‹ Histoire de la réformation de la Suisse (volume 3)Chapitre 90 sur 98 · BDIT DB LL. BE · texte numérisé non relu

BDIT DB LL. BE

vement intérieur de la grâce , qu'il n'appartieni à aucune créature de gêner ou de maîtriser, comme vous avez particulièrement égard à cela dans votre écrit. Ainsi 9 nous avons approuvé généralement ces actes de votre synode ; nous les avons jugés propres à Tavancemeni de la gloire de Dieu^ et à la propagation du St. Evangile; nous les confirmons, et les corroborons. Nous voulons les exécuter^ en tout ce qui nous reg^arde ; et mettre ordre qu'ils soient maintenus de tous nos sujets, de la capitale et du canton ; comme aussi vous soutenir et vous protéger dans leur observation , vous autres, les pasteurs et les ministres , afin que vous puissiez prêcher Jésus-Christ seul, rejeter les erreurs, attaquer et oombattre sans crainte les vices et les scandales, tant des seigneurs et des magistrats, que des sujets, et même les nôtres, selon Tordre de la foi, de la charité, et autant que les auditeurs en pourront être édifiés en Dieu. Cependant comme vous avez jugé vous-mêmes, que c'est une action chrétienne, nous n'userons point de connivence envers vous, et nous ne vous laisserons point impunis si quelqu'un de vous n'enseigne pas d'une manière convenable à la gloire de Dieu et à la nature de l'esprit, et édifiante, mais prononce des paroles injurieuses propres à détruire, par malice et par insolence, ou par le mouvement de quelque passion; soit que cela se fasse contre des gens du pays, ou contre des étrangers; contre homme ou femme, contre les magistrats ou les sujets. Cependant nous ne pousserons pas la sévérité trop loin contre qui que 'ce soit. Mais comme la plus grande partie de ces actes vous regarde vous-mêmes vous et votre emploi ; aussi nous voulons et- entendons très-sérieusement, que chacun de vous les observe dans sa doctrine et dans sa conduite, soit à l'égard de son

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Eglise , soit à l'égard de lui-même ; et que vous vous y exhortiez 5 et vous y animiez les uns les autres; en particulier que les doyens^ et ceux qui surpassent les autres en habileté et en saint zèle, les exhortent > les aident et les animent^ à observer ces règlemens. Que si quelqu'un s'y opposait méchamment^ qu'il se moquât de ces. leçons salutaires, qu'il ne s'acquittât pas diligemment de son emploi, qu'il vécût d'une manière scandaleuse , ou qu6 par quelque autre endroit il fit du mal à l'Eglise de Dieu , en contrevenant à un , ou à plusieurs articles de ce synode ; un tel doit savoir, qu'il n'en demeurera pas impuni, au cas qu'il nous soit rapporté: mais il doit s'attendre à être puni de nous, d'une manière, qui fera connaître a tout le monde, combien nous prenons à cœur la gloire de Dieu, et la désobéissance à sa Parole.

cPour conclusion: Nous ordonnons et entendons, que ces actes soient portés dans les synodes suivans, qui se tiendront annuellement au premier de mai^ ou environ; qu'on les y lise avec soin; qu'on les éclaircisse; qu'on les explique, et qu'on les renouvelle, et qu'on n'en laisse tomber aucun point. Que si, au reste^ nos pasteurs ou d*autres noiis proposent quelque chose, qui nous conduise plus droit à Jésus-Christ^ et qui contribue mieux à la concorde commune et à la charité chrétienne, selon la parole de Dieu, que ne le font les règlemens qui sont ici couchés par écrit, nous le recevrons de bon cœur , et nous laisserons au St. Esprit son cours libre; puisqu'il ne nous tourne point en arrière diY côté de la chair, mais nous pousse perpétuellement a nous former a l'image de «lés us-Christ notre Seigneur. Veuille ce divin Sauveur nous conserver toutes ses graees ! Donné à Berne le 14 Janvier de l'an 1532. >»

589 AvmmGS.

venleles furopriétjfe.deipeorées aa Boaveraia; de ridies t9M»;e99.9ti fir^D» r^isipiî^jAiop, ylHoyi^ l|8s pouvoirs se tcouyècwtidça lors^iptâresi^é^ h i^ainteqîr l'ouvrp de la névolotioii, lies. précJiettra.elJ'fiçUse reformée étaient

l8iarmiue'4e lU>ÛieUn, comKessede DiinoU, de Iteufchàlel cl de TancarvîHe , vicomtesse de MeMùn , etc., et de notre très cher seigoear et trère le duc de Lon^^aeville , à tous cemqiii ces prés Aies iiettre»' verront, salut. Fraisons sçavoir qu'aujourd'hui recevant les scrmens de nos très chers et bien aimés hotirgeois de notre ville de If eufxsbàtel» de la .part d'icamiDOUs a été r^nootré» frc» hooablémeot. supplié , que notre plaisir tût leur confirmer, ratifier et approuver leurs franchisas» (ioértés, ensemble lenrs^ bonnel cottUimes anciennes escrite^ einoncscrile^ ai|isi el papeillemQDt.qBeajraî«iit lall nos seigneurs prédécesseurs , comtes et comtesses du dit Neufchltel; el avec ce aucuns arirclës' contenus 'en leurs dites ■raBchîses, en estre ostés et mis hors d'icelles^ attendu que de présent nVn usent aucunement.

Par quoi nous , tant pour et au nom d€r nôtrrdite dimc et mère de notre dU seigneur et fr^re« que. pour nous » considérant leur supplication et requête être aucunement consonnairte à raison , voulant ensuivre le chemin et bonne iorme.derfios seigneurs prédécesseurs , à bon fait avons pour nous et aux dits noans, nos hoirs tst successeurs quelconques , aux dits 'boorgee^s »• pour enn, leurs hoirs et successeurs, innové, confirmé et approuvé leurs dites libertés et franchises, ensemble leurs bonnes coutumes anciennes eaerites et non ^scrites* et par ces préssnte^innovoiif , confimons et .approuvons selon qu'il est contenu es lettres de leurs dites franchûies 4 eux données et confirmées par feu de haute et noble mémoire , JeaI^tomte de Fribourg et du dit r^eufcbàtel et par nos très cders seigneurs ayeux et pères, comtes du djt Neulchâtel (que Dieu absolve \ et outre, de notre libéralité ,'haillesse et grâce spéciale, avons aouné et octroyé , donnons et oc;troyobs par ces dites présentes aux quatre ministraux el bourgeois habitans de notre dite ville de Sicnfébatel , le droit du tareageqoe Ton nous nonlaîL payer sur certaines vignes estant au-dedfuu des limites de la mayorie du dît Neufchàtei et Champreverres , selon le tontenu d*un article estant en leurs dites franchises , lequel se payait tant en vin qu'en argent ; el lequel droit de tcrrage de notre iranche volonté et libérauté avons donné et donnons à nos dits bourgeois habitans de notre dite ville deNeuficbÀtel pour d*icdui jouir et user pleinement et paisiblement à perpétuité tout ainsi aue faisaient el jouissaient nos prédécesseurs comtes de Ncufchàtei ; le serment ôté tant seulement» pourveu toutefois que nous e^ nos succ(BSseurs comtes de Neufchàtel ne serons aucunement tenus payer les dits terrages

AFVsmucBv 4M

seols ételoe. VamememilBréda1Birën^ieor vohe«ifom qiiand il d'a^ristfil de patiUer le isfiflui; ne savait ^lio bé^ gayerquiilld^ills'a^ssait desiiitéréUi présente. Us eussent cru se ^rendre criminels en d6nnâ)al à des débats d'tine

pour raiaon des héritages et des vignes ^ oc âvona ou nous pour^ raient avenir soit par acquisition , donations, successions, confia-' cations ou autrement , et ce de notre grâce spéciale et pour l'augmentation de notre dite ville de Neufcnàtel , sans ^ue doresna^ant par nous^ ni nos dits hoirs et successeurs leur puisse être à jamais aucunes choses querellées ni demandées ; et aussi pour les louables et agréables services que nos dits bourgeois nous ont laits cy de-^ vaut , et espérons aue encore feront à I avenir. En faveur et conteiiiplatio»d«fnel«eii et octroi dessus dit, nous ont les dits bour« geow , usans de libéralité réciproque, franchement et libéralement i^endu , fluilté et remis tout ce que par les seigneurs des Ligues > leurs baiilif s et officiers , durant le temps qu'ils ont tenu et occupé en leurs mains notre dit comté de Neuficnitel , leur aurait été baillé, mis et accensé^ ou autement aliéné sans y rien réserver ni retenir ^ •I pour ce que les dita nos bourgeois avaient aucunement à regret l'état de r£f[lise, quant au fait delà justice . pour le bien de paie ( et les nourrir ta amour entr'eus * av4Mis par provision sufcistiti^et mis Testât de la noblesse et les vassaux au premier lieu et ei^^ ^^ la dite justice > nos officiers au second estât et pour le tiers quatre des bourgeois de la justice de la dite ville de Nçufch^tcl , et avec eux bour l'amplification du dit estât les quatre banderets , assavoir de Neufchàtef, du Landeron, de Boudri et du Yaultraverif, Jes4|ueU jugeront et connaîtront aux audiences générales comme parcy. de-*, vant a esté accoutumé, jusqucs à ce que plus amplement/ sgil; pourveu et avué par notre dite dame. Et quaut aux e&tats q^i dp-» resnayantse tiendront pour choses particulières , jugeront quatre des dits nobles et vassaux , quatre de nos dits ofnciers et quatre bourgeois de la justice du dit lieuCcbàtel. , ,

Psreillement nos dits bourgeois de notre dite ville de Meufchl^tcl demeureront quittes en tout notre dit ocmité des ventes et péages v comme ils estaient du passé , de la masdiandise qo^ils mèneront à leurs propres deniers. Et pour ce que plusieurs abus y ont esté par cy devant faits , nos dits bourgeois leurs hoirs et successeurs seront tenus , quand requis en seront. par nos péagers , faire le serment aux saints Evangiles de Dieu , qu'ils ne sçavent la déduite île la marchandise qu ils manient, et qu'elle ne suit achcttée d^aulres deniers que des leurs propres, sans fraude et barrât. Avons aussi octroyé à nos dits bourgeois de notre dite ville, et permis faire une jprison ou cage pour mettre punir ou châtier les enfans mal

inipoffliiifie wtcomdêhe, un temps qo'ib dendèni a leur haote tniwion • Ans penomies pieuseB resta la chaige de leur eiitretiea. ( Yoyex a h psge 96 du Croniqueur^ des détails sur la.posilion des nouyemiac pssleofS da peii|de fleNeafdiâtel.)

2* Le$ pouvoirs étaient noe seconde pari de l'héritage hm âianoines. Us occopaientdans les Eiais oa un- Wtoices dufpayê la première pileee; qniles yremplacera?

▼iTans » Ictqueb fonipliiskort foliée 61 Sntolenoet» luit dts nui waè àt joar, non criminelles • mesoMineat oeax qui dérobcni ies fraits» à la charae toutefois aue nos ofBckrs j seront appelés à IBeux orcndre et relâcher, ranthorité de notre dite dame toujours gmrJée et e^ressément réservée.

SeoBblablement nos dits bonrgeoîs tae'ptf^ront deresnnvsnt la

paste deœ au four, selon la coutume de la dite firteidtîae "ponr le

'^JvmM^ de lenrspaini, ains, patcnmtéenlemeèi p6ur la dite paste

les deniers a quoi eHe a esté ^ranide, assavoir nour chacna nsuids

six sols petits, ei pour les foumerstles trois sens petits.

En outre leur avdiis pédmis et ]dr€ pAi* nôtre seraient et en parole de |*riûoe pbur ce donnée aini sainli INrangite âe Dieu, an lieu de udtte cbapellê ê^aoït eb not^ chiteau du dit ttéblcliàiel» icelles leurs libertés et firanchiftdi ensemble tèutes létars bonnes anciennes coutumes escritA et uddèscrifes, dés^^Ues ils ont joui et usé notoirement an temps pkssé» tenir, i^tfdër, et inViolablédicnt observer sans lés corrompre ôti Venir au contraire an tieinipi à vevir par la forme et ilianière que (fjr devant est diviXé et linvré. En témoin de ce nous avons si^e cesles de notre maid tet fait mettre et appendre noti% propre scèel. Que forent iaftes et données à Neufchàtel» le 6* Jour if avril 15dl , prins i II nativité de Notre Seignetir. ainsi Signé François et sur le repli eA escrit. Pur M. le marquis t les sieurs de Sie- Croix, de Prîngfin, gouverneur du comté de Neuicbàtel • de Montraiiie et autres présents Ainsi aigné de Maîiières et scellée à double queue pendant du grand sceau et tèntresœau de mon dit seigneur, en cire rouge. —

(Il ne panât pas que le marquis ait |Mrbposé de remettre la relijtion aux voix. On peut conclure au contraire de ce qui est dit à r^^ard de l%at de l^lise, qu'il niénageail les bourgeou réformés et uu*il cherchait à iaire vivre en paix les calboKones avec eux. La présence de ce seigneur n'empêcha point Farel de venir prèchef rEtaiigiledans la ville et dans le voisinage de la ville).

AFPSRDICE* 805'

Serflhce le clergé noaTeaoMKns les précbeum som-poof^ la plupart des éirangevs^ des religieux sorlii des mo^ iiastères, piluvres^ saos autorités igaorans dcis ch^^ses du monde et qui se fussent semis fort déplacés dans une assemblée de juges sécuUefs. ol de l^slateurs. De leur csôté ni le prince, ni les^xuirg^s n'étaient disposes à rdever rfigliseoqmme corps indépendant et comnie pouvoir entre les pouvoirs de TStaU Des é^rds^ du resp^ c'était toute la pa^ t qufils voulaient faire aux ministres de l'Evangile. Us leur eniconservé les premières places qui étaient celles que les chanoines occupaient dans les repas, dans les fêtes et dans les cérémonies. Ib souhaitaient de voir la religion redevenir un moyen d'ordre , la conseillère des peuples et la r^^ktrice de ses mœurs; mais ils se sont gardés de faire davantage et défavoriser raccroissement d'une puissance populaire, rivale de leucL pippre puissant. La question de savoir qui hérlterail de la pièce laissée vidé dans Içs Etats demeurait donc toute entière, lorsque la se^;neurie a pris sur elle d'y répondre. Le gouverneur a fait un beau jour connattre à MH. des Audiences que la comtesse, pour ac» compUr le nombre des trois Etats, y appelait les quatre banderets de Heuchâtel, de Landeron, de Boudry et de Yautravçrsy et lei priait de ne le prendre en maie part. Les Etats nS^ ont consenti qu'en réservant leurs libertés. De ce jour les hommes des princes, juges et banderets des quatre villes se sont assis aux sièges des chanoines dans l'assemblée des trois Etats.

8^ Restait le ministère délaissé par les anciens pasteurs. Ici du moins, il faut l'espérer, on écoutera le vœu des ministres de l'Evangile dans ce qu'ils ont de légiti* me. Tout a été renversé, tout est a reconstruire. L'Eglise

▼iicoiBine canupée sous la tenla , encore celle^ tosie décbiréa pai: Toritg^ lui pié49i|le*lreUa à peine mi eoa* ▼ert« Elle n'a d'appoi que dans Ja foi-des peoples. Ses piBieori noaveattx lui soni venos^ 4Hrne«aîtcoBUBeni, QnnesoUd'oiuPoor selégilimer^ île n'<Hii>ea que la pniiiianre de la parole qa'ili piéchaieni et qne les Ues» swep qii'ib onlreçaea en combalta^ pour leur fin. Ba Tiveoi delà charité des fidèles^ àujoar lejenr, contoits 49 peu^ PoÎAlde corps .des pasteurs, poini de classe organisée. L'affection, lel»eaoîn'de redeveirsecoors réoniflsaîJ^ il est vrai, seaTontces hommes^ de Diea en as* semMee litoterneUe. Ils aiâfflenft sortoot a se rapprocher quand Parel se Irouvflit .au miKeè d'eaz. Sa présence formait un U^e^ra-des^hooioies nagiiere étrangers les un^ aux ayUres. lU se pressaient autour de lui comme autour d'un père; ils ver^sient leurs peines, dsas son sein et il en faisait le^siçpiies. Il :Jies relevai tj il les portait, jl les secouraiL quand Dieu lui donnait le pouvoir, de le tmp.Bienlài la,dpuçeur qi^Hli^ avaiept trouToe dans les colloques et le be^n dq s'unir ppuf pour voir aux grandes n^c e^ilçs de TEgU^ÇA 1^3 conduisirent à la (liensoe de ré* gulariser ces assemblées. Il fut qonveno que les réunions fraternelles auciâent lieu toules les sèmaitiea, alteroatiyement à Neuchâtel et à niorat« Ce fut.l'ocigine des classes ou synodiçs. La .prière commune, les nouvelles du règne de Dieu, les progrès. de la reforme ou del'évangélisatioo, les. avis fratern^^ les divers iatoréis de l'Eglise et des Eglises , occupaient la mainte convocation. On s'entretenait fréquemment des usages .des diverses communautés, pour leur emprunter ce qu'elles avaient d'appliquable. Se présentait-il un nouvel ouvrier , on l'examinait, on le recommandait à Dieu et on lui marquait son lieu et son travail dans la moisson. On cher-

dudt par de libres éonTfntioÉisi^iliaiixtemr'dBiîâ le <îttiliê des diverses BgRses de Panifarmilé.' Les-pAMeurà se sé^ pavaient d'ordînaiffeyi-éspni felevé';!^ ott^r ipaffràlclii ^ ei ils regâgnaiètii' leors^anàidses «dominé ou retéorné an combai. Toilb'fiiiél i9tafil'iilD^8*toiil>>Ie géuvernemeiil âë l'EgiÎ6e)la -vie chk*étieiiBe faisaîlle'ieste/f Esprit de Diea iétait là ël la piété suppléait à tout. Aini^i sùbMstâ le loînistëife dans cek preinidrfa>tenis; hors dêl^éuit, qui kd refusait tout appâi et tout subside^ dans Tétat^ tfai r^nrâft reconnu' cemine uti fait.' La suite "des faits noe» dira bi cet état de choses devait) sttliei8ter4oDg;j4eBàp8.

.(A te page 82.) *

SElTTEHCa- DB IIH. DS BSBVE SU FAVEUR DB G. FARXJb^

Nous Tavoyer et conseil de Berne scavpir faisons à tous par ces présentes qu'avons oui et entendu une cause ventilée à Granson entre IH''^ Guillaume Farel, assistans nos ambassadeurs acteurs d'une ; et religieux bomme Claude de Boveto^ moine du prieuré de St. Jean de Granson^ défenseur de l'autre partie, par le sur-

^ Voyez de nouveaux détails sur l'histoire de là réforme i Grandson dans le Chroniqueur^ aux pages 39 et U 8. Quelques pièces se rapportant à ce sujet, se lisent encore dans- les archives de^Berne» Zèiimngi miêéçen^ aux années 1531 et* siuvante», et dans les târ<* nets du hailliage de Grandson , aux archives du canton de Vaud.

•diUiiié INffel» mi appdiation par devant nous pniTOr quée. Ssor quoi hoik a?Mi8 OQ&no jqgé et «entenoé le 4it K^ fioiUaqine Farel avdr Uen appelé et les boorgeoifl et cooseillers da dit GranMo avoir niai jugé et ordonné. Four autant Goillanme Bordet témoin produit par le ^it Farel doit dire et testifier ce que le dit eottt de celte matiire, «inon que le dit Bée yeaille opposer el vérifier que le dit Bnrdet ne scst bomnie de bien, par autres raisons que jusques ici allouées. Tonchaniraotne article cognoissQns que le dit Farel ne doit pas estre en tenu de nommer les personnages qni sont esté présenlés en leurs disputaliQns» ne aussi icelles qu'ils lui ont rapportés les piirol^. Ains comme acteur produise les témoins qui lui plairont» en vigueur d^<:este^ scellées de notre sceel. Datum Samedi XVII Jnnii 1531.

eBaBRYATlOU.

CeUe MBtenoQ est renwrqusbls » en ce qu'elle doos montre l'élal

£» choieft-à Grandson. En ^iit débet» Farel était condamné par justice inférieure , composée 4es gcus de l'endroit» il était al>so^\

(A la page 96.)

PASTBURS DOmaS 4Q BiOLLIAQS DB OBAirUSOU.

Gomme les villages duQailK^e de Gransonqui avaient embrassé la Béformation n'avaient pas de pasieors,

de Botm en âorenl quatre Uml à la fois le oiarAi 9 JinDel lSS3»iinpoiir Grandsop^ Gy el*Fy, on pour Hontagny, Yugelle el HoTalle, le 3* pour BpaTi|lardj St. Morià el Champagiiey el le 4* pour Concise. lie mime |oar ils donnireni avis de celle élecliqn f^ Çi|illai|me Farel qui élail alors i Morale avec ord^e 4e se Irouyer a Graadspn pour y examiner les quatre élus conjoinlemenl avec 1^ minis^e de Grandson el en présence da bailli.

Ijo ISandemenl 46s MB. de Beme sur ce sujet est tel :

€jonB\Ap senatnsque urbis Bemensis Guillelmp Fa?

rellot Murali nunc dcgenU salutenit Qrdinavimus in

prsesenlia p^tefecli Grandissonensis divini rerln cpnci<>-

iiator^ quftupr, qui per illam tolam provinçifun Bva^*

g^Kum diluddè doceanl^ sciliGel ul Grandissonum, Gye

et Fye unum; Hontagnie Uselle el HoTelle secnndnm;

BonYillard^ S|i. Wuri et Cl|aippaignie terlium^ quaiipm

i|ulem Copdse habeanl^ pulanles si a\idilorpm numéros

multiplicelurj; mullum ad augmentup fidei conferre

posse; sed cum septeqi nppc illo in loco él ex ilUs ^oa*

taor tfmium inodo, quf capleris dpcliores el ad 4pc<IR*

0om apliores elig^eodî s|inl , i^lur yolqoius |e illos aii-

xilÎQ oqnpo^petorif Cfrandissonensis, ec ^|iam prafecU

ill^us Ipci^ çiA rem etiam pfwsepU çomroisimuSj» le eza*

iniAiirp el seligere. Qua propler ad Grandisaonum îlUçp

perge, ni die Teneris prozimë fuluro^adsis , rem tibi

hisce ppffimissam babeas el quod ad aogmenlum ac fruc^

lum Brange|içqm cqnducibile peragas quantum poleris.

Vale.

DalumDCJuIiia 1(3?.

On Toil par ce mandement cqurn^anl les pasteurs se donnoient ^n^ églises. C'étaient HH. de Berne qui les

536 AVVMBiCB.

oHlinaienl eo présence da liaiUif/et après cela les Cbsâfeni ezatainer, son ^par ' me agaesibléer de pasleurs , mais par Paroi seill, asBÎsté da prédîcafte^ de .Greadson, eidu ballIifditKetai H lemMé qw rezmëii eût dâ pré^ céder la f5oiifitinalioii. Hais alon» les chosea n'éudeni point encore Uen réglées <

(A ta page 59.)

INSTBUCTIQIi

j^etn aans nui' »Aau>B ^i» ,v4ms¥i|.£B bt

' - Bis liOMOEÔlSy m tL'Ii^ÛIK' ESf KÀIlit0'''GOMKBBT ILS

bÔtViiillT SÈ âONbinRE A H^DFCAATfiC £T A TAXLABGOI.

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' Eq suite àes pTaînies fréquentes et réitérées qaî^oDt parvenues a nos seigneurs' sur ce que les bonnes gens da comté de Vallangin souhaitaient d'entendrèlà Parole de l)iei] et- que quelques unsTavaient déjà' reçue et d*autres seraient disposés à là recevoir n'estoift' les nîauifais Irailemèns et les fortes aéfenses du mattrè dliôtel; tu aussi ce qui s'bst pass^ Donibrésson en fovéur de la reformations et il a de sa propre autboritç fait dire la mlésse dans ce1ieu> et a de plus fait défense sous peine de corps el biens que personne n'eut à aller écouter la Parole de Dieu s et fait d'autres choses' qui ne se dévoient pas faire, vous ferc£ ce 'qui suit. '

' Vqos direz toutes ces choses à la comtesse ef è son

nattre ^'hAtel et vous lui déclarerds expressemeiil et fer-^ ement qa'iMaîsse ces bonnes gens sans les iaqeicter'eii >an9 les chdtier, et' ifjil Ait à rendire rargetitid0<:eu3t'à |ui lira {irbpardeqa:'îbayo«4sntreçu')a'l^otede DHso^ 51 qae'dails la soile il ail à les laisser enrepûb^ parce ]ue s'il Tearoil ft^dbstiner daa^ sa' mflù^iBfîse Volonté et persécuter la foi comme il l'a voit fait jusques alors , mes 3e%neurs y pouy.oiroient par la force ^. qu'il se règle là dessus; carnon seulement à cause de la combourgeoisie. ^ue les gens de franche condition de la^vallée de Val"* langin ont avec nou4 mais aussi selon le droit cx>mmaQ et la.d^aritéfriUernciUenous sommes résolus {i. maintenir-

stjMTPtéger ces bonnes geps auprès delaParote deUieuv

VoQ^ représentepâ^ toutes ces chosesà te eonletse plus au long! et en meilleurs ternies y et' erâaite au fnattro d'h&lel» et surtout .votts. a verlireà la comtesse etlafereB souvenir des bienfaits que messeigneurs.ont faits e( à elle et à feu son époux et qu'ils estoient encore disposés à lui faire en ce qui regarde lé corps et les biens , et qu'ils porteroient ses sujets à cela pourvu qu'elle laissât la foi libre et qu'elle ne maltraitât point ses sujets pour elle.

Dans le même sentiment vous parlerez aussi aux sujets et les exhorterez à estre obéissans à leur dame dans les choses qui regardent le corps et les biens.

Vous prendrez bien garde a la manière dont vous finirez les difficultés qu'il y a sur les choses de la foi dans le comié de Néufchatel^ soit à Bevaixsoit^à Corcellés soit ailleurs.

En particulier vous parlerez (brtertient aux rebelles de la ville et leur représenrterez qu'ils ayent à- renoncer à leur dessein et à leurs menées^ et à se conformer au plus , car que le seigneur Marquis vint on ne vint pa&

MO

d4i|8 la ftijê ce seroîl en Taîa» qna m&OBmgnwMn m perfoeltroieDt jamais qu'im autca plus se fit et qiie h ipesse^vec ses dépendances fol réla^Ue » mnis tga^B en pU^eroienl corps eiUens poor cerne qoiaTpieiift reçen fa Parole de Qieo el qu'ils les défendroienl ai maintieD' droieni anpjièsd'dla, qn'îls n'avoiantqa'aaer^lerl^ desao^

Vons parlerer aossi au seigneur de Frang^fai eih^ tfrez que Hesseigneurs sont aTortis qu'il Teot confisqua les corps elbiess de ceux de Bondevfllers qui: est dans II Val-de-Rus j mais qui dépend de Neuchatel , parce qalii 9TOÎent emlirassé l'Evangile qu'il doit se délier de p** reilles dhoses et qu'il laisse ces gens eii,repop car mes* smgnenrs ne permettroîent point ^ paraillea «boses, mais qu'ils feraient ea sorte qu'ib approuTeroient que messaigneurs ne Tonloîent en aaome manière sooffiii 1^ persécution.

Actum. 16 Pebruarii 1581.

U UTBE OB RXaAAftUSS D'iTmiK BBSAHCBKBTn

Ge Evre de Remarques est intitulé Mémoire de et ti ê'esi passé m I^ocle, escriipar un préire ei curi Ufu. Y^ie pr^e e| ciiré était EsUenne Besancenet. En voici quelques extraits : L'an 1519, Eslienne Besancenet, prêtre et ciiré du Locle, eut vdonté et dévotion d'aller visiter |e S'en du sépulcre de notre Sauveur

Ml

Il Rédempteur J.-C.» et partit do Lode le 8 de mi^ k ^aide de Dieo et de la béotte nère de J.-C. , et fit soa ^oy^g^ ^ revint aa Locle le 4 de décembre aadit an. 3 lui à la oompag^ieda chefalier Pierre Faacon, neble lersonne, Donzel Gaillamne Archer, Pierre son frère, et neôBsIr^ Antoine Paillenaod, que furent cheTaliers audit (érusétemi tbos de Fribourg, messire Nicolas Cachet le Payenkej curé dTvdne (D'yvonan) et Betvelard Boovillard), dessus Granson. Je donnai tant à M** Jac- {ues Dros qu'à Nicolas l'Bscurenz, 60 emines d'orge pour iix écus. A mon retour mes paroissiens me firent un prend belvegnant, et plusieurs aussi beaucoup de bien^ Dieu le leur rende.

En l'an 1520, après pasques fut entreprise la tour de ré< ;1ise du Lode par les paroissiens et le curé, et l'on tira beuaeoup de pierres de roche et de franche. El le marché fut fait à la Magdelaine avec H* Claude Passon de Pranchebou pour faire ladite tour. D fiûsait le pied avec la viorbe pour trois écus le pied , et gagna bon.

En Tan 1521 le pénultième d'avril Ait fondée la tour le l'église et fut mise la première piètre au nom de Had. Goillemette de Vergy^ qu'il demanda le dimanche 28 dudit mois en revenant de Boffremont qu'oii lui lit ce plaisir qu'elle eût le nom d'avoir mis la première pierre, et la mit au nom d'elle, Esiienne Besancenet^ curé dudit Locle; car madame s'en alla. le dimanche même à Vallangin, et on fonda le lendemain. Et cedit lundi les paroissiens firent chanter trois grandes messes et chanter tous les prêtres qui vinrent et fut faite la pro» cession , afin que Dieu leur doint la grâce de parCsird leur bonne intention , et je prie Dieu leur donner la grâce de parfaire.

En l'an 1521 furent baptisés an Locle 53 enfims^

. Bni'aâtô2SyiQfnHaiune Brandi jeslaitniMredalocl^ IS» lu. iMq[i6»«iUié6 MÙ3L du IiOde*/ voyant: la grmak {widuM etquifele'fMduple 0e ^oavail entendre les leasc, jtoieorenfc déi^oUon^dc foire àfaii^un calice, et measU fkCîeaiie.BeflanceDçif. curé, enrogra œeaeire Jacqoea Jiwz, chopelain dei8L-&enebarl^ etOaudeffila d'Othe^ pio^.maîreidù camiBun, et Jaques fils de Jacob » qn fiteot BBLarohé. avae «Battre .Antoine^ à >Nett£[diâtel, k joDk* chandeleax> et .fut parfaitt lé 3 avril lo weodreài avant pasques* fleurie et mis a la garde du curé. Sa suit- ceux qui donnèrent : Jean fils de Jeannel Galame,

9'liv.';' Uuguenin, Jacob Jean et OtbèUin HagiïcBio. 10 liv. ; Jacques Huguenin, un teston ; ▼uillémin HootandÔDySO'bâiz ; etc.

Nombre d^enfans baptisés Pan 1522, 55. L'an 1523, la terre trembla.' Le vin* valait 4 écus , le froment 8 Hr., l'ofrge € liv. y TaVoine 30gr. le niaid. Le 19 mai a l'aobe do Jour là terré trembla fort.' n fit fort froid, et il neigea par les montagnes. * .•.-•.

} L'an 1525 fut l'an de'hi sajsie. Les ênfans baptisé furent 64. Le^vin valait 8 Hv> , le froment 5 liv. le maid. Le 2 1 avril 1 536> Sstienoé^ Besaiicenet et les paroissiens Aà Locle iiiiBrt;faandèi<ent avec Nicolas Cholet, de Porenlrui^ et M^ Nicolas Robert^ pour refondre une cloche q6i a'élait rom^e. Et lui clonnott-on pour un chacun cmt de vefoiidre audit Banfieret treiee testoto; el les paroisriens mirent de nouvelles matières que ledit Banderet fournit douze cents , et c'estoit le cent 9 cens rendo en cloche pour toutes coustes et missions ; fut fondqe le 17 de mai , et fut pesée le 19, et pesa 2>924 liv. el se monte le tdut à 115 écus au soleiL

Le jour fêle St.-Pierre elle fut bénie, baptisée cl

lomiiiée QoMtdejpoûrVmnoweAe itionsèîgkieûri|tfe IK«fe» Mirdoiiity aft'la tîeni mon' très honoré- seîgneiucR^yié:^ îomle de Challam, ek VallaAginyel Jean Calant y.dit rissot et Huguenelte^ femme de Petit Jean Sandos t^l» Phileberte, femme de Jacques Sandos el Huguenelle, 'emme de Girard Jacques Jacob, qui servirent le curé, si Estienne Besancenet^ le curé du Locle et prévôt de ITallangin la bénit.

lie 3 et 4 du dit mois elle fut levée sans faire aucun mal ni empêchement. .

Le jour de Sl.-Hilaire, 13 de janvfer 1528 , fut dédiée si bénite l'Eglise et cimetière de la Chaux de Fonds par le 8u{&*agant de M. de Besançon, nommé Pierre Palti, natif de Gi'oi.

Le dimanche 21 octobre 1530, furent les autels et les Images de l'Eglise de Neofcbâtel mis en raines par' les* Quatre du dît Neufchâtel.

L'an 1 530 fut fort cher. Le vin coûtait 6 écus , le blé autant, l'orge 4 écus , l'avoine 2 écus. L'on fut en aide, pour guerre (c'estoit pour Genève).

Emmi le mois de mai 1531. Les luthériens de Neufchâtel ont ruiné les autels de la ville de St.-Blai^e et de Fontaine André. Dieu y mette la fin.

Les luthériens, le quint jour du mois de juin 1531, qu'cstoit le dimanche des bénissions de Vallangin, ruinèrent les autels du dit Vallangin^ dépecèrent les armes et sépulture de monseigneur^ que Dieu pardoint, des^ chirèrent les livres de l'Eglise, pillèrent lei prêtres, firent de grands vitupères à Madame. Dieu veuille que soit la fin.

L'an 1^32*^ Mad. Guillcmette dé Vergy fut à la gloire

anLode, de la M^^^defadoei el le piédicaiit de HM ohild y Cm mam. Hais ■ademe ne ▼ooUu fiefeuii ip'il pféchlft. Je fii collatiao, loi pmeal, saM qrï dil neo*

(À ia page ÎU.)

CmCULAIRE DB FÂBÊUr

La lettre pastorale de Farel» datée du tS joiliet 1S32, el adressée « à mes très chers Jrères en notre Seignatr tous les amateurs de la sainte parole »> ndua parttl faite pbar faire mieoz ocMinattre el mieoz juger cdoi qui Ta écrite. Noos la donnons donè entière.

« La grâce^ paix et misérîeorde de notre Perepleinde tonte bonlé el miséricorde pat noire seigneur Jésus, lequel est mon pon^ nooft p et maintenant puiasant sur tout règne en la deztre de Dieu sein père^ àoqad 3 faut que tout genooJl soit ployé.

Très diers frères, lesquels j'aime en noire Sdgneor de cœur entier, ensorte qu*en gros soupirs et gémissant, désiré TOlre bien. Salut et pronfit, priant notre Seignèor, vous àocrotlre votre foi, et. donner un cœur entier el parfait 1 qui ne regardé point lés choses de la bas, mais de là sus, et non seulement ce que Tœuil charaèl iroit présentement et contemple, mais ce que l'esprit et It foi cdgnoit avoir été fait et scait être promis pÉr notre Seigneui^.

Il a ptd U iiotre Seigneur vous laisser demander Taide

APPKHDICB. <tt5

du bras charnel pour venir plus fiicilement et sans motion à Tavancement du saint Evangile ; et ne serait point chose déplaisante à Dieu , quand du tout soi fiant en lui 9 et non en autre^ Ton userait de ses bonnes créatures^ ainsi qu'elles sont ordonnées; c'est défendre les bons et punir les mauvais, comme souvent il platl au bon Père nous aider. Mais ainsi que puis comprendre, le Seigneur voulant faire une armée très grande, veut lui seul avoir Thonneur et gloire, el faire en vous comme il a fait au bon et fidèle Abraham, lequel contre espérance, a cru, espérant sans douter rien es saintes promesses do Dieu; lequel je vous prie> mes très chers frères^ que suiviez et imitez $ car vous verrez la gloire et puissance de Dieu. L'on vous fait rude mine , l'on vous menace , Ton demande grosse finance , et ce vous trouble. Ceux qui devraient donner aide et renfort vous pressent plus que personne^ et vous estes estonnés que vos amis veulent torner la rdbbe et estre vos ennemis. Brief tous les ennemis vous affligent, et environnent comme le bon prophète Elisée^ tellement que le serviteur qui ne connaît el ne voit l'aide qui assiste le prophète^ tout épouvanté et demi-mort crie> pour les ennemis. Mais pour l'honneur de Dieu, mes très chers amis et frères, ne soyez ainsi perdant courage, comme ce serviteur. Mais comme le bon prophète dites : « Notre Seigneur est notre aide, de qui aurai-je peur? Si toutes les armées viennent contre nous^ nous n'aurons point peur, car notre Seigneur est avec nous. « Si Dieu, dit le saint apôtre, est pour nous^ qui sera contre nous? » Ne regardez pas l'armée des Assyriens, mais l'armée de Dieu qui est contre l'armée des Assyriens et pour nous Hélas ! mes frères , faites votre profit de la crainte qui vous a prins et en prenez courage pour entretenir la

546 AVPBNNCB.

bonne alliance que notre Seigneur a faite avec nous ci donnant son fils , et dites en TOBtre cœur : Si les lioiiin»e$ n'ont voolo ouïr notre ambassade > mais lui ont tenu rudes termes^ pourtant qu'ils craignent que ne cheminons selon leur plaisir. Hélas ! que sera-ce ? si le irh puissant Roi et Prince du ciel et de la terre , ne nous veut ouïr^ ni voir, ainsi qu'il a dit : « Qui aura honte de moi devant les hommes , j'aurai honte de Iqi derast mon père. » Quelle parole sera et combien imprécabie quand il dira : « Allez, maudits^ départez-^vons de moi an feu éternel » ? S'il se vient montrer ennemi , el faire b guerre à ceux qui ne tiennent sa sainte parole, qae sera-t-il des pauvres maudits auxquels il est courroucé? Ne seront-ils pas contraints de dire aux montagnes rt rochers qu'ils tombent sur eux? Qui pourrait estimer combien seront pressés et du tout désespérés cenx amquels il demandera les grosses sommes que toutes créa* tures ensemble ne sauraient payer, et n'y a que le Sauveur seul qui le puisse et qui l'a fait?

Pourtant , mes frères , si vous avez été troublés pour la face des hommes , craignez plus Dieu et vous gardez plus de lui déplaire qu'aux hommes , d'autant qu'il esl plus grand et plus puissant ; et vous humiliez à lui et de \oui vostre cœur lui suppliez qu'il lui plaise avoir piUc de vous , et que pour l'infirmité de la chair, et pour les puissances des ténèbres vous ne laissiez à faire le bon plaisir de Dieu , à prendre purement sa sainte doctrine , el que le bon Dieu qui a les clés de tout, il fasse l'ouverture à . son saint évangile, lequel fructifie en vous plus qu'il n'a fait^ et que ne perdiez courage^ mais que Dieu le vous augmente et ayant pitié de votre petitesse ouste tous empéchemens. Il est vrai, mes aroys, que si Dieu, selon

APPBNDICB. 5A7

a juslice^ veut œuvrer en vous et les autres, que tout iby niera; considérez les jg;ro68es idolâtries qui ont régné uBqu'à présent si transcendentes et en si gros nombre |ue quant autre n'y aurait^ toutdevroit fendre et aby-* lier. Pesez les horribles blasphèmes qui ont été faits et iites au lieu de la louange de Dieu, où les hommes se lont levés sur Dieu en soi attribuant l'honneur de Dieu, l'office de J.-C. anéantissant toute la sagesse, puissance Bt bonlé de Dieu tant qu'il estoit en eux, faisant comme ri Jésus est non suffisant et imparfait sauveur et maître; comme l'homme de perdition, l'Antéchrist, a fait et fait faire pour estre adoré et honoré comme Dieu , ainsi que le St. Esprit l'avait prédit.

Je laisse le demeurant qui est une mer de toute iniquité et méchanceté, que tout est parti de la maudite infidélité et séparation faite avec Dieu, et éloignement de sa sainte parole , comme toutes rebellions des enfans aux pères- et délaissemens de divines voyes sous voile de sainteté, où le commandement de Dieu a été anéanti par les inventions humaines tant de débats, noises, haines, rancunes^ frappemens et tueries, les puantes paillardises en tous , y ayant le dit règne principalement aux droits membres de l'Antéchrist que Ton appelle de l'Eglise^ et quant n'y aurait aurait autre que leur méchanceté, leurs adultères, défloratures, ravissemens, et autres innumérables cas que j'ai horreur de les ouïr racompter à leurs familliers, mille mondes devraient abymer. lies larcins , les tromperies ne faut racompter ; veu que appartiennent ceux qui condanment les faisant tort à autrui à faussant la Sainte Ecriture ; on présume d'enseigner que charité bien ordonnée commence à soimême, laquelle, comme notre Seigneur montre, est

5tô APKEHDICK.

soigneuse du prochain et ne demande ce qai est à soi , mais au plus prochain pour son bîen; parqaoy mille déluges el mille feux cl souflfres du ciel jHStenicnt devroient tomber sur la terre. Mais nostre Père si très plein de miséricorde^ ce dissimule afin que nous retournions à lui car il est laMif à ire et promt à miséricorde. Pourquoi , mes frères , vous regarderez an très bon Père et à faire sa sainte volonté > et ne regarderez à plaire aux hommes pour déplaire à Dieu^ mais du tout de vostre cœur prendrez en main ce qui plaît à notre Se%neao puisque 'Sans foi Ton nb peut plaire à Dieu el que la foi est par Toute de la parole de Dieu , comme vraies brebis de Jésus vous ouïrez sa sainte voiz> sa- sainte parole^ quelque répugnance ^ défense ou contradiction qu'on vous fasse. Car trop mieux vaut obéir à Dieu qu'aux hommes^ et plus est à craindre notre Seigneur que les hommes. Ne regardez ni le nombre ni la multitude des ennemis qui sont entoiir de vous ; mais regardez notre Seigneur qui est plus fort que tout; en lui voua fiez, en lui soit votre espérance.

L'alliance qo^il a faite avec les fideîles jamais ne sera cassée , ni irritée. Ce qu'il a promis il le tiendra. Il oe demande point le vôtre , mais Vous veut donner un héritage, un royaume, et voUs faire bourgeois d'une cité si nobte que vous serez si bien maintenus , et aurez tant de libertés, franchises et tant de biens, que jamais oureille n'ouït, œil ne vit, ne cœur d'homme ne pensa. Aussi passe tout. Hélas! mes frères, vous avez tant prias de peine pour un alliance d'un jour (car mille ans n'est qu'un jour) , et pour estre maintenus aux biens corporels et qui ne durent rien. Pourquoy ne prenez vous courage pour l'alliance éternelle, pour pouvoir

APPBNDICB. 849

jooir des biens espiritaels qui jamais n'ont fin , afin que par le juste saini^ puissante! bon roi^ lemeschant tyran, ne vous puisse nuyre ne grever en rien. Car notre Seigneur a dît des siens, qui les touchera, il touchera la petite de son.œuiK

Tâchez, mes frères, aux vrais biens, et ne vous arrêtez aux choses frivoles. Ayez gens qui puissent maintenir ce qu'ils disent, tellement que ceux encore que veulent empêcher le bien des âmes soyent convaincus, non seulement par la parole de notre Seigneur, mais aussi par raison, laquelle de nul ne peut estre rejetée; c'est quand Ton offre le droit , que se Ton a mal dit , qu'on soi l puni, et se l'on ne peut montrer qu'on aye failli en rien, qu'on laisse vivre et qu'on permette ce qui n'est point mal. Personne n'ay^ honte de Jésus , de son évangile, de l'avancer, de l'ouir, d'en parler sans avoir égard à personne , mais au seul Dieu en toute modestie, sans injures, ne contentions, recevant les infirmes en toute douceur, en esprit de lénitéet bénignité, en constance et persévérance amyable et attractive, par laquelle Dieu soit honoré en nous et notre prochain édifié en bien. Qu'on regarde le serviteur de Dieu, Pierre, comment par nuls commandemens lui et Jean, ne cessent là où ils peuvent porter le. nom de Jésus, mais en toute douceur et bénignité, tellement que ceux qui'n'ont peu porter Jésus préchant., ains l'ont livré à la mort, sont contraints a les souffrir. %

Ainsi faut, mes frères, procéder au commencement de la sainte parole, afin qu'elle croisse comme elle a preu au commencement de la Ste. Eglise. Pourquoy gardant toute modestie et. bénignité, douceur et amitié grande, persévérons en saintes pâères et oraysons, de-

510 AFPBHDlCB.

mandant l'ayde de nostre Soigneur, vivani puremenl, non en gourmandises ne yvrogneries^ mais en toute sobriété^ aidant aux indigens en vraie charité^ commettant tout au père de miséricorde, lequel de sa grâce vous fortifie et vous envoya tout l'aide de lassos ^ par laquelle forts et robustes cheminiez en toute vérité, sainteté et netteté de cœur et d'esprit, croissant en tous dons spirituels, foi, charité, bénignité, patience et bonté, tellement que de vous tout le monde soit édifié, et comme avez esté sur Iç branle de n'estre rien au monde, ainsi soyez vraiment miroirs a tous de bien cheminer et saintement vivre, et que après vous tous viennent au saint Evangile ; de quoy prier notre Seigneur de cœur qu'il y en tout avance sa gloire et confonde toute chose répugnante à sa sainte doctrine* Amen! La grâce et bénédiction de Jésus notre Sauveur soit sur vous tous. Amen, De Morat^ ce 26 de juillet 1 532. »

Adamus a Farel.

Du 5 nouvemhre VùZ^.

. Jje lieu d'où cette lettre est écrite n est pas marqué. Ecclesiatœ Moratensi Guiilelmo Farello, Morati,

Salutem^ gratiam et pacero a Deo per Jesum-Christum.

Quid in via nobis accident accipe. Primum ab Yvo-, niaco a caena solvimus , et viviacum venimus pransum^ ubi de Chrislo locuti sumus cum hospite et hospita, in-

APPENDICE. 55 i

geoîi procul dubio acutissima et aliis quibusdam civibus.

quod putarim, illis per Christum, non parum profuisse. ^

Tandem venimus ad Afiquilienses fraires, forluito con-

greg^atos^quosnoroiDetaoeifralrum in CbrisLosalulavi^

eosderoque monui^ quantum in me fuit^ amicè, ut se mo-

nerent invicem, queroadmoduro fsatrcs et verbi venta-

tis et salutis ministros decet, ne per eos quid periculi

înGrmœ pl'ebî evenerit. Tura illi litteris patris noslri Vi-

rct se monitos fuisse duriusquani par fuisset stomacba*

bunai aiebant^ parati ad respondcndum, apudquosipse

gerens vices Vireti pro virîbus omnia sedata eu ravi, ne

ne inter nos simultates moverentur. Vcruro non opus '

est monitore^ eis qui sibi sunt'sapientes. Tandem Bez

profecti usque adeo gravi morbo illic noster Marlinus

correptus, ut coacti simus redire Oulom ad fratrem

Claudium^ qui infirmumcuraret^ nam Bez nullumerat

cubiculum tam latum quod «grotum posset capere. Ât

Claudius satis bénigne morbo affectum voluit suscipere. Verum uxor garrula, et durs cervicis, pietate vacans^

cepit marito minari de discessu, si reciperetur is lœsœ incolumitatîs, Imo in conspectu nostro protinus furibunda abivit. Tune ne divorlii causa essemus^ properamus ad Alpes ; OJivelanus debîlis ob fluxum ventris^ Marlinus semimortuusj Guido totus de vîa fessus. Ego solus non morbo affeclus, sed tanta tristitia, ut vîx fuissem apud me ; quo mœrore in pede Alpium colera tam crudéliter invasiti ut parum abfuit (pour abfuerit) quod {pour quin ) ab bumanis non discesserim. Sequenti vero die, gralia illius qui, cum videtur, nos ducit ad inferoH et reducit, morbus sese remisit alîquantulum. At crumenae noslrjB lintcria ca?perunt laborare tam aspera ul. nihil prorsus in illarum corpore remanserit. y^rreti in diversorio monacbum quemdam Bernar-

5SS APPE voies.

dinam inveaimus^ arlis coUnariae doclum^ quocum multa de Christo locuti sumus. lUe tandem mihi dedil fidero, se facturum (relicto Antichristo) quidquid cod- Bulerem. Gui ad te litteras dedi. Nescio cum periulerit. Taurini non sunt juvenes. Muret» et Tulini fratres nos optatos receperunt et populus, cajus primores a pseado fratribas oircumventi^ nobis sunt infensi^ ut retuctantar in aliquibus. Sed Deus suos in viam cum illi visum "fuerit deducet. Nos docemus mînistros et plebem non palam, quae nos libenter audits et sunt nonnuUi, qui solius verbi veriialis gratia audiendi^ veniunt a locis distantibus a nobis, itinere duorum dierum. Nondum scholas publicas habemus sed habituri brevi. Ob id fecirous convenire concilium et communitatem. Sed nondum exclusum est.

Fratres sibi omnia felicia precantur^ habentes çratiann Tel maximaro quod ad se nos remiseris. Ad typog^raphum dati suDt quingenti aurei, Martiao, ut quàm polerit brevissiroâ imprimatur cura Unionem benë correctam galicë impressam ; nam mire nobis erit utilis. Ego oblitus sum apud te^ aut Frumenlum , vel Simonem Aquilensem aliquol libros; si id tuo sedeal animo, ad me perferendos curabîs ; (nam librorum penuriâ hîc maxime làboratur) cum sarcinulis Oiivetani. Da operam ut Biblia corrigantur, et ita imprimantur, ut tibi à me dictum fuerat ; hoc est, gallicë, caracteribus majusculis, sit altéra columna major. Latine ver& minutioribus, sit altéra roinor, amboe in eadem pagelia et littersB indices scribantur in margine et annatotiones bibliorum Colinei, nimirum videntur utiles. Salutabis fratrcm et amicum Franciscum a Rive, cui bas communicabis^ ut cum sarcinulis Olive* tani ad nos mittat libros illos gallicos Pétri Bibliopolœ^ potissimum quos puriores cognoverit. Non vacarit ad eum

APPSHOICB. 5KS

scribere. Oronibnsfratribus me omsia tela perChrislam^ dicito^ precari et suis orationibas nos ai3^uvare. Vale perpétue in eam^ qui omnia potest. SNovembria anni 1532. Fra tribus Paterniacensibus mea vice salutem annunciabis, prœcipuè Yireto et Ludovico quisub eo meret. Tuas Adamu^.

Thobas Italus a Farel.

Farel était encore a Morat dans le mois de décembre ; car une lettre lui est adressée en ce lieu, datée de Baie du 9 de ce mois^ écrite par Thomas Italus en ces termes :

c Salus et gaudium tibi et omnibus qui tecuro [sunt fratribus a Domino nostro Jesu Christo, qui est benedictus in secula ; Amen. Venit apud nos nosler Iiudovicus, quem comperi non tri visse tempus suum cum fratre nostro Virelo. Itaque si bîc aliquandiu manebit^ proficict non mediocriter. Verùin parùra securo habet pecuniœ, qui quantum hic manare poterit nescib ; manebil taraen quantum poterit. Expectat ctiam a Martine suppelias ex jumento quod Martine Moreti reliquit. 'Multa nova ad fidem conferentia hîc feruntur, quorum hic pauca annectam^ euro putem ea te minime ignorare. Yenerunt enim litterae ex fratribus qui Tiguri sunt ad Myconium primum universitatis concionatorem , in quadam valle qu® Valtelina dicitur in Italias Gnibus fuisse sacrificulum quendam qui puellie seductœ suasit ut con-

554 APPBMDICB.

lUerctur se vidisse Deatam Virgînom coram Jeau fiiîc genua fleclenleoi , roganlemque ul haoc hœrelicara Blirpein, quos Lulheranos appellant, penitus deleret. Haoc ciim puella omnibus narraret^ commolDS est populua , et ilHus sacrifîculi concionibua niulta donaria ad templi extructionem oblulit ; et cùm fama ad praesulis aures pervenisset^ vocatus est sacrîficulus et in carcerein ductus coactus est fateri veritalem y qui et capite plexus est. Populus cùm haec cognovisset magna ex parte Christum coniîtentur^ quœ omnia îpse Mjconius in publica concione narravit. Ex Gallia et ex nobilibus ad hos ha-

* jus urbis nobiles litterœ allalae sunt, quas et ego vidi^ icrquibos erat^ regem GalliaB convenisse cum rege An-

''gliie et duobus alliis, quorum non recolo noraina quod

omnibus episcopis^ abbatibus-, arc&iepiscopis , ccBteris-

que ecclesisB papisticae praelatis mandatum est, ut in

sequenti natalis Domini festo Parisiis conveniant, di-

cuntque regem Telle ut novus patriarcha eligatur in toU

Galliâj et papœ potestalem omnino re^icere ; quod sî

aliquâ ex parle verum est speramus a Dominp suarum

ovium congregationem. Scias hic caritatem niuUum

frigere in dies^ quod non possum non dolere. Timeot

hic etiam maxim^um bellum ab Helvetiis, maxime cum

LucerneB sît quidam cardinalis a papa legalus qui mulla

conatur in sanctos. Eo precipuë timent quod imperator

in Itaha est, ferunlque papas proroisisse omnes ha^re-

ticos, id est verè christianos radicitùs eradicare. Corda

tamen regum in manu Domini sunt, et quocunque vo-

luerit , vertet illa. Hœc sunt quae puncscribenda censui/

et diffusiùs scripsissem , nisi putassem te haec eadem es

Bcrnœ fratribus'scivisse. Vale ; Dominus dignetur dirigère corda et corpora nostra , ut sua semper in nobis voluntas adimpleatur. Amen !

Datum Basile», VIIII decembris 1532.

APPSNDICK. 555

Lettre de Vogsl a Farel.

Gratiaroetpacem aDeoper Dominum Jesum Chrislum. Quae nobis scribis^.FarelIe piissimej deexpulso Conrado, non parum nobis attuleruni gaadii , cum sciamus ipsum plus offendisse Ecclesiam Muretanam quam aedificasse. Sed qaod Arogeam designatus sit non minus trislilias aUulit; cum videamus, plus curatum iri rem cujusquc privatam ( prœserlim istius modi adulalorum ) quam rem Chrisli.

Quam vereor'y mi Farelle candidissimc ( in sinum haec tibi dicta sint) nos papa expulso papas non minores récépissé, ubi non omnia pro candore geruntur..Nam hujus modi experti sumus negotium in Ecclesia Buchsina^^ubi ille qui Ecclesis prœest répugnante propemodum^ ac tantum ob hoc insaniente totâ Ecclesia, eliam a paucissimis intellectns ob alienam lingùam , plebi obtrusus est. Ego vero , ut a me Audieras^ ut consuleretur Ecclesiaeisti, relicta hâc meâ salis honestâ funclione, illuc tam a plerisque plebis exoratus , proficisci in animo habebam. Coguntûr tamen hominem habere, maulgré Ion gré de leur, Ita in Conradonon possum salis mirari, cum experti sintquis et qualis sit quod eum obtrudant EcclesixArogeanas. Caeterun quoddeillo qui tccum laborat in Evangelio IWhreli , scribis , scias eum esse conlerraneum mcum doctum, aiunt, tribus linguis, candidum ; rem scilîcet tu ipse cxperiri poleris. Pedagogus

|S56 APPBHDICS.

Melligensis in calanrifate eorum repalsus^ soffectas est diaconaslii Bui^ensi , neque commode se potesl illinc ' avellere. Rusticorum arliculos legimos; hi salis pii sonl^ et facile aquovis cordato probantur. Cœteramjam nihil, quod scribara y ntsi quod oro Deum opt. max. ut te dici servet nobis incolumem. Saluta pios Domine mec, prœ- • serlim symmyslam taum.

Salulant te Jacobas^ et Ulricus et pii omnes , Bielnis 16 decembris aono 1532. Simplicas Yogelius^ tuos ex animo.

(A la page 17ft. >

Synode des Vaudois.

• Voyez sur ce sujet le récit de P. Gilles et celui du

père Maimbourg. Il n'est pas dificile de concilier ces deux auteurs. Pour le fait il faut admettre que les Vaudois avaient fait phisieurs voyages auprès des réformateurs en Allemagne et en Suisse, que les réformateurs les avaient exhortés à se séparer entièrement de TEgliseTomalne et a ne point participer à son culte ; que des ministres de Suisse , étant allés dans les vallées et ayant dit aux Vaudois les mêmes choses, les sentimens des Vaudois se trouvèrent partagés sur ce sujet. Ils prirent alors le parti de convoquer un synode pour prendre une résolution finale. On convint qu'on invi-

APPKNDICE. 587

terait des principanx ministres de la Suisse à se trouver à ce synode* pour entendre leurs raisons. On leur envoya a cet effet deux députés, qui étant arrivés en Suisse firent part à Farel de la résolution que les Yaudois avaient prise; Farel assembla le plus de ministres, qu'il put à Grandson, là il fut nommé avec Saunier pour assister au synode ; sur la fin du mois d'Aoust ils partirent avec les députés.

Qui Farel se trouva dans ce âynode des yallées> c^^est ce que parait clairement par une déposition de témoins rapportée par Gilles. Jeannet Peyret, d'Angrognç, Fan des surpris par Berfour faisant la garde, déposa le 22 de septembre de Tan 1535 qu'ils faisaient la gardé pour lès ministres qui enseignent la bonne loi, qui étaient assemblés en la bourgade de Chanforans au milieu d'Angrogne et dit qu'entre les autres il y %n avait un qui s'appelait Farel , qui il^jiit la barbe rouge et un beau cheval blanc et deux autres, en sa compagnie, desquels l'un avait un cheval quasinoir, et Tautr^était de grande stature, un peu boiteux. C'étaient des pasteurs^ ajoute- 1- il, qui continuaient de venir des quartiers de Suisse pour les ciuises susdites. Un autre prisonnier confesse que les Barbes avaient tenu alors leur synode qui avait duré 6 jours.

Voicy ce qui fut arrêté dans ce synode comme Pierre Gilles le rapporte :

1^ Que tous ceux qui ont esté et seront sauvés, ont été esleus de Dieu avant la fondation du monde et qu'il ne peul-clre que ceux qui ont été esléus à salut ne soyent sauvés.

2® Que quiconque veut establir le franc arbitre de rhorame desnie entièrement la prédestination et la grâce de Dieu.

558 APPmDiCE.

3"* Que nalle œuvre ne peut être bonne » si Dieu ne la commande, ni mauvaise si Dieu ne* Ta défendue, et que l'homme peut faire les indifférentes^ que Dieu n'a point défendues, selon les occasions et les laisser aussi.

4® Que le chrétien peut jurer licitement par le nom de Dieu aux occasions nécessaires^ sans que pourtant il contrevienne à ce qu'est escrit au 5^ chap. de St. Matth : <c lUais moi je vous dis ne jurez point; et ce pourreu qu'on ne prenne le nom de Dieu en vain.

5° Que la confession auriculaire n'est point commandée de Dieu.

6"* Qu'on doit au jour du dimanche cesser des œuvres terriennes pour vaquer au service spirituel de Dieu.

^"^ Qu'il n'est pas licite au chrétien de se venger de son ennemi. •

8^ Que le chrétien peut licitement exercer office de magistrat sur les autres chrétiens.

9" Que le chrétien n'a point de temps détermine pour jeûnes. ^^

10"* Que le mariage n'est point défendu à personne de quelque condition qu'elle soit. Aîns que quiconque n'a le don de continence , est obligé de se marier, et que partant quiconque défend le mariage enseigne doctrine diabolique. Que les ministres de la parole de Dieu ne doivent point eslre changé de Heu à autre sinon que ce soit pour la nécessité et profit de l'Eglise, et que le ministre peut posséder quelque chose en particulier pour nourrir sa famille sans préjudicier à la communion aposloHque.

11° Que J.-C. n'a ordonné à son Eglise que deux

AE9BMDICE. S59

sacremei^^ savoir : le Baptême el la saîolo Eacharistie.

Ces articles no furent pas les seals qui furent déterminés dans ce synode. Ceux qui regardaient le gouvernement des Eglises et la manière dont il fallait se conduire envers les catholiques ne sont pas rapportés. Mais il est certain qu'on régla l'ordre extérieur de l'Eglise , et qn'il fut arrêté que les assemblées ecclésiastiques seraient plus à découvert*qu'elles ne s'estaient faites auparavant depuis quelque temps. En second qu'il ne serait plus permis à ceux qui désireraient être tenus pour membres de leurs Eglises, d'aller à aucune sorte de masses, ni adhérer en façon «ux superstition^ papales, ni reconnaître les prêtres de l'Eglise romaine pour pasteurs , ni se servir de leur ministère en quelque chose que ce fût.

Pierre Gilles dit que quelques-uns des Barbes ne consentirent pas à toutes les conclusions de cette assemblée, estimant que ces règleroens nouveaux n'étaient pas totalement nécessaires , et qu'en les establissant on désho- . norait la mémoire de ceux qui avaient tant heureusement conduit ces Eglises jusqu'alors et en outre qu'en se découvrant plus que de coutume , il estait vraisemblable que les adversaires s'en irriteraient > et en prendraient occasion de persécuter l'Eglise.

Il ajoute que ces raisons furent examinées , mais non pas jugées telles qu'on en dut laisser ou changer les résolutions prises; duqpel jugement étant marris, deux des principaux contredisans, assavoir Daniel de Valence et Jean de Molines , venus de dehors des Vallées , ne pouvant plus empêcher l'exécution des dites résolutions, partirent sans congé de l'assemblée générale^ et s'en allèrent en Bohème pour leur proposer leurs plaintes des

iféb APPBUDICE.

prétendues innovations qu'ils disaient avoir été inlro^ duites en leurs Eglises^ à l'instigation disenVils, de quelques ministres venus d'Allemagne, auxquels on avoit trop facilement donné entrée et audience en leur assemblée, avec autres choses semblables qu'ils leur proposèrent ;> comme portaient amplement les lettres que rapportèrent les dits Barbes , Daniel de Valence et Jean de Molines, escrites le 27 de juin de Tan 1533, par les pasteurs preschans l'Evangile par le royaume de Bohême > et Marquisat de Moravie. On peut lire à la page 33 de l'histoire des Vaudois par P. Gilles > la substance de ces lettres. Lesfglises des Alpes furent convoquées au val de St. Martin, le 15 août 1533, pour les entendre. Après ouï, lu, examiné, on reconnut que les frères de Bohême n'avaient pas été bien informés du tout, et qu'ils exhortaient à faire ce qu'on avait déjà fait de point en point. La conclusion prise Tannée précédente en Angrogne fut donc coiîlirmée, et il fut répondu a la lettre des pasteurs de Bohême selon la vérité du fait. Alors Daniel de Valence et Jean de Molines de dépit se retirèrent pour vivre en leur particulier, non sans témoigner leur mécontentement au préjudice des Eglises des Vallées ; car ils égarèrent ce qu'ils purent des escrits et mémoires des anciens Vaudois. Cependant les autres pasteurs et le peuple bien unis se disposaient à mettre à exécution les résolutions prises quand survinrent les persécutions et les guerres qui seront racontées plus tard.

(A la page 185.)

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