I. BDIT DE LL. £E. DE BERNE
qui coTifirme les réglemens de ce Synode,
Nous TAvoyer, petit et grand conseil ^ nommés les deux cents des bourgeois de Berne , à tous et un «hacun de nos pasteurs et ministres^ qui habitent dans nos terres et pays, et qui président sur nous et sur nos sujets par le ministère de la Parole de Dieu; notre amiable salutation prémise ^ avec toute sorte fle bien ; et vous faisons savoir par les présentes :
«Après que nous avons rejeté le papisme avec sa fausse confiance et sa fausse doctrine, il y & maintenant quatre ans^ et que nous avons embrassé le St. Evangile pour nous et nos sujets, tant de la capitale que du canton, après la dispute que noOs fîmes faire alors, et que nous avons juré à main levée, de cœur et de bouche, que nous observerions avec le secours de Dieu, dans la doctrine et dans la conduite^ tout comme les autres ordonnances, et les loix civiles du pays; ce qui ne ise peut pas bien exécuter constamment^ à moins que vous les ministres des Eglises, semblables à une bonne source toujours abondante en eau pure et saine > ne présentiez au peuple, qui a soif de la justice, une doctrine saine
61 spiritoello y el le modèle d'une vie édifiante et bien réglée: pour en venir à bout^ nous avons joint à nos édits de réformation toutes sortes d'ordonnancés, concernant vous autres les pasteurs; et nous les avons fait proposer encore à vos synodes et à vos assemblées. Cependant nous trouvons encore en vous bien des défauts considérables, à l'égard de la doctrine et de la vie ; lesquels mettent obstacle à ravançem,ent de la gloire de Dieu y et de la probité et des bonnes mœurs parmi nos sujets, les corrompent et empirent leur état, et attirent sur nous et sur le peuple la colère de Dieu ; et par là encore le St. Evangile est blasphémé, pour l'amour de nous^ par ceux de dehors ; et il ne faut pas s'en étonner, c'est parce qu'ils ne découvrent pas beaucoup dans nos sujets, qui entendent l'évangile , le sceau de la vérité^ qui est une vie bien réglée, et une solide piété. C'est ce que nous avons pris, avec raison, en considération, pour y réfléchir mûrement ; d'autant que nous espérions de trouver dans vous les pasteurs, et dans le commun peuple, beaucoup plus de vive crainte de Dieu, d'amendement de vie, de vertus et de bonnes mœurs; et généralement de toutes sortes de boiines qualités , que nous n'en avons trouvé jusqu'à présent, à notre grand regret : et qu'il n'en parait sensiblement, en particulier depuis nos derniers troubles, où nous avons vu manifestement, quand nous ne l'aurions pas déjà su^ quels désordres, et combien de mauvaises mœurs la division a fait éclore, et combien peu de christianisme il y a encore parmi nous: car, nonobstant nos édits et nos ordonnances, toutes sortes de vices ont éc)até parmi plusieurs de nos sujets des pays allemand el romand.
a A ces causes, commençant par nous-mêmes, nMs
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nous Sommes fah de sérieoêes reinoDlrances les nos aux autres; nous nous sommes examinés exaclemenl elavec grand soin, de quel esprilchacun de nous est animé envers le Dieu tou^>puissant> et envers son St. Evangile ; savoir^ si dans le fond, il a plus à cœur la conservation de sa vie, de son honneur et de son bien , que la possession de la vie céleste et éternelle, qui nous a été acquise par Jésus-Christ; qui nous est annoncée par ses servitears, et qui est communiquée en quelque mesure aux âmes fidèles, par le St. Esprit; là -dessus, nonobslani les calamités de ces tems^à , par lesquelles des consciences faibles ont été fort affligées et ébranlées ; la bonté pater^ nelle de Dieu par Jésus-Chris t, (gloire lui en soit rendue!) n'a pas permis que nouj soyons tombés jusqu'au point de concevoir quelque dégoût pour son St. Nom et pour ses promesses véritables, à l'occasion de cette croix accablante qu'il a fait venir sur nous ; mais au contraire nous nous sommes liés et engagés comme de nouveau , à maintenir le St. Evangile > à T^ard de la doctrine et à l'égard de la conduite, parmi nous et parmi nos sujets, autant que notre autorité peut s'étendre, et que le Seigneur nous en fera la grâce : ce que les députés de tous nos sujets, qui ont paru devant nous, il n'y a que peu de jours , ont aussi souhaité que nous fissions ; et làdessus, ils ont eux-mêmes volontairement remis en force chez eux nos édits précédons de réformation.
« C'est pourquoi , comme aussi en partie pour remédier au dégoût des autres, nous avons été occasionnes de convoquer un synode* de vous tous, qui êtes nos ministres et pasteurs, ainsi qu'il a été fait: ayant donc été assemblés ici à Berne le 9 janvier de la présente année 1532 vous vous êtes exhortés l'un l'autre scrieu^
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sèment^ au delà de ce que nous aurions pensé et espéré, ci même au delà de ce que vous auriez cru vouâ-roémes, de la manière qu'il est exprimé ci«après de mot à mot; et vous avez reçu celte exhortation avec une grande unanimité^ et de très bon cœur : à quoi Dieu a tourné vos cœurs* intérieurement en sa grâce ^ comme nous espérons^ et y a contribué au dehors par un de ses fidèles ministres et serviteurs. Veuille le Seigneur luimême accomplir cette sienne œuvre en vous et en nous, et dans tous les fidèles , jusqu'à la fin ! Amen.
«Là-dessus vous avez, vous, nos pasteurs et ministres, remis ces actes de votre assemblée, à nous Tavoyer, petit et grand conseil, en nous priant, d*en entendre la lecture, et de les confirmer, et de les munir de notre autorité, au cas que nous les approuvions: de les observer nous-mêmes , en ce qui nous regarde , et de vous ordonner de les observer : afin que cette grâce et ce don.de Dieu, c'est-à-dire, vos réflexions et vos remontrances si chrétiennes , ne tombent pas dans Toubli par négligence, ou dans le mépris, comme il arrive aisément, si, dans une assemblée générale, des ordonnances édifiantes ne sont pas confirmées par des magistrats bien intentionnés : ayant donc entendu le contenu de votre cahier, nous Tavons extrêmement approuvé; nous Tavons jugé fait selon Dieu et édifiant ; et nous avons trouvé qu'il n'y a plus rien à faire, sinon que vous autres ministres et pasteurs, régliez votre doctrine et votre conduite, précisément de la manière que vous y avez prescrite ; car parla l'édifice intérieur, céleste et éternel croîtra et s'élèvera comme il y a lieu de l'espérer ; on abolira aussi les excès et la pétulance de la chair ; et cependant par là on laisse le cours libre au St. Esprit , et au mou-