PLAIDENT DEVANT BERNE
pouvait pas dans ce temps ^ envoyer aucun secours à ses combourgeois dé Genève ; mais qu'ils.pouvaient prendre pour leur défense d'autres troupes, soit au«dedans de la Suisse soit au^dehors , cependant qu'ils n'en devaient point prendre du canton de Berne. *
On voit par là que les Bernois étaient bien éloignés de penser à faire la guerre au duc de Savoie pour le dépouiller d'une partie de ses états, puisqu'il est évident, par tout ce qu'on a vu ^ ei par ce qu-'on verra encore dans la suite qu'ils ne prirent les armes qu'a la dernière extrémité > et qu'il ne tint pas à eux que le duc ne conser-* vât son pays ; ce qu'il aurait fait infailliblement s'il avait déféré à leurs exhortations pacifiques.
Il sembla d'abord vouloir y déférer , et le 1 d'octobre il fit publier au pont d'Ârve et du côté de la porte de Cornavin, c'est-a-dire aux deux côtés de Genève, qu'il rétablissait le commerce entre ses sujets et les Genevois ; et que ceux-ci devaient désormais aller et venir librement dans ses états. Mais toqt cela n'était que momerie. Aucun des sujets du duc ne venait librement à Genève parce qu'on le leur défendait en secret. Les Genevois, de leur côté, ne se fièrent point à cet édit du duc, parce que ses sujets continuèrent à exercer leurs hostilités contr'eux. Entr'autres ceux de Jussy, village et château appartenant a Tévéque, sortant en armes avec quelques gentils-hommes et quelques prêtres ,. fourragèrent plusieurs maisons de Genève. '
Les Genevois voyant qu'il n'y avait plus rien a espérer de ce côté «là, se résolurent tout de bon de faire la
* Suler 1. c. 70.
' Savion lit. p. m. I&8. W),
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guerre à leurs ennemis. Baudichon , qui avail été éla capitaine-général de la ville, à la place de Jean Philippe^ arbora un drapeau où il fit peindre des «larmes de feu; et le 8 octobre , il fil la revife de tous ceux qui s'enr61èrcnl volonlairement soua lui pour aller chercher les ennerais , et il s'en trouva quatre cents. Mais ce nombre ne suffisant pas, ils envoyèrent deux des principaux bourgeois, dont l'un nomme Claude Savoie^ était aussi bourgeois de Berne, chercher à faire du moude dans la Suisse. Ils trouvèrent le moyen d'emprunter a Berne six cents écus ; et avec cet argent ils engagèrent à Neuchâtel un vieil officier, nommé Jacjues Wildermouth, qui leur promit de conduire promptément et secrètement à Genève un bon nombre de soldats , avec l'aide d'un au* tre officier, son parent et homme de cœur, nommé Ehrhart , bourgeois de Nidau. *
Dans le même temps un genlil-hemme français, nom* rac Maigret ' fil une ouverture au conseil de Genève pour leur procurer du secours de France, sous la conduite d'un aulrc gentilhomme, nommé François doMonlbel, seigneur de Varey, ou Veray, son intime ami. On savait que le roi de France était ennemi du duc de Savoie. Ainsi il semblait qu'on pouvait compter sur l'offre qu'on faisait aux Genevois ; mais d'autre côté plusieurs se défiaient d*un tel secours, craignant que si une fois les Français mettaient le pied dans leur ville ils ne voulussent s'en rendre maîtres, et la garder pour leur roi. Cependant la nécessité étant pressante, avertis d'ailleurs par les Bernois même qu'ils ne devaient point attendre
' Id. Itô. SteUler 70.
' 1^ même dont il a été parle ci-dessus.
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de secours d'eax^ iU conclbrenl qu'il fallait recevoir du secours , d'où qu'il pût yenir. Ainsi ils acceplèrent la proposition , qu'on entretiendrait hors de la ville les troupes françaises qui viendraient, ce qui fut conclu le trois octobre. * Bt le neuf suivant, les conseils firent publier ordre à tous leurs citoyens et bourgeois de rentrer dans la ville dans six jours, sous peine d'être r^ardés comme traîtres. * Dans le même temps^ un de leurs officiers alla à Lausanne pour enrôler du monde du Paysde-Vaud et des quartiers voisins ; mais le clergé , la ville et les quatre paroisses de La Vaux s'y opposèrent et on le lui défendit. ^ Il est Trai aussi que les Lausannois résolurent de demeurer neutres, entre le duc de Savoie et la ville de Genève, et défendirent à leurs gens de prendre les armes pour aucun des deux partis. Mais les chanoines se moquèrent de cette défense i et regardant Genève comme une ville hérétique, à laquelle il ne fallait point faire de quartier, ils envoyèrent des soldats de La Vaux à la guerre contr*elle, sous la conduite du «chanoine et doyen De Prez , ^ curé de Saint Paul de .Lausanne, qui en fut le capitaine. ^ D'autre c6té, les Fribourgeois écrivirent à Genève, au commencement d'octobre, de renvoyer ceux de leurs sujets qu^ils pouvaient avoir, et le 13 du même mois ils écrivirent encore une fois pour le même sujet. ^
Le capitaine Jaques Wildermouth ^ s'acquitta fidèle-
* Boset m. C. 40.
* Ibid.
* Voyex ri-deuas.
^ Le même dont il a élc parle ci-des3us.
^ Alan. Lausan. t>03. a.
^ RoselllI.C. 59.
^ Rosel III. C. 41. rappelle Verrier.