I. Que les auteurs de la violence faite dans la grande
' Idem p. m
LA PKàràri. tl5
^186 de Moutiërs, devaient élre punis, an c^s qu'on pûl les découvrir. ^
n. Que le chœur de celte ëglise-la devait elfe ouvert aux réformés, comme le reste de l'édifice, puisqu'il n'y avait rien qui pût y mettre obstacle; mais que la saéristie devait demeurer fermée.
ni. Que les gens du pays seraient obligés de payer aux chanoines toutes les choses dont leur chapitre était en possession de temps immémorial ; sans en excepter même Jes redevances, dont le chapitre avait la seule possession , sans aucun titre. Que cependant les réformés pourraient retirer les biens qu'ils avaient légués , eux ou leurs pères, à celte église^là pour -des usages superstitieux, comme pour dès messes et des anniversaires etc. mais non les catholiques.
IV. On régla aussi la manière, dont les chanoines devaient payer en blé, la pension des ministres. On confirma aussi l'ordonnance, de l'arrêt précédent au sujet des appels , et que s*il survenait de nouvelles difficultés entre les parties, les deux cantons protecteurs se réservaient le droit de les examiner et d'en juger. *
Dans le mém'e temps LL. EE. de Berne firent communiquer aux paroissiens de Malrei , et de Bevillars ^ quelques règlemens, qu'ils «avaient faits pour leur ministre.
Celte même année 1534 les différends de la ville de Bienne et du chapitre de St-Imier furent terminés à l'amiable par la médiation des deux états de Berne et de Bâle, avec intervention des députés du prince de Porrentruy évêque titulaire de Baie, comme prince souverain des deux parties. Il y eut une assemblée à Bâle
Apolog. 115. 116. 117. B. Instr. 369. 870. 371.
2^ BIBNMS.
composée de trois officiers ^ de ce prince^ de deux conseillers de Berne^ et de deux conseillers de Bâle^ qui ayant examiné avec attention les prétentions opposées et les raisohs des parties^ les accommodèrent de la manière suivante par une sentence prononcée le 3 septembre.
I. Que comme il n'était pas possible d'espérer que les parties pussent se réunir sur l'article de la religion, il était nécessaire pourtant de conseiwer les biens et les rentes du chapitre deSt-Imier, afin qu'en cas d'une pareille réunion ces biens se pussent retrouver çn leur entier a l'usage du dit chapitre ; pour cette cause , et le chapitre et la ville de Biennechoisii^aient ensemble et de concert un homme de probité ^our être administrateur de ces biens ; et qu'au cas que les deux parties ne pussent pas convenir sur le choix de l'administrateur, alor^ le prince les mettrait d'accord en choisissant luimême l'administrateur qu'il lui plairait.
n. Les renies du chapitre seront partagées de la manière suivante à chaque St-Martin ; savoir qu'on en prendra une portion réglée dans l'acte, pour la pension des ministres que le conseil de Bienne a établis et établira désormais à St-Imier et à Tramelan, outre leur logement et le petit domaine qui y est attaché : Quant aux ministres de Serrières et de Dombresson, ^ aussi établis par le conseil de Bienne, ils se contenteront de leur
* L^ députés du prince étaient Luc Klett, docteur • Erasme Sigelman baillif de Porentruy» et Daniel Ziegler, son chancelier. Geux^e Berne étaient Pierre De Werdt, et Grispin Fischer, tous deux conseillers ; ceui de Bàle , Jean-Rodolf Fryg , et Wolfgaiig Ikitschin aussi conseillers.
' Dans le Comté de Neuchàtel, depuis ce temps-là , l'an 1617. le conseil de Bienne a vendu À celui de Neuchàtcl son droit de Patronat sur ces deux Eglises.
ACCOMHODIMBIIS. US
pension qa'ils lirent snr les lieux : Le reste des rentes do chapitre sera employé en partie à entretenir le bftti* aient de régHse de St»Imier^ et Taatre partie distriboM entre les chanoines, et devra leur être donnée pour la consumer dans le lieu qu'il leur plaira. S'ils n^ligenl d'entretenir Téglise en bon élat, l'évéque à la réquisition de Biénne les y obligera.
m. Les titres et les livres rentiers du chapitre qui sont entre les mains du prévôt, comme aussi le sceau, le calice, le ciboire el la croix d'argent du chapitre qui sont entre les mains du maire de Bienne, tontes ces choses seront mises dans un coffre bien fermé à deux fortes serrures, dont la clef de l'une sera entre les mains du prévôt et du chapitre, et la clef de l'antre entre les mains du conseil de Bienne. Et ce coffre ainsi fermé a double sera remis entre les mains du prince évéque dans le château de Porentruy, comme en mains sâres ei inn partiales, contre une lettre de revers. On fera un inventaire de toutes ces pièces dont on remettra trois copies aux trois parties intéressées ; savoir une à chacune. Quand une des deux parties aura besoin du sceau ou de quelque titre, les deux parties iront prendre ensemble cette pièce, et après qu'on en aura fait usage, elles la remettront ensemble dans le coffre etc.
IL. Les prétentions du prévôt et du chapitre contre le conseil de Bienne, au sujet des rentes dudit chapitre^ que ce conseil a tirées et employées jusqu'à présent ; les frais et les dépends des deux parties ; les injures qu'elles se sont dites de part et d'autre ; toutes ces choses sont abolies et annulées à perpétuité; en sorte qu'aucune partie ne pourra jamais rechercher ni inquiéter l'autre pour aucun de ses sujets, ni sous quelque prétexte que
ce puisse être.
SiDITION A GBNBVB.
Les parties onl accepté cet accommodement et ont promis par attouchement de mains, au lieu de serment^ entriB les mains des médiateurs, ' de s'y soumettre et de s'y conformer absolument et sans retour. ^
in. Je viens maintenant aux affaires de Genève. La paix que le conseil avait fait publier entre les deux partis, le 30 mars 1833, ne fut pas de longue durée. Dès le 4 mai suivant, il s'y émut une nouvelle sédition, autant et plus violente qu'aucune autre qu'on y eut jamais vue.
Ce jour-là qui était un dimanche, sur le soir les ca* thoUques profitant de l'occasion, tandis que la plupart des marchands Genevois qui tenaient pour la religion réformée étaient à la foire de Lyon , quelques - uns d'entr*eux commencèrent une querelle avec des réfor^ mes sous prétexte de disputer de religion avec eux. C^était là une affaire concertée avec Iqs prêtres comme la suite le fit voir. Il y eut quelques épées tirées ; cependant on ne se fit pas grand mal ; et d'abord les combattans firentla paix et convinrent d'aller boire ensemble pour la cimenter. Mais dès le commencement de la batterie, un catholique nommé Pinet, qui avait été le promoteur de la querelle, en disputant avec Ami Perrin, zéîé réformé ^ courut chez le grand-vicaire où plusieurs prêtres étaient assemblés attendant f événement, et leur annonça ce qui se passait dans la rue, leur disant, qu'on maltraitait les catholiques et qu'ils devaient prendre garde à eux* Un moment après, il fut suivi d'un autre catholique, nommé Marc Vcrsonay, qui courut à l'église de St-Pierre pour demander du secours aux prêtres et pour faire sonner le tocsin. Là-dessus le chanoine Pierre Wernli, Fribour-
* Suivant l'usage général de Suisse.
* Tiré d'une copie de l'acte qui in*a été communiquée de Bienne.
WERNLX EST TU£. %f7
geois, des plus apparens du chapitre, conrut à la place publique qu'on appelle le Molard, disant, qu'il coulait mourir pour la foi chrétienne. Il était armé de pied en cap^ comme un Paladin^ portant une cpée à deux mains^ dégainée, et criait en jurant, suivez-moi bons catholiques; où sont ces luthériens? Le marguillier induit par les prêtres, monta au clocher et sonna le tocsin avec la grosse cloche. Dans un instant toute la ville fut en trouble, et il s'y trouva plus de quinze cents personnes assemblées au Molard. On s'y battit. Il y eut plusieurs coups d'épée donnés de part et d'autre et plusieurs personnes blessées ; en particulier un des syndics de l'année, Jean Coquet, fut blessé à la télé par les prêtres, en voulant mettre la paix. Mais le chanoine Wernli qui avait été des premiers dans ce tumulte, en porta aussi justement la peine. Voyant que le parti réformé n'était pas aussi faible qu'il se Tétait figuré, la peur le saisit. Il voulut s'enfuir, mais en fuyant il reçut un coup par derrière, dont il fut couché mort par terre, sans qu'on put savoir qui avait fait le coup ; tant parce que c'était entre nuit et jour, vers les huit heures du soir, qu'à cause de la grande .multitude qui l'avait environné. Enfin les syndics e.t le^ conseillers vinrent à bout d'apaiser le turoulle, et firent saisir dix personnes, prêtres et autres, qu'on jugea les principaux auteurs de cette émotion. *'
Le chanoine Wernli avait eu d'abord de bons sentimens pour la réformation ; et même quelques années auparavant étant à Fribourg , il avait élé pour ce su^et en danger de sa vie ; jusques-là qu'un jour il fut obligé de se sauver à travers la rivière deSane, qui y passe
* Savion III, 82, 85. Roses III, Gh. XI. Spanh. 60, 61. Ms. Gbouet p. 7. HoUiog 673-Beii..Turrelin I. c. 998.
MB DIIC DB SAVOIE.
poar se dérober à la poursuite des sergens , qui avaient ordre «de le saisir. De retour' à Genève^ il s'élail laissé regagner parles promesses de l'évéque et du clergé^ qui lui avaient fait espérer de gros bénéfices , de sorte qu'il était entièrement changé ; voulant donc signaler son zèle pour la religion romaine , il en remporta un coup mortel pour récompense. Son corps fut enseveli honorablement le lendemain dans l'église cathédrale ; et les syndics lui firent de grands honneurs , à cause de sa naissance. Mais le samedi suivant on le déterra ^ pour le donner à ses parens^ qui le demandèrent pour l'emporter à Fribourg. *
Dans ce temps-là le duc de Savoye fit solliciter les seigneurs de Berne ^ par le comte de Gruyère^ de lui accorder une prolongation de terme ^ pour achever le payement de la somme qu'il leur devait. On le lui accorda en quelque manière ; mais sous la condition expresse que s'il laissait écouler ce terme, on serait alors contraint de mettre la main sur l'hypothèque. Quelque temps après (le 9 mai ) le duc fit prier les Bernois d'intercéder pour lui auprès de l'empereur, pour qu'il ne lui empêchât pas de recueillir la succession du marquis de Hont-ferrat, qui venait de mourir sans enfans ; leur représentant : « Que plus il aurait de terres et de richesses , et plus aussi il pourrait leur faire de plaisir. » En même temps il demanda aussi le renouvellement et un éclaircissement de leurs alliances mutuelles. Bs lui répondirent : « 1 . Que S. A. avait un si grand nombre de puissans amis, qu'elle n'avait pas besoin sans doute de leur intercession. 2. Qu'on avait déjàaupara-
^ Stettler II. 59. a. Savion 1. c.
CONFÉEEHCB A FEIBOUEG. S29
vant délibéré sur les anciens traités d'alliance, etqa'on y avait éclairçi quelques articles : que dès que le duc aurait accepté ces éclaircissemens, on lui répondrait comme il convenait. ' d
En conséquence de la dernière proposition il y eut au mois de mai une conférence a Fribourg^ entre les envoyés de Savoye, les députés de Berne et de Fribourg. On y régla la manière dont les deux cantons devraient procéder à la saisie du Pays-de-Vaud^ an cas que le duc n'observiât pas la sentence de Fayerne. C'est qu'ils seraient obligés d'en avertir le duc^ et qu'ils ne pourraient lui prendre ce pays-là que dans un mois après l'avertis-sèment ; que si pendant le mois il ne payait pas 20 mille écus aux deux villes , elles pourraient prendre le Faysde-Vaud et le garder 3 ans, comme par forme d'anticbrèse : et qu'après ce terme écoulé , le pays serait a eux si le duc ne le racbetait pas pour cette somme. Deux ou trois jours après, les envoyés de Savoye allèrent à Berne, ou ils offrirent à la régence le reste du payement dès 21 mille éçus, à quoi le duc avait été condamné par la sentence de Fayerne; et firenl de nouvelles propositions tant au sujet de Thypothèque ou l'engagement du Fays-de-Vaud, que pour remettre le duc en possession du Yidomnat de Genève. Les seigeurs leur répondirent, le 22 mai : « qu'ils étaient contens d'observer le traité ou arrêt , dont on était convenu dans la conférence de Fribourg, pourvu que le duc, avant toutes cboses, donnât des lettres d'assurance aux Genevois , suivant la disposition de la sentence de Fayerne ; et qu'il leur donnât a eux de bonnes assurances que la.
SteUler II. 63;
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modération de cet engagement du Fays^-de-Vaud ne porterait aucun préjudice , ni au traite de S. Julien^ ni à la sentence de Payerne. * »
Le meurtre du chanoine Wernli causa de grands embarras aux Genevois. Le conseil en donna d'abord avis à Messieurs de Fribourg/en les assurant qu'ils étaient occupés à prendre information des auteurs de ce meurtre 9 pour les punir d*une manière que leurs chers alliés auraient lieu d'en être contens. Mais nonobstant cette assurance^ les Fribourgeois y envoyèrent des députés pour accompagner Gaspar Wernli frère du défont, qui allait demander justice^ avec 80 parens. D'autre côté les Genevois , craignant le ressentiment de ceux de Fribourgetnesefiantpas entièrement àeux^ envoyèrent fie 16 mai) des députés à Berne ^ pour donner avis de ce qui s'était passé, offrant de faire bonne justice , et leur demandant aussi conseil et secours > parce que les Savoyards et les partisans de l'évéque entraient aussi dans cette affaire > pour pécher en eau trouble. Les Bernois envoyèrent deux députés, avec ordre d'aller à Fribourg et ensuite à Genève, offrir leur médiation pour pacifier cette affaire. '
Les Fribourgeois^ jugeant que l'occasion était favorable pour réprimer les protestans et pour faire triompher à Genève la religion romaine , crurent qu'il était a propos pour ce dessein de faire revenir l'évéque à Genève, aussibien que pour avoir jnsticeavec plus d'éclat. Mais comme il y avait plusieurs années qu'il en était absent, que d'ailleurs on n'avait pas lieu d'être fort
* Savion. UI. 83. 84. B. Instr. 25S. Roset. III. Gh. 12.
* Stettler II. 59. b.
A CAUBB DU MBUKTHB DB WBBNLI. t3|
conlenl de lui, ils craignirent qu'on ne voolûipas le KceFoir. C'est pourquoi après en avoir conféré avec ce prélat lui-même, ils chargèrent leurs députés de disposer les affaires selon leur intention. Ainsi dans la 1'*. audience qu'ils eurent des conseils , ils demandèrent si révéque^ qui souhaitait de revenir à Genève^ pourrait le faire en tout^ sûreté? On leur répondit qu'oui, et queTévéque y serait reçu avec tous les honneurs dus à sa dignité^ qu'on lui enverrait même une députation pour le prier de venir. * Dans une seconde audience , où ils parurent accompagnés d'un grand* nombre de parens de Wernli, ' venus exprès de Fribourg , ils demandèrent }usUce avec beaucoup de hauteur contre tous ceux qui avaient . eu part au meutre du chanoine Wernli, et même contre ceux qui s'y étaient trouvés présens ; en particulier le syndic Jean Coquet. Ce magistrat se défendit et dit qu'il s'était trouvé-là > par le devoir de sa chaîne, avec son bâton de commandement ^ pour y mettre la paix comme il y était^ obligé. Les syndics ré«pondirent aux députés de Fribourg, et aux parensde Wernli : qu'ils feraient si bonne justice, que ces Messieurs auraient lieu d'en être contens. *
Quatre jours après (le 27 mai) , les députés de Berne parurent aussi devant le grand conseil , et offrirent leur médiation pour apaiser le désordre, fls ajoulèrent : « Que leurs supérieurs faisant réflexion, que ces querelles n'arrivaient qu'a' cause des différentes opinions que les bourgeois avaient sur la religion, ils estimaient qpe le véritable remède serait de laisser chacun dans sa liberté à cet égard ; de sorte que ceux qui voudraient
* Ms. Chouet. p. 8.
' Savion. p.Sik.
S32 ViyàqvR vient a gbnbte.
aller, à la messe ^ y «allassent; mais aussi que ceux qui ▼oudraient suivre Tévaugile^ pussent le faire sans aucun obstacle ; et que pour cet effet on donnât à ces derniers un prédicateur dans une des sept églises paroissiales , ou dans Tun des couvents. Enfin qu'on devait permet- Ire la vente des livres de piété ^ et surtout ceux de TEcriture Sainte, » On accepta leurs offres pour a paiser le différend qu'on avait avec les Fribourgeois; mais pour le reste 5 on leur répondit^ qu'on voulait s'en tenir aux articles qui avaient été publiés le 80 mars. ' On envoya aussi quatre conseillers a Arbois en Bourgogne, pour prier l'évéque de revenir à Genève. Il promit de revenir dans un mois. C'est pourquoi , pour empêcher qu'il ne les trouvât divisés quand il viendrait, ils se lièrent tous par serment ( le 26 juin ) à observer les articles du 80 mars. ^
L'évéque Pierre de la Baume vint enfin à Genève , après s'y être fait long-temps attendre. Il y arriva le 1 de juillet, accompagné des deux avoyers de Fribourg, *de plusieurs seigneurs de la même ville et des syndics et des conseillers de Genève, qui lui étaient allés au devant, à une lieue loin. ^ Il est bon de remarquer que quand il passa à Gex, les fugitifs de Genève lui présenlërent requête , pour rentrer en leurs biens et en leur patrie. Mais ne voulant pas se brouiller avec la ville pour l'amour d'eux, il leur répondit que ce qui était fait, était fait, et qu'ils ne lui en parlassent plus. ^
Ce prélat fut reçu à Genève avec tous les honneurs
' SavioD 1. c. Roset III. G. 18. Msc. Ghouet. ' Savion.
* Idem et Roset III. IS.
* Savion.