GRAVE RE VEUT AUCUNEMENT CONENTIR
ponse que les protostans y avaient faite à Held, ambas-
sadeur de l'empereur, qui les avait invités au concile de
la part de son maître. Els répondirent à ces deux princes, termes généraux, el sans s'engager à rien. !
Quelques personnes y proposèrent encore de convenir touchant les jours de fête, qu'il faudrait célébrer, Mais où fit remarquer 1à dessus, que la confession de Héôle laissait aux Eglises leur liberté sur cos sortes de choses;
* d'ailleurs disait-on, quand même on pourrait convenir sur ce sujet, il ne serait pas à propos de se dépouillor à cet égard de sa liberté chétienne. Ainsi on laïssa les choses comme elles étaient, sans gêner personne pour des choses indifférentes. *
VIIL. Mais ce qui occupa beaucoup l'assemblée, ce fut l'affaire de Farelet de Calvin, Ces deux réformateurs y porièrent leurs plaintes du rude traitement qu'on leur avait fait. Ils y firent aussi rapport de l'état déplorable où était l'Eglise de Genève, priant l'assemblée de prendre en considération le bien de celte ville et de son Eglise, et de prendre soin de leurs personnes, offrant de se laisser instruire, si par hasard ils avaient été trop. vifs dans cette affaire. Les Seigneurs députés les ayant entendus, résolurent d'écrire amiablement aux Genevois, pour les engager à supporter leurs pasteurs, à Tes rétablir et à remettre leur Eglise sur un meilleur pied. 14 chargèrent aussi les Bernoïs d'appuyer cette lettre par une députation, *
Là dessus les Seigneurs de Berne dépnièrent à Genève le 19 mai, deux conscillers avec Erasme Ritter,
# Steltler 408 D, 3 Houing. 732, 753 + Hotting. 734
A LA BAPPHEUR TAREL ET CALVIN, Li leur ministre, @t Pierre Viret, ministre de Enusanne, Farel et Calvin avaioat souhaïté que Ritter fat joint à la dépetation , afin qu'il pût rapporter ce qui s'était passé à la conférence de Zurich, et aussi parler aux allemands de Genève. Les Seigneurs de Berne y envoybrent aussi Viret, pour y précher et exhorter Le peuple à une conduite plus sage et plus chrétienne. *
La fureur était si grande à Genève contre Farel et Calvin, que dès qu'on y eût avis de ceue députatiôn, ils -prièrent les députés de ne pas amener ces deux ministres; et malgré les remontrances de ces députés, ils refusèrent conslamment de les laisser entrer et de les entendre. Les députés parurent devant lés conseils dès de 22 mai. Ils leurs représentèrent le tort qu'ils se faisaient d'avoir chassé leurs trois bons pasteurs; ils leurs firent un détail de ce qui en avait été dit dans l'assemblée de Zurich. Ils les sollicitèrent à permettre que ce Lroïs Iinistres pussent venir faire leur apologie, afin que la chôte se terminât d'une manière chrétienne, et à les rétablir en considération des maux que Farel avait soufferts cause de Genèvo. Ils leur montrèrent les articles que Farel e1.Calyin avaient portés à Zuriéh. Îs leur apprirent que lun et l'autre syant paru à Berne devantle conseil, avaient dit, qu'ils voulaient de bon cœur accepter les cérémonies de Borne, tant pour le Baptême, que pour la Sainte Cène. etc. etc. Mais lous ces soins furent inutiles. Le peuple de Genève étaitiellement pré venu contre ces trois ministres, et l'on y avait tant d'eversion pour leur discipline, que dans le conseil général, assemblé le 26 mai, lour bannissemem fut confirmé presque tout d'un voix; et s'il ÿ eut quelques bourgeois
db, et Instr. Gp: 200. »
s YANEE A MEUCHATEL ET CALVIN À STRASOURG.
qui proposèrent de les entendre; il s'éfftrouva d'abord d'autres qui lirbrent l'épée contr'eux, criant «tue! tue, » de sorte qu'ils furent obligés de s'enfuir. — Farel et Calvin voyant cela se relirèrént à Bâle, où Viret alla les joindre. ‘ Ils n'y demeurèrent pas longtemps. Le maïs de juillet suivant Farel fut appelé à Neuchâtel: 11 accepta cette vocation par l'entremise dé Viret et de Eabri; maïs à condition d'y pouvoir établir une discipline convenable à l'Eglise. Et dans le mois de septembre Calvin fat appelé à Strasbourg, ou il fut reçu à bras oaverts par Gapiton, Bucer, Hedion, et les autres excellens hommes qui faisaient la gloire de celte ville, alors libreet im périale, On lui donna l'emploi de professeug en théologi ec une hoñnéle pension, et de plus, avec la permission des magistrats, il y établit une Eglise fran- <aise, dont il fut pasteur, composée des réfugiés, que la violence de la persécution contraignaitide quitter leur patrie. I eut même la liberté d'y introduire ln discipline ecclésiastique dans toute son étendues chose que les allemands p'avaient jamais pu obtenir, nine Vont puaprès bi. *
IX. Paï remarqué ci-dessus que des personnes $ensées craignaient en Suisse, qu'à force de vouloir s'unir avec les Eglises étrangères, les nôtres ne se divisassent €ntr'elles, C'est ce qui pensa arriver à celles du canton de Berne. Au comméncement de l'année le conseil sotite=
“rain dewBérne, aÿant oui le rapport des ministres qui avaient approuvé la lettre de Luther, et qui ne doutaient plis de laréunion'eñvoya des députés dans toutes les: classes du pays allemand pour leur communiquer la
1 Inste, GC. 209, Roset. LV, 2.
2 Père vie de Calvin
NOUVEULE DISSENTION DANS LE CANTON DE nEANE. 87 lettre de Luther, et quelques écrits de Bucer et de Ca piton. ! Dans le même temps on avait publié un certain <atéchisme, apparemment colui de Bucer, qui n'était point da goût de quelques ministres. Le congé qu'on pu donné si brusquement à Grossmanp, où avoir refusé d'y souscrire, et dont on Atribonit La F4 aux autres ministres de la capitale, en avait aussi scan dalisé plusieurs, el à celle occasion quelques-uns d'entr’eux tenaient des discours désobligesns sur le compte des Soigneurs de Berne et de leurs ministres, comme s'ils vonlaient changer la religion et renoncer à leur réformation etc. Il ÿ eut même cinq classes entières, savoir, celles de Brouek, d'Arau, de Thounstetten, de Buren et de Nidau, qui prirent à partie les trois ministres de Berne, Sébastian Meyer, Pierre Kunzen et Erasme Ritter. Les parties ayant paru devant le conseil, furent renvoyées en commission, et lh mises d'accord, le 2 février, par les Seigneurs commis,
AL Cut dit, que ce que les ministres du pays avaient dit contre LE, EE. eta contre les ministreä de Berne, au sujet du catéchisme dernièrement publié, ne venait que d'un bon zèle; qu'en échange LL. EE. les asuraient qu'ils n'avaient pas publié ce caléchisme par aucun dessein d'innover daus la religion et d'abandonner leur réforme, mais uniquement pour montrer au public qu'ils ne veu- Hnïent pas se séparer des autres Eglises pour l'affaire du sacrement; contre le bruit qui en avait couru; que LL. EE, laissaient à toutes les Eglises ln Hberté de parler des sacrcmens d'une manière conforme à la dispute de Berne, et aux décisions des derniers synodes ; que personne ne serail astreint à se servir de certaines.
# Steuller Lib, cit. pe 106. b.