‹ Histoire de la réformation de la Suisse (volume 3)Chapitre 35 sur 98 · UN MIM18TRB EST PERSÉCUTÉ A LA VAUX · texte numérisé non relu

UN MIM18TRB EST PERSÉCUTÉ A LA VAUX

(dont ils le frappèrent) cl* son sac, où il y avail deux Nouveaux Teslamenls^ qu'ils apporlèrenlÀiLulry , et les jetèrent tous deux au feu ; mais il y eut un homme de bien, qui en relira un du feu , et qui le garda.

Cependarfl, poursuivi par une cohue de grands cl de pelils, il fut rencontré entre Granvaux etCuIly^ de * deux hommes masqués, Tiin en laquais et Fautre en mendiant, dont le premier , jurant le Sang Dieu ^ lui déchargea un grand coup d'épée, et l'aurait tué, s'il n'était survenu un homme qui le leur ôta d'entre les mains. Ainsi, k demi lue, et demi mort de coups, il s'en alla à Riez, chez un bon gentilhomme, nommé messire Claude Forestey , qui le reçut , et le logea honnêtement ; le revêtit d'une bonne robe fourrée ; fit venir un médecin , qui lui banda ses playes ; s'aida lui-même à le panser, et voulut payer le médecin. Le lendemain il lui donna son cheval avec un homme, pour le conduire jusqu'à Vevcy , où il fut encore insulté par le châtelain , (qui voulut le saisir, disant en avoir ordre de Monsieur de Lausanne,) et par la canaille, qui voulait, lorsqu'il passa le pont, le jeter de dessus son cheval dans la rivière. Le Protonolaire donna au médecin qui Tavait traité , un grand coup de poing, jusqu'à effusion de sang. Et même quand maître Michel voulut monter sur un bateau qu'il'avail pris, ce bateau se trouva tout percé- ' '

Dans ce tems-là Jean Le Comte faisait quelques progrès dans lachâtelainiedeGrandson : elle village de Gy ayant embrassé la réformatîon , il alla à Berne , vers la fin de novembre, demander un minisire pour cette Eglise-là. La

* Ms. Gross.

LA BIBiE BST IMPRIMél BN VRABÇAlS. 109

roâme année, on lui assigna une pension fixe, en vin el en blc^ an lieu qu'auparavant il avail servi TEglise sans avoir aucun appoinlement réglé. Le 19 décembre il baptisa pour la première fois, dans le temple des cordeliers de Grandson. ^

D'autrecfttc le ministre d' Y vonand, village du bailliage de Grandson, et celui de Saint Aubain, autre village de la baronnie de Gorgier , dans le comté de Neuchatel se plaignirent aux seigneurs de Berne^ qu'on ne voulaitpas leur payer les censés et les dîmes qui leur étaient dues , et qu'à Yvonand quelques-uns ne voulaient pas suivre la reformations quoi qu'elle y eût été reçue à la pluralité des suffrages. Les seigneurs de Berne donnèrent les ordres pour remédier à cela '.

Cette année la Bible fut imprimée en français, à Neuchatel, de la traduction de Robert Olivetan , parent de Calvin. L'imprimeur se nommait Pierre de Wingle, dit vulgairement Firot Piccard^ apparemment parce qu'il était venu de Picardie. On prétend que ce furent les Eglises vaudoiseS, qui firent les frais de cette impression. Ce fut là la première Bible, qu'on vit imprimée en Suisse, en langue française. Elle est. in folio, et en caractère gothique, comm'e j'ai déjà eu occasion de le dire. ^ L'impression en est fort mauvaise , et le langage fort grossier. Le traducteur y a mis par -ci par- là quelques notes marginales.

Disons ici un mot de Soleure. Il semblait qu'après

* Mémoir. de Le Comte.

* Instr. ÎSt.

* A U fin du Livre premier, en parlant des premières imprimeries de la Suisse.

AOft SOLCURB BST SNCORB TEOUBliS.

tous les soins qae les seigneurs de Berne s'étaient donnés pour mettre la paix entre les réfugiés de Soleure et la ville y on devait désormais y vivre tranquillement. Mais les troubles recommencèrent encore cette année de ce càté-là ; neuf de ces réfugiés^ dont les principaux étaient les 4,eux Rockebacb^ Henri d'Arx et Jean Houbler, osèrent déclarer la guerre en forme à la ville de Soleure, et lui envoyèrent un cartel daté du 3 d'août, sous le nom des neuf pauvres hommes ^ a qui on refusait justice. Ceux de Soleure portèrent la chose devant \à diète des cantons , demandant conseil comment ils 4^vaient se conduire ? Cette affaire fut mise en négociation , et comme aucun canton ne voulut protéger ces téméraires , ils furent arrêtés tous les neuf ensemble à Buren, et mis en prison. Cependant, par les soins des seigneurs de Berne , il fut fait un traité par lequel la ville de Soleure leur rendît leurs biens a eux et à leurs adhérons. '

IX. Le schisme du luthéranisme causa aussi divers raouvemens dans la Suisse. On a vu ci<lessus les contes horribles et calomnieux dont Luther avait sali son papier, sur le sujet du saint homme Jean Oecolampade^ réformateur et pasteur dé TEglise de Bâle. Les théologiens de Zurich , justement indignés de voir que nonseulement ce grand homme saisissait avec tant de crédulité (pour ne pas dire de malignité) des fables honteuses, inventées par les ennemis de leurs réformateurs et de leur réformation ; mais ipcme que ses disciples les répandaient dans leurs écrits (comme quelques-uns font encore aujourd'hui) ils résolurent de rompre enfin le si-

* Siettler II. 74. b.

^ Rechtioser.

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