CONFÉRENCE DE ZURICH
On disputa ensuite sur l'endroit particulier du ciel où Jésus-Christ est en corps. Les théologiens de Strasbourg soutenaient que Jésus-Christ est monté au-dessus de tous les cieux, et qu'il jouit maintenant d'une gloire qui passe toute intelligence, et même que l'on peut dire que le ciel ost dans la Cène même. Coux de Zurich choqués de ces paroles étranges, dirent qu'on en viendrait à la fin à ne plus savoir où est le ciel, ni l'enfer; que l'Ecri= turo n’étend pas ainsi le ciel à tous les lieux, qu'il est dit dans Le symbole que Jésus-Christ est monté, d'où il suit que le ciel est au-dessus de nous, ete,
Comme ils disputaient de cette manière, Wernher Bygel, chancelier do Zurich, los interrompont , vous nefinirezjamais rien leur dit-il, si vous vous y pronez de celle manière, Ensuile se tournant vers les ministres de Zurich, croyez-vous leur dit-il, qu'on reçoive dans la Cene le corps et le sang de Jésus-Christ? Qui, dirent-ilsg sc tournant ensuite vers Bucer et Capiton, et vous leur dit-il, confessez vous aussi que le corps et le sang de Jésus-Christ ost reçu par la foi et on esprit, par l'ame fidéle? Oui, dirent-ils, nous le croyons de cœur, et nous en faisons profession de bouche; à quoi bon done reprit le chancelier, ces disputes que vous avoz eucs ces trois jours entiers? Les théologiens de Zurich répondiront que c'était là la doctrine qu'ils avaient conslam= mentprofessée, qu'ils voulaient conserver, résolus d'en- 1retenir la paix avec Lous ceux qui la recevraient. Coux de Strasbourg, de lour côté dirent qu'ils avaient déjà auparavant protosté qu'ils ne voulaient rien ensoigner de contraire à la confession de Bâle, bien loin de détourner qui que ce soit do la suivre. Les Uhüologiens de
OUR LA MÉSMION AVEC LRTMER: si Zurich ajoutèrent; que eo qu'ils en avaient fait n'avait élé que pour éviter loute équivoque, et pour ne pas donner lieu à une réumion plâtréo qui n'aboutirait qu'à produire do plus grands troubles. Li-dossus los Soiguours députés des autres états réformés , persuadés par Bucer que la docwine de Luther n'était différente de celle do Zwingli qu'à l'égard des tormos, jugèrent qu'il fallait approuver le sentiment de Luther de la maaière que Bucer l'avait expliqué. — Il fot done résolu , que melant à quartier toute dispute, on délibérerait sur la réponse qu'on ferait à Luther; qu'on la lui ferait en termes honaëles ; mais copendant de manière que ce fût sans préjudice de personne, et surtout qu'elle se rapportrait à la Confession de Suisse ; que si Luther l'approuvait, et qu'il n'eût pas de la Sainte Cène un senti ment si grossier comme ses écrits semblaient le témoigncr; mais qu'il enscignât avec les théologiens de Strasbourg et de Zurich, « que le corps et le sang de Jésus-Christ n'est pas attaché au pain, ni n'est pas en. formé localement , ni d'une manière corporelle, charselle et physique; mais qu'il est reçu spirituellement ne DD on eee UN rer ES âme fidèle » à ce prix là l'union était faite, laquelle ils observeraient fidèlement et en bons frères , avec Luther et les Eglises de Saxe. !
Lejeudi, 2 de mai, on éhargea quelques théologiens do dresser un projet do réponse, eL ce projet ayant été le lendemain , 3 maï, aux Seigneurs députés, ét lu devant toute l'assemblée, il fut généralement approuvé. On chargea les Zuricois de la sceller de leur sceau , et de l'envoyer à Luther par un exprès, — Les
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se CONFÉRENCE DB ZUNICH
ministres de Zurich et ceux de Strasbourg réilérèrent les protestations qu'ils avaiont faites, de chercher sincèrement la paix et d'être disposés à l'observer religieuse ment, priant chacun de leur côté de prendre en bonne part ce qu'ils avaient dit, Ainsi on se quitta bons amis,
Dans fa lettre dont on vient de parler, les Etats réformés de Suisse disent à Luther, après quelques com= plimens « qu'ayant appris par sa lottre ot par le rapport de Capiton et de Bucer, que lui et les autres Saxons pensaient sincèrement à la réunion , et souhaitaient de — avancer ct qu'il avait bien reçu leur Confession dressée à Bâle, et l'éclaircissement dont on l'avait accompagnée, ils en bénissaient Dico de tout leur cœur, étant disposés à chorcher ct à entretenir l'unité de l'Eglise, et la paix avec lui ot avec tons les véritables chrétiens D'ailleurs disaient-ils, voyant que vous n'avez Ironvé ni différence nf absurdité dans Les articles de la Parole extérioure ct du Baptême, ( comme aussi nous n'y en pouvons voir aucune), et ayant compris que sur l'article du sacrement du corps et du sang de Jésus-Christ; vous n'avez point eüseigné autrefois, etque vous n'ensdignez pas non plus maintenant que Jésus-Christ descende du ciel, et de la droite de son Père, ou qu'il y remonte en aucune ina= nière, ni visible ni invisible; mais que vous relenez fermemont (comme nous faisons aussi} l'article dû Sym bole : il est monté au ciel, il s'est assis à la droitede, Dieu le Pèro, et il viendra de là pour juger, ete: ; ekque vous ne pensez plus qu'il se fasse là ni descente ni mon= téo, enfin que vous n’établissez nullement dans! la Sainte Cène une présence où manducation du corps et du sang de Jésus-Christ, d'où il résalte quelque chose
ibid. b,
+ HOUR LA RÉUNION AVEC LETMER © 83 qui soit opposé, ou en aucune façon contraire à la vérité de l'Incaruation ou de l'Ascension de Jésus-Christ, où àsa gloire céleste, ou enfin à aucun article de la foi chrétienve, où à quelques passages de l'Ecriture; et nous de notre côté ne prétendant point établir dans la Sainte Céne des signes nus ct vides; mais reconpaissant qu'on y reçoit aussi et qu'on y mange le corps et le sang de Jésus-Christ, ( en telle sorte qu'ils y soyent véritablement reçus, mais par une ame fidèle seulement, ) selon le contenu de notre confession et de son éclaircissement qu'on vous à cnvoyé à Smalcalde, à quoi nous demeurons fermement allachés; par tous ces endroits mous ne pouvons comprendre autre chose, sinon que nous sommes d'accord { Dieu soit loué } sur le sens ct la substance de cet article et qu'une bonne paix a été faite entre nous, sans plus de dispale. elc. » Ils ajoutent, qu'ils espèrent « qu'il no se fern pas do la peine de proposer au pouple celle manière de la présence da Sci- Sn EE
Ils promettent de leur côté, de contribuer de tout leur pouvoir à l'ontrotion de l'union etc. S'il arrive qu'on lui rapporte quelque chose, comme venant de leur part, qui soit contraire à celle union, ile le prient de ne pss sjosler foi trop facilement à ces bruits; mais do los consuller eux-mêmes eur ce sujet, leur promettant la méme chose deleur côté en pareil cas. La lettre était datée de Zarich, et du 4 mai 1538. ! »
traita encore quelques autres malières dans cotie conférence do Zürich. L'électeur de Saxe o1 le Landrave de Hesse avaient envoyé copie aux réformés de Suisse des actes de l'assemblée.de Smaleside, et deja ré-
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