‹ Histoire de la réformation de la Suisse (volume 2)Chapitre 8 sur 32 · DI1PI1TB DE VIKET · texte numérisé non relu

DI1PI1TB DE VIKET

Lo JAConin. Les apôlrcs onl écrit et fuit dus lîvi ce que le Seigneur ne leur avait pas commandé.

ViRET. Les apôtres en écrivant n'ont fait qu'exécuter Tordre du Scif;nrur <F enseigner toutes nations: puisqu'ils ne pouvaient enseigner les absens ni les généralioDs a venir, qu'en écrivant leur doclriae.

Le Jacobin vint ensuite à la question, du juge des controeerses , soulcnant que quand il s'élève queltjao dispute, il faut que l'Egliso en juge, elle qui jamais no peut errer, et que nous nous soumettions à son interprétation , qui est une règle infaillible ; car le diable a bien aussi cité riîcrilure contre Jcsus-Cbrist, et les hérétiques l'ont fait de tout temps. '

ViRET repondit que dana ces sortes de cas il faut roeonrir à la règle infaillible qui nous est montrée par la Parole de Dieu, qui nous avertît de nepa^'^'-oiic à luut esnrii •"-•- -■'——"■";'■ 'PS esprîls, de nous garder des raux prophètes, en nous donnant les signes par lesquels on peut les connaître, IVIaiih. VII.

« 1. Le principal c'est, quand ils ne portent pas la doctrine de Jésus, mais une tout outre, telles que sont plusieurs doctrines et pratiques do l'Eglise romaine, la défense des viandes et du mariage; 1 Tim. IV, etc. » 2. Celui dont l'explication mène plus droit à Jéai Christ, à l'édification et à U charité, celui-là a] mieux du but.

» 3. Il y a aussi l'analogie de la foj, selon laquell. faut expliquer l'Ecriture ; Kom. XH.

» 4. Idem ce que dit Jcsus-Chrisl ; Jean VII : Qui ne cherche point sa gloire, mais la g/oire de celui gui l„ envoyé, est véritable -, « et le contraire est menteur. Il

éaii^^H

' Ibi.l. 57 b 38

AVtC UN JACOBIN. SOI

appliqua cca règles aux doctrines , louchanl la rcmissîon àca pcchcs par le seul sang do Jcsus-Christ, el par la miséricorde de Dîeii , opposée à celle du purgaloire cl des indulgences qu'on fail payer, el du mérile des œuvres : Cette dernière , dit-il, qui nous conduit pour avoir salut et vie par argent, comme la votre, qui ne voit bien f}u' elle est de Simon Magus , et non pas de S. Pierre, gui dit que noua ne sommes pas rachetés ne dor ne ^l'argent, mais du sang précieux de f agneau sans ma- «uleP I Pclr. I. '

Il (il voir encore qne l'exemple de la dispute du diable

■entre Jésus faisaîl contre lui; puisque le Seigneur n"a-

Bil pas recours à t'Eglise pour l'iolcrprclalion d'un pas-

^■gc allègue par le diable, mais qu'il l'avait réfuté, en

opposant un autre passage de l'Ecriture. En consc-

pience de ^uoi Vir*» ;-".ûfl dajKmveau le Jacobin à dis-

luier sur les thèses proposées , el il ITl r^fiffrqrre.-» ^^

Mcasion, que les catholiques ne renvoyaient la dispute 1 concile, que parce qu'ils se défiaient de la bonté de r cause, ou bien que s'i\a étaient maîtres, ils répon- Iraienl en pendant et en brillant , comme cela se faisait ctucllement dans les pays où ils ctaïenl maîtres. * Apres ce discours, le secrétaire de Berne, Pierre \ Cmo , qui était un des quatre présidcns , se leva , et demanda au Jacobin , s'il voulait attaquer les thèses promées, cl commencer de disputer contre la première, -^v'on l écouterait fort volontiers et Lénignemenl. Le Jacoiiin répondit : Je ne veux point opposer ne disputer car il m'est d^enda. Je veux disputer devant le concile, où seront juges compétents el non suspects.

I PnÊtHaS DE TnOKON.

ViRET lui remoDlra que par ses renvois il faisait voir qu'il se défiait de sa cause; que Si. -Pierre nous ordonne d'éire toujours prêts à rftndre raison de notre foi , 1 Pet. III, et que notre seigneur Jésus-Christ a dit à ses disciples que quand iU seraient tirés en cause par devant les rois et les consistoires, ils ne devaient point appréhender de parler. Il ne leor dit pas : demandez des juges non suspects, rencoyex au concile, de. Qu'en disputant par la Parole de Dieu , la vérité venait au jour, etc.

Le Jacobin s'obstina à no vouloir rien répondre, et comme ilclail prèsdeoDzeheurcs,rasseniblceseleva. '

Ainsi se passa la première matinée.

L'après-midi on se rassembla , et après la prière pour demander à Dieu l'îlluminalion de son Esprit , on fit publier par trois fois une invitation h tous les assisians, de disputer contre la oremln--" "i-i—, «.«v- promesse d'é- , .. .cB opposans avec douceur.

Alors Christophe Ljbehtet, de Thonon , ministre, se leva, et représenta ce qui était arrivé dans son Eglise entre lui et F. Claude Bruny, et les ecclésiastiques du lieu, comme je l'ai rapporté ci-dessus. * Il demanda donc qu'on appelât ces ecclésiastiques pour soutenir leur religion, comme ils s'étaient vantés cbez eus de confondre les minisires par de grands docteurs de Paris.

On appela donc les prêtres et les religieux de Thonon. Maître Gift\RD Pariât, de l'Ordre des Augustins, et docteur en théologie, dit qu'il croyait les thèses véritables, et qu'il en avait même pri5clié la doctrine, le carême dernier. P. Claude Clémkhtjs, aussi Augustin, fut du même sentiment; mais la plupart des .autres , fermes

' I6id. p. 4S. is.

' Voyw LhreXItl, lectiou X.

dans leur vieille religion, adhorèrcnl à la prolcsiaiion dot Chanoines.

Toute celte après-dînce fut consumée à appeler et interroger ces prélres , l'un après l'autre. '

SECONDE JOUBHÉE.

ACTIOK De HARDI 3 OCTOBRE.

Pn. Le mardi 3 ocloLre au malin, environ sept heures, l'aMemblce étant revenue, au son de la cloche, après la prière :

On lui la réponse de Farci à la prolcsiaiion du chapitre, laquelle il avait mise par écrit. Les chanoines en detnandcront copie. I] leur fut permis de la prendre des notaires jures de ,. *.,„. a^ f„ ,, „,„,,„,,;„„ „ trois fois, invitant à la dispute comme il a etc un.

Après qu'on eut attendu long-temps, personne ne s'étant présente ponr disputer contre la première thèse, on passa à la seconde qui fui lue par Pierre Virel avec sa preuve. Puis on fit proclamer pour cette seconde thèse comme pour la première. *

Alors Claude Rlanchkhose, docteur en médecine, se présenta pour disputer contre la première thcee, ce qui lui fut permis.

Après un petit compliment sur ce qu'étant médecin et non pas théologien, il ne lui convenait pas bien de disputer de théologie, il attaqua la doctrine de la justification par la foi et proposa cinq orgumons. 1° Que si celle iloctrine était vraie, les diahlea seraient sauvés, car il

t04 PKSKiims mkêB.

eal dit qu'ib croient. Jaq. II. 2° Qoe Si. Paul dit à Tite Ch. n. que nous sommet saupés par grdce. Or lagrice et la foi sont deux c:hoses difierenlea. 3° Que aeloo les ministres. Justification est la m£me cbose que rimÎMsion des pèches -, or celle rcinission est ailribuce ■ la charité. Luc. VII. Dimissa sunt à mulia peccata, quoniam multum dilexU. La cbarilé est autre chose que la foi ; ajoutez ce que dit St. Jean ; qui ne demeure pas en charité, demeure en la mort, 4' On olrtieut la vie éternelle par garder les commanderaeoSj Hattfa. XIX, le Seigneur dit , Si tu peux entrer en la vie garde les commandemens. Il ne dit pas , crois et tu riçras. 5° Davantage le Baptême sauve , Jean IIL Si quelqiiun n'est né d'eau et d'Esprit, il n'entrera point au royaume des deux. Il ajouta :

Que les ministres avaient tort r)f >'"'< «uribuer au Fil« ,..•.' "-' "■ lUi, qu'il faut aussi donner au Saint Esprit son règne, comme au Père et au Fils, selon qu'il est dit -. Celui gui aura péché contre le Père, U lui sera pardonné , mais qui péchera contre le St. Esprit, Une lui sera Jamais pardonné , Matlh. XII.

En ce que Je puis entendre, afouta-t-a, vous prêchez lien la Loi écrite , mais vous ne prêchez pas la Loi de nature, ni la Loi de grâce, la Loi naturelle t^partienl au Père, et lui ta donnée à nature. La Loi écrite de t Evangile appartient au Fils, qui a envoyé ses Apûb-es pour la prêcher. Celle de grâce appartient au Haint Esprit , et n est pas encore donnée. Et ne faut dévoyer au Saint Esprit, ne le bannir, guU n'aU son règne. El que U Loi du Saint Esprit soit différente de ceae du Père et du Fils , U apert par ce qui est dit , Jean AVI.

« Je vous ai beaucoup à dire, que pous ne poaeez

tïWTirir.ATfos

té:

porfer maintenant. Mais quand l'Esprit de vérité aéra venu , il cous mènera à toute vérité, n ce que n'est point encore Jait. Car toute vérité n'est point connue, autrement il ne faudrait disputer, et n'y aurait tant de diffërens en la teiTC , si cette monarchie était. JEt qu'il ioit ainsi, nous le voyons , car il faut être trois monarchies, [Empereur en lient l'une àjbrce d'armes, et par le glaive en puissance , lequel est comparé au Père qui etl puissant, et la puissance lui est attribuée. L'autre est tenue par le Pape, qui doit par les Saintes Ecritures et par l'Evangile enseigner le peuple, et est comparé au Ptls , à qui est attriltuê science , et comme le Fils est venu ça lias , aussi le Pape est appelé Dieu en terre. J'oilàlcs deus premières monarchies. Il faut soit encore une troisième, qui soit de bonté et

arité du Saint Esprit, qui encore n'est advenue,

lis commence , et crois que Messieurs seront auteurs relie; car ils aident et secourent aux pauvres. Parti il y a espérance qu'en brief se lèvera. Purquoiil

Jault que vous attribuiez tout mi Fils, que seulet par la Foi en icelui on soit justifié. ' 'arel lui répoudil, être médecin ne répugne point

ia vraie théologie, car comme apert, Col. IV, St. Luc était médecin , et si , se mêlait de la doctrine de Jésus . yui est la vraie théologie. Puis venant à la question, JJ dil : I- Que si St. Paul dit que l'homme est i^^tilié par

Foi, sans les œuvrer de la Loi, Rom. Ifl; il parle 'une Foi vive, opérante par la charilc, et qu'ainsi il n'est point en opposition avec St. Jaques, qui parlanl de la Foi vaiue, dit inic la Foi sans les œuvres est morte. Celui qui a une vraie Foi, est persuadé de la

F.t Aclisp W

aisérkorde du Père , qm « d<»Qé son Fila pour •aarer le rnoodcj et de la chuilê du Fils , qai etl mort pour BOUS , aa Hea que lei diablea ne croient point que JéauB- Oinst soit mort pour em. Or celai qui a une telle Foi TÎve, ne peut être qu'il n' aune Dieu, auquel ilte fie; et duquet il crotf affoir tant de bien. Parquoi ainuatt Di€u il garde aet eommandemeiu. U. ha passage de St. Paul à Tite con6rme cette doctrine* poîflqa'îl dit, Dieu noiu a Mauffês, mm poiiU par œMfre de juatU* qœ nous ayons làiles, maà par la grâce. Or nous l'obtenons par la Foi puisque Dien l'avait proroiea. lie* ftromesaea de Dieu , tout le» tavUears de Dieu le* ont obtenues par la Foi. Bât. XI, el an Chap. IV il est montre comme quoi les Israélites n'onf pu entrer en la terre promise à caute de leur incrédulité.

m. Le passage de Luc VII confirme la mémo doctrine, puisqu'il y est dit, qu'elle- a beaucoup aimé parce que plusieurs péchés lui avaient été pardonnes. Et ce pardon, elle l'a obtenu par la Foi, puisque le Seigneur lui dit, t>a t'en en paix ; ta Foi ta saueée. Do même la passage de 1 Jean III. Qui n'aime point sonjrère . demeure en la mort, est édairci par ce qui est dit au Chap. IV. Que Dieu est charité, et qui demeure en charité, demeure en Dieu. Or nous dcmeuroDs en Dien en charité, en ce que nous sommes Faits entans de Dien, et ce bonheur nous adtnent par la Foi, Jean I.

IV. La réponse de Jésus-Cluist au jeune homme, Matth. XJX, tendait à l'amener à la Foi en lui , et à lui faire sentir, que sans celle Foi il ne pourrait être sauvé ; car nul ne pouvant être justifié par la Loi, il faut que l'homme connaisse son impuissance , el vienne a Jésus» Christ, qui est la fin de la Loi, pour justifier tous ceux qui croient. Ainsi il faul avoir la Foi, avant que

JUSTiriCATION FAa lA TOI. S07

de rîca pouvoir faire de bon et d'agrcablc à Dieu, puisque tout ce qui n'est pasjait en Foi est péché, Rom. XIV.

V. Le passage de Jeaa III, Si quelqu'un n'est ité d^eau , etc., revienl à la même chose; car celui qui ne croit en Dieu, est encore en condamnation, mais en croyant, nous avons une nouvelle nativité, et sommes régénérés rcccvanl par la Foi l'Esprit de Dieu, qui est l'eau vive, Jean I, IV et VII, Jésus lui-même dil ; Qui croit au Fils de Dieu , il a la vie éternelle.

n ea est de- même du passage de St. Marc XVI, qui VDiet le ealul à ceux qui croiront et seront baptises; )ir être hnptisè , exprime la profession publique do sa , toute la vie du vrai chrétien, el l'exercice de la parité en bonnefi œuvres.

te passage alléguéde Si. Dlallh. XII, nesertderien «r introduire un noueeau règne , et qu'on soit jus- '■■ autrement que par la Foi en Jésus , mats sert grandement à prouver la thèse ; car le péché contre le Saint Esprit est quand l'homme , par incrédulité , vient contredire à la vérité, et lui résiste , — et ce péché est sans rémission , car ces blasphémateurs demeurant en leur incrédulité , rejetant la Parole de Dieu , n'ont point de grâce. Mais les pauvres gens , qui n entenden t point, et n'ont point encore senti la vertu de Dieu, {n'étant point comme les Pharisiens , qui demandent leur gloire el non celle de Dieu], ceux-là peuvent croire quand la Parole de Dieu leur est annoncée , etc.

Farci se mit ensuite à réfuter Géricuscinenl les imaginations grotesques du médecin , sur les trois monarcliies, en inoulrant qu'il n'y a qu'un seul Dieu, une seule Foi, et un seul corps de Jésus-CUrUt qui est l'E-

glise ; enfin aoo seule Loi , doal l'accomplUsetneat esl la Charité. Mais il n'eat pas nécessaire de s'y arrôler. '

Après ce discours l'assemblée ie leva.

Blaschkrose se présenta de nouveau l'après dtace, pour dispuler , prolestanl que Farel oe l'avait point satisfait sur la dïstincUoD de la Foî, ni sur la moaarcbîe du Saint Esprit; et dit, qu'il en Tonlaît soutenir la vérité sous la peine du feu. Il demanda mdine la permission de proposer des thèses sur cette doctrine ; sooteDanl que la Loi de grtlce n'est encore venue, laquelle appartient au Saint Esprit, etc.

Le secrétaire de Berne , premier président , lui dit que s'il avait quelque chose à opposer contre la première thèse, il pouvait le (aire^ mais que de mettre thèses contre tlicses, on ne le trouvait j)as à propos; que du reste atîn qu'il n'eût point lieu de se plaindre, il pou< vait mettre ses raisons par écrit, et qu'on les insérerait avec les réponses qu'on lui avait faites.

FAREL prenant alors la parole , prouva la solidité de la distinction qu'il avait donnée de la Foi, par ce passage de St. Jaques , qui dit , que la Foi sans les œuvres est morte, Jaq. II, cl [«r un autre de St. Paul, qui dît, /a Jin du commandement est charité procédant ^un cœur pur, d'une bonne conscience et d'une Foi non feinte, 1 Tim. I. Il représenta au médecin, qu'il n'avait pas besoin de s'exposer au feu, pour soutenir ses sentimens; qu'il avait sauf-conduit et entière liberté de parler; que du reste il avait tort de chercher un autre règne, que celui de Jésus , puisque son règne est éternel , et de dire que le règne de grâce n'est pas encore venu; quelle plus grande grâce que celle du Père, qui

' Ex \H. P.&6.&7. at. u. m.

JCSTIFICtTION PAR LA rol.

□ous a donné Eon Fils , et celle de Jésaa qiû s'est donné lui-mêine pour nous , selon qu'il dit : IVul n'a plus grand amour que celui-ci, etc. , Rom. V et Jean XV. Quelle plus grande union enlre les cbrolîens, que celle qu'on vil dans l'Eglise de Jérusalem, Ad. II et III, n'ctaot qu'on cœur el qu'une ame? '

Ensuite Pierre Caroli , docteur en théologie , de Paris , el autrefois prieur de Sorbooe , prit la parole , et «'adressant au médecîa lui dit : Que Farel avoït suflisanimcat répandu à ses diflicultée i que son opinion d'une monarchie du St. Esprit était une rijverie dos Donatistea, ou qu'il l'avait lue dans les livres de Rajniond Ijulle. Qu'il avait tort de suivre un Eystèrae qui sépare des choses étroitement unies; car en donnant au Père la poissance , au Fils la sagesse , et au Saint Esprit la bonté, il s'ensuivrait que le Père n'aurait ni sagesse ni bonté, le Fils oi puissance oi bonté; et le Saint Esprit, ni puissance nî sagesse ; ce qui est contre l'Ecriture , car le Fils a toute la puissance du Père, et tout ce qui est au Pore est au Fils ; ainsi en est-il du Saint Esprit. Après quoi il l'invita encore à argumenter contre la jnstiiîcation par la Foi.

Bi.AKCHEfi»sE. Saint Jaques dît : La Foi sans les œwprès est morte, parquoi on est Justifié autrement que parla Foi.

CABOti. Je cous nie que par là s'ensuive que la Foi M Justifie i ce que devez prouver, prouvez-le ; et n'envetoppez DOS monarchies et songes cabalistiques hors d» f Ecriture.

BfcAiCREBOSE , piqué de ces derniers mots, revint à H monarchie de l'Esprit, el pour la prouver cita le

SIO rmMiaKi tbbsi. .

IV* Livre d'Eidras , Chap. XIV, où il est dil : Je numi-

/esterai cet choses et ne les cacherai, etc.

Caroli. fous rentrez bien en matièret nous amenant des songes d'un Livre Apocryphe au lieu de la Sainte Ecriture ; et Blancheroso l'étant récrié de ce qu'il Irai' uit ce Livre d'Apocryphe , Caroli lui répondit : 1* Qa^ eo Livre ne se trouvait point en hébreu , qui est la lan" guc des Livres Canoniques du Vieux Testament. 2" C-^ cita St. Jérôme, qui a aussi mis ce Livre «u rang d9^ Apocryphes, dans son Protogos Galealus^ et dans »-a Préface sur Ëtdrag. *

' Alors le PiiEBiER Préside:it ^t au médecin , qu'il di^ putàt contre la thèse, ou qu'il se t&l.

n^A^clIF.B0SE voulut prouver que l'Ecriture contiers I beaucoup do choses, pour parvenir à la vie éternelle , autres f\\\c. la Foi. Parquai, dJt-il, la Foi ne just^e point. Il cita los paroles de St. Paul, 1 Cor. XIII. Ces trois choses demeurent, la Foi , T Espérance et la Charité, mais la plus grande est la Charité. La Charitff étant donc plus grande que la Foi, elle doit avoir plu d'cllîcacc qu'elle, pour sauver et justifier; ce qui est eonlîrmc |>ar ce que dit l'Apôtre au même Chapitre, que quand il aurait toute la Foi, etc., s'il n'avait pas la charité, tout cela ne lui servirait de rien , d'oîi il suit, que la Foi ne peut justifier sans la charité : parquai plus doit-on attrihuer la justification à la charité, qu'à la Foi, puisqu'elle est plus grande, et sans icelle ton n'est rien. '

Farel. Le St. jépHtre n'est transporté ^entende' ment qu'il contredise à soi-même , et à ce qu'il a dit

> ibiJ. p. it3- sa.

■ ikia. s», b-

iTaîment de la justification de la Foi , mais tout conionne bien. 1" Je vous fais ju^er tous, si cet argument vaut rien; la charité est plus grande rjue la Foi et espérance , donc par la Foi ne sommes justifiés. Autant vaudrait dire : Le ciel est plus grand que le soleil : donc le soleil n'illumine point le ciel.

2" Dans le passage de Si. Paul 1 Cor. XIII, il s'agit de la Foi des miracles, qui peut être séparée de la charilé el être doQDce à des réprouves, comme le Seigneur le montre eo St. Matthieu, Chap. VII. // y en uura fjui diront, Seigneur, n'avons-nous pas prophétisé en ton nom. Itlais quand il dit, que nous sommes justfiés par la Foi , il parle de celte Foi , qui n'osl doQDCe iux enfaus de Dieu , qui en croyant sont faits enfaos I^Dieu.

Blancherose. Si J'ai vécu toute ma fie mécham-

Wit comme un larron et un Irigand. ne faisant aucun mais continuellement mal, me sufjha-l-H de voire? La Foi sans satisfaction me sauvera-t-elle P 11 ae faut don'' point faire de lien, mais de mal tant •jit'on pourra, si nous sommes ainsi saufés par la Fx>i, sans les œuires.

P.\REL, Ainsi était bUsphémé St. Paul, préchant la f;ràce et miséricorde de Dieu, ta justice de la Foi , et comment là où le pèche a abondé, là a ahondé la grâce, Hom . III el VI , parce que la grâce de Dieu et la doctrine delà vraie FoC n est point entendue. Cdr celui qui t entend el « le sentiment de ta vraie Foi, ne peut parler ainsi de cœur; vit, {comme tant de fois a été dit], te pauvre pécheur, qui deçant Dieu était coupable, et avait gagné la mort éternelle, entendant que Dieu, de sa grande bonté et miséricorde, ayant pitié du pécAetir, Iqut ne pouvait sati.9faire ni sortir de la mort ),

2IS Fftlllliâl THÙI,

a donné son Fils juste et saint pour le coupable; çue ce Fils a porté la peine que cemUèralle devait portier^ âe sorte que parce que le pécheur se coulie en Jésoi, et croit que ce qu'il a «oufTert, il )'a souffert pour l« sauver, et que le Père lui pardonne ses péchés, à cause de la satisfaction de Jésus; un homme qui croit une ù grande grâce de Dieu , ayant l'Esprit de Dieu , qui est donné à ceux qui croient véritablement, comment peutil vouloir vivre dans le péché, et ofTcnser celui do qai îl a reçu tant de grâces ? Les diables ne pourraient vivre ainsi, s'ils pouvaient sentir telle grâce de Dieu , mais iljaudrait qu'ils aimassent Dieu et le servissent. Ainsi tombe cette objection, qui vient de ce qu'o» ignore la nature et la vertu de la vraie Foi, et le moovement de l'Esprit de Dieu , lequel il nous donne par sa grdce ; car ne gist aux lèvres de dire , je crois , Je crois que Jésus est mort pour mes péchés, mats en la 1 pleine assurance qu'on a au cœur, certain que par Jésus, Dieu noire Père nous est pleinement propice, et qu'il nous a tout pardonné — ce de quoi étions red^ vailles, sa'ns que nous ayons desservi que ire et fureuTt sans avoir fait aucun bien : car tout ce qui est faii aeant la Foi est péché ; et cette Foi Justifiante suivant Us bonnes œuvres, et c'est par celte Foi, sans que aucunes œuvres aient précédé , que nous sommes Justifiés, comme le dit l'Apôtre.

Alors îl fit lire tout du long le Chapitre III, de l'Epftre aux Romains, depuis le verset 9 jusqu'à la hn.

Blakcherosk ne pouvait pas croire qu'il y eâl dans le texte sacré, ce qu'on y lisait. Pour le convaincre on lui présenta une vieille Bible de parchemin , manuscrite , tirée de la Bibliothèque des Cordeliers ; on lui montra le passage , et t ayant vu , tout étonné , il con-

juiTirtcATiON PAK t,A rot. 113

Jesia et dit. Il est vrai qu'on est Justifié par ta Foi, el la thèse est véHlable , car le St. Apôtre dît : IVous ne sommes point saueès par les œuvres de justice, que nous ayons faites, mais Dieu, selon sa miséricorde , nous a sauvés, etc. '

Après lui parut Jeak UTibard, maître d'école à Veyey qui dil : Entendez-vous que par la Foi, sans les auvres de la Loi, nous soyons Justifiés , que ce soit dit de ta Loi tant Evangélique que de la Loi des dix Cornmandemens. Je ne pense qu'il soit entendu que de la Loi de Moïse, qui contient les cérémonies, en sorte que nous summeâ jiiBtîliés sans les garder; car il ne faut plus garder les Cérémonies , mais bien les Commandemens de la Loi , et la Loi Evangélique , et sans les garder l'on ne peut ^ire juslitic.

Fabel. Mon frère, il faut que vous entendiez la

Ë\diUon du pauvre homme, avant qu'il soit justifié , la vertu de la Loi, et ce qu'elle requiert, et lors endrez comment sans Us œuvres de la Loi, et sans que ton ait fait aucun bien , par Foi on est Justifié. 1°. L'Homme étant conçu cD iniquité, no en pcclié, mille el corrompu, ne peut point observer \os coralandeniens de la Loi do Dieu, qui est spirituelle, qui e que nous aimions Dieu de tout notre cœur , B nous aimions tous nos prochains, ebub en excepter léme DOS ennemis : Brîef, la Loi requiert une perfecton et sainteté divine , plus grande que Jamais enfant fj4dam ne peut avoir. Pour prouver cette împm'ssanco B l'homme il fit lire le Chap. VII, de l'Epîlre aux Ro- HÎDB, depuis le verset 7 jusqu'à la fin.

. Puis reprenant son discours dil : tous voyez

■ El. ActSfi Ei?.

s 14 PftUilBKX TBK».

comment It St. Apâir» ne paris poini de la hoi des cirémonus , mai* de» dis Commandement , parlant de cestui. Tu ne convoiterai point ; montrant comment la Loi est bonne et sainte, maii par le péché, gui cet en nous, elle nous est tournée à mort, etjaite cause de mort. Il dit encore , Chapitre IV ei V, qge I* Iioï opère la colcrCj que là où il n'y a point de L<ù il n'y a point de traosgroëBion, qvîelte est entrée qfin que le péché ahondât.

3°. Ainsi celui qui n'a d'antres secoars qocla Loi , doit néccssairemeDi lombcrj ou dans ledéseapoir, ou dans l'hypocrisie, pensant accomplir la Loi par ses œu- . vrcs, et se confiant en sa juitice. Tds ont été les Pharisiens, lesplus ahomïnahUs gens , gid furent jamais, tellement que personne n'a ainsi résisté à vérité comme ceus-là.

Pais donc quo la Loi condamne tons les pécheurs ; que tous ceux qui sdnl bous la Loi sont maudiu, il faut qu'il y ail un aulre moyen que la Loi pour cire jusUfiés , et ce moyen est la Foi en Jésus , lequel nous croyons être mort pour nos péchés , et ressuscité pour notre juttyication ; et que Dieu est en lui, réconciliant à soi ie monde, et en lui, et par lui, nous pardonne tout ce que nous avons (^ensé , car la Foi regarde les promesses de Dieu, qu'il a accomplies en Jésus. Ainsi le pécheur, se confiant en Dieu, en sa miséricorde^ n'est point confondu, mais sa Foi lui est réputée à juS' tice,etDieu le tient pour juste et innocent, à cause de ce qu'il sejie en Jésus , qui est mort pour nous ; et de là vient son salut, quand par Foi il est enté et inséré en Jésus, Rom. XI; et étant en Jésus, il n'y a point de condamnation , Rom. VIII.

Ici il fit lire le Chapitre VIII, de l'Epttre aux Ro-

^V Jl^STiriCATION PAU LA FOI. ifS'

^KjMias, les quatre premiers verseu. Farci conliuuant ^^Bt : Voyez-vous comment la Loi est impossible , et gu'il a Jallu. que Jésus sait eenu , afin que la justification de la Loi yùt par lui accomplie en nous. Et sans être insérés à Jésus, qui est par Foi, nous ne pouvons éviter la condamnation et mort. Et par Jésus, et la Foi de Jésus , nous cheminons selon [Esprit, et non selon lu chair.

Jean IHimard objccla, que nous sommes agréables à Dieu par de boDDes œuvres.

Farel. Il faut en l'affaire de la Foi tenir le droit chemin, sans décliner n'a la dextre n'a la senestre. Les uns faitlent d^un coté, que sentant leur impuissance de faire ce que Dieu commande , perdant toute espérance, pleins de désespoir, s'adonnent à toute iniquité. Les autres pensant par leurs leuvres être agréables à Dieu, se fient en icelles , cuydans que Dieu leur est (par manière de dire) tien atlenu, et qu'ils ont lien des- ^Jgrvi pardon, et d'avoir tout ce que Dieu a promis de ^Kbnner — ne sont que hypocrites et abominables devant ^^Btieu. Les autres sont, qui disent avoir Foi en Jésus, ^^■punf méchamment , renoncent défait ce qu'ils con- ^^Ê^tent tenir dé bouche. Mais ceux vont droitemenl et ^^■fofi Dieu , qui ne perdent le cœur pour leur impuissance ne leurs fautes et péchés , et ne recourent à leur propre justice et aux œuvres; mais du tout ont recours il la seule bonté et miséricorde de Dieu , mettant toute leur confiance en la justice, sainteté , pureté, et innocence de Jésus, à ce qu'il a porté pour nous , et par ce moyen croient avoir grâce , et par miséricorde être jitstifiés , et faits agréables à Dieu, et non par antre chose, etc.; et croyant vraiment en Jésus, n'ont une Foi vaine et oisive , 'sans rien faire , et pour demeurer

SrS msmtIkk TBtit.

Bfi lajange, mais font les bonnes œutrres. Aiasi que dit l'ApAlra : Fout êtes saufés par grâce , par Foi «I ce non de vous, c'est le don de Dieu, non point des œuvres (ifu\ que personne ne se glorifie, Eph. II. Iiem. IVous sommes son ouvrage , étant créés en Jésus-Christ abonnes œuvres, lesquelles Dieu a préparées, «ffin que nous marchions en elles. Ainsi celui qui esl justifie, il l'est afin qu'il fasse les bonoea œu*ro8, lesquelles ne prcccdcDl point la jusUrication , mais la uii-

Mimard D'ayant rien répliqué, Dos Jaqvxs Dvocy, vicaire de Morges, s'avança, et voulut prouver qu'on n'est pas justifié par la Foi seulement, mais par la Foi accompagnée des œuvres. ^^h

Ses raisons furent. ^^^|

l". Qu'on ne trouve en toute l'Ecriture aucun |^^| sage où il soit dit, que la Pot «eu/e justifie.

2". Que Jésus ne nous commande point d'être bypocrilcs , quand il dit : Que votre lumière luise devant tes hommes, ^fin qu'ils voient vos bonnes œuvres, etc., Hatth. V.

3°. Que la Foi sans les autres est morte , Jaq. II.

■4°. Que ce ne sont point ceus qui écoutent la Loi, mais ceux qui la font, qui sont justes devant Dieu , Hom. II. ,^

5°. Que chacun recevra sa récompense selon. 4^H travail, I Cor. UI. ^H

Farel répondit : ^^

1°. Que le mot seule ne se trouve pas véritablement co l'Ecriture, mais que le sens et l'équivalent s'y trouve^ puisque l'Apôtre dit : ^ous tommes justifiés pai

' e>. Ad. p. B7. b. S» S9. 60. 61.

1 LA roi, 117

sans Us œuvres de la Loi. Rom. III, nous savons que rkomme nest point fustifié par les autres de la Loi, siDOD par la Foi en Jésus, Gai. II. Les mots sans et sinon cxclueDt toute autre chose, tout comme ferait le mot seule.

2°. Le Seigneur commande qu'on croie en lui, promettant la vie à ceux qui croient en lui, et après la Foi il commande qu'on Jasse les bonnes œuvres, ce que nous avons tant dit, montrant que les croyans se doî- Tent exercer en toutes bonnes œuvres.

3*. Qu'on B assez satisfait au passage de St. Jaques, montrant qu'il dispute contre des gens, qui se disent avoir la Foi, et n'ont aucun fruit de charité, ne de l'Esprit; que tels sont vains.

4°, Que l'Apôtre n'entend point qu'on puisse actuellement être justifié par les œuvres de la Loi, puisqu'il montre que nul n'observe la Loi; qu'il n'y a nuljuslc, Rom. m et Vn, et que si l'on pouvait être juslirié par ta Lot, Christ serait mort pour néant, Gai. II.

5°, Cet argument n'est point concluant, chacun recevra sa récompense selon son travail donc la Foi ne jta^fie point.

(^ fat BtDsi que se passa la seconde journée. *

^^V Le mercredi 4 octobre, après la prière, cl la Iripie ' proclamation, les chanoines parurent de nouveau, et

TROISIÈItlE JOURNÉE.

ACTIOR BU UBRCREDl 4 OCTOBKC.

X(8 sbcohm pbothtaiIoii

Febri:», porUDl la parole pour loas, lut • haulc voix une seconde protesUtion contre la dispote, que je rapponcrai ici loule entière.

Seconde protestation des chanoines.

Magnifiques et tivs-redûuté/ seigneurs , con^ien que n'ayons pu avoir la copie des écritures dé maître Guillaume Farel, tout^ois les passage» qu'il aliêgue towchant la dispulaiion, nejhntrien contre nous; car ils parlent du temps de la primitive EgUse auqael disputtttion pullique n'était défendue^ caria Foi n'étaUpas encore roborèe ni publiée , comme à prisent ; toul^ois par les dits passages il se conste man^estement qu'en icelles disputations avait grande contention jusqu'à la mort des bons Saints, jaçoit qu'ils Jassent illuminés du Saint Esprit. D'autre pari l'on peut bien apercevoir la dissention et contention, que serait, si nous ' fussions entrés en disputation avec le dit maître Guillaume Farel. Car sans disputer il nous t^t toutes injures, comme falsificateurs ignorans, et ce qu'il lui pla/t, contre Dieu et sa Sainte Ecriture. Car pour ses paroles, jà ne serons tels qu'il nous fait. Et pour ce qu'il veut entendre la Sainte Ecriture de sa propre autorité, contre ce que dit St. Pierre, à la fin de sa seconde du premier chapitre : Nous, désirons être obéissons à VEglise universelle , à laquelle il dit souvent qu'il croit. A cette cause , très-redoutés seigneurs, récusons de contendre en paroles avec lui. Et demeurons en notre réponse par ci-depant déjà faite, sans plus outre questionner. '

DES CHANOINES D8 I.AII1AHHK. Mf

Après la lecture de celte protestation , MiutEi, QciODt, l'un des quatre notaires jures , voyant que les chanoines s'y plaignaient de n'avoir point pu avoir copie de l'ccril de Farel, leur dit publiquement, que la copie de cet écrit qu'ils avaient demandée le jour précédent, avait été faite, (et il la montrait , la tenant entre ses mains) ; mais qu'ils n'étaient point venus depuis, et n'avaient envoyé personne vers lui , ni ses collègues pour la prendre; et que ce malin-là il la leur avait portée lui-même, mais qu'ils ne l'avaient voulu recevoir, parquai ils ne lifir-aient point ainsi dire chose non véiitable , devant '■•lie compagnie.

Farei. prit la parole, et réfuta celte protestation pied à pied. Il dit que celle pièce était irf^s-propre à con- ËHidre ECS auteurs. Ils sentent bien , dît-il , quel est leur CM, qui est cause qu'ils ne eeulenl que le peuple Een~ imde. Ils avouent que dans la primitive Eglise il était fcniiis à chacun de disputer, parce que la Foi n'était point encore roborée et publiée, comme maintenant. Si dans colle Eglise , qui claii remplie de Foi , et comblée des dons cl des grâces du Saint Esprit , il n'a point été défendu de disputer, si bien que ceux-là même qui n'élaienl point établis pour prêcher, mais pour servir aux tables , enseignaient pourtant et diiipulaient, comme Saint Etienne, Act. VI, cela ne condamne-t-il tant jïi'i/y en a en l'Eglise du pape, qui ont te nom de prêtres, qui est pour enseigner et instruire te peuple , gai disent qu'il leur est déjendu défaire, comme en la primitive Eglise a été Sait?

Je trouve bien qu en celle Sainte Eglise, y avait des prophètes, des apôtres, des évangétistes , des pasteurs et enseigneurs. Mais de papes, de lice-clmnceliers, cardinaux, patriaj-ch.es non. mariés., h-gptf

IM

de latere , archevêques, arckiprêtres , archidiacres. Doyens, sacristins, pré^ts, trésoriers, abbés, prieurs, gardien^, généraus. Je n'en trouoe point.

Les premiers hom serviteurs de Dieu, n'ont remis Pqffiure à Nantoue , et prins longue dilation , mais par I . f Esprit de Dieu ont puissamment résisté , et comme dit tapûtre qu'il Jimt prêcher la parole, irtster opportunément et importunément , arguer, reprendre tt tahoiier , n'ont cessé ne différé , mais fait leur devoirt I prêchant et reprenant. La chose demande qu'on Mecourre soudain , comme lesjid^lea serviteurs de Dieu ' ontj'ait, non par protestations et appellations , non par fagots, et effusion de sang, mais par te glaive de r Esprit, par la Parole de Dieu. Il ajoula :

Que les mintGlres ont toujours offert de aouienîr leur doctrine au péril de leur vie; que Saint Etienne et les autres bons serviteurs de Dieu ont mieux aimô exposer leur vie, que de ne résister à ceux qui s'opposent à ta vérité. Les docloiirs catholiques au contraire lâcbenl d'empêcher qu'elle ne vienne en avant; et n'a-t-on uucune pitié du pauvre peuple , ainsi conduit en grosse ignorance , tout chargé de traditions humaines , de »i grosses iniquités, tant d'horribles paillardises, dcf ventes deJiUes et de femmes. Cest honteux de voiries énormités qui sont de présent.

Qu'il y a aujourd'liui autant et plus de disputes en la Foi . qu'il y en avait dans rEgtisc primitive -, que si alors U dispute était nécessaire, pour les lermiDCr cite l'est bien autant aujourd'hui.

Que ces Messieurs n'ont pas lieu de se plaindre, des injures qu'on leur a dîtes, que la plus grosse csl ccllo ■ Ac falsificateurs \ ils la reconnaissent vériloblc, puisque , après avoir ose dire que Saint Paul défend de d

puter, RiainteDBtit ilâ avouonl que les bons serviteurs de Dieu ont digpuic.

Quant à ce qu'ils nous reprochent , gue nous exposons fEcriture de notre propre autorité, nous enjiusons Juges les assistons; et les actes en rendront Bon tèmoignagne. Quaal à ce qu'ils discot qu'ils voulaient obéir à l'Eglise universelle; il serait à souhaiter, qu'ils voulussent obéir à Dieu, à ses CommaDdcmens et mêitio à leurs canous, qui dcfendeDl d'avoir plusieurs bcnéftces à la fois, et d'admettre à la prêtrise les ignorans et les matvivane , et qui ordonnent aux prêtres d'enseigner le peuple ; choses qui sont très-mal observées. '

m. Ensuite on lit la publication ordinaire, pour în-

«r à la dispute.

i Dhogv gc leva, et proposa par écrit ses objecUoas

Vitre la doctrine de la justîllcation par la Foi. \ V. Ce que dit Saint Jaques, Chap. 2. Que serfira-t-îl, , si quelqu'un dit avoir la Foi, et qu'il n'ait point

t œuvres, ctc-i à v. 14. ad. 32.

2°. Ce que le Seigneur dit, Jean V. Ceux qui auront ienjait, iront à résurrection de vie ; ceux qui auront nuit fait, etc.

3°. Que Dieu rendra à chacun selon ses œuvres. Hom. U,etMaitb. XVI.

^4<*. Que celte doctrine ouvre la porte à la licence cl vice.

Fabel. 1°. Saint Jaques reprend ceux qui se vantant d'avoir la Foi, n'ont ni charité ni pîélc; il dit que ces gcns-là ne croient pas mieux que les diables, il montra fort au longf la difTcrence qu'il y a Foi des diables et celle des lidèles ) ; Saint

Jaques dit donc & c«a genB-\k,jnontre Moi ta Pot par tes œuvres ; donnant à entendre que cdui qui n'a pas tes œuvre* , n'a point la Foi, etc. Et celui qui a les œuvres est justifié par elles, non deraot Dîeuj mais devant le prochain qui voit ses oeuTres , etc. ; comme il paraît par l'exemple d'Abraham qui fut prêt à sacrifier ■on Fils, etc. Ici Farel élala avec beaucoup d'éloquence et de force toutes les difficultés qui se présenlaient k l'esprit et au cœur d'Ahraham , pour le détourner de ce sacrifice. Néanmoins , Abraham n^estpointjust^ê par tes œuvres. Pour le prouver il fit h're fEpftre aux Romains IV, dès le verset 2 jasqa'âQ 8.

' . Ainsi partant , ajouta-t-il , nfttta ne ninna point qu'il ne faille /aire les bonnes œuvres; mai» grandement dfjendona de maUfaire, et invitons à bien faire; mais nous disons, que les œuvres ne justifient point. ■ 2°, Quant estde [inconvénient, qui peut advenir , je prie à Dieu que les chanoines, prêtres et moines ne donnent non plus de scandale de leur vie et doctrine au pauvre peuple-, que cette sainte doctrine, qu'on est justifié par Foi, etc. Quand on représente â ur homme ses pcchcs, qu'on lui propose ensuite la miséricorde de Dieu, lui disant, 2}i>ir... ne veut point ta mort, mais te faire grâce; il a donné son cher Fils Jésus à la mort pour nous; si tu te fies de tout ton cœur en Jésus , croyant qu'il a porté tous les péchés, et au nom de Jésus tu demandes merci; Dieu te pardonne, pourvu que ta laisses ta mauvaise vie, etc. Telle doctrine ... nest point occasion de mal, pour être ingrat à Dieu , etc. Mais à l'opposite enflamme le cœur' en l'amour de Dieu et du prochain, tellement qu'on en voit les fruits, etc. Tel était Zacbce, qui donna la moitié de son bien aux pauvres , et restitua

là quadruple à ceux k qui îl avait Taîl tôt t , Luc XIX. Ceux qui magnifient ies bonnes œunres , et se fient en icelles, attribuent tout leur salut à ce qu'ils font , et non à Jésus et à ta Foi en lui, sont hypocrites , etc., et iien mèchans aussi ceux qui n'ont autre chose à la bouche que les lionnes œui^res ,... et qui néanmoins nejbnl que tous cas énormes, ' larrecins , pilleries, piiillardises , adultères perpétuels tenant femmes mariées en leurs maisons , pleins de noises et débats , plus que gendarmes adonnés à tous maux, etc. '

Carûli prit ici la parole , et dit n Drogy. Sî un homme avait fait tous les-maux du monde, et qu'on htl proposflt Jcsua mort pour lui, afin qu'il crùl; en ce cas'lù un tel homme scrail-il sauvé? Il faut dire, ouï , autrement ce Ecrait déshooorcr Jésus-Christ. Car 1" si l'on fait précéder les cpuvres pour la justification , on lea fait compagnes de Jésus pour la justification, ce qui est ■'tierver, Jésus, comme si lai seul ne justifiait. D'ailleurs ce qui est fait sans Foi , no peut plaire à Dieu , ni par conséquent juslilier. 2" Les oeuvres , qui suivent \& Foi, De justifient point, puisque le croyant est déjà jusliiic par sa Foi. C'est comme quand un roi pardonne à un malfaiteur, non pas afin qu'il rclourno dans ses péchés, mais au contraire. Entln il lui représenta, que Drogy lui-m^me , quand îl voyait les mourons, le* exhortait â se contier au mérite de Jésus-Christ et en In roiséricordc de Dieu.

Quant à la satisfaction, nous disons qu'il faut roslilucr ; et le meurtrier qu'on fait mourir, satisfait en

rjrt Je Lansaiii

ux" du-

mÊÊÈ

mouraati au prochain et à l'Etat, mais doq pas à Dieu. Car toDG les lourmens qu'il pourrait endurer ne ptw t>ent sati^aire , car iU sont ineoîontairea , etc. C'est le Seigneur Jéfius seul, qui-a satisfail, étant mort volootairemcnt. Et sa mort est plut yue si tous étaient morts pour satisfaire, car ce qu'il a/ail est mtvrt parfaiU , etc. Ce qui ne peut être en créature quelque excellente qu'elle soit.

Farkl fit alors une courte exhorlation 'a rassemblée , de ne pas abuser de la grâce de Dieu , qui appelle W pécheurs à se convenir et à croire à l'Evangile , ei a ne pas renvoyer leur conversion à un autre temps, soiu prétexte de la miséricorde de Dieu , leur roprcseolant la menace que Dieu fait aux impcniiens, Pror. 1.

Ensuite Ferrakoou Ferdisuio Lovs, abbé, c'est-Àdire capitaine de la jeunesse de Lausanne, se préai pour disputer.

Ses argumcns étaient :

1", Que l'Eglise, qui est plus que l'Ecriture, état I «Ue, enseigne une autre voie de justilïcation que la Foî. 2". Que par la Foi l'Eglise a'entead autre chose, que celle du Symbole, du Credo.

i". Contre ce qu'on avait dit, que les œuvres serreiU là nous justilàcr devant le prochain ; nous avons des com- ^ Dandemensd'œuvres, non-seulement extérieures, maït ' aussi spirituelles . qui sont dans l'entendement , sans les- L quelles nous ne pouvons être justiltés.

Farel répandit. 1°. Qu'on avait déjà suffisamment I disputé sur la question, si l'Eglise est au-dessus de l'Ecriture, et qu'on y reviendra au sujet de la troisième thèse ; qu'au reste Jésus et ses Apôtres , montrant comment il faut prouver ce qu'on enseigne, renvoient constamment aux Saintes Ecritures.

2°. Que nous enlendons par la foi , ce que dïl l'Apâ- Iro. Hcb. XI, qu'elle est \c fondement , la subsistance des choses qu'on espère, el UDC eiee persuasion des choses qu'on ne l'oil point : nous croyous ce que contient le Symbole el la Sainte Ecriture.

3°. Qu'en ce que nous disons des œuvres, nous parlons après Jôsus-Clirist et sa j^pôtres, Mal th. Y, et Jaques II.

FsHRAito objecta. I". Qu'on ne peut être jiiBtific saas aimer Dieu et son prochain ; ce qui est un acte de l'amc différent de la Foi; que la Foi sans ta charité est inutile ; 2". qu'on peut pourtant avoir la Foi sans la charité.

Comme on avait déjà répondu à ces difricullés, Farel inoDtra en peu de mots , qu'ayant été réconcilies à Dieu par la mort de son Fils , Rom , V, la Foi que nous avons en lui nous porte infailliblement à la Charité^ el aux bonnes œuvres , etc.

Caroli prit aussi la parole , et après un raisonnement un peu embarrassé pour montrer que la Foi produit la Charité, qu'il faut counaîtrc avant que d'aimer; il lit remarquer que par la Foi on entend celle qui produit la Charité, el non celle des miracles, qui en peut clro séparée, ni celle des démons.

Bl-AKcnEnosE objecta que la Charité est mise au rang des fruits de l'Esprit , 1 Gai. V, d'où il concluait qu'elle die vient pas de la Foi.

Caroli. Dieu donne In Foi; cl In Foi produit la Charité,comme le dit l'Apôtre, Gai. V, 0. Comme le soleil ■'est jamais sans ses rayons, ainsi la Foi vivo n'esl jamais saos charilc. Les Apôtres prècLanl la Foi en Jésus avaient autrefois la même dispute avec les Pharisiena qui prêchaient les œuvres. St. Pierre dit, que Dieu a purifié les cœurs des hommes par la Foi; Acl.XV,

SSfi pnUnsiiB THÉtB.

f>Br un foi vive, qui nous unît en Jésus, après quoi

nous fructifions. '

Blancrebose proposa ensuite par écrit dix-huit arguniens coatre la doctrine de la thèse , et le premier président lui dit , qu'on les cnrcgislrcraîl. Ils ne conleaaîoDt ricD de nouveau. Ils revenaient à ces sept di Incultes. 1". Que St. Paul dît que la Charité est \cfruil de VEsprit. et non de la Foi , Gai. V. 2* Divers passages allribuent le salut aux bonnes œuvres, et en établissent la néccs- BÎté; Rom. Il, 13; Jaq. I, 22, 23 cl II, U;£ccles. VII; Gai. VI, 10; Apocal. XIV, 18; 2 Epti. de Saint Pierre I, 5 - 11 ; Halth. XIX, 17; Jean VIU, 39. 3° Divers passages qui établissent la nécessité de la Chnrité en particulier ; Luc Vil, 47, el 1 Corinib. XIII , 1,2,3; Hébr. VI , 10. 4" Les passages qui établissent ta nécessité de rendre compte a Dieu, qui duît rendre à chacun selon ses œuvres; 1 Corinlh. III, 8 el II ; Cor. V, 40 ; Uom. II ,6 — 11.5" L'Exemple d'.4braham, qui fut justilté non par la Foi seulemeut mais aussi par la Charité, ayant voulu sacrifier son Fits. G" L'Exemple de Jésus-Christ, qui, pour montrer qu'il ne suffit pas de croire, mais qu'il faut agir par bonnes œuvres, appliqua de la bouc aux yeux de l'aveugle, et it fallut ' qu'il allât se laveries yeux à l'élang de Siloii. Enfin, 7' que si ta doctrine do Farel ciait suivie, nous sorîonE tous inutiles les uns aux autres. *

Farel se conlenta de répondre en peu de mots à ces dix-huit raisons du docteur. I. Qu'en disant que la Foi vii>e n'est point sans la Charité on fait assez voir qu'il v a de la différence entre ces deux vertus.

' Ibid. 69- 70. 71.

' Ibid. 72. 73.

j H s Tir r CATION

II. Que la pécliercGsfi a été sauTce par sa Foi, comm le texte le porte claîremoat; et que s'il est dit, que pla- 1 sieurs péchés lui sont pardonnes , car elle a beaucoup A aimé; cela signifie, qu'elle a beaucoup aimé, parce que ■ plusieurs péchés lui sont pardonnes ; cl cela paraît par ce que le Seigneur dit à SimoD , celui à qui il a plus été pardonné aimera plus.

m. Si Dieu pardonnait pour l'amour que nous avons pour lui, il Dédirait pas dans Esaïe. C'est moi quieffacs J Us pécAés, pour l'amour de moi. Chap. XLIII, 25.

IV. Que l'on considère bien l'état du pécheur, s'il peut aimer Dieu , qu'il regarde comme un juge jusle et I sévère , à moins qui) n'entende que Dieu a pitié de lui ,

Cl qu'il veut lui pardonner, et lui pardonne; autrement J ilTuira Dieu, comme lit Adam.

V. Ou reconnaît avec lui, que la Charité est /«yj-a/fi </(• l'Esprit; mais on dit, que par la Foi on reçoit l'Es- î l'ril de Dieit , et par l'Esprit de Dieu qui nous est donné,

la Charité est répandue dans nos cœurs.

A tous les au trcsarguiucns, il flt en substance les mcm« 1 rcpooses qu'auparavant, ajoutaul qu'on avait grand toiiJ d accuser les réformés de détruire la nécessité des boû" J an œuvres , puisqu'ils les inculquaient de tout leur pou- >oir ; mais qu'ils voulaient enseigner aux hommes quelle | PO est la véritable source , savoir la Foi , car sans la Foi * nous ne pouvons pas avoir l'Esprit do Dieu. El sans \'hs* prii nous ne pouvons pas faire les fruits de l'Esprit, etc. '

Blaucherose objecta encore la parabole des ouvricrg ' de la vigne , à qui le salaire fat payé a la fin de leur , journée.

Caroli répondit, que cette parabole mcinc faisait con-

•- lbi<l. 76. I

SSs ntttiiB«K Tnn.

Ire lui , puisque ccui de ces oavrien , <)ai c'avaient Iravaille qu'une heure reçurent autant que ceux qai avaient travaillé tout le jour. Aintî, Dieu nous a uuvés , non point par œuvres de justice, que nous ayons faites, etc.

FERHAtfD. La conclusion estmalmitej tetonletprohâtions, car elle est négative, et nous tâchez la prouver, par quoi la fallait coucher autrement.

Farel. La Sainte Ecriture ne se soucie de telles règles. Elle dît aussi que les injostes, les paillards, etc. , n'hériteront point le royanme âe Dieu. Cela est négatif, et se peut prouver directement par te commandement de Dieu.

Après avoir disputé sur cette partie de la première thèse, on passa enlin à une autre partie. *

Ferrand. yous dites qu'il a été immolé une fois, et plus ne le sera. Jl est immolé toujours , car il a donné son corps disant : Ceci est mon corps, par ces mots il est immolé.

Caholi. En ces mots il n'y a point ^immolation, mais en sa mort ; cor si en ce, il y avait immolation , Use fât lui même immolé, et mit à mort, et non les Juifs et les bourreaux.

FxHRAHD attaqua ces mots : Mettre autre rémission des péchés que Jésus une fois offert, c'est anéantir la vertu de Jésus. Jésus-Christ a dit lui-ménte aux Apôlres. Ceus à qui vous pardonnerez les péchés, ils seront pardonnes.

Farel. Remettre tes péchés et les retenir n'est autre chose qu'annoncer la Parole do Dieu, à laquelle ceux qui croient vcritablement , sont justilîcs, leurs cœurs sont puriiics, par la Foi, AcI. XV, et ceux qui ne

tuïTITICATIOR FAA l.k roi. SS9

croient points la colère de Dieu demeure sur eitx, Jean III. £l aiasi le dil Jésus, eDvo^ant ses disciples prêcher. Qui croira, sera sauvé , etc.

Blanchebose. Les Pères étant aux Limbes , ont été saunes , n'ayant la Foi, car ils ne laçaient point vu et il n'était encore venu ; par quoi le salut n'est point par croire. *

Faeel lui répondît : Qu'il devait lïrer ces preuves de l'Ecriture, lia été assez montré comment tous ont eu une même lot. Abraham a désiré de voir le Jour de Jésus, et ta vu, et s'est réjoui, Jean VÏII. SU n'y avait nuls qui crussent en Jésus, sinon ceux qui font vu , il nous en prendrait mal.

Puis répoadaat à Fcrraod , qui pressait son raisonnement, il cila ce que St. Paul dit, Act. 10, qu'à Jésus rendent témoignage tous les prophètes , que quiconque croit en lui reçoit le pardon de ses péchés par son nom ; il n'y a personne qui puisse pardonner les pccbés que Dieu; ce que les Pharisiens même n'ont pas ignoré: Marc U; EsaïeXmi , 25. El Jcstis est dit amr /ac/e

de David ,

qui I

, et nul ne ferme , etc.

Ferrand doula de la vcrité du passage d'Ësaïe \LIIT, cilc par Farel, cl comme on le lui cul montre dans la Bible, il se tul.

IlLANcnEROSE objccta les cnfans, qui mourant après le hiptëine , sont sauves sans la Foi.

Farel. T^ous parlons selon F Ecriture, laquelle parlant de la Foi, et de l'ouïe, parle de ceux qui en sont capables. '

Ensuite Jean ItlinARU , se leva et lut ses objections.

' ll.id. TG. b.

S30 niMimi Tsàn-

1*. De IbUh. VI. & çou* tu pardonne* mus homwtea leurs nffetue*, potré Pire vHétie ne vou» pardonnera pas non plus lesffifùtë, etc. ; par où fl eat dair, que Dieu nous pardoDOO bos péchét, Don par F(» teale^ ment, mail par charité. La Foi ea liaii», «Ipardonner. Boot deux choMs diOerontci.

. Farel . Quand il a'a^t dea commandeiDeiu de IKeu , et des promenés qui j booI jointes^ d'où Tient le pouvoir de faire cet œaTreaPCar il ne nifEl pas de ^re, fms ceci, et tu auras cela, aJp.j m l'on n'a pas le moyea de le faire ; «îoti les nenaees coalre les transgresseora renvt^enl k Jésus , qnt est la fis de la Loi , comme il a été Ail; parquai UJhat peiitr Aceffe sànig racine de vraie et viee Foi, d'oii procMe la faculté de pardonuer, ce que l'homme ne pourrait faire, s'il n'était ne de nouveau en iésns, par la Foi. On ne peut croire, çt méditer la charité de Jésus-Ghrist^ qui a souffert la mort et prié sur ta croix pour ses bourreaux, sans être touché de charité, etc.

HiBABD iasista, en représentant que Ken nous pardonne parce que nous avons pardonné à notre prochain j, et non par la Foi.

FjUkl répondit : Que l'homme sentant Tivement la grande miséricorde de Dieu> il ne se peut qn'îl n'aime Dieu, et l'aimant, il aime aussi son prochain et lui pardonne -, et lui pardonnant , ce loi est un témoignage plna ample de sa jusUficaiiod, et de l'Esprit de Christ, qui est en lui. Parquoi est hesoin de ^esercer en œuvres de charité, pour avoir augmentation de Foi. '

MiOASD, St. Paul disant, que l'homme est justifié par la Foi sans les œuvres de la Loi , ne parle que des œa-<

vrcs cérômonielles ; car s'il efil voulu parler des œuvres de la Loi morale ou cvangélique, il se serait contredit, puisqu'il dii Rom. Il, Que ce ne sont pas ceux qui écoutent la Loi, qui seront justifiés , etc. he Seigneur dit aussi , Malth. VII. Tous ceux qui me disent. Seigneur, Seigneur, n'entreront point au royaume des deux, maii ceux qui font la volonté, etc. Ajoutez Jaq. Il, verseu 22 , 23, U , el Mallh. XIX, 17, et 1 Cor. Xm|, 1,2.

Farel répondil en peu de mots , qu'on avait déjà suf-

lisaoïmeat rôpoudu à ces diflicultcs ; que St. Paul ne se

contredit point, puisqu'après avoir dit, que ce ne sont

pas ceux qui écoulent la Loi qui seront justifiés , mais

iix t/ui la mettent en effet, il dit ensuite au Chap. III ,

'il n'y a pas un seul homme qui la melle en pratique,

m d'eu conclure que l'homme est justilîo gratuiteineiil

ucun mérite.

Cakoli ajouta que l'Apôtro parle de toute œuvre jcommaudce de Dieu; que quoi qu'il se fût exercé lui flèiDC avec soin dans les œuvrcH, ctaut irrépréhensible Ion 1b justice qui est de la Loi, dit, les choses qui m'étaient un gain ,je les ai réputées dommage, à cause de l'excellence de la connaissance île Jésus-Christ, Philip. 111,7, 8,9.

MisiARD. Puisque la Foi n'est point sans la charité, pourquoi DO pas attribuer à l'une autant qu'à l'autre ? CahoIiI. Le propre de la Foi est de recevoir la prolesse de la griioe de Dieu ; et c'est ce qu'elle ret,'oit. Le ipre de la charité , est d'aimer. Or aimer, n'est pas «voir la promesse de Dieu. Ainsi la justification est ■Itribuée à la Foi, en tant qu'elle reçoit cette promesse. li faut que le sarment soit uni au sep, et qu'il ou lire sa vertu j avant qu'il fructilie, sans quoi il ne peut [>ortcr

aucun fruit. Ainai en est-il de la Fin» qui ndas anit a Jésus j etc. *

IHivARD. C'est Jésus j qui nous jusUfie, etnon'IaFai.

Farsl. Jésas-Christ a él^ fait de Dieu,jiutf/îca£ion et rédemption, 1 Cor. 1. Keu est juste,- et justifiant celui qui est de la Foi de Jèaut, Rom. lU. Il a tant aîmô le monde qu'il a enroyô son Fils^ pour Hauver le monde. Et ceux qui croient en Jésus, ont ce salut par Jésus , et il habita en eux par la Foi. Dieu fait de son côlc ce qu'il doit faire ; il pardonne les péchés et riviCe, car il l'a promis. De notre part, il est requis de croire el d'accepter celle promesse. '

L'aprèsdlnée, Miiiard argumenta contre ce qai est dit dans *ta première thèse. Que Jèeus-Chritt lia été offert qu'une fois; et qu'il ne le sera plus. Il soutint que Jésus a clé ofTerl quatre fois.

1°. Le jour de ]& Purification , Luc II, v. 22, 27.

2°. Par figure en V Agneau pascal , qui figurait le Sacrement de l'autel , au Nouveau Tesiamenl.

3". A la Cène, quand il donna son propre corps, sojs les espèces du pain et du vio , à ses Ap6tres ; en disant, ceci est mon corps.

4°. En l'arbre de la croix.

ViRET, prenant la parole, lui fit voir que ses argumens ne faisaient rien contre la thèse, qui ne parle que de l't^Iation faite, pour nous racheter de nos péchés, en un mol de la mort du Seigneur qui a clé le sacrifice expialoiro pour dos péchés , et qui ne se peut jamais rcilcrer. L'oblation, faite de Jésus>Cbrist dans son enfance, n'a pas été faite pour nous racheter , mais pour

accoiDfflir un commandemcal de la Loi ccrcmonicUo. Il CD esl de même de ce qui esl dil de l'Agneau pascal , qui n'étail que l'ombre et la ligure du vrai sacrifice de Jésus; ain^i le Seigneur ayant été alors eacritié en figure, De l'a pas été réellement.

niiniARD. Puisqîi'il y a plusieurs figures du sacrifice de Jésus-Christ, et qu'il a été souvent représenté au f'ieux Testament ,■ par les sacrifices, iljaut aussi que fe sacrifice de Jésus-Christ soit souvent réitéré, et qu'il soit soueent offert, ainsi qu'il a été en figure plusieurs Joii.

i ViBET, C'csl comme si vous disiez : Si ce qui est im- ■parfait , el de nulle eflicace, a été souvent réitéré, {larcc qu'il ne pouvait suflire, il faut aussi pareillement que ce qui est parfait et suflisanl, soit souvent réitéré. Les sacrifices du Vieux TeâlamenL ont été réitérés, parce qu'ils ne pouvaient ûler les pécbés, ils étaient [nus ligures d'im seul sacrifice de Jcsus-Cbrist , qui a fait el consommé ce que tous tes autres ensemble n'ont pu ; :Gomme St. Paul le dcctarc dans l'Epîtreaux Hébreux.

MiHARD. Puisqu'il y a plusieurs figures, il faut yu'ity ait plusieurs choses gui leur répondent; puis donc que le sacrifice de Jésus-Christ a été plusieurs fois représenté par les sacrifices , il faut aussi qu'il soit qffert plus dune fois, comme il est au Saint Sacrement. '

Carou prît la parole, et dît ; Quoi qu'il ; eût plusieurs figures, elles ne signifiaient qu'une seule et même chose. Kicii n'empéclie qu'une même chose, un même Uomme, par exemple, soit représenté par plusieurs images ou portraits ; mais cela ne le multiplie

* Ikid, Sa. b. 83. 86.

'Jj'i PREMIERE THESE.

j»as. Jcsiis n'a clé olTerl qu'une fois sur la croix. S'il s'est oflerl à la Ccne^ à qui s'esl-il ofTerl? à Dieu ^ ou à ses (Usciples?

MuuBD. Ils'utqfferiàses JUêciptes êmlmrdisomi, ceci est mon corps qui sera êtmni pour mù. Kn disant cela, il montrali son corps, fui éUuismSaiÊdSmere^ mens , sous esphcs de pain et de vin , qu'il donna à ses disciples. Quand il se donna à eus , ne s^qffrait'U pas à eus? Et il nous est aussi qffert'au Saint Sacrement de l'autel en la Sainte Messe.

Caroli. Les Apôtres ayant un corps, et une ame, Jésus-Christ a donné au corps, qui est matériel, le pain et le vin, qui est chose matérielle, visible et corruptible, comme le corps. A Tome qui est Esprit, il a donné son corps et son tang » fui est la craie nourriture de Vame. fit ainsi que le corps reçoit le pain et le i^in, qui est le signe, et en est nourri; aussi Famé reçoit le corps et le sang de Jésus-Christ , qui sont signifiés par le pain et le çin^ Vame mange le corps de Jésus-Christ spirituellement, en croyant à Jésus* Christ, et en est nourrie par la Foi. Tout cela ne fait rien contre la thèse, qui ne dit pas comment Jésus- Christ nous a été ofTertj mais offert à Dieu son Père pour efTacer nos péchés.

MiitL^RD. S'il ne peut plus être offert ^ pourquoi a-t-il dit, toutes les fois que cous forez ceci faites-le en mémoire de moi? Voulez-vous abolir le Saint Sacrement qu'il a ordonné!^

ViRFT. Nous voulons faire la Ste. Cène, en la manière que Jésus-Christ Ta instituée , sans y rien ajouter ni diminuer. Et parce que nous* ne [trouvons point en tout le Nouveau Testament que Jésus se soit offert au Vore^ quand il a fait sa Ccne^ ni qu'il ait commandé h

r arrsKT mu tsuLs t ses disciples de le falro ni de l'offrir ; nous ne croyons point que la Cène soit un sacrifice , pour ofTrir de rcclicr le corps et le sang de Jcsus-Cbrist pour la rcdemplioD des âmes, mais qu'elle est établie pour nous souvenir qu'il n'y a que le seul sacririce de Jésus-Christ, une foie fait qui clend sa vertu et son efficace depuis le commencement du monde jusqu'à la fin. Nous annonçons sa TDort, lui rendnnt grâces , reconnaissant sa grande lonlé, et qu'il n'y a point d'autre sacrilice que celui-là, par lequel nous sommes rendus agréables à Dieu. Ceux 4onc qui disent que la Cène est un sacrifice, porverliseenl lotalcment l'usage de la Ctne. Car si Jésus-Christ ^^aar sa Cène ne s'est jjas offert à Dieu son Pire , et n'a ^oas effacé nos péchés, il s'ensuit hien à plus forte ^•aison , qu'il n'est pas offert maintenant, ne en la Cène, *ie en la Messe, comme le Canon de la Messe porte. Car si alors il eût été offert, quand il célébra sa Cène, et ^u'il eût aboli le péché, il n'avait plus besoin de mourir, ^ de s'offrir de rechef en la crois. Et puisqu'en la ^m/trois il a tout consommé , il ne faut pas réitérer son ^Êàacrffice comme non-suffisant , mais lui en rendre ^Kgrdces, etc.

^H nisARD. Je suis Jorl émerveillé de vous , qui niez , ^Hiie le précieux corps de Jésus-Christ , soit au Saint ^sSacremenl , vu qu'il a dit : ceci est mon corps ; et ce calice est mon sang, et Jean VI : Ma chair est vraifienl viande et mon sang est vraiment breuvage; et il a promis la vie élernelle à ccus qui mangeront sa chair, et boiront son sang. Ne roeilez-vous donc point de différence entre la figure et la vcrilc ? selon votre opinion , In'y a point de dilTérence entre l'Ag^ncau pascal et ta < ILi

L< ILi<l.87. i

S36 P&EMIRRE TBÉSE.

Ccnc ; c'est Pgurc [lar loul. Mais je crois que Jénu- Chrisi est myslcrîallemeot au Saint Sacrement, et qiiU est partout l'uniçersel monde , par puissance, et au ciel corporelle/tient et essenliellement ; comme il apert, Matlh. XXVIII. Foici je suis avec vous, jusqu'à la consommation du sii^cle.

ViRET lui rcpondit, qu'il confondait ce qui regardait la deuxîcmc cL la iroisièmc tbèsc avec la première. Qu'il y a deux choses que nouj combatloDS en la Mi?sse, selon l'Ecriture. La première c'est qu'ils se disi^nt ojf'rir le corps et le sang de Jcsus-Chrisl au Père, et que la Dlessc n'est pas une simple commémoration du sacrifice de Jcsus-Christ, mais un vrai sacrifice qu'ils offrent pour les péchés des vivans et des morts. Erreur qui est condamnée par ta première thèse.

La deuxième est yue le corps de Jésus est au pain aussi gros et grand, comme il était en Varhre de la croix , et qu'il le faut croire comme un article de foi, (quoique cela eoit contraire à In doctrine du Symbole), et qu'il le faut adorer en l'hostie, ou en la main du prêtre, etc.

11 lit remarquer à lUimard , qu'il rejetait lui-même co dogme, s'il enlendoil bien du moins ce qu'il disait, lors qu'il avait dit, que Jcsus-Cbrisl est essentiellement et corporellement a\i ciel, et mystériallefnent en la Cène, (ce que les autres appellent sacramentalement ) ; et en puissance par loul l'univers. Etant donc au ciel, à l'égard du corps, il n'est pas avec nous de la même manière. Car il a dit , qu'i7 était e-tpêdient qu'il s'en allât, Jean XVI, 7. Et il est avec nous par son esprit et par sa puissance, habitant en nos ca?urs par la Foi, Eph. III. Voulant consoler ses disciples de son départ, et leur disant, qu'il ne les laissera pas orphelins ^ il ne leur

CHRIST OFFERT UHB SSL'LE tOli. S37

diL pas, qu'il descendra en corps, mais qa'ii leur donnera un autre consolateur, savoir le Saint Esprit, Jean XP^\ Ifi.

niiHABD. Nous ne poiivoDB manger la cbair de Jceus- Cbrist, si son corps n'est au Saint Sacremenl; autrement la vérîlé n'est plus dilTérenle de la lîgure.

De ce que Jésus-Christ a été offert une fois , il ne s'ensuit pas qu'il ne le sera plus.

ViRKT. Jésus-Christ au Chap. YI de St. Jean ne parle point de la Cène. Sa chair ne se mange pas au Sacrement seulement, mais toujours quand par Foi noua le recei'ons. Car manger la chair et boire la sang de Jésus, c'est croire en lui , comme lui-même le déclare et glose, Torsct 63. Nous ne disons pas que Jésus ne soit pas en lit Cène, puisqu'il a promis d'assister aux assemblées des TidMes, mais il ne s'ensuit pas : Il y est. crgo son corps y est, comme en l'arbre de la croix. Je pourrais conclure de même; le corps de Jésus-Christ est entre tous ceux qui parlent de lui , et qui sont assemblés en son nom.

L'Agneau pascal était ligure du sacrifice de Jésus- Christ , mais non pas de la Cène, autrement, un signe serait le signe d'un aulre, ce qui est absurde. Il y a de l'analogie cnlre'les signes du Vieux et do Nouveau Testament, qui se rapporlaîcnt à Jésus; mais il y a de la différence, en ce que ceux-là signillaient ce qui était « venir , et ceux-ci représentent ce qui eut ace/iw.

Quand à ce qu'il niait la conséquence qu'on lire de l'oblation une fois faite du corps du Seigneur, il le renvoya à l'Epître aux Hébreux, Chap. VIII el IX, fl le commencement du X.

Alors ou lut publiquement ces passages. '

' Eï. Ad. pa(î 89. 90. 91.

Après eellB ledore, Jkam ■lanB» iajttt de Yerej, u leva pour «i^Dnwntcr , ea proleMuit qm) ce qu'il «a fais«l , ce n'éuil poiat poar dispoler, mais pour s'io»- Iroïrc : cependuil il par«l hua par b aaite de sa dispute, qu'il aTaît l*EBpril rcnpK d'idées achoUslïqaea.

D commanda par dira, qa*!! s'étoniuùt fort qoe les nùoislres Poa&iMeiii dUpmUr de tm Saint* Ecriiare, et exposa- PEvoKgîle et Ut E^lltre* de StùUPaal, çu que Ut Jpâlret y qiuatd Ut ami ooMhtJmire fiteique choie nicettair* . e/ qu'U a iti qmettian Jtùotoçer et cont/ibur quelque ckote aprie Im fmatiam , Ut n'ont rien oté attenter d'eus-mêmet , mait ont dU, nann est apriritui ssDCto et nobU. lu ont toutJtM for la TévUaiion du Saint Esprit, Ad. XV. D'autant pkis que St. Pierre, parlant des Epttres de St. Paul, dit : Qu'il s'y troui-e det chotet difficilet à entendre ^ que Ut ignorant et U* mal atturét tordent, autti bien fue Ut autres Ecritures, à Uur propre perdition , 2 Pierre lU. Cela étant ainsi ; il s'ctonaait que ces docteurs entreprisaeot d'ex- , pliquer ces EpJIres . et plus encore de ce qu'ils voulaient, que les Saiutes Ecritures fussent traduites en langue raiffaire, et que les femmes , simplet, taioureurs, petits et grands, tout U monde Us Ute, vu qu'elles sont tant d{fficiUs, etc. Ne Ut tordront-ils pas aussi, etc.

Il ajouta, qu'il avait autrefois oui maître Carolî eipliquer l'Epttre aux Romains, dans le c<rilége de Camhray à Paris, et qu'il lui avait ouf expliquer ce passage du Chap. III. Justifiés sans Us œuvres de la Loi, des œuvres cèrémonielUs , comme faisaient aussi plusieurs doctears, qu'il avait ouït à Paris, et qu'il était surpris qu'il eût change de sentiment.

Carom r^|>ondil , qu'il clait vrai , qu'il avait autrefois

cnteodu ce passage des œuvres ccrémoDielles, mais qu'il n'avait dans ce temps-là trouvé aucun repos dans la conscience, senlanl que cette explication n'était pas solide; qu'il avait lu, pour s'en instruire, beaucoup de commentaires; mais qu'il n'en avait pu trouver un seul qui le satisfît; qu'enlin il avait pris le parti de lire lui-même toute l'Ecriture Sainte, avec toute l'aileution ('Ossible, et de prier Dieu ardemment de l'éclairer, et de lui donner la vraie inlclligcnce de su Parole; que Dieu l'avait exaucé, el qu'il ûlait dès-lors entré dans celte pensée, dont il bénissait Dieu, et l'invitait it faire la même chose.

Quand à ce qu'il avait objecté contre les traductions de la Bible, il répondît :

1°. Qu'il n'y avait point de diflTérencc devant Dieu entre les langues, l'une lui est aussi précieuse que

^r«utre, la française coiome la latine, l'bcbraïque, etc.

^M| est écrit : Il faut que toute langue confesse Jésus,

Brbil. 3.

^K 2". Que l'Ecriture ayant été donnée pour instruire , il

^Bfaat la mettre dans la langue , oii elle peut être le mieux

' entendue de tous ; selon St. Paul , qui dit Rom. II. ISous sommes déliteurs à tous, non-seulement aux sages, (arn savans, latins, grecs, etc. ),ma/i ù tous, aux rudes, simples et barbares. 3". Le don des langues a été donné anx Apôtres, afin qu'ils pussent prêcher par loule la terre; et enseigner loul le monde. 4°. Jésus-Christ n'n pas prêcbé en latin mais en langue vulgaire, qui clait hébraïque ou syriaque. 5°. Les Apôtres n'ont pas pri?ché ni écrit en latin, mais ont écrit en grec, comme on le voit par leurs écrits. D'où il s'ensuit qu'on peut traduire l'Ecriture Sainte en langue vulgaire. On a Ira-

duit le Vieux Testament d'hébreu en grec, et puis en

9t0 PaBMIB&B THÉSB.

lalin f poar Tasagc de ceux qui n'enlendetit ni lliébrea ni le grec ; par la même raison on né doit pas con-^ damner ceux qui traduisent la Bible en français. Il fit avouer à Michod , qu'il est permis de prêcher en français; il coDclul de- là, qu'il est permis, par la même raison , de traduire l'Ecriture en français , pour l'instruction du peuple ; puisqu'elle a été donnée pour cela. Moïse ordonne aux enfans d'Israël, de l'écrire sur leurs porleSy de la porter comme un signe en leurs mains , etc. Si Moïse a écrit ses Liçres en langue milgaire aus Juifs, pour T instruction de chacun d^eus, pourquoi coulez^ cous priver le peuple chrétien, {qui a beaucoup plus d'intelligence, que ce peuple rude et charnel), dun si grand bien , comme si les juifs étaient plus spirituels que les chrétiens P et que la doctrine de Jésus-Christ fût comme les secrets de Pythagoras , et des philoso^ phes , qui ne doivent point être divulgués aux simples et ignorans mais seulement aux sages et grands docteurs? Mais certes , ceux que vous ne voulez pas qui/s lisent la Sainte Ecriture en langue vulgaire , en sont bien souvent plus capables que ces grands docteurs , qui sont enflés de leur science , comme aujourd'hui texpé^ rience le montre, *

IHicHOo s'adrcssanl à Virel, lui demanda une défi* nition de la Foi. Yiret lui proposa celle, que donne l'Apôlrcs aux Hébreux, Chap. XI, verset 1.

MiciiOD argumentant en latin , dît que nous ne pouvons point avoir de connaissance de la Foi, en ce monde ; qu'ainsi on ne doit point s'en enquérir. Yiret lui nia sa proposition et sa conséquence, le défiant de les prouver par TEcriture.

* Ibid. p. 9t.b. 99. 93.

JUiCROD. 1m Foi n'estrelle pas dans l'entendement:' ViRET. L'Apôlre dil, Uoid. \0 , de cœur on croit à justice.

ÏIicnoD voulut prouver sa proposilion , par ce que dit l'Apôtre, que la Foi est des choses qu'on espère, et qu'on ne voit point; il conclut de là, qu'on n'ea peut avoir la connaissance: car la Foi, ei la connaissance sont contraires, cl les choses que nous no connaissons pas nous les croyons parla Foi , mais ce que nous connaissons el voyons, nous ne le croyons plus. L'Apôlre dit, que nous ne connaissons qu'en partie. Si nous Avions une parfaite connaissance, nous n'aurions plus bCEuin de Foi , comme il arrivera en Paradis. Parquai jt conclus, que vu qu'en ce monde nous ne pouvons œoir laparfaile connaissance de ce que nous croyons , là ou gist notre Foi, que nous ne pouvons aussi avoir la notice el connaissance diceUe, et consêquemmenl nous n'en devons pas disputer ne enquérir.

ViHET, lui nia que la Foi soit contraire à la connaissance i soulenaol que la Foi non-sculemcnl est une connaissance , mais une connaissance sublime. Si. Paul dît , que la Foi est par l'ouïe de la Parole de Dieu, lia Foi tst-elle des choses incertaines et inconnues ? V Apôtre déclare que nous ne pouvons invoquer Dieu si nous ne croyons en lui , et ne pouvons croire . si nous n'avons Oiiï de lui. Qu est-il besoin davoir ouï parler de lui, sinon , afin que nous le connaissions , et qu'en le connaissant nous espérions en lui? .\insi la Foi esl une connaissance ferme et inébranlable, qui persuade le cœur, qui assure la conscience : c'est de celle Foi, que Si. Paul dil. qu'elle est ■Woc^^i; la subsistance , le fondement ferme des choses que nous espérons, el ti.tyjipi; l'argument des choses qui ne paraissent point; non un

us l'REBIlGnE THF.SE. -^

arf;ument simple , mais uoe certitude si grande, qu'il n'y a rion qui puisse mieux nous persuader, icllcmcut que 4outc la science que nous avons, au prix de celle le, n'est rica. Il csl vrai, que l'homme ne peut pas avoir cette science de la nature, mais elle est un don

I de Dieu , qui la met au cœur des hommes par son Saini Esprit. El noue la recevons quand Dieu par son Saîni

1 Esprit chasse toutes ténèbres et ignorances de no.

I eeeurs . et se récèle et donne à connaître à nous , en tarte que nous n'aimons et ne nousjions à autre qa'

[ lui. Car si la Foi était sans counaîssancc , ce ne serai

L plus Foi, maïs opinion eljanlaisie. Elle Psl fondée sui la promesse de Dieu , sur lequel elle s'appuie. Ainsi nous espérons la vie éternelle sans la voir, parce que nous connaissons Dieu, sa bonté, sa miséricorde par Jcsus- Chrisl;cc qui nous porte à l'aimer. El cette connaissance est fondée sur la Parole de Dieu , qui esl un fondemcul ferme, capable de tranquilliser la conscience. JcEus-Cbrisl dit aussi, Jean XVII. Cestici la vie éternelle, qu'on te connaisse seul erai Dieu, et celui que fu as envoyé, Jésus-Christ ; d'où il s'ensuit que croire en Jésus , el connaître Jésus esl la m^rao cboso. La Bourcc de l'incrédulité esl l'ignorance de Dieu. La Foi est la connaissance de la bonté de Dieu, qui n'enseigne pas seulement, mais persuade^ ce qui est encore plus ■, que la science.

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