CHAPITRÉ XXI
De l'administration du baptême.
C'est pourquoi nous prions et exhortons que celui qui baptise accoutume son peuple à apporter leurs enfans le dimanche 9 pour les faire baptiser, lorsque l'J^Iise est assemblée; car, comme on Ta dit, c'est un sacrement de l'Eglise, c'est-à-dire du peuple fidèle. C'est pourquoi il ne le faut pas administrer sans que l'Eglise soit présente ; car si l'Eglise n'est pas présciKe, le baptême n'est point un sacrement de l'Eglise, mais un simple lavement d'enfant. ^
Et quand une sage-femme superstitieuse baptise un
enfant dans la maison^ comme on le leur enseigne dans le papisme^ qui que ce soit qui se trouve là présent, ce n'est point un baptême, car elle n'a point d'ordre de cela de la part de l'Eglise de Dieu, et il y a là une foi fausse^. parce que l'on prétend que si l'enfant n'était pas baptisé extérieurement, il périrait éternellement. C'est pourquoi, en d*autres lieux, de bons chrétiens ne baptisent point leurs enfans quand ils sont faibles et qu'il y a de l'apparence, et même qu'il est certain qu'ils mourront dans^n mois ou deux. Il est nécessaire de baptiser principalement à cause des Eglises chrétiennes, qui ne font rien avec un enfant que sur l'espérance de l'avenir. Afin aussi que nous ayons tous une uniformité, nous trouvons à propos que le baptême se fasse, noo pas hors du temple ou au milieu, mais auprès de la table, et que l'enfant demeure cmmaillotté, et qu'on ne lui baptise que la tête, car cela est cause de plusieurs maladies, lorsqu'une chair tendre, qui ne fait que sortir du ventre de sa mère , et qui n'est pas accoutumée à Tair , doit être plongée dans de Teau froide ou exposée à Tair froid. Là-dessus il ne faut point s'embarrasser de ce qu'on dit depuis long-temps, qu'à cause de la signification du baptême, il faut plonger l'enfant trois fois dans l'eau, car tout cela ne sont que des imaginations d'homme ; car si Ton voulait être si scrupuleux à observer la signification dans les choses extérieures, nous ne devrions pas baptiser dans des eaux puisées , ni avoir quarante mesures d'eau, que les juifs appellent Sata ou Sain, selon leur Talmud. De même, à cause de la signification^ selon ce qui est dit au prophète Esaïe, il faudrait baptiser dans des eaux vives et courantes. Car les eaux intérieures et spirituelles sont vivantes et toujours jaillissantes en vie éternelle. Maïs que deviendrait
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noire liberté? el quel embarras n'aarionihaous pas pour ces choses extérieures qui nous enipécheraieni de coh* teropler les actions éternelles de Dieu qui se font en la foi. C'est pourquoi , chérs frères et compagnons de service en rÊvangile de Jésns-Christ, nous voulons regarder plutôt à la principale partie de notre emploi , savoir à annoncer Jésus^hrist notre Seigneur^ et ne nous point embarrasser des imaginations des esprits inquiets , qui véritablement ont bonne intention , mais qui rejettent les simples dans la superstition à Tégard des choses extérieures. Ainsi nous avons résolu de garder l'uniformité dans notre administration du baptême ^ et non pas de dire comme font quelques-uns : Je suis libre , c'est pourquoi je veux « baptiser comme il me plait ; que m'importe ce qne font les autres ? » Non, il ne faut pas ainsi faire, chers frères ; un chrétien est bien libre > mais il regarde à chacun , et il désire de n'inquiéter et de ne scandaliser personne. Nous sommes libres, mais esclaves de la justice et serviteurs de chacun pour l'amoor de Jésus* Christ. Et quelle charité chrétienne est cela, que je ne veuille pas m'accommoder à toute une ville et à tout un pays dans des choses extérieures et m'y conformer ? Cependant nous espérons que personne ne sera si opiniâtre , qu'il veuille se servir d'une méthode particulière.
Or, comme le baptême est un saint sacrement de l'Eglise chrétienne, nous voulons qu'on l'administre sérieusement et gravement, et qu'on y lise, et qu'on explique quelque passage de l'Ecriture qui traite du baptême, en expliquant la nature du vrai baptême de Jésus- Christ qui se fait par le St. Esprit, par lequel il renouvelle et engendre d'en haut les enfans de Dieu pour la vie éternelle. Et ensuite que l'on prie gravement
el qu'on y joigne une exhortation au peuple à se remets tre leur baptême «devant les yeux^ et à le rendre tant plus parfait en eux-mêmes , en mourant à la chair et en ressuscitant selon Tesprit.
Après celaj que Ton administre le baptême avec des manières sérieuses et graves, et non pas avec des ma* nières folles et ridicules , comme cela se fait dans le papisme ; car, comme on Ta dit souvent, le baptême n'est pas une simple cérémonie, mais unr grand et excellent sacrement et un mystère de Dieu.