a déclaré ci-dessus, en parlant de l'administration de la Parole; savoir, que l'on n'attribue
f'à Dieu seul toute la vertu salutaire et sauctilianle. Du Baptême.
Le Bapléme est, par l'institution du Seigneur, un nel- ^^vyement de régénération, lequel le Seigneur ofTre cl ^^^ésenleàses élus, sous un signe visible, par leminislè- ^^BmIc l'Eglise, comme il a été dit et déclare ci-dessus : ^^W nous baptisons nos enfaas de ce saint nelloyement, fiarre qu'il serait injuste de priver do la Communion du ^icujiUsdcUiisu, ceux qui sont nés de nous, qui sommcij
7S coNresstoti db roi
tiD pcu|i)c de Dieu, qui soDt cepcodant deslîacs à cela par la voix de Dieu, et que ce sont dea hommes dont on L peut présumer qu'iU sonlclus de Dieu.
xxn.
De la Cène ou de t Eucharistie du Seigneur, i Touchant la Ste. Cène, voici ce que nous en pcnso Que le Sei|!;neur dans la Ste. Cène offre véritabl émeut I aux siens son corps cl son sang, c'est-à-dire soi-même , I et qu'il les leur donne à recevoir pour en tirer ce fruit, I qu'il vive de plus en plus en eux, et eux en lui, non pu ' que le corps et le sang du Seigneur soient naturelle < ment unis avec le pain et le vin, ou renfermes là-de* ' dans comme dans un espace, ou qu'on établisse ici une prêseDce corporelle et charnelle; mais que le paiii elle vîn, par l'institution du Seigneur, sont des signes sacres, ' qui signifient des choses sublimes, des signes par Icb- I quels le Seigneur offre et présente lui-même aux fidèles, par le ministère de l'Eglise, la vraie commueion du f corps et du sang de Jésus-Christ, non pas pour une vian- \ de périssable du ventre, mais pour une viande cl nour- I rilure de la vie spirituelle et éternelle. Nous prenons ■ou vent cette sublime et sainte viande, afin de nous exciter par là & regarder avec les yeux de la foi, la mort et le sang de Jésus-Christ crucifié; de contempler notre salut avec un avanl-goût de la vie céleste , et avec un véritable sentiment de la vie éternelle. Cette viande intérieure, spirituelle et vivifiante, nous fait goûter une douceur inexprimable, qui nous recrée. Cl nous donne une sainte vigueur, nous remplit d'une joie excellente et sublime, de ce que nous trouvons notre vie dans la mort de Jésus-Christ; c'est pourquoi dans ces sentimens nos cœurs tressaillent entièrement de joie; et nous nous rc>
DEJ iCLtlES DB LA IDISSE. 73
paadons de loDtes nos forces devant lui en actions de grâces, pour un bien si grand et si précieux qu'il nous a fait. Ainsi c'est à tort qu'on nouï impute d'attribuer peu de chose à ces grands et vrais signes. Car ces saints Signes et Sacremens sont des choses sacrées et respeclabtes, comme ayant été instituées pur Jésus-Christ, le vrai Souverain Sacrilicaieur, qui mémo les a emplojces. Us présentent de la manière qu'il a été dit, et offrent les choses spirituelles qu'ils signifient ; ils rendent témoignage de ce qui a été fait. Ils peignent à nos jeux et inculqoent ces choses si grandes et si sublimes : et par une ressemblance stngulicro des choses qu'ils signifient, ils apportent un grand et beau jour, aux voies du salut, ou aax vcrîtcs saintes et divines; outre cela !Is donnent quelque secours et aide à la foi ; et sont comme un ser< ment de Itdélité, par lequel les fidèles se dévouent et se lient a. leur chef ei à l'Eglise. C'est là la haute opinion , et la grande idée que nous avons de ces signes sacrés et sieignificatifs; cependant nous n'attribuons la vertu sigoiCanteel vivifiante, qu'à celui uniquement, qui seul est la vie, auquel soit gloire ctcrDellcmeut. Amen.
De la sainte assemblée des Fidèles.
Wous croyons que les saintes assemblées des fidèles doivent se faire en telle sorte, qu'avant toutes choses on présente journellement au peuple la Parole de Dieu , dans un Heu public et destiné à cela; que le sens et les mystères de l'Ëcrilnre soient journellement expliqués et cclaircia par dps ministres habiles; qu'on y célèbre la Cène du Seigneur et la Sle. Eucharistie, afin que la foi des fidèles ait de quoi s'exercer de plus en plus ; que l'on fosse dos prières ardentes pour les nécessites de tous les
hommes. Mais pour ce qui est des autres cérémoDies , dont le nombre est infini, comme sonlles calices, toul l'appareil de la messe, les surplis, les robes, la tonsure, les bannières, les cierges ei les Autels, l'or ei l'argent , en tant que ces choses ne serveolqu'à renverser la vraie religion el le droit Coite divin; particulièrement les idoles et les images, qui neservenlqu'àdesbooorer Dieuet et à scandaliser; et tout ce qu'il y a de pareilles iaven* tions contre Dieu, nous lés bannissons absolument de notre Sainte Cotqmunioa.
i>« cetts gui dtPÙent l'Eglùe de Dieu par defaauei
doctrine* y ou s'en séparent etjbnt secte à part.
Tous ceux qui se séparent de la saînle Communion, et socictcde l'Eglise, introduisent des doctnnes étranges et fausses, ou reçoivent telles doctrines, (défaut dont sont le plus entaches les Anabaptistes, dans notre siècle, ) s'ils ne veulent pas écouler tes avcrlissemcns de l'Eglise, el une instruction chrétienne, cl y obéir, mais persistent opiniâtrement dans leur égarement, en offensant et séduisant l'Eglise, doivent éiro châtiés cl rcprimes par le magistrat souverain, afin qu'ils n'infecleot pas le troupeau par leur fausse doctrine.
fies choses gui ne sont ni commandées ni d^endues,
mais sont indifférentes.
Ponr ce qui regarde les choses qu'on appelle indifférentes, comme elles le sont en effet, à parler proppement; un chrétien pieux et lidèle peut en user librement en tout tems, en tout lieu, pourvu seulement qu'il le fasse avec une conscience éclairée et avec charité ; car
D|[S IgLISIS DB Lk SOISSB. 7S
le fidèle doU nser de toutes choses d'une telle tfnanière , que Thonneur de Dieu en soit avancé, ei l'Eglise et le prochain édifie et non pas scandalisé.
Du magistrat cwil.
Comme toute puissance et magistrature est de Dieu, son plus grand et principal office est^ ( si le magistrat ne ▼eoi pas être un tyran, ) de maintenir, soutenir et avancer le vrai honneur de Dieu , et son véritable service ; panissànt et exterminant tout blasphème, et de faire I0Q8 ses efforts pour avancer et mettre en exécution ce qoe le ministre de l'Eglise et le prédicateur de FEvangfle lui propose et lui prouve par la Parole de Dieu; et afin qu'une telle religion et vrai service de Dieu , et toute honncielé de mœurs s'établisse et se répande, le magistrat souverain tournera parliculièrcmenl tous ses soins a faire que In pureParoIe.de Dieu soit fidèlement annoncée h l'Eglise, cl qu'on ne l'empêche à personne ; qnë les écoles soient, bien dressées; la jeunesse et toute la bourgeoisie, bien instruite, soigneusement enseignée et disciplinée ; qu'on ait grand soin des minisires de l'Eglise, et des pauvres, afin qu'on pourvoie honnêtement à leurs besoins, ainsi qu'il est convenable; car c'est à cela que doivent servir les biens de l'Eglise. De plus le mafjislral souverain doit gouverner le peuple, par des lois justes et divines, administrer le droit de la justice, et les maintenir ; maintenir aussi la paix et la tranquillité publique et le bien public, et punir les mal- Çaileurs comme de raison, selon la qualité de leurs cri-, mes, en corps et en bien; et s'il fait cela, il sert Dieu son Seigneur, comme il y est obligé. Nous devons loutcx obéissance à ce magistrat souverain, en corps et ei\
ffS coMrBSsiON DK roi,
biens, et loul ce que nous avons, bien que nous soyons Ubrcs en Jésus-Chrisl : et nous soumettre à lui ea charité, de bon cœur et avec foi; lui être fidèles, tandis que ses commandemens ne sont pas manircstement contre celui pour l'amour duquel nous lui rendons honneur et >béiBsance.
Du saint 3îariage.
Nous croyons que 1 elat du mariage est imposé et or- I donné de Dieu à tous les hommes qui y sont propres, ei \ et qui d'ailleurs ne sont pas appelés de Dieu à vivre . \ cbastcinent bors du mariage; qu'il n'y a point d'ordrem I d'état pour saintet honorable qu'il puisse être, auquel l'clal du mariage soit opposé, et doive être défendu. Et comme le mariage est confirmé devant l'Eglise, avec une belle exhortation publique et avec prière; ainsi aussi , le souverain magistrat, doit avoir soin que les mariagea [ soient contractés d'une manière légitime et honnête^ et qu'on les observe purement, et comme il faut; et qu'on e le dissolve pas facilement par divorce, et sans de grandesj importantes et légitimes raisons. C'est pourquoi nous ne pouvons pas louer les cloîtres, ni la chas- . teté impure et déréglée de tous les autres prétendus ecclésiastiques, ni celte vie oisive cl inutile, que quelques-uns ont clablic et mise en vogue, par un zèle malfondé; au contraire nous rejetons tout cela comme une chose abominable et infâme, invenlcc par les hommes contre l'ordonnance de Dieu, '
C'est là la confession que nous appelons la Première Belvclique, pour la distinguer d'une autre plus étendue.
fmAnGE A LU CERNE
qui fut faite l'an 1566, imprimce ea latîn , en allemand et en franvais la même nnoéc , et reçue par tous les Etats nfonnég de la Suisse, à la réserve de BSlo et de Neuchâtel.
V, Le 8 février il arriva on accident étrange à hacerae. Un înconaa s'était établi, environ l'an 1550, dans un petit hermitage, près de Fracmont, dans la forêt de Herfiesvvald, au canton de Lucerne; dansledestein, diaait-il d'j vivre dans la pCDÎtcncc cl de réparer 1b8 déréf;lemens de sa vie passée. Il menait une vie toute extraordinaire. Il voulait même se faire passer pour prophète, et ses admirateurs publiaient qu'il avait pré- & fissoe de la derniôrc guerre des cantons. Par ces cndroitE-là, il s'était acquis un grand crédit dans l'esprit de plusieurs personnes. Le 8 février 1^36 , qui était un mardi, jour de marché à Lucerne, il y alla en équipage dliermile, tout blanc de vieillesse- Il entra dans la maison d'une veuve , et entreprit de la violer ou de la tuer. Aux cris de cette pauvre femme, son mclayer, qui se trouva alors dans la maison, accourut pour la secourir. Le faux hermite le saisit, et le per(;a d'un poignard qu'il tenait cacbé sous sa robe. Dans cet intervalle la veuve s'enfuit chez un voisin, homme de considération, poussant des cris lameotables. Un voiluricr ému de ces cris, entra dans la maison, pour arrêter ce désordre, mais il fut brusquement attaqué par l'hcrmite, qui d'un coup de poignard le coucha mort par terre. Le voisin chez qui la veuve s'était réfugiée y accourut aussi avec
78 TBAVUX PODK ittlBM Ll( iCLIflt.
un valet; raaig l'herinile les blessa encore tow deux, de telle manière qu'il les crut morts; cependant ils en guérirent. EnCn il y entra un homme adroit et courn-
geux , qui ayant su jouer de soD cpce, en frappa ce Inigaod, et lai porta an coup, dont il tomba mort Bur la place. En mourant il s'écria : Ah Jésus Maria ! j'ouvrais bien aux Noonaios : pour dire, qu'il n'avait pas été de si difCcile accès aux rclîf^ieuses qui allaient le trouver, ijne cette veuve l'avait été pour lui. Cette aventure, pourrait servir de matière h bien des réflexions; mais je Isi laisse faire aux lecteurs judicieux. *
Four revenir k l'ouvrage de la réunion des ^i&iCI prolestantes; les théologiens de Strasbourg prièrent tes ' Suisses , quequand on convoquerait un synode protestant en Allemagne , il leur plût d'y envoyer aussi leurs théologiens.
Ils leur représentèrent , « que les seigoeurs de Strasbourg , (qui faisaient encore alors profession de la même doctrine que les Suisses), avaient pris beaucoup de peine et de soins , auprès des princes et des villes d'Allemagne, pour établir une concorde solide entre les Eglises. Qu'il y avait d'ailleurs un grand sujet d'espci'er de voir ce grand ouvrage amené bientôt à une heureuse fin; parce que Luther qui, anime auparavant par de faux rapports, avait parlé trop rudement, s'était considôrablement radouci ; qu'ayant examiné leurs preuves el leurs raisonnemcns ,avec plus d'attention, il ne soobaîtait rien plus, maintenant qu'il était vieux, que de voir, avant sa mort, une bonne union entre les Eglises , et les docteurs , qui lui avaient été d'un si
EXPnsiiiON ijK TOI nB xivinr.Li. 79
ind secours , pour la iiro[)OgaUon de la vérîlablc doc-
Au mois de février on (utl au jour, à Zurich , une lurte eX{)0«ilioD de la foi , que ZwiDgli avait composée ]-eu de Icmps avant sa mort , ei qu'il avait adressée au roi de Fraoce. Ilitllingcr, qui la publia, y mit uno préface de sa façon, où il défendît l'auteur coolro les calom- ■ies de ses enneniîâ , (]ui de quelques etpresïions un peu (iogulières , qu'on y trouve , eu concluaient que Zwingli était devenu tout-à-fait payen. Dans ce petit ouvrage, Zwîogli (raiic des principaux articles de la reli^on, de l'Msencc unique et indivisible de la Divinité, de la Satnie Trinité , de Jésus-Cbrîsl vrai Dieu et vrai homme en une seule personne. Il montre que tou& les hommes (ont pécheurs, mais qu'ils obtiennent la justice el la vîe fternelle par le mérite de Jésus-Christ. Il parle aussi de ffirADgile, de la foi, des sacremens, des bonnes œuvres, etc. Entre autres: parlant de la vie éternelle, il idreBsele discours ou roi, en ces termes: Là vous terres Btrcule, Thésée, Sacrale, Aristide, Aniigone, IVuma, CmiiUus, les Cotons, les Sapions; vous y verrez aussi tiM prédécesseurs , et toux vos ancêtres qui sont morts en la foi; etc. Luther avait conclu de ce discours , que Z**ïngli était non-seulement mort dans les seatimens d'oD ennemi des sacremeos, mais même qu'il était de- 'pno loijt-à-fait pByeu , parce qu'il niellait des psyens lans le nombre des bienheureux ^ .
Mais un peu de charité chrétienne, un peu plus d'elle, et moins de prévention, aurait pu faire reconutllre à ce docteur, que Zwingli n'avait péché en cela
• Uv>l
toul AU [)1us, que par un excès de cbarilé; en s'imaginant que ces payons ctaienl inorls en la grâce do Dîeu , et en la foî par quelque secours secret do celte grâce : puisqu'il enseignait nettement , que l'oa a'clait sauve , que par le mérite de Jésut- Cbrist.
On publia aussi à Bâle, à peu près dans le ménM temps, un recueil des lettres de Zwinglî eld'OËcolanpade, distribué en quatre livres. Ce recueil est fort utile pour éclaircir l'Histoire ecclésiastique de ce tenip^ i lii ; et l'on y trouve en particulier diverses choses, qui regardent la controverse sacrcmentaîre. Théodore Bii bliander, professeur en théologie à Zurich, J joignît une apologie, pour ces dcus grands hommes , et pour leur doctrine. Bucer y mil aussi une préface où il fait voir, que si Zuingli avait appelé les sacremens , des signes, ce n'a pas été pour exclure le corps de Jésus- CbrÏKt, mais pour réfuter les catholiques romains, qui allribuent aux sacremens une espèce de vertu physique, pourjusliner le pécheur, elle sauver. '
Dans le même temps l'Eglise de Berne perdit son ré-
formateur, et son (idèle pasteur, Berchlold Haller, qui
I mourut cette année, le 26 février, dans un âge peu
' BTancé, n'ayant encore que A4 ans. Il fut universellc-
f ment regretté , à cause de son zèle , de son savoir , de
B douceur, de sa pîélé,etde plusieurs autres belles
'.qualités, qui le distinguaient avantageusement entre les
théologiens de son temps. '
Après sa mort, les seigneurs de Berne envoyèrent le 28 février Simon Sulzer à Strasbourg , auprès de C«-
< Utm. 78. 76. HoUing. 70S.
* Sietller II. 76. h. T7. Hotling. 713,
sECOMu cartFËnENCi a bat.e.
IHlon , et de Bucer, les prier de leur chercher ud homme de bïea, habile, el zélé, pour remplir la place du défunt. On leur indiqiia-lo docteur Scbasliea Itleyer, qui lenr fut accorde par les magistrats de Strasbourg. Vers ta milieu de mai , ils clurcut pour leur troisième ministre Era»me Rittcr de SchafThouxe. ' Mais ces trots ministres ■e pouvant pas suffire pouruno église aussi considëraLle
;ijc Berne , la seigneurie établit encore trois autres mi- : litres, d'un second rang, pour partager le fnrdcaii
upc eux. On les nomme en allemand, llelfer, c'esl-à- 'lire, vicaires ou diacres. Ainsi l'an 1540 l'on niait six ititntslrcs à Berne : Pierre K.untzcn, Sébastien Meycr, Erssiftc Riltcr, Simon Sulier, Conrad Schmid el Faut ^ Ces ministres prèchatonl au grand temple , à ri de IVvdck . aux Dominicains et à l'hôpital. Dans la B on établit un imposîtioniiairc pour prêcher à l'infirrarrie de Lile. Enfin l'au 1721, la ville étant extrêmement peuplée, et les ministres no pouvant plus su (lire  un si grand nombre d'acditcnrs , hh. ËE. ont fondé quatre roinislèrea nouveans: dans leur ville, en érigeant les temples de Nydek et de rbôpital en églises paroiEsiales , et donnant à chacune un ministre el un diacre.
Au mois de mars 1 536 , il y eut une seconde conférence à Bâie, où les mêmes dépuléades Cantons et Etats réformés de la Suisse, qui s'claienl trouvés à la première, reçurent unanimement ta confession de foi , qu'on a rapportée ci-dessus et la signërcnl au nom de leurs Eglises.
On avait envoyé des copies de celle confession à Constance el il Strasbourg, pour l'cxaroiner. Ces deux villes,
uosi StcUlci- . B p 576.
SX TBATAUt poua LA
{ auirefois impériales, libres ot prolostantes , aujourd'hui sous la serviinde, et la première toute catholique), avaieDt%xaaiiiiécellecoDfession, et l'avaient approuvée. Les députés, qu'elles eavoycreol à cette asscmUée, comme od les en avait pries , rapportèrent le sentiment de leurs principaux, qui était : o qu'ib ne trouvaient rien à redire à celte conression , mais que comme il y avait déjà plusieurs confessions de foi^ qu'on avait publiées , et qu'il so trouvait dans celle-lJi quelques expressions, qui s'éloignaient de celtes qui étaient reçues; pour ces raisons ils priaient qu'on ne la mit pas bu jour, » Ainsi sur leurs représentations, l'assemblée jugea k propos, de ne pas faire imprimer pour le coup ■cette confession, elde^e rapportera la confession , publiÂei Augsbourg l'an 1530 par les quatre villes impériales de la Haute Allemagne, et à l'apologie qu'elles y avaient jointe. '
Luther fit lavoir à Bucer , que le 1 4 mai il y aurait à Eisenach , ville de Thuringe une assemblée de théologiens de la haute et de la basse Allemagne, pour chercher les moyens de réunir les Eglises , sur l'article de U Sainte Cène. Vers la fm d'avril , ceux de Strasbourg le Tirent savoir aux Bâloïs. priant en même temps les Eglises réformées de la Suisse, d'y envoyer quelques théologiens, pour traiter de celte union, particulièrement Bullinger, avec le savant et pieux bourgmatb'e da Saint Gall , Joacbim Vadian. Les Bâlois firent savoir U chose à ceux de Zurich. Il y eut une conférence lïdessus entre les Suisses réformés à Aravr. Il y fut résola, qu'on n'enverrait personne à cette assemblée d'Eisenach 1" parce que le temps était trop court, à proportion
' Uvater 76. Holting. 70S. 703.
riKiinroN drs tcLrses. 83 •
de la longueur du cbcmiQ qu'il y avait à faire ; 2" parce que l'invitalion ne leur avait élé adressée que par Bucer; 3" que celle asEemblce n'avait pas élé convoquée par i'aulorilé de quelque prince, mais aeulemcnl par le conseolcmcnt de quelques ihcologiciis ; -i" qu'enliu une telle dt'piitation n'était ni nécessaire, ni convcuablc ; mais qu'il S'ifiisaît d'envoyer à celle asgeniblce , par CapiloQ cl liucer, une copie de la confession de foi, qu'ils avaient dresfice tout nouvellement à B.lle; avec ceilo adjonction, qu'au casque quelqu'un vouliU ru îiilcrprctcr 'ii-i expressions dans un mauvais sens, les Eglises hclvé- : ii|u^ se réservaient le droit de l'èclaîrcir cl de l'expli' ijiier. Ainsi ils écrivirent le 1" mai au conseil des XIII de Strasbourg le résultat de leurs délibérations, et les raisons pour lesquelles ils ne trouvaient pas à propos d'envoyer personne à Eîsenach; d'autant plus que ces KÎ^eurs morne de Strasbourg, comme il paraissait par leurs lellres, n'y voulaient point envoyer de députés, nus laissaient à la liberté de Capiton et de Itucrr d'y aller ou non. Pour conclusion , ils les priaient d'ordonner ■ ces deux ibcologiens, qui sans doute iraient à celle assemblée, d'avoir en recommanda lion les El^M^cs heltêtiqnes, et de n'y rien faire contre la confossion , qu'ils avaient aidé à composer dans la conférence de Bâle avec les autres ministres; comme aussi ils s'y étaient engagés. ' Ils écrivirent aussi à ces deux tbéologiens, il peu près dans le même sens ; les priant de faire leurs excuses auprès de Lutber et des autres membres de l'asseroblée , et d'y soutenir la confession de foi. * BulliDger leur écrivit aussi en son particulier pour le même
Uv«ler7«-77. HoHiriî.702 703 Lavalrr 78.
• Sï CUNtÉRENCE
sujet. ' Ce fut dans celle assemblée d'Araw, que les thcolog:ienB de la Suisse reformée signèrent la coofession qu'on a rapportée, comme les seigneurs députés l'avaient signée dans la conférence précédente de Bâle. *
Ce refus, que iirent les Suisses d'envoyer des députés à Eiscnacb, ne mit pas, à la vérîléf un obstacle à la réanioD , mais il la recula ; parce qu'an lieu qu'on aurait pu traiter promptemenl et immédiatement avec Luther, il fallut, après avoir attendu le succès de cette assemblée, traiter ensuite avec lui de loin, et par écrit comme auparavant ; ce qui nt toujours une voie longue et i^mmmode. n se trouva dans l'assemblée sept théologiens de Saxe, et onze de la haute Allemagne; savoir de Strasbourg, d'Augsbourg et de Rcutlingcn, de chacune deux; d'Ulm, Eslingen, Memmingcn, Francfort et Forfeld, de chacune un. Les théologiens de la baute Allemagne, s'ctanl rendus à Eîsenach au jour marqué, n'y trouvèrent aucun ihéologicn; commencement qui parut de mauvais augure. Luther s'excusa de n'y être pas venu, disant qu'il était malade, et les pria par lettres de faire la moitié du chemin, pour s'approcher de lui, et de se trouver à Grimm , petite ville , qui est à une jour* né&deVVittemberg. Ils eurent la complaisance d'aller à Wittemberg même, où ils arrivèrent le 21 mai. lU y conférèrent avec Luther, depuis le 22 jusqu'au 26. Et d'abord Luther leur dit -. « Qu'il ne pouvait entrer ea aucune négociation avec eux; à moins qu'ils ne commençassent par rétracter la doctrine qu'ils avaient pr^
' Idem. cL Ilotliiif;. P. Hiiler. Eccics. T. VJ. On peut voie i* lelire.ilafin de ce volume, entre lu pièces jiMlificalivei.N^ 1. * SicUlar. II.
A WITTBHBIEG. 85
chée, parce qu'ils avaîonl enseigné jusqu'alors que dans la Sainte Cène il n'y a que des signes vuides y et que la controverse sur ce sacrement, n'est que vainc dispute de mots. » Bucer lui répondit courageusement , et fort au long; il lui dit entre autres ^ « que s'ils avaient enseigné quelque erreur, ils étaient prêts à la rétracter ; mais qu'ils n'avaient jamais enseigné qu'on ne distribue autre chose que du pain et du vin dans la Sainte Cène. » Luther fit encore des reproches à Bucer^ de ce que^ dans sa préface sur les lettres de Zwingli , il avait fait l'apologie de sa doctrine , et de ce qu'il vantait tant la confession de foi de Zwingli, qu'on venait de publier. Apres la conférence, il demanda que les théologiens do la haute Allemagne confessassent que dans la Sainte Cène on ne reçoit pas seulement du pain et du vin , mais le vrai corps du Seigneur vcrilablement, et non d*unc manière imaginaire. Que quant à la question , si les impies participent au corps de Jésus-Christ P il ne voulait pas disputer là-dessus avec eux. Enfin, après bien des discours de part et d'autre , Melanchton et Bucer composèrent un Formulaire d'Union , qui fut agrée par les théologiens des deux partis. ' En voici la copie, fidèlement traduite.
Formulaire d Union entre les Eglises de la haute et de la basse Allemagne sur r article de l'Eucharistie.
« Nous avons entendu Bucer expliquant son sentiment, et celui des autres qui ont clé ici avec lui sur le sacrement du corps et du sang de Jésus-Christ, de code manière :
* Lavatcr p. m. 78.
u Ils ronfcsacnl, ?clon les paroles de S. Irénéc, que l'Ëucbarislie est coniposcc de deux choses, l'une terrestre et l'aulrc céleste. Ainsi ils eoseigneul el croient que le corps cl le sang de Jésus-CbHst csi pré^eal, donné et rei;u vérilablcuienl, et en substance, avec le pain cl le vin.
» El quoiqu'ils nient , qu'il s'y fasse une transsubstantiation , qu'ils ne croient pas non plus que le corps du Seigneur soit localement enfermé dans le pain , ou qu'il s'en fasse quelque conjonction durable hors de l'usage du sacrement, cependant ils accordent que le pain est le corps de Jésus-Christ, par une union sacramentale , c'csl-à-dire, que quand on donne le pain, ils croienl que ie corps du Seigneur, est présent en même temps, et vérilablenient exhibe, Car hors de l'usage (du sacrenieni), comme quand on le garde dans des boites, ou qu'on le montre dans des processions, comme cela so fait parmi les papistes, ils croienl que le corps du Seigneur n'y est point présent.
u De plus ils croient, que celte institution du sacrement a sa vertu dans l'Eglise, et qu'elle ne dépend point de la dignité du ministre el du communiant: qu'ainsi, comme Saini Paul ledit, les indignes mangent aussi le \ sacrement. Ils croient donc, que le corps et le sang de Jcsus-Chri.'l sont véritablement donnés, même aux indignes, cl que les indignes le prennent, lorsque l'on conserve les paroles, el l'instilulion de Jésus- Clirist. niais de telles gens le prenuent à leur condomnalinn, comme le dit Saint Paul, parce qu'ils abusent du sacrcmeul, le prenant sans repcnUnce el sans foi; car il a clé établi, pour témoigner que la grâce el f les bienfaits de Jésus-Christ leur sont appliqués, que -■' ceux-là entés en Jcsus-ChriGl> et lavés par son sang ,
i>*uiiiOM. 87
foDt pénitence , el qui se relëvenl par la foi en Jésus- Christ.
» Ib disent potft conclusion : qu'ils sont tous dans les idées de la confession d'Augsbonrg^ et de son apologie ; et qoe^ n^étant lii qu'en petit nombre ^ il était nécessaire, pour terminer l'ouvrage de fa réunion, de communiquer les articles présens aux antres Eglises, et que si les théologiens des deux partis les approuvaient, ils pourraient se fiiire une concorde solide entre eux. »
Signé Wo£FF6AB6 CAPTrON, D. pastcur de l'Eglise de Slras^
bourg.
H. Martin Bucer, ministre de la m^roe Eglise. Martin Freght , licencié en théologie , pasteur a Ulra . Jacques Ottsr , licencié , pasteur de l'Eglise d'Eslingen. M. Gehvais Scholasti({UE, ou Schdler , pasleur dç Mcm-
mîngen.
Jean Bernhardi, ministre de TEgh'se de Francfort. m. Bosifage Lycosthenes , autrement Wolefrard, ministre de l'Eglise d'Augsbourg.
WolffgangMdsculus, ministre de l'Eglise d'Augsbourg. M. Martin Geriuani^ ministre de Furfeld. M. SIatthieu Alber, pasteur de Reutlingen. Jean Schardin, diacre de la même Eglise.
D'autre côté étaient aussi signés :
Martin Luther, docteur de Wittemberg. * Caspar Grlciger, docteur de Wittemberg. Jean Bubenhag, Fomeran, docteur.
Philippe Melanghton.
Juste Menius, d'Eisenach.
Frxderich Myconius, de Gotha. ^
*' OsiAKUBR in Annal, ad huuc aunuui : Cap. ZIL
Le 27 mai , Cn^iiton el Biicer prcsonlèrcnL la coofcssioD belvctïciue h Luther, lui faisaul en mcmc temps les excuses des Suisses , de ce qu'iU u'élaiciit pas venus à cette assemblée, le temps ne leur ayant pas permis dfl faire le voyage. Ils le pricreiildc faire attention à eux, lui représentant qu'il était raisonnable d'avoir égard h leur sentiment, puisqu'ils n'établissaient pas des signes \iiideB de choses el qu'il n'était piis vrai /(comme on les en accusait), qu'ils eussent des idées pca honorables du ministère évangéliquc. Luther répondît , qu'il ne savait pas que tant de gens, el les Suisses surtout, dussent venir; qu'aolremenl il aurait écrit de meilleure heure. Il ajouta qu'il voyait en eux, avec plaisir, l'cmpresaetnent qu'ils avaient pour la réunion, Cl promit de lenr témoigner sa bonne volonté en toute occasion, autant que sa conscience te lui peniiettfait. Et ayant examiné la confession helvétique, il dit qu'elle était bonne en elle-même. Le 28 mai, qui était un dimanche, lïucer prêcha el communia conjointement avec Capiton. '
Le 29 , les dîx-huit théologiens des deux partis signèrent ensemble le formulaire, dont on était convenu, et couclurenl ainsi le grand ouvrage de la réunion autant qu'il dépendait d'eux. Luther se chargea de communiquer cet écrit aux Eglises de Prusse de Pomcranie, de Danemark, de Holslcin, de Saxe, de Misnie, de Tburinga, de liesse, de Frise et de Brandebourg, et de leur en demander leur sentiment. Les théologiens de la haute Allemagne furent chargés de faire la même chose à l'égard des Eglises de la Suisse, de la Souafae, du Haut-Rhin , etc. On convint qu'au cas que ces Eglises acceptassent ce formulaire, et que les magistrats
' Uvilor 78. 79. HotUgg. 7«.
CaHMUtlIQtJÉ AUX tGLISES, g<J
lussent qu'on le euivît dans les JDSlructions, chaque partie le devrait faire savoir à l'autre ; et qu'alors quelque&-uDE des deux partis inettraient par écrit la voie la plus propre à établir la concorde, laquelle on ferait en- ■aile imprimer : cl qu'au reste il sereil libre à chaque Eglise, de proposer au peuple le contenu des articles de a formulaire, et la doclrine de la Saiote Cène, de la Baaiêre la plus claire et la plus aisée , sans être astreint il de certains mots , ou à de certaines manières de parler, pourvu Bculcraent qu'on en conservât bien le sens, et qu'on entretint soigneusement le peuple, d'un côlé de n peniée, qu'on ne reçoit pas simplement dupsin et du iu dans le sacrement, et de l'autre, qu'il ne faut pas jC foire des idées cbarnclles et terrestres de la commu- ÙOB. Jean Zwick, théologien, ei député de la ville de CoaeUiDCC, avait ordre d'assister à cette action; mais noQ pas de souscrire à rien. Il devait se contenter de I rendre une copie des articles, dont on y conviendrait, [ iiur les rapporter à ses seigneurs. Cet ordre venait de ce <]iie ceux de Constance n'avaient pas trop bonne opinion de celte affaire. El In suite lit bientôt voir qu'ils avaient raison ; puisque dans toutes les Eglises de la baute Alr'maj^RC , dont les députes assistèrent à cette assemblée ;c Wittcmbcrg, la méthode d'enseigner, qu'on y avait iib^crvce jusqu'alors sur l'eucbarislie, y changea; et ijii'au lieu de la doctrine helvétique, on y inlrnduisil celle de Saxe. Ccpondant il se trouva quelques personnes de considération, entre ceux qui avaient signé le formulaire d'union, qui expliquèrent leur sentiment d'une tplle manière, qu'il f,e trouva qu'ils ctaienl dans les idées de la confession bcivélique. '
' Uv«. 79. 80. lIolIbB. 70^. 70B. * . ,:
PriCULTfs A &CC1PTEK
Lorsque ces thcologieas furent arrivés â Naumbourg, le landgrave retinl Capiton el Bucer, pour les engager & conférer à Hombourg et à Marbourg, avec les principaux théologiens du pa^'s de Ucsse, sur l'affaire de la réunion. £niîn étant h Francfort, ils y mirent par écrit ce qui s'était passé entre Luther et eus. '
VI. La négociation de l'union des Eglises de Saxe avec celles de Suisse, se fit par le ministère de ceux de Strasbourg. D'abord que Capiton ol Bucer furent de retour chez eux, ils envoyèrent à Bàle une relation de U f conférence dp Witlembcrg, avec la copie du formulaire inion. Le sénat ayant lu ces écrits, envoya le formu- Uirc a ses théologiens pour l'exaraiaer. Ceux-ci en IroD- Fvèrenl les expressions exlraordinairemcnt obscures, el , mal propres à fonder une paix solide. Ainsi l'on envoya I Carloslad et Grynîrus à Strasbourg, pour demander un F éclaircissement sur ce sujet. Ils y curent une conférence [ de huit jours avec ces deux réformalrurs qui donnèrent un éclaircissement, premièrement de bouche et ensuite par écrit. Le sénat de Bâie députa Grynœus et Alyconius pour porter à Zurich et à Berne le formulaire avec son éclaircissement. IHyconius, qui dans ce lems-là quitta la profession du Nouveau Teslameol, pour la laisser à GrynceuB, disait que ce formulaire contenait noire doclrine, mais en termes étranges, «Je voudrais, disait-il, qu'on n'y eût pas mis ce mot, en substance; et qu'on se fût contenté du root vèritahlement; parce que ce dernier est de Jésus- Christ, au lieu que le premier est d'Aristolc Je m'étonne c'est là le sentiment de Luther ? Si c'est son sentiment, il s'est rangé de notre côté, et non pas nous du sien. ' »
rOKMUtJlTKB II
ado))(é celle confessioo. Capilon cl Bucer s'y rcncon- Ircrent aussi. Bucer fil une courte relalion de ce qui fl'étail passe a Willemberg. Il dil queLulber, à la vcrîlé, avait approuvé la coDfessiou helvclique, mais que oepcndanl il avait clé trouvé bon par les Ihcologiene des deux^iartis, de dresser ua formulaire d'uniou, dooloa était convenu; ei que, pour finir le grand ouvrage- de l'Union, il priait les Eglises bcivcttques de le signer.
On lui repondit, qu'on trouvait ce formulaire obscur et ambigu, et peu accordant avec la confession helv^ tique ; qu'ainsi tes Suisses ne pouvaient pas y souscrire. |i lies raisons étaient : 1° parce que le mot substanUaliUr (en substance) dont on s'y sert, signifiant la chair propre du Seigneur, c'était loul aulanl qne si l'on disait, que le Soigneur esl présent d'une manière charnelle et corporelle; 2° qu'on ne pouvait approuver ce qu'on y disait, que le corps du Seigneur est donné avec le pain; par conséquent par le ministre, au lieu que le ministre ne donne que le pain, et que Jésus-Christ seul est celui qui nous donne immédiatement son corps; 3° qu'il aurait fallu expliquer nettement ce qu'on entendait par union êttcramenfah : 4° on demandait comment )*s communians indignes pouvaient recevoir Jésus-Cbrist, puisque ce n'est que par la foi qu'on revoit le corps du Seigneur; cl que les indignes n'ont pas la foi ?
Bucer lâcha de lever toutes ces diriicullcs, et de donner des éclaircissemens. En particulier sur le dei^ DÎer article il dit, que par les indignes il n'entendait (His ceux qui n'ont point de foi, mais ceux qui sont faibles en la foi. Il persista à soutenir que la doctrine esl la tnéme de part et d'autre, et sollicita de nouveau tesj Suisses de souscrire à ce formulaire, alin de n'arrêter pas davantage la réunion des Eglises qu'il souhaitait
arec lant d'ardeur et a Inqiiellc il avait travaillé avec lantd'einprPEsement, depuis sept ans; et quelle n'avait été relardée qu'à cause des Eglises de la Suisse , puisque qiwnt à eux (les docteurs de Strasbourg) ils auraient pu, en bonne codscîcdcc s'unir avec Luther d'abord après It dièle d'Au^sbourg.'Il ajouta que Luther et les autres Suons étaient dans la pensée, que d.ms les Eglises de It Soîsse on ne faisait pas grand cas du ntinistëre évangéltquc et des oacrcmens. '
On pria Buccr de donner ses éclaircissemens parccrit, pt chaque démitc en prit une copie, pour les pnrtcr à *es constituans ; afin que les magistrats et les assemblées des ininislres pussent examiner tout cela avec attention, M faire une réponse positive a Luther. Les Seigneurs deBeroc convnqucrenl un synode dans leur capîialej poDfle 19 d'octobre, afin d'j^ délibérer sur celle afTaire, 1! i'y Irouva deux cents qualrc-vingt-et-scize ministres, li ayant examiné l'éclaircisacment do Buccr, jugèrent :i;'il n'était pas opposé à leur confession ; cependant - ne trouvèrent pas à propos d'y souscrire.
X Zurich il fut résolu d'éclaircir les articles do la con> fcssion helvétique, qui regardent les sacremcos et le 7iinislcre de l'évangile; ei d'envoyer cet éclaircissemenl 1 Lather, afin de lui faire connaître, qu'on l'avait mal informé, touchant le sentiment da Suisses sur ces matières. On y dit , n qu'on publie dans le monde, que les articles dressés à Wittembcrg ne sont point opposes a la confession composée à Bdle; qu'on n'y contredit point ni la véritable humanité de Jésus-Christ, ni ta réalité de son ascension corporelle dans le ciel, en vertu de laquelle Jésus-Christ n'est plus sur la terre selon la chair;
' Ltviicr Si IloUiii
U ZDKICH, icLAmOiaBMBHT sur la sainti cbkb.
de plus que ces articles , tendenl à ce but , d'enseigner qu'on ne reçoïl Jcsas-Christ dans la Sainle-Gène, et qu'on n'en est rendu participant, que par la foi. Or, c'est là ce qne les Eglises beWélùueB pnt loujoon en> feigne et enseigneront encorcà l'avenir. lU reconnaissent donc que ces articles de Wiltemberg, suivant l'éclaircî^ sèment donné par Bucer, (sans doute confornie sa seiw tintent de Luther), s'accordent avec la doctrine hetvé*. tique. » Ensuite ils expliquent neitement leur doctrine sur la nature, l'opération ei l'usage des sacreneoa, d'une manière forle et satisfaisante : « Que le corps da Seigneur a été livré, afin qu'il fût la nourriture TÎnfianle de nos anies : car comme il n'y a rien ni au ciel, ni sur la terre , qui ait une vertu suffisante pour nour^ rir et rassasier nos amcs, sinon Jésus-Christ, aussi no donne-t-il point des choses forgées, ou imaginées par les hommes, mais il se donne lui>mêmc pour nourriture. Ainsi dans la Sainte Cène on participe au propre corps et au propre sang du Seigneur, mais non pourtant (comme les papistes l'oiit rêvé) substantiellement, c'est-à-dire, d'une manière corporelle et cbarnelle, par.une transmutation des signes au corps et au sang . de Jésus-Christ, ou par inclusion du corps dans le pain. IHais on participe à Jésus-Christ d'une manière spirituelle, par une méditation faite avec foi, et par une pleine confiance, que Jésus-Christ a souffert et ' a versé son saug sur la croix pour nos péchés. Cél^ ' brant ainsi la Sainte Cène avec foi , on ne reçoit pas moins de sentiment et de consolation, de la vie de Jésus-Christ et de la grâce de Dieu dans l'ame, qne ^ le corps n'en reçoit du pain, lorsque la vertu npur- ' rissanlc du pain s'unit avec le corps , et y opère , etc. a Cet éclaircissement fut généralement approuve à
QUATRàMB conriuiief a bub. 9S
Zurich , dans un synode qui y fut assemblé le 24 octobre. *
Les Eglises rérormi>es de la Suisse eurent une qua- Uième conférence à Bâie, par leurs magîsirals et leurs ibéologiens, qu'elles y dcpulèrent pour le 12 de novembre. La ville deSlrasbourfiy envoya encore, comme à la |irécédcnle, son boiirgmaîirc, Matthias Pfarrer; celle ik Constance Se conienia d'y envoyer son sentiment par écrit. Après une délibération de quinze jours, on convint onaoiniemenl, 1** qu'ob enverrait à Luther l'êclaircistemeot donné par les Zuricois, sur les deux articles de la confession helvétique , dont on a parlé , avec l'èclaircismncnt donné par Buccr , sur ie formulaire de Wittemberg; 2" qu'on ne les lui envoicrait pas immédiatement, iDsis qu'on les lui ferait tenir par Bircer, parce que Lutber de son cdtc n'avait pas non plus écrit immédiatemeoL aux Suisses, mais leur avait fait savoir ses scnlimCDS par le canal de Buccr, (Les seigneurs de Berne approuvèrent la réponse et la résolution de cette assem- Mée, le 29 novembre. ') La raison de la résolution de cette assemblée fut , que les Suisses ne voulaient pas accepter purement et simplement réclaircisscmenl de Buter, mais souhaitaient auparavant d'être bien assurés, ri l'on s'entendait bien des deux câtés, et si Bucer avait liea rapporté exactement leur sentiment à Luther, et à eux celui de Luther. On remit donc à Bucer la confesrion helvétique, avec réclaircissemeDl de Zurich, pour te communiquer aux Eglises de Saxe. Nous verrons dans la suite , à quoi tous ces soins aboutirent. Quelques adversaires des Eglises helvétiques avaient publié, qu'elles
< Uval. 8S.83.I]ou;nBer707.
* Stettler II. 76. «.
96 icur u vinuii unt L'iucniftiinB.
éiaieDt diviséee entre elles. Le cootraire parait évidem-
meot, par tout le narré qu'on vient de voir.
Il est vrai que , pendant le coan de ces délibérationa, il y en eut quelques-uns, qui craignirent qu'à force ém vouloir chercher la paix avec les ctrangers, on ne ea jelâl dans des embarras, qui pourraient troohier l'unio* du dedans; et la suite fil voir qu'ils n'avaient pas tout le tort. '
Dans ce temps-U Joachim Tadian, bourgraahre d> St. Gall , magistrat non-senlement le plus savant de ta Suisse , mais qui pouvait aller de pair avec les théologiens, (tf les plus doctes du siècle, écrivit sur l'eudutrislîe un ouvrage intitulé Apkorismea, partage en ris livres. Il apprend au lecteur , dans la préface, adressés il Conrad Pellican, le sujet qui l'avait engagé à écrire sur celle matière; savoir, que, comme le bruit s'était répandu d'une union que Luther devait hicnl6t coaduro avec quelques Eglises d'Allemagne, sur la doctrine de l'Eucharistie , il y avait eu quelques prédicateurs catboii* qnes , qut avaient déclamé violemment en chaire contre l'Eglise de St.-Gall, la déchirant par toutes sortes d'ÎB- . jnres : disant, que non-seulement ils avaient inlrodoil : nue nouvelle doctrine, mais qu'ils maniaient avec It même légèreté le saint Sacrement du corps et du snog du Seigneur , ensorte que les LulhérienH même ne pouvaient pas supporter leur impiété, o Que dans la suite ces gens ayant appris, bientôt après la conférence de Bftle, que les S. Gallois étaient entièrement d'accord avec les Eglises les plus illustres sur les doctrines de la religion; ils avaient commencé à crier en chaire; . qu'ils félicitaient le peuple, et qu'ils bénissaient Dieu
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de ce que ces doclcurs, qui avaleol eu jusqu'alors dea sentifDCDs si impies sur l'Ëucbarislie, reconnaissaient enlîa qu'ils avaient cui dans l'erreur, cl qu'ils avaient EDseignc une fausse doctrine, [luisqu'ils savaient qu'on moolraîl sur l'aulel la vraie chair sous l'espèce du pain , M te vrai sang suus l'espèce du vin : Qu'ainsi il^ espériient, qu'ils feraient ausbî la même chose sur les autres arttcles de la religion, à l'égard desquels ils avaient miBcrablcment séduit te peuple: Ajoutant , qu'il avait Ole résolu dans le synode de fiàle de rétablir les messes pnvée* : Que c'étaient ces indignes déclamations, qui l'anneot engage à composer un ouvrage, qui bcivSi à édnrcir, et à défendre la doctrine de l'Eglise de St. Gall, Wr l'Eucharistie ; Qu'il l'avait écrit, non par des rai- ■gnnemcns suivis, mais par des articles coupes et disliscta, qu'il nomme Apfiorismes. afin qu'on pût mieux comprendre chaque arlicle. a Dans le \" Livre il rapporte louB les scntimens, que les anciens ei leS modcroea ont eu sur l'Eucharistie, autant qu'il avait pu les découvrir. Dans le U* il montre, quels sont les principanit Sacremens de l'Ancien et du Nouveau Testament ; de quelles choses ils sont composés, et en quoi ils conyieaoent ou diiTèrent. Dans le III' il combat la nouvelle doclrioc de la manducation orale du corps et du sang do Jésus-Christ, et la réfute pur les livres de l'Evangile, et par les anciens interprètes. Dans le IV" il traite do la transsubstantiation , et réfute les principaux arguineos des catholiques romains. Dans le V il montre et pxpliquo l'usage ordinaire des anciens, de donner aux Sjmboles mystérieux les noms des choses qu'ils repréteotent. Il y fait aussi quelques réflexions sur les miracles. Dans le Vr et dernier, il fait une récapitulation passages de l'Ecriture, qui ne souffrent po
présence rcelle ou charnelle du Seigneur dans le pain. Il censure ceux qui coofondenl les deux natures en Jcsus-Christ. Il exposa quel a été l'usage de l'Eucharistie parmi les anciens; comment on t'a célébrée depuis la mort de Jésus-Chrisl, jusqu'au siècle de la réforniatioi) ; quels changcmens on y a fait; el dans quel temps on les a faits. '
Cette année le fameux Erasme, l'un dos principaux restaurateurs des belles lettres et des sciences , mourut à Baie. Il avait quitte cette ville-là, lorsqu'elle avait embrassé lu réformation, l'an 1529, et s'était retiré âFri-
I Iraurg en Brisgaw. Mni^ accoutumé au séjour de Bâie, où il avait beaucoup d'agrément et de douceurs, chez Jérôme Frobcnius, célèbre imprimeur el libraire, il y était revenu l'an (535 , tant pour rétablir sa saute, que pour faire imprimer son traite du Prédicateur ( Ecclésîasles): il se proposait, après cela, d'aller finir ses jours à Besançon, ou dans le Brabant. Mais les maux, qu'il avait apportés avec lui , la goutc et la gravellc, ne lui laisBorenl pas beaucoup de repos. Ainsi cette année il fut attaqué d'une diarrhée , qui l'accabla si fort, qu'il, en mourut le 12 juillet 1536, implorant perpétuellcnienl la miséricorde de Dieu. Il l'ut enseveli honorablement par un convoi de tout ce qu'il y avait à Bàle de gens de distinction, magistrats et membres de l'Université, et placé dans le chœur de l'église cathédrale, du côte droit, avec une épitaphe honorable, gravée sur un marbre, accompagnée de la (igure du
[Terminus, qu'il avait pris pour son symbole, avec
[mie fii'-rc devise, Neuisi Ceoo-, qui siguilic : Je ne
"cède à personne.