SIN60UE& DU COUVENT DBS DOMINICAINS
Hgieuz. La chaudière était environnée d'une flamme ardente, et, à côté, des diables armés de fourches et de soufflets, qui soufflaiepl et attisaient le feu. On y lisait ces vers latin rimes, composés sçlonlegoût de ce sièclelà, écrits au bord du tableau :
JudicahUjudicesjudes generalis :
Hic nihilproderit dignitas papaiis,
Siçe sit episcopus, swe cardinaUs,
Reus condemnabituTy nec dicetur qùalis.
Hic nikil proderit quicquam àHegarCj
Neque excipere, neque replicare,
Nec ad apostolicam sedem appettare,
Reus condemnahitury nec dicetur quare.
CogUate miseriy qui, vel quales estis :
Quid in hocjudicio dicere potestis :
Idem erit Dominus^judex, actor, Testis- Cela signifie :
Le juge général jugera les juges ; là ne servira de rien la dignité papale ; qu'on soit évéque ou cardinal, le coupable sera condamné sans égard à sa qualité; là il ne servira de rien d'alléguer quoique ce soit; ni de Taire des exceptions, ni d'en appeler au siège apostolique ; le coupable sera condamné sans qu'il isoit dit pourquoi ? Pensez malheureux^ qui ou quels vous êtes, ce que vous pouvez dire dans ce jugement. Le même seigneur sera juge, accusateur et témoin.
Au bas du tableau était écrit en latin : Cette peinture a été faite par Jacques Jaqueri, de la cité de-Turin en, Piémont; l'an du Seigneur MCCCCI.
Il y a quelque apparence que ce tableau avait été saisi 4?nlre les mains de quelque Vaudois, par les Domini^
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cains qui ont ea de lout temps l'exefcice de l'inquisition depuis son origine. *
La vue de ce tableau fit comme on peut penser de fortes impressions sur les esprits. Il est surprenant que ces moines inquisiteurs ne l'eussent pas brûle.
On trouva dans le couvent des Cordeliers de Rive un tableau bien différent de celui-là. On y voyait François d'Assise, leur patriarche, représenté sous la figure d'an gros cep de vigne, d'rà sortaient plusieurs beaux sarmens habillés en cordeliers ; avec celte inscription tirée de l'Evangile^ ^ Jean XV. 1. « Je suis le vrai cep, et vous êtes les sarmens. »
Le blasphème impudeflt de ces moines qui osaient appliquer à leur patriarche et à leur ordre, ces paroles du sauveur remplit d'horreur ceux qui virent ce tableau, et excita leur indignation contre la moinerie. *
On faisait aussi croire au peuple que les âmes, qui étaient en purgatoire, en revenaient de temps en temps et paraissaient dans les églises et dans 1^ cimetières , comme de petites chandelles, pour implorer les secoure et les prières des vivans , qui ne manquaient pas des'em* presser à racheter les âmes de leurs parens , et à faire dire des messes pour leur repos ; ce qui produisait an gain assuré aux prêtres. On examina de près cette affaire. On trouva que ces prétendues âmes n'étaient* autre chose que des écre visses armées de petits cierges allumés que les prêtres leur attachaient sus le dos, et qu'ils pla-
* Ben TurreUin I. c. 477. 478. Spanh. 86. 87. Savion 164. Roset III. C. SO.
' Spanheim Lib. cit. 86. 87. 88.